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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 14:24
Quelques notes sur la famille Hay des Nétumières.

Sous le règne de Kenneth III, vers l'an 980, les Danois envahirent l'Ecosse ; une bataille terrible se livra dans les environs de Licurtie, et les Ecossais, mis en déroute, se retiraient dans le plus grand désordre vers la ville de Perth, lorsqu'ils rencontrèrent un étroit défilé resserré entre les montagnes et les bords de la rivière de la Tay. Un paysan qui se trouvait avec ses deux fils dans ces parages, sentit tout à coup la fibre nationale vibrer jusqu'au fond de son être : tous trois, saisissant des fragments de leur charrue, se placèrent à la tête du défilé, attaquèrent vigoureusement les premiers Danois l'Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, et qui, signalant un Gautier Hay, seigneur de la Guerche et de Pouancé, fondateur du prieuré de la Magdeleine de Pouancé, dès 1094, ne donne de généalogie régulière des Hay qu'à partir de 1350 (époque à laquelle vivait le père du premier Hay des Nétumières), nous n'avons pas cru pouvoir nous adresser plus sûrement qu'aux recueils manuscrits des arrêts du conseil de réformation de la noblesse de Bretagne, commencée en 1667 et terminée en 1671. Or la généalogie de la famille Hay du Chastelet, branche des Hay des Nétumières, s'y trouve rapportée tout entière, en remontant par douze générations non interrompues jusqu'au XIIIe siècle.

Guillaume Hay fut un des trois chevaliers désignés pour être arbitres entre le duc et Alain de Dinan. Les deux autres chevaliers étaient Jean de Maure et Robin Raguenel. Les armes de Guillaume Hay étaient, d'après un sceau de l'an 1298, gravé dans les planches de D. Morice, de sable au lion morné d'argent. Légende : S. Guillelmi Hai militis. Du Paz rapporte qu'un titre de l'an 1303, de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes, donne à Guillaume Hay les qualités de chevalier, ainsi que celles de conseiller du duc Jean III, et de sénéchal de Nantes. Il remonte l'origine de cette maison à Gautier Hay, marié à Basilie, dame de la Guerche et de Pouancé, qui fonda avec lui, dans leur ville de Pouancé, le prieuré de la Madeleine, en 1094. La maison de Hay avait, suivant Moréri, la prétention de descendre des comtes de Carlisle d'Ecosse ; mais cette prétention n'était fondée que sur une ressemblance de noms. Il est certain qu'au XIe siècle cette maison tenait un rang élevé en Bretagne, car dans une charte de l'an 1096 environ, concernant la fondation du prieuré de Juigné, membre de Redon, Gautier Hay, qui fut, suivant Du Paz, si de la Guerche et de Pouancé, figure comme seigneur supérieur, dominus superomnes, de divers autres seigneurs qui y sont mentionnés. Un autre Guillaume Hay, chevalier, servait, en 1375, avec quatre écuyers ; Jean, chevalier, chambellan du duc, prit part, en 1431, au siège de Pouancé. La terre des Nétumières, qui fut érigée en baronnie en 1629, en faveur de Paul Hay, président au Parlement de Bretagne, était entrée vers l'an 1350, dans la maison de Hay, par le mariage de Marguerite le Neptun, dame des Nétumières, avec Jean Hay

 

Gaultier Hay, seigneur, baron de la Guerche et de Pouencé, maria sa fille aînée, appelée Emme Hay, à Inahël, fils de Trehel de Chateaubriand (voir La Maison de Châteaubriand.) . De ce mariage il n'y eut qu'un fils appelé Guillaume. Emme, étant veuve, son père, Gaultier Hay, la remaria avec Robert, baron de Vitré. J'ai veu un ancien acte qui est du mardy avant la Sainct-Laurens, en l'an mil deux cents quatre-vingt-dix-huit,entre le duc de Bretagne et Emme, sa femme, touchant la vicomté de Léon, qui commence par ces mots : « Schachent tous que devant nous, Jean de Maure, Robin Raguenel et Guillaume Hay, chevalier, procurateur et aloez de noble et hault prince, Monsieur Jean, duc de Bretagne » Rapporté à Chateaugiron et scellé

 

Dans la généalogie des barons de Craon, on lit que le frère d'un Hay, baron de la Guerche, partit avec Guillaume-le-Conquérant, pour la conquête de l'Angleterre en l'année 1066. Il fut sans doute la tige des Hay de ce pays, car à la tour de Londres, il existe des preuves que les Hay de France et les Hay de Kinnoul, pairs d'Angleterre, descendent de la même maison.

 

Dans un acte que rapporte aussi Du Paz, de l'an mil deux cent soixante-dix-neuf, en l'abbaye de Saint-Georges de Rennes (voir L'abbaye Saint-Georges de Rennes), il est encore fait mention d'un Guillaume Hay, chevalier. Un autre acte de mil trois cent trois, cite un Guillaume Hay, chevalier et conseiller du duc Jean II et sénéchal de Nantes. Il est donc juste de dire que cette famille ne tient sa noblesse que de Dieu et de son épée.

 

Alain Hay, chevalier, seigneur de Breil-Hay, du Pont-Hay, de Launay Hay et de la Corbinage, eut deux fils :

 

I- Jean Hay, Ier du nom, qui épousa Guillemette Broquereuil. (Cette branche tomba plus tard ès-filles.)

 

Et Johannet Hay ,qui eut en partage la terre de Launay-Hay, située en la paroisse de Bédée. Celui-ci épousa Marguerite des Nétumières, héritière de cette famille, à la charge de porter ce nom illustre dont l'éclat et l'ancienneté se perpétuait en Bretagne, de souvenirs immémorial.

 

 

Johannet eut de Marguerite des Nétumières :

 

1° Catherine Hay, qui épousa Messire Eustache de Québriac  (voir Quelques notes sur la famille de Québriac), seigneur de La  Tousche ;

 

2° Jannette Hay, épouse en premières noces de Messire Pierre Hudelot, seigneur de Kerbiquet; en secondes noces, de Pierre Domaigne, écuyer ;

 

3° Guillaume ,qui suit :

 

III- Guillaume Ier du nom, écuyer, seigneur de Launay-Hay et des Nétumières, épousa Etaisse de Québriac .(La maison de La Tousche de Québriac porte: d'azur à trois fleurs de lys d'argent.) De cette union :

 

1° Guillaume, qui suit ;

 

2° Bertrand Hay, prieur de Saint-Malo et de Dinan ;

 

3° Jean Hay, mort sans enfants.

 

IV- Guillaume Hay, IIe du nom, seigneur dudit lieu et de Launay-Hay, épousa Rolante Neveu, de la maison de Crenan (d'azur à sept billettes d'argent au chef de même) dont il eut:

 

1° Olivier Hay, prieur de Notre-Dame de Vitré;

 

2° Jean, qui suit :

 

V. Jean Hay des Nétumières, lIe du nom, écuyer, seigneur dudit lieu et de Launay-Hay, épousa Perrine Le Roux de la maison des Plessis Hoguerel (de gueules à trois charmes d'or frottées de sable). De ce mariage naquirent :

 

4° Jeanne Hay, femme de Jean d''Errée, seigneur de la Chèse, etc. ;

 

2° Guillaume, qui suit.

 

VI. Guillaume IIIe du nom, écuyer, seigneur des Nétumières, se maria en premières noces avec Jeanne de Servande ,dame des Blerons (de sable fuzelé d'or en fasce), fille aînée et principale héritière de noble et défunt Guillaume de Servande, seigneur dudit lieu et de Jeanne de Montgermont. De ce mariage :

 

1° Alnette Hay, mariée en 1461 à Raoul d'Olier, écuyer, fils aîné et principal héritier de Guillaume d'Olier et de noble Olive de la Charonnerie.

 

En secondes noces, Guillaume épousa, Marguerite d'Aurry. (D'argent à trois fleurs de lys d'azur), morte en 1487, laissant:

 

1° Jean, qui suit ;

 

2° Amaury Hay, mort sans postérité ;

 

5° Guillaume Hay, seigneur de la Goderie, décédé sans enfants;

 

4° Jeanne Hay, mariée à Jean de la Clamensaye ;

 

5° Pierrine Hay ;

 

 

6° Renée Hay.

 

En troisièmes noces Guillaume, épousa en 1488, Geffeline d'Aunière de la maison de Cornesse: (d'azur billeté d'argent.) Elle ne lui donna pas d'enfants.

VII. Jean Hay des Nétumières, IIIe du nom, écuyer, seigneur de La Tousche, épousa Jeanne du Val, dame dudit lieu (de sable à trois channes d'argent). De ce mariage naquirent :

 

1° Guillaume, qui suit;

 

2° Guillaumette Hay, femme de Jean de Trélan, sieur de la Bobeterie, par contrat de 1505 ;

 

3° Harcouët Hay, seigneur de La Tousche en Bourgou ;

 

4° Marguerite Hay, décédée sans alliance ;

 

VIII. Guillaume IVe du nom, seigneur des Nétumières épousa en 1499, noble Briende Cholet : (d'argent à quatre clefs de gueules, écartelées d'une croix de même). Guillaume mourut en 1506, laissant de sa femme :

 

1° Jean, qui suit :

 

2° César Hay, religieux à Marmoutier et Prieur de St-Jean-les-Tours ;

 

3° Pierre Hay, mort sans enfants ;

 

4° Estaisse Hay, décédée sans postérité ;

 

5° Renée Hay, femme de Jean du Grasmenil, sieur du Bois-Belin, écuyer ;

6° Andrineépouse d'Antoine de Taillefer, sieur de La Lande, écuyer.

 

IX. Jean Hay, IVe du nom, écuyer, seigneur des Nétumières épousa en 1522 damoiselle Claude Le Verrier de la maison de l'aïeul et de la Danvolière, fille de noble Jean Le Verrier et d'Anthoinette de la Roche-Bernard. (Le Verrier porte : de gueules à un croissant d'or écartelé d'un échiqueté d'argent et de gueulesà un chef de sable, sur lequel est un lion issant d'or.)  De cette union :

 

1° Jeanqui suit ;

 

2° Anne Hay, femme de Bertrand Le Seneschalécuyer, seigneur de Neufville, par contrat du 10 mai 1545 ;

 

3° Françoise Hay, épouse de Jean de Channé, seigneur de la Cocherie.

 

4° Susanne Hay, épouse de Nicolas Le Diacre, seigneur de la Motte et des Landes;

 

X Jean Hay des Nétumières, Ve du nom, épousa en premières noces à Perrine Chevalerie : (d'azur à trois molettes d'or 2 et 1), en secondes noces, Gilette de Bourgon : (de sable à trois écus d'or 2 et 1.) Il laissa :

 

1° Paul, qui suit :

 

2° Ysaac Hayprieur de Notre-Dame-de-Vitré ;

 

5° Daniel Hay, marié à Gilette de Polineuc

 

4° Siméon marié à Magdelaine du Boisjean, dame de Couellan  (voir Le château de Couellan en Guitté)  ;

 

5° Jean Hay, marié à Rachel de Jor ;

 

6° Susanne Hay, décédée sans être mariée.

 

XI. Paul Hay, premier du nom, chevalier, seigneur châtelain des Nétumières, conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privéet président en sa cour de parlement de Bretagne, épousa Françoise de Champeignéhéritière de la Montagne: (de Bretagne au chef de gueules). De cette union naquirent :

 

1" Jean, qui suit ; 

 

2° Gilette Hay, mariée avec Pierre de Trécesson

 

3° Catherine, mariée avec Jean Le Bouteiller, sieur des Blerons ;

 

4° Julienne Hay, morte jeune.

 

XII. Jean Hay des Nétumières VIe du nom, conseiller au parlement de Bretagne, épousa demoiselle de Bouan héritière de Tizé. ( Les Bouan portaient : de gueules à la bande d'hermine. Les Tizé : d'argent à une bande de sable chargée de trois étoiles d'or ). De ce mariage naquit :

 

XIII. Jean Hay VIle du nom, baron des Nétumières, conseiller au parlement de Bretagne, qui épousa en 1640, Renée Le Courvoisier de Pellaine, fille d'un conseiller au parlement de Bretagne : (d'azur au sautoir d'or accompagné de quatre étoiles de même, au chef d'argent chargé de trois mouchetures d'hermine de sable). Jean Hay eut pour fils et successeur :

 

XIV. Paul IIe du nom, baron des Nétumières, qui épousa Françoise de Bréhan : (De gueules au léopard d'argent), dont entre autres enfants :

 

XV. Jean, VIlle du nom, baron des Nétumières, marié à Elisabeth de Cornullier : (D'azur au rencontre de cerf d'or, semé d'une hermine d'argent.) Ils achetèrent en 1775 la terre des Rochers-Sévigné et héritèrent des tableaux ayant appartenus aux familles de Sévigné et de Grignan. La terre et les tableaux sont encore dans la famille de Hay des Nétumières, et entre les mains du comte des Nétumières) neveu du chef actuel. Paul Charles continue la descendance :

 

XVI. Paul Charles Hay, marquis  des Nétumières, épousa demoiselle Larlan de Kercadio de Rochefort, fille du comte de Rochefort, président au parlement de Bretagne: (D'argent à la croix de sable chargée de neuf macles d'argent). Il eut pour fils et pour successeur :

 

XVII. Marie Paul Hay, marquis député des États de Bretagne au roi Louis XVI, épousa sa cousine, demoiselle Hay de Bouteville, fille de Messire Hay de Bouteville, capitaine au régiment du roi, dont :

 

XVIII. Marie-Charles-Paul, marquis  des Nétumières, marié par contrat du 27 juin 1809, à demoiselle de Kergu, fille de Messire de Kergu (voir La famille de Kergu à Mégrit), capitaine au régiment de Bourbon-Dragons et chevalier de St-Louis : (D'argent à un épervier de sable, maillé, essoré et grenneté d'or.) De ce mariage est issu :

 

XIX. Frédéric Paul Hay des Nétumières, marié à demoiselle Tapin de Girenchy, à St-Omer en Artois : (De gueules à l'Y grec perlé d'hermines.). Frédéric Paul Hay des Nétumières a fait le voyage à Londres pour assurer Henri  de France de la fidélité de toute sa maison.

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 07:58
Chemin de Biconguy.

Chemin des pèlerins. Dans sa préface et dans son histoire, Lobineau dit que le voyage ou pèlerinage des Sept-Saints était anciennement une dévotion si usitée, qu'il y avait un chemin pavé destiné tout exprès au travers de la Bretagne, appelé pour cela le chemin des Sept-Saints, doit on voit encore des restes du prieuré de Saint-Georges, près de Dinan. Lobineau avait bien vu ; plus de quatre siècles avant lui, il y avait en ces parages une chapelle ou fontaine, un lieu nommé les Sept-Saints. Nous en trouvons l'indication dans des lettres de Charles de Blois du 13 décembre 1346, confirmant la fondation « d'un hôpital au bout de la chaussêe de Trédias, en la paroisse de Tromeur, sur le chemin des Sept-Saints à Bicongni ». Les Sept-Saints de Bicongni ne se retrouvent aujourd'hui ni sur les lieux ni même dans le souvenir ; mais le prieuré de Saint-Georges est figuré sur la carte de l'état-major un peu au Nord-Est du ruisseau de Mirbel, formant la limite entre les deux anciennes paroisses, aujourd'hui communes, de Trédias et Tromeur. Le lieu dit les Sept Saints était sans doute très voisin. La chaussée de Trédias était entre Bicongni et les Saints. Sur le bord du chemin, devant l'hôpital Saint-Georges, il y avait cinq ou sept croix plantées toutes sur un seul et même piédestal. Voila notes récoltées par M. le marquis de l'Estourbillon qui ajoute : « l'une de mes sources qu'il y en avait sept, mais un ecclésiastique, qui est né à Saint-Georges et qui y a passé son enfance, croit n'avoir vu que cinq trous dans ce piédestal, qui était énorme dit-il ». Dans chacun de ces trous se trouvait autrefois une croix scellée avec du plomb. Pendant la Révolution, les bleus brisèrent toutes ces croix. Le piédestal fut enfoui dans la route qui passe en ce lieu, lorsqu'on la fit. Ces cinq ou sept croix avaient probablement été élevées en l'honneur des cinq ou sept saints, dont deux ont encore, non loin de ce lieu, d'autres croix qui portent leurs noms : l'une placée, sur le bord du chemin conduisant de Saint-Georges à Trémeur, et, à peu près à égale distance de ces deux points, s'appelle la croix Saint-Thias, son extrémité supérieure et l'extrémité de chacun de ses deux bras ont été brisées, probablement en 1793. On croit communément qu'il y avait une chapelle près d'elle. L'autre, la croix de Sainte-Urielle, récente, et plus voisine de Saint-Georges, se trouve dans un pré, près du chemin, sur l'emplacement qu'occupait l'ancienne église de l'ancienne paroisse de Sainte-Urielle, dont les restes furent démolis en 1838. D'après une tradition qui commence à se perdre dans le pays, ces deux saints n'étaient pas simplement honorés, l'un par une croix particulière et une chapelle, l'autre par une église paroissiale ; mais ils étaient encore au nombre de ceux auxquels étaient dédiées les croix plantées sur le même piédestal. Voici le nom de ces sept saints, mais ici l'histoire fait place à la fable. Dans le pays où se trouvent à présent les paroisses de Trémeur et de Trédias vint un saint-Georges, qui eut sept enfants, nés ensemble le même jour, lesquels restèrent tous dans le pays et se sanctifièrent. Ce sont saint-Georges, saint-Thias, sainte-Urielle, saint-Cado, saint-Laurent, saint Firmin, saint Armel. Il y avait donc deux saints Georges, le père et l'un des fils, et je ne vois pas pourquoi on ajouterait pas le père aux sept enfants, ce qui ferait huit saints. Malheureusement pour la légende, il y a encore dans l'ancienne chapelle de l'hôpital Saint-Georges, transformée en grange, une statue de l'ancien patron de ce lieu, qui le représente revêtu d'une armure de chevalier, ce qui fait penser que ce patron était regardé comme étant saint-Georges soldat. Saint-Thias n'est guère connu, M. de la Borderie, sans sa précieuse Histoire de Bretagne, mentionne un point de la chaîne du Mené, dans la commune de Saint-Gouéno, qui porte ce nom : je suis porté à croire que c'est le même nom qui entre dans la composition de ceux des paroisses de Languédias et de Trédias. Toute fausse qu'est la légende des sept saints jumeaux, j'y trouve cependant une raison de hasarder l'explication, que voici, de ces mots, des lettres de Charles de Blois : sur le chemin des sept saints de Biconguy . Le chemin qui passe à Saint-Georges se dirige sur l'est vers sur Trédias, puis sur Yvignac, et atteint, un peu au-delà du bourg, le village de Trélée où se trouve la chapelle dédiée à saint-Firmin, l'un des sept. Cette chapelle est encore maintenant un lieu de pèlerinage très fréquenté. Si l'on revient à Saint-Georges et que l'on suive le même chemin dans la direction vers le sud-ouest, on trouve d'abord la croix de Sainte-Urielle, sur l'emplacement de l'ancienne église paroissiale de ce nom, puis la croix près de laquelle était autrefois une chapelle. Poursuivant ce chemin, on passe à Trémeur : puis, après avoir traversé le village de Pengly, dans la paroisse de Sévignac, on arrive à la chapelle de Saint-Cado. Voilà donc, le long de ce chemin dans un espace d'environ quinze kilomètres, cinq chapelles consacrées aux cinq des sept saints de la légende. Restent saint-Armel *1 et saint-Laurent *2 : peut être étaient ils honorés sur le même chemin dans des lieux que je n'ai pas retrouvés, faute de temps. La voie dont il s'agit s'appellerait donc avec raison, chemin des Sept Saints ; et ces derniers mots désigneraient non pas son point d'arrivée, mais les lieux dédicacés à des saints et disséminés sur son trajet. Le nom de Biconguy semble donner quelques forces à cette hypothèse, car il est peut être mis là pour indiquer que les sept saints dont il s'agit ici, ne sont pas ceux qui sont appelés les Sept Saints de Bretagne. Mais personne ne connaît Biconguy, et, dès l'an 1582, le chemin des Sept Saints de Biconguy, est appelé dans l'acte d'une donation faite par Louis d'Espinay, le chemin du Roy qui conduit du bourg de Trémeur au couvent de Saint-Georges. Ma conjecture fondée en partie sur une légende, est bien hardie ; mais comme cette légende attire l'attention sur cinq lieux dédicacés à cinq des sept saints qui en sont l'objet, elle peut engager quelques curieux à diriger ses investigations le long du même chemin pour tâcher de diriger si saint Laurent et saint Armel y étaient honorés quelque part, et peut être le résultat sera-t-il complété par la découverte de Biconguy. Dans ce cas la légende et l'hypothèse auront eut quelque utilité : mais en attendant la certitude, je me garderai de combattre l'opinion de ceux qui aimeraient mieux penser que le chemin, sur le bord duquel était le prieuré de Saint-Georges, conduisait à quelque sanctuaire dédié aux Sep Saints de Bretagne. Joseph Janvier (article publié dans l'Association Bretonne en 1897)

 

 

*1 saint-Armel, est vénéré près du Vieux-Bourg en Languédias, une fontaine lui est dédicacée.

 

*2 saint-Laurent vénéré à la chapelle de Leslians à Broons

Chemin de Biconguy.

Sur les bords charmants du ruisseau de Rosette, qui sort des coteaux d'Eréac et, après avoir formé le bel étang de Jugon, se jette près de cette ville dans l'Arguenon dont il est un des principaux affluents de droite, s'élevait jadis, près du bourg de Trédias, un paisible monastère, qui pendant près de 450 ans, de 1346 jusqu'à la Révolution, fut pour cette région la providence des pauvres, et souvent un refuge bienfaisant et hospitalier pour les malades, comme il l'avait été aussi à la fin du moyen-âge pour les nombreux pèlerins qui arpentant à ses pieds l'ancienne voie romaine de Vannes à Corseul, accomplissaient pieusement le très célèbre pèlerinage des sept saints de Bretagne. Fondé au début du XIVe siècle par un pieux chevalier nommé Geoffroy Le Vayer, appartenant à une très ancienne famille du pays de Gouello, le prieuré-hôpital de Saint-Georges de Trédias en Trémeur, eut pour but, dans la pensée de son créateur, ces devoirs de charité et d'hospitalisation si en honneur jadis et qui donnèrent naissance en Bretagne à une foule de prieurés ou de monastères. Mais les choses les meilleures sont destinées à disparaître en ce monde, et malgré les services multiples rendus par le prieuré de Saint Georges de Trédias, la tourmente révolutionnaire l'ayant emporté, comme tant d'autres, son nom seul, et le souvenir de son existence conservé dans une mauvaise copie de la charte de fondation, donnée par Dom Morice, étaient parvenus jusqu'à nous, lorsque ces temps derniers, nous eûmes la bonne fortune de trouver et d'acquérir chez un bouquiniste de Paris, l'inventaire très détaillé des titres et archives de ce prieuré. Ce curieux document, venant tout à coup nous donner des détails précis sur sa vie intérieure, ses ressources, ses faits et gestes, nous demanderons dès lors à l'Association Bretonne la permission de l'en entretenir quelques instants. En fondant ce prieuré-hôpital, Messire Geffroy Le Vayer, comme nous le verrons plus loin, en confia la gestion à des religieux Augustins du monastère de Sainte-Croix du Mans, auxquels il assura des revenus suffisants pour vivre et mener à bien l'œuvre de charité qu'il avait fait vœu de réaliser. Le 15 décembre 1346, le pieux Charles de Blois, agissant comme duc de Bretagne, tint à confirmer sans retard cette fondation, et seize ans plus tard, toujours plein de sollicitude pour les religieux de ce prieuré, il adressa, d'après notre inventaire, un mandement spécial au sénéchal de Dinan, pour faire jouir le prieur de Trédias des fromentages des paroisses de Plumaudan et de Saint-Maden, dont le prieur lui avait fait hommage. Les seigneurs de Dinan et nombre de familles tant de la bourgeoisie que de la noblesse s'appliquèrent également, si nous en croyons notre inventaire, à favoriser par de pieuses fondations l'extension du prieuré de Saint-Georges de Trédias et le bien-être de ses religieux. Le 6 avril 1431, N. H. Messire Guy Rabaud, chevalier, seigneur d'Iray et de la Rabaudière, fonde au prieuré de Trédias, une messe annuelle chaque année pour les âmes de ses prédécesseurs avec participation aux prières des religieux, laquelle messe devait être célébrée au jour et feste de saint Georges ou le jour suivant, si le prieur et les religieux étaient occupés ce jour-là. On devoit donner pour cette dotation « une motte de terre avec son circuit avec une mazure et pièce de terre joignant icelle Motte, nommée vulgairement la Motte, joignant d'un costé au commun et placite du moulin de Trédias, d'un bout à l'étang de Trédias et d'autre au chemin par lequel on va.de Trédias à Sainte-Urielle ». Le 6 février 1499, nous. voyons intervenir une transaction entre les religieux de Saint-Georges, d'une part, et Guillaume Bourgeault et dame Guillemette Maillard, sa femme, au sujet du testament de feu Eon Maillard leur parent, qu'ils avaient refusé d'approuver tout d'abord, mais ratifièrent à cette date. Eon Maillard avait concédé aux religieux diverses donations en raison desquelles ils étaient tenus « de faire faire des prières commémoratives pour son âme le jour de la fête de saint Georges et de faire dire chaque année le jour de la feste de saint Pierre en l'église paroissiale de Trédias, six messes dont l'une de Requiem avec nocturne de morts et respons avec un Libera sur la tombe dudit Eon Maillart après ladite messe en priant Dieu pour son âme et celles de ses amis trépassés. Le 3 mars 1575, on voit Messire Louis d'Espinay, seigneur de la Marche, donner à notre prieuré un domaine assez considérable, sis près le couvent de Saint-Georges, d'une contenance de huit vergées et nommé les. Champs Allieu, à charge aux dits religieux de prier Dieu, pour ledit seigneur, ses prédécesseurs et ses amis. Le 15 février 1582, le même seigneur, « Messire Louis d'Espinay, agissant tant pour lui que pour Messire Charles d'Espinay, marquis de Vaucouleurs seigneur d'Yvignac, son fils, fait au couvent de Trédias une nouvelle fondation dans laquelle on le voit donner aux religieux, un grand pré nommé les Couailles du moulin de Trédias, appartenant audit seigneur à cause de sa chatellenie d'Yvignac, d'une contenance de 3 vergées, joignant d'un côté le chemin du Roy qui conduit du bourg de Trémeur au couvent de Saint-Georges, d'autre côté au pré des religieux au devant du couvent et d'un bout au ruisseau qui flue du château de Broons au moulin de Trédias, et en outre une autre pièce de terre nommée Les Tertres, en la paroisse de Trémeur, le tout à charge aux religieux de célébrer dans l'église dudit couvent, deux messes basses pour ledit seigneur et la feue dame son épouse, l'une le 20 octobre, jour de son décès, l'autre le jour de la saint Louis pendant la vie dudit seigneur et après son décès, le jour de sa mort avec prières générales le jour de saint Georges au prosne de la grand'messe ». Nous eussions été heureux de pouvoir trouver dans notre Inventaire des renseignements assez précis pour nous permettre de d'établir la liste des prieurs du monastère de Saint-Georges de Trédias. L'analyse de ces nombreux actes et titres ne nous fourni malheureusement que six noms, ceux de  : Adam du Tournay ; prieur en 1504 ; F. Pierre Hubelin, prieur en 1553 ; Messire Pierre Bourrelet, en 1629 : Guillaume des Sales, en 1666 : Jean-Nicolas de Poncy, en 1755 : Dom Pierre-Louis Wastremaz, prêtre, chanoine de Saint-Augustin, en 1766-1775. Par ailleurs, si nous examinons les quelques 250 pièces analysées d'une façon très compète dans cet Inventaire, nous voyons qu'elles ont pour objet une grande quantité de transactions ; de contrats d'acquêts ou de ventes, d'arrentements, d'échanges divers ou des aveux présentant pour l'histoire locale de détails aussi intéressants qu'inédits. Les personnages cités comme ayant eut alors des relations à des titres divers avec le prieuré de Saint-Georges, sont Messire Geoffroy Le Vayer ; Guy Rabaud, Sgr de la Bouexière ; Olivier Le Vayer, Sgr de Trégomar ; Guillaume de Lorgeril ; Jean et Louis d'Yvignac ; Regnault Le Vayer, Sgr de la Haye-Pesnel ; Rolland de la Motte, Sgr du Menu-Bois ; dame Gilette de la Motte, veuve d'Alain Bertho de Beaulieu, en premières noces, puis en secondes noces de Charles le Mintier, Sgr du Pontalasne ; Louis d'Espinay, Sgr de la Marche ; Nicolas le Vayer, Sgr du Lou ; Jacques Le Vayer, Sgr de Trégomar ; Charles d'Espinay, marquis de Vaucouleurs ; François de Trémigon, époux de Servanne Frostel, Sgr de Kerinan ; Dlle Servanne de Trémigon ; René de Kergu, Sgr des Vaux, etc. La plupart de ces actes mériteraient d'être étudiés en détail, mais nous nous bornerons à en indiquer quelques uns présentant pour le pays, un intérêt plus particulier. Quelques-uns présentant pour le pays un intérêt plus particulier. Voici d'abord un acte de reconnaissance du 20 octobre 1461, fourni aux religieux de Saint-Georges par Messire Guillaume de Lorgeril, fils de Jean, « portant qu'il doit aux dits religieux 11 sois 9 deniers de rente, francs de taille au terme de saint Gilles, sur l'hypothèque d'une maison sise à Jugon, en la rue de Souzain Martray, laquelle rente était auparavant de 14 livres et avait été réduite de 2 livres 4 sols à cause de sa contribution à la taille. » Un compromis du 23 février 1472, passé entre les religieux de Saint-Georges d'une part, et Jean d'Yvignac et Louis d'Yvignac ; Jean Dumoulin, et Geoffroy Pactri, d'autre part, au sujet de pescheries créées par les religieux sur leurs terres et qui, démolies à main armée par ordre des comparants, provoquèrent de longs débats judiciaires qui ne furent clos que par un arbitrage. » Une assignation donnée par ordre des religieux, le 20 mai 1554, à Me Guillaume Le Clavier, maître d'école au bourg de Trédias, ce qui prouve une fois de plus l'existence d'instituteurs dans nos campagnes au milieu du XVIe siècle. Un acte d'atournance du 27 novembre 1581, document des plus curieux, donnant la liste de tous les hommes et sujets -du prieuré au nombre de 63, avec mention des redevances dues par chacun d'eux. Puis une déclaration du prieur Pierre-Louis Wastremaz, en date du 2 octobre 1766, nous faisant connaître tous les revenus du prieuré à cette époque, lesquels s'élevaient à la somme de 968 livres, plus 30 mines de froment et 13 de seigle comme redevances. Enfin, passerons-nous sous silence une curieuse permission de chasse, donnée à un religieux de Saint-Georges en 1608, par Mgr Hercule de Rohan, duc de Montbazon, pair et grand veneur de France, l'autorisant à tirer à l'arquebuse toutes sortes de gibier, non deffendu par les Ordonnances du Roi. Puis le Procès-verbal des ornements du monastère, en date du 16 septembre 1665. Un acte de notoriété passé devant les notaires de Broons, portant attestation des Aumônes faites par le monastère, datée des 3, 4 et 5 mars 1676. Enfin une curieuse procédure de 1697, au sujet de la pourvoyance d'un enfant trouvé.. Toutes ces pièces, contenant chacune quelque détail nouveau sur la vie d'autrefois, dans un coin du pays de Broons, nous ont paru dignes d'être citées. Pourquoi faut-il que le rédacteur de notre Inventaire n'ait pas cru devoir nous rapporter en détail un Monitoire du 4 décembre 1660. Néanmoins, cet Inventaire tel qu'il est, nous donne bien un aperçu général de l'histoire de ce prieuré, dont le rôle, tout modeste qu'il ait été, fut cependant bien rempli. Le vaillant prince Charles de Blois, toujours prêt à favoriser les louables entreprises, n'avait pas hésité à confirmer, comme nous l'avons dit, quelques mois après sa fondation, l'oeuvre charitable de Geoffroy le Vayer. Que si, vu sa longueur, nous n'avons pas cru devoir rapporter ici in extenso l'acte de cette fondation, du moins ne croyons nous pas pouvoir omettre les lettres confirmatives si curieuses données par Charles de Blois. Ecoutons à cet égard, le langage d'un prince chrétien.

 

 

« Nous Charles duc de Bretagne, vicomte de Limoges, sire de Guiche et du Maine, et nous, Julienne (Jehanne), duchesse de Bretagne, o l'authorité de nous, le Duc, et ladite duchesse nostre très chier compagne, donnée quant à toutes les choses qui ensuyvent, faisons savoir à tous : Que comme nostre très cher et ami baschelier, Monsour Geoffroy Le Veier et dame Jeanne Rouxel, sa femme, ayant commencé et fondé, et ayant entente et volonté de parfaire et achever en l'honneur de Dieu, nostre Créateur et de nostre Dame, la béniste et glorieuse vierge, nostre Dame et de la vraie sainte croix et de Monsieur saint Jacques et toute la sainte compaignie de Paradis, un hospital au bout de la chaussée de Trédias en la paroisse de Tremeur, sur le chemin des Sept Saints de Biconguy en la diocèse de Saint Malo, et mestre illecque et tenir frères religieux de Sainte Croix, de l'ordre de Saint Augustin; d'en suivant pour faire les divins offices et autres pour leurs vivres, sous-tenance et entretien de leurs maisons, donnons quatre journeaux de terre, journées à cinq hommes de prsent et cinq journeaux de pré, de trentemines de froment des fromentages de Guilliers et paroisse de Plumaudan et Saint Maden, vingt mines de seigles en leurs dismes de nostre chastellenie des Bois, en deniers monnoie courante par chacun an. Item ès pauvres passans et demourans, outre par ledit submis et donné trente mines de seigle esdits pauvres par la main du priour dudist lieu par chacun an. C'est assavoir, par chacune sepmaine, un cartron perpetuellement et sera tenu chacun priour jurer sur le corps sacré de Nostre Seigneur, à son entrée, les alouer et profitablement à son pouvoir ielle aumosne, donner et ordonner et lesdits Messire Geffroy et Dame Jeanne, nous ayant humblement requis et supplié, que nous pleust nous assentir edites choses, et nous, considerans leurs bonnes volontés et leur juste supplication, nous sommes assenti esdistes choses comme pour nous, et par nos lettres les confirmons, approuvons et ratiffions pour le salut et remède de nos âmes d'eux et des leurs et voulons qu'ils soient perpetuellement fermes et stables, enterinées et accomplies et fermement maintenues de point en point, comme dessus est décidé et ordonné, sans les enfraindre ne venir en outre en aucune manière, sauf à retenir à nous et à nos hoirs nostre jurisdiction, seigneurie, obéissance et autres debvoirs. Donné, sous nos seaux à Jugon le 15e jour de décembre l'an mil trois cents quarante six »

 

 

Plusieurs historiens, et notamment dans notre région, M. Léon Maître, archiviste de la Loire-Inférieure, pour ce département et celui de la Mayenne, ont démontré dans leurs ouvrages l'esprit de charité qui animait nos pères et énuméré les innombrables établissements hospitaliers qui couvraient jadis nos campagnes jamais peut-être plus qu'aux XIIIe et XIV siècles, l'assistance publique ne fut aussi florissante. C'est qu'à cette époque, l'âme de tous ces chevaliers, de tous ces chrétiens, était pétrie de vaillance, de foi et de charité, et si l'esprit de certains guerriers était hanté parfois de cruautés sauvages, le cœur des hommes de Foi, qui formaient la grande majorité de la Nation, n'était préoccupé que du bien-être des malheureux. Marquis de L'Estourbillon (extrait de Bulletin archéologique de l'Association bretonne 1896)

 

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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 18:40
Constance de Normandie duchesse de Bretagne

Constance de Normandie naquit peu avant la célèbre bataille d'Hastings (voir Les Bretons présents en Angleterre, suite à la Bataille d'Hastings) de l'union de celui qui allait devenir pour la postérité Guillaume Le Conquérant, et de son épouse Mathilde de Flandre. C'est au château d'Eu, l'an 1052 que se déroulèrent les épousailles de celui qui en sa jeunesse avait été qualifié de bâtard, avec la gazille de Beaudouin, marquis de Flandre, très illustre par la noblesse de son antique maison. Le chroniqueur Guillaume de Jumièges, contemporain des faits écrivait que les grands de la Normandie commençaient à environner d'un incroyable respect celui qui allait devenir le héros de la lutte pour obtenir la couronne anglaise ; il est vrai que ceux qui l'avaient jadis rejeté, cherchaient à présent à lui prouver une ferme fidélité. Ceux qui s'étaient coalisés hier contre les prétentions du bâtard avaient été mis en déroute par ce dernier lors de la bataille du Val-ès-Dunes en 1047.

Constance de Normandie duchesse de Bretagne

Ceci expliquait ce soudain revirement de situation. Huit naissances allaient ponctuer l'union du duc de Normandie et de la duchesse Mathilde : quatre garçons et autant de filles, Constance était l'une d'entre elles. Nul ne connaît avec exactitude la date de sa naissance, ni le lieu qui l'a vue naître. Le moine Guillaume de Jumièges la donne comme étant deuxième fille du couple souverain et Antoine François Prévost D'Exiles précise qu'elle est devenue l'aînée, après que sa sœur Cécile eut pris le voile à l'abbaye de Caen. Un temps la jeune princesse aurait été convoitée par un dénommé Edwin, l'un des nombreux insurgés, qui s'opposa au nouveau souverain anglais (voir les défenses des sires de Gaël). Quelques historiens écrivaient que Guillaume le Conquérant aurait alors songé à donner la main de sa fille Constance à Edwin en vue d'en faire un allier, l'insurgé aurait été éconduit par la princesse. Alors, furieux le Conquérant aurait alors obligé Constance à se marier avec Alain Fergent, duc de Bretagne. Une autre source évoque le nom de Marguerite la quatrième fille du nouveau roi d'Angleterre, un temps promise au roi Harald, argumentant que l'union du souverain Breton et de Constance avait eut lieu avant la conquête de 1066. En réalité, c'est suite au siège de Dol au cours de l'année 1085, conquis par la sagesse de son adversaire, le nouveau duc Alain IV Fergent de Bretagne (voir ducs de Bretagne du Xe au XVe siècle, page n° 7), que Guillaume le Conquérant passa accord avec celui ci et lui proposa la main de sa fille Constance, afin de se l'attacher par les liens les plus étroits de l'amitié. L'année suivante, les noces furent célébrées en la ville de Caen, avec toute la pompe qui convenait à cette alliance. C'est probablement Odon, évêque de Bayeux, mort en 1097, qui bénit leur union, le même Odon qui est présent sur la tapisserie de Bayeux réalisée par la reine Mathilde, lors de l'union de celle-ci avec Guillaume le Conquérant en 1052. (voir ci-dessus). Un auteur Anglais, William Malmesbury, prétendait que le zèle ardent, dont la jeune Duchesse témoignait pour la justice, fut cause de sa mort le 13 août 1090, et que les Bretons l'auraient empoisonnée. Odéric Vital, autre auteur, parle lui aussi de la mort de la duchesse Constance, mais aucunement du poison dont elle aurait été victime. Elle mourut sans enfant et fut inhumée en l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes, (voir L'abbaye Saint-Melaine.) en présence de Silvestre évêque de Rennes, de Morvan de Vannes, de Benoît d'Alet, et de Guillaume de Saint Brieuc. En 1872, on retrouva dans cette abbaye Saint-Melaine, les tombeaux très rapprochés l’un de l’autre de Conan III, duc de Bretagne, et la duchesse, sa femme. A la même date, on découvrit un peu plus loin, enveloppés d’une grosse étoffe de laine et recouverts d’un sac de cuir, les ossements de la duchesse Constance d’Angleterre, première femme d’Alain Fergent, morte en 1090.

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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 21:05
Le château de Montauban de Bretagne.

Le chef-lieu de la seigneurie était le château de Montauban, situé à une demi-lieue dans le N.-N.-E. de la ville du même nom, et qui semble avoir imposé son nom à la paroisse, nommée d'abord (aux XIIe et XIIIe siècles) Senteleium, en français Santelei, c'est-à-dire Saint-Éloi, qui est encore aujourd'hui le nom du patron de la paroisse. Ce château dans une situation très pittoresque, au bord d'un étang (le lac de Montauban), sur la lisière de la forêt de même nom, offre encore de hautes murailles et de grosses tours, beaux restes de l'architecture militaire du moyen âge. (Extrait de la seigneurie de Montauban et ses premiers seigneurs par M. Arthur de la Borderie). Nous avions abordé dans une précédente publication un article consacré à la famille de Montauban (voir La Maison de Montauban.), voici à présent une description de son château.

 

Cette importante forteresse appartenant à l'ensemble défensif des marches de Bretagne a fait l'objet d'une étude détaillée qui a permis de préciser son évolution. De l'enceinte primitive, deux structures subsistent la tour aux Anglais et la tour du Renard. La première située au NE de l'enceinte comporte 5 niveaux elle mesure 7,40 m de diamètre extérieur et ses murs ont de 1,60 à 2,70 m d'épaisseur. Les pièces ont une hauteur de 2,90 m. La tour présente des caractéristiques du XIIIe s., mais elle s'en éloigne par plusieurs aspects : si le niveau inférieur est un niveau aveugle de stockage tout à fait conventionnel, les nombreuses portes percées dans les autres niveaux laissent perplexes. Un accès au rez-de-chaussée, vulnérable en cas d'attaque n'est pas logique. En outre, la porte qui se rabat de l'extérieur ne pouvait servir à se retrancher. Selon la tradition orale, la tour tiendrait son nom des Anglais qui y auraient été enfermés pendant la guerre de Cent Ans. Elle pouvait en effet servir de prison et un évier installé sous la meurtrière au rez-de-chaussée pourrait correspondre à cette phase. On peut alors supposer que lorsque cette salle était isolée, l'étage pouvait servir aux gardiens, qui disposaient d'un accès particulier. La tour du Renard est une tour ronde de 13,20 m de diamètre extérieur, conservée au maximum sur une hauteur de 4 m. Il pourrait s'agir du donjon précédant l'installation du châtelet d'entrée. Cependant rien n'atteste de façon formelle cette hypothèse car les destructions, trop importantes, ne permettent pas de pousser plus loin l'analyse. Plusieurs structures permettent de comprendre l'évolution des espaces publics et privés. Le logis NE a été en grande partie rebâti avec des éléments du château récupérés et tous les sols ont été bétonnés, ce qui en rend la lecture impossible. Ses murs ont une hauteur conservée de 4,20 m. Au rez-de-chaussée, la petite salle 17,50 m x 7,50 m est l'ancienne habitation des fermiers. La grande pièce de 11,30 x 7,50 m est l'ancienne étable de la ferme, l'étage n'est conservé que dans sa partie sud; elle constituait une pièce annexe pour l'habitation des fermiers ou un grenier. Ce logis date en partie du XIVe s., quelques traces de ce premier état subsistent: il comportait une latrine et une cheminée, on accédait à l'étage où l'on trouvait une chambre avec cheminée par un escalier à vis. Sur un plan du XVIIIe, le logis est contigu jusqu'à la tour aux Anglais. Le châtelet qui le jouxte présente extérieurement une remarquable symétrie. Il est daté de 1430, par une inscription sur le parement extérieur de l'entrée mais une observation attentive permet de s'interroger sur l'homogénéité de l'architecture de l'ensemble. Les ouvertures ont toutes été plus ou moins remaniées. Contrairement à l'apparence extérieure, les salles intérieurement sont peu symétriques à cause d'une adaptation à des structures antérieures au XVe s. D'autre part, les deux fenêtres du niveau 4, qui ont des modénatures de la fin du XVe s., sont les seules dont la décoration est aussi travaillée. On peut donc se demander si le dernier niveau existant n'a pas été construit postérieurement aux autres éléments. Le «donjon» a longtemps été considéré comme roman. En fait, c'est un bâtiment carré hétérogène, qui a été l'objet de multiples remaniements. Il a une emprise de 10 à 12 m de côté pour 9 à 11 m de haut. Nous pouvons désormais en proposer une restitution. Les circulations se faisaient depuis le nord, c'est-à-dire depuis l'aile de logis disparue. La porte du rez-de-chaussée ne permettait pas de communiquer avec l'étage comme c'est le cas actuellement. L'escalier a été installé postérieurement, sans doute après le Moyen Âge. Les accès à l'étage se faisaient au moyen des deux portes murées et remaniées visibles sur la face extérieure nord. Une latrine constituait l'extrémité de l'espace à ce niveau. La cheminée subsiste, même si les murs de part et d'autre ont été entièrement repris. Une grande fenêtre, probablement avec coussièges, complète l'organisation de cette salle. La circulation entre les niveaux 2 et 3 se fait à l'intérieur, par l'intermédiaire d'un escalier à vis, monumental à l'origine. Il est désormais difficile d'imaginer vers quoi il conduisait puisque le denier niveau a été entièrement bouleversé. La seule chose dont on puisse être certain est qu'il existait un passage entre cette pièce et la courtine, peut-être lorsque la tour du Renard fonctionnait comme donjon et qu'on voulait permettre un repli facile dans sa direction. La datation de cet ensemble est relativement aisée. Il existait une structure de défense au XIIIe s., avec une archère sur la face ouest, qui a été en partie reprise dans des modifications postérieures (quand le château a été transformé en résidence). D'importants remaniements concernent le développement du confort au XVe s. l'installation d'une latrine à couloir et d'une grande cheminée au premier étage. Il constituait à l'origine l'extrémité du logis SO qui était en L. Lors de sa destruction, en 1487, les troupes de Charles VII ont bombardé et détruit toute cette partie de la forteresse. La surface totale estimée de cette aile du logis est de 275 m2. L'aile S.E. Disparue était adossée au donjon du côté est et de la courtine à l'ouest. Sa surface peut être évaluée à 150 m2. La fonction des pièces semble assez bien définie : cave au niveau 1, cuisine et pièce de réception à l'étage. Selon des fouilles effectuées au début du XXe, la grande salle aurait été pavée de tuiles historiées. Responsable de l'opération Jérôme Cucarull.

Le château de Montauban de Bretagne.
Le château de Montauban de Bretagne.
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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 17:23
L'abbaye Saint-Melaine.

Abbaye Saint-Melaine.

 

Cette abbaye, située dans la ville de Rennes, était fondée pour douze religieux et un noviciat. L'abbé jouissait d'un revenu de neuf mille francs. Son église sert aujourd'hui de cathédrale, et un hôpital est établi dans les bâtiments. Elle doit son origine au saint évêque dont elle portait le nom. Il naquit dans le diocèse de Vannes, vers le milieu du Ve siècle, et il apprit dès son enfance à aimer et servir Dieu. On ne sait pas quelle profession il suivit avant son épiscopat ; de quelque nature qu'elle ait été, sa vie fut si pure et sa conduite si exemplaire, que saint Amaud, évêque de Rennes, le désigna pour son successeur, avant que de mourir. Il fut promu à sa place le 6 janvier 485, et mourut au monastère de Platz, le 6 novembre 530, suivant le P. Le Cointe. Son corps fut transporté à Rennes, et inhumé dans le terrain où a été depuis l'abbaye de Saint-Melaine, et qui était alors le cimetière de la ville. C'est dans le même lieu que le saint évêque avait établi un monastère pour y vaquer de temps en temps à la vie contemplative, comme l'avaient pratiqué le grand saint Martin et quelques autres évêques.

L'abbaye Saint-Melaine.
L'abbaye Saint-Melaine.

Vue de Saint Melaine, à gauche, de nos jours, à droite, vers 1860.

L'abbaye Saint-Melaine.

Quand saint Melaine mourut, en l’an 530, au couvent de Platz qu’il avait fondé à trois lieues de Redon, sur le territoire où s’élève aujourd’hui la commune de Brain, on transporta son corps à Rennes et on l’inhuma près de celui de saint Amand, son prédécesseur, dans le cimetière de cette ville, sur une colline qui dominait la cité. De bonne heure, les foules prirent l’habitude de venir s’agenouiller sur la tombe du glorieux Pontife, et des miracles si éclatants y furent constatés que, pour l’abriter, on construisit une splendide église « d’une hauteur surprenante », qui fut réduite en cendres à l’époque où vivait Grégoire de Tours. Le monastère qui porta plus tard le nom du saint apôtre existait-il alors ? On ne saurait l’affirmer ; mais son existence est prouvée au VIIe siècle, puisqu’un de ses abbés, Bertulphe, souscrivit en 650 au Concile de Châlons. Vers le même temps, une seconde église fut bâtie par le roi Salomon sur les ruines de la première basilique incendiée, et consacrée par l’évêque Duriolerus. Au Xe siècle, les Normands qui, après avoir été vaincus par Gurvant, s’étaient retranchés dans l’abbaye en 875, la saccagèrent et la détruisirent de fond en comble. Les moines bénédictins ne se laissèrent pas décourager par tant de revers. Un siècle plus lard, ils relevèrent les murs de leur couvent et édifièrent, une troisième église. Cette restaura tion, cette reconstruction, devrait-on dire, commencée par le duc Alain III, fut achevée par son fils Geoffroy le Bâtard, comte de Rennes, et par l’abbé Even, mort archevêque de Dol. Ce monastère, qui devait jouer un rôle si considérable dans l’histoire religieuse de notre pays, n’était pas au bout de ses vicissitudes. Il eut beaucoup à souffrir pendant la guerre de la succession de Bretagne et fut encore une fois saccagé par les soldats en 1356. Les moines durent le quitter alors, et il fallut attendre le commencement du XVIe siècle pour le voir complètement rétabli par l’abbé Noël du Margat. Enfin, en 1605, assure le Chanoine Guillotin de Corson, en 1603, prétend M. Banéat, un violent incendie détruisit la partie de l’abbaye qui regardait la ville, c’est-à-dire « tous les dortoirs ». A la suite de ce désastre, l’abbé Jean d’Estrades répara la tour de l’église et construisit le manoir abbatial, pendant que les moines relevaient eux-mêmes leurs bâtiments claustraux, qui sont restés tels qu’on les voit encore aujourd'hui. L’abbaye de Saint-Melaine acquit bientôt nommée une haute re et, pour s’en convaincre, il suffira de rappeler qu’à la fin du XIIe siècle plus de cent églises, dont, soixante- seize paroissiales, étaient sous sa dépendance. En outre, comme tous les établissements d’origine féodale, elle possédait de nombreux droits et privilèges, parmi lesquels peut citer on : un four banal dans la rue qui y aboutissait, un droit de quintaine dans la rue de Fougères, un droit de haute justice, un colombier et une prison. Elle avait aussi le privilège de loger l'évêque de Rennes la veille de sa première entrée dans la ville. Ses armes étaient D’hermines : plein. En 1779, les Bénédictins furent menacés d’abandonner leur couvent ; on songea en effet à leur confier la direction du collège de Rennes et à prendre leur église pour en faire la cathédrale. Ils réclamèrent contre ce projet, eurent gain de cause, et purent rester libres dans leur cloître jusqu’à la Révolution. A cette époque, le couvent fut d’abord occupé par le service de l’artillerie, puis livré en 1708 à la ville qui le transforma en hôpital. Son histoire était finie. Ce célèbre monastère a joui au cours de longs siècles d’un tel prestige, d’une telle réputation de sainteté, que de nombreux personnages demandèrent comme une grâce et obtinrent la faveur d’être inhumés sous les voûtes de son église, devenue celle de la paroisse Notre-Dame. Bornons-nous, pour terminer ce rapide aperçu, à énumérer les principaux. Parmi les princes bretons : Conan III, duc de Bretagne, et la duchesse, sa femme. En 1872, on retrouvas ous la tour leurs tombeaux très rapprochés l’un de l’autre. A la même date, on découvrit un peu plus loin, enveloppés d’une grosse étoffe de laine et recouverts d’un sac de cuir, les ossements de la duchesse Constance d’Angleterre, première femme d’Alain Fergent, morte en 1090. Parmi les évêques : saint Golven, évêque de Léon, mort vers l’an 600 ; Etienne de la Rochefoucaud, évêque de Rennes, mort en 1100, qui fut enterré sous le seuil de la porte conduisant du cloître à l’église ; et Yves Trouil, évêque de Léon, mort en 1180. Parmi les abbés : au pied du maître-autel : Jean Rouxel, Mathieu Bertrand, Guillaume Glé, Olivier de Broon, Jean Le Bart, Michel de Fournouil, Nicolas de Tréal, Pierre de la Morinaye. Dans le chœur et dans les chapelles : Jean d’Estrades, Noël du Margat, Jean Le Lionnais, Mathurin Le Lionnais et Mathurin de Monlalais. Parmi les religieux : Jean et Alain Le Bart, Jean du Boberil, Tristan de Lescu, François de La Lande, Guillaume du Pont, Gilles Boutier, Gilles de la Chapelle, Germain du Val, aumônier du roi, etc... Enfin, plusieurs autres personnages distingués. Que sont devenues toutes ces sépultures, dont la plupart étaient ornées d’épitaphes que les manuscrits nous ont transmises, mais qui n’existent plus ? En 1844, on en exhuma deux, en construisant au fond de l’abside un buffet d’orgues, sôus lequel elles ont été de nouveau enfouies : celle de l’abbé J. Rouxel, mort en 1407 et celle de l’abbé P. de la Morinaye, mort en 1422. Mais les autres ?.. Les cendres do tous ces pieux serviteurs de Dieu sont-elles toujours cachées sous le parquet du chœur, sous ces dal les que nous foulons aux pieds chaque jour ; ou ont-elles été dispersées par les sièges, les révolutions et les changements successifs opérés dans le sanctuaire ? On ne saurait le dire. Au Moyen Age, à ces époques de foi, où, sous des pré textes d’hygiène, on n’exilait pas comme aujourd’hui les morts, loin, le plus loin possible de nos cités, et où les basiliques étaient de véritables nécropoles, qu’elle devait être respectable, et plus sainte encore, celle-ci avec tant de pierres tombales dressées le long de ses murs, ou semées un peu partout sur son pavé ! De tous ces tombeaux disparus, il n’en reste plus main tenant que trois. Le premier, devant l’autel du Sacré Cœur, est celui de Mgr Mannay, évêque de Rennes, mort en 1824. Le second, sous la tour, renferme le corps de Joseph Meslé, curé-doyen de Notre-Dame, mort en grande vénération, le 1er mai 1873. Une remarquable statue, due au ciseau de M. Valentin, représente ce bon vieillard dans l’attitude qui lui était familière, agenouillé au-dessus de son sarcophage, devant la Sainte Vierge et accompagné de son saint patron. Le dernier enfin est celui d’un autre curé que beaucoup d’entre nous ont connu et aimé, du chanoine Perrault, qui administra la paroisse pendant 23 ans et qui, né en 1835, mourut en 1007. Creusé à l’entrée de la chapelle Saint-Melaine, il est surmonté d’un médaillon de marbre, qui reproduit avec une ressemblance frappante les traits du vénéré défunt.

Liste des Abbés de Saint-Melaine

 

-Herluin  est le premier abbé de Saint-Melaine mentionné dans un Vieux Catalogue de la Bibliothèque de Saint-Germain.

 

-Berthulpht souscrivit, «abbas Redonicus», comme procureur de l'évêque de Rennes Durioterus, au Concile de Châlons tenu vers l'an 650.

 

-Etienne fut, d'après dom Germain, auteur d'une Histoirede l'abbaye de Saint-Melaine, abbé de ce monastère, puis évêque de Rennes de 747 à 762, époque où il mourut.

 

-Ambrichon fut témoin, le 17 avril 830, d'une vente faite devant l'église de Comblessac, qui dépendait déjà de Saint-Melaine

 

-Jean Ier  du nom succéda, dit-on, à Ambrichon, et gouverna l'abbaye jusqu'en 880, mais son existence est contestée.

 

Une grande obscurité règne ensuite sur l'histoire de Saint-Melaine ; on sait que les Normands ruinèrent ce monastère durant le Xème siècle ; cependant il faut observer qu'en 966, Richard II, duc de Normandie, voulant réformer le Mont Saint-Michel, appela dans ce monastère des moines de Saint-Melaine ; ce qui prouve bien que la ruine de cette dernière abbaye n'était pas complète, comme quelques-uns l'ont cru. Mais l'on retrouve difficilement les noms des abbés de cette époque, et l'état du monastère devint même bientôt si misérable, qu'en 1054 on n'y rencontrait plus qu'un seul et dernier moine.

 

 

-Thibaud, évêque de Rennes en 990, étant devenu vieux, abdiqua la dignité épiscopale et se retira à Saint-Melaine, dont il devint abbé.

 

-Triscan, fils du précédent et de Génercant, succéda à son père sur le Siège abbatial de Saint-Melaine, et, un peu plus tard, à son neveu Guérin sur le siège épiscopal de Rennes.

 

-Alfred, d'après le Vieux Catalogue, remplaça Triscan ; cependant Albert Le Grand le met à la suite d'Herluin, au VIIe siècle.

 

-Jean IIe du nom, souscrivit en qualité d'abbé de Rennes, « abbas Redonensis », à une charte de l'abbaye du Ronceray dont on n'a pas la date précise ; il vivait encore en 1062, mais était alors démissionnaire. Habile architecte, il fit construire à cette époque l'église priorale de Saint-Sauveur de Béré, au diocèse de Nantes.

 

-Rimarin souscrivit avec Main, évêque de Rennes, vers 1050, à une donation faite par la comtesse Berthe au Chapitre de Rennes.

 

 

-Even, en 1054, Geoffroy le Bâtard, comte de Rennes, touché de l'état déplorable où se trouvait l'abbaye de Saint-Melaine depuis l'invasion normande, entreprit la restauration de ce monastère de concert avec Berthe, sa femme. Il demanda à Sigon, abbé de Saint-Florent de Saumur, un moine capable de rendre à Saint-Melaine son antique splendeur, et, pour ne pas éprouver de refus, il soumit momentanément au moins cette abbaye à celle de Saint-Florent. Sigon envoya à Rennes un religieux breton, nommé Even, d'une rare capacité. Le nouvel abbé de Saint-Melaine releva complètement le monastère et obtint de Gervais, archevêque de Reims, une portion du corps de saint Melaine, qu'on avait précédemment porté à Argentré, dans le Maine. Il gouverna si bien pendant vingt-sept ans, qu'ayant trouvé un seul religieux à son arrivée dans l'abbaye, il en laissa une centaine à sa mort. Nommé archevêque de Dol en 1076 (voir Le diocèse de Dol et la juridiction de saint Samson. - La Métropole de Dol), il ne voulut point abandonner Saint-Melaine, dont il se réserva l'administration toute sa vie. Il mourut le 25 septembre 1081 et fut inhumé dans son église abbatiale. Nous avons fait connaître au Catalogue des évêques de Dol l'épitaphe de ce grand homme, appelé si justement par ses contemporains un merveilleux restaurateur, « restaurator mirifieus ».

 

-Gervais, religieux de Saint-Florent de Saumur, fut élu abbé de Saint-Melaine en 1081. Son nom figure dans beaucoup de chartes de cette époque. En 1086, il accepta, du consentement de l'évêque Sylvestre, la charge de relever l'église de Mouazé, ruinée par les guerres, et d'y entretenir le culte divin. L'abbé Gervais mourut, fort regretté, en 1109. « Les grands talents qu'il avait pour le gouvernement, dit D. Morice, et la haute réputation qu'il s'était acquise par la sagesse de ses conseils, l'ont fait placer par Ordéric Vital au nombre des vénérables Pères du XIIème siècle ».

 

-Hervé Ier du nom succéda à Gervais, d'après D. Germain et l'auteur du Vieux Catalogue.

 

-Raoul Ier  du nom transféra des reliques de Saint-Nicolas au prieuré de la Guerche, que les seigneurs du lieu avaient donné à Saint-Melaine ; il mourut peu après, en 1116.

 

-Donoald, religieux du Mont Saint-Michel, fut en 1116 élu abbé de Saint-Melaine, et en 1120 évêque d'Aleth (voir L'évêché d'Alet. -Limites. -Le Pou-tre-Coet.). Il fut gratifié par Marbode, évêque de Rennes, de l'église Notre-Dame de Vitré, possédée jusqu'alors par des chanoines, qui méritèrent d'en être expulsés à cause de leur vie scandaleuse.

 

-Raoul IIe  du nom eut un gouvernement difficile. Les chanoines de Vitré rentrèrent de force à Notre-Dame, en chassèrent les Bénédictins et plaidèrent si bien leur cause à Rome, que le pape Callixte II, mal informé, excommunia l'abbé et les religieux de Saint-Melaine. Mais Raoul, plein d'humilité, fit sa soumission au Souverain-Pontife, qui lui rendit ses bonnes grâces en prenant sous sa protection l'abbaye de Saint-Melaine et toutes ses dépendances. Cet abbé recouvra aussi l'église de Plélan et reçut celle de Bréhant ; il mourut vers 1126

 

-Hervé IIe du nom assista en 1127 à la réconciliation de l'église de Redon et fit confirmer, l'année suivante, par le duc Conan III tous les privilèges accordés à Saint-Melaine par les princes bretons ses prédécesseurs. En 1132, le Pape rappela à Notre-Dame de Vitré les moines de Saint-Melaine et en chassa définitivement les chanoines. En 1145, Hervé obtint d'Alain, comte de Penthièvre, la confirmation de tous les dons faits à son abbaye par les seigneurs de Penthièvre, notamment la supériorité qu'ils avaient donnée à Saint-Melaine sur l'église de Saint-Sauveur de Guingamp.

 

-Guillaume d'Orval  « Guillelmus de Aurea Valle » vivait en 1148, d'après une lettre du pape Eugène III relative à l'église de Notre-Dame de Vitré.

 

-Guillaume Chalopin consentit, en 1152, à la fondation par le seigneur de Montfort d'une abbaye dans la paroisse de Bédée, où Saint-Melaine possédait un prieuré. Il fit ratifier par l'archevêque de Tours, l'évêque de Rennes, le duc Conan IV et les seigneurs de Penthièvre et de Vitré les diverses donations faites à son monastère.

 

-Guillaume Prive fut élu en 1161 et reçut, l'année suivante, certain privilège de Maurice de Craon, relativement au passage des vins de l'abbaye. Il fit, en 1169, une transaction avec le Chapitre de Rennes. On croit qu'il abdiqua avant de mourir.

 

-Hervé Prive, neveu du précédent, lui succéda vers 1180 ; Jacques, évêque de Rennes, lui confirma la donation de l'église de Moulins faite précédemment à Saint-Melaine.

 

-Gervais IIe du nom, religieux de Marmoutiers, fut élu vers 1181. Les moines de Saint-Florent se plaignirent au Pape de cette élection, prétendant qu'à défaut de sujet dans leur propre abbaye, les moines de Saint-Melaine ne pouvaient prendre d'abbé que dans celle de Saint-Florent. Le pape Luce III chargea l'évêque d'Angers d'examiner cette affaire, qui se termina, semble-t-il, à l'avantage de Gervais et de ses religieux, car le Saint-Siège ratifia toutes les donations faites au monastère de Saint-Melaine. Cet abbé fut arbitre du différend que Pierre, évêque de Saint-Malo, eut en 1187 avec les religieux de Marmoutiers.

 

-Guillaume Prive, dit Fergant ou le Jeune, neveu de Mathelin Privé, gouvernait en 1188. Les moines de Saint-Florent réclamèrent encore contre son élection, et le pape Urbain III voulut bien s'en occuper, mais ils ne furent pas plus heureux que précédemment.

 

-Géoffroy Nioisel « de Nido Avis », d'abord moine de Saint-Melaine, devenu abbé, obtint en 1191 d'Herbert, évêque de Rennes, la confirmation du don des églises de son diocèse dépendant de Saint-Melaine. Robert d'Apigné lui concéda en 1208 l'église de Marcillé-Raoul, et Pierre, évêque de Saint-Brieuc, ratifia la donation de l'église de Planguenoual faite en sa faveur.

 

-Géoffroy de Chauvigné, religieux de Saint-Melaine, était abbé en 1213, époque à laquelle Pierre, évêque de Rennes, lui donna des lettres de confirmation des possessions de Saint-Melaine ; l'année suivante, le Chapitre de Rennes lui accorda une charte semblable.

 

-Pierre de Melesse succéda au précédent, d'après les titres de Saint-Melaine.

 

-Robert Tacherel fut ensuite nommé abbé, suivant les mêmes Catalogues. D. Morice n'a point connu ces trois abbés de Saint-Melaine ; il donne, en revanche, le nom de Guillaume de Tinténiac, abbé, selon lui, de 1214 à 1220 ; mais M. Hauréau conteste ce fait et dit qu'il s'agit ici d'un seigneur de Tinténiac qui fit du bien à Saint-Melaine et non point d'un abbé de ce monastère.

 

-Géoffroy de Saint-Elect « de S. Electo », élu en 1220, d'après D. Morice, céda une partie des dîmes données à Saint-Melaine par Renaud de Pocé. Il mourut le 23 avril 1228, d'après la Chronique de Quimperlé.

 

-Mathieu des Ruisseaux « de Rivis », moine de Saint-Florent, fut élu en 1228 ou au commencement de 1229. Il permit, en 1240, à Alain d'Acigné de bâtir une chapelle dans son manoir, et fit une association en 1245 avec Richard, abbé du Mont Saint-Michel (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine).

 

-Alain de Moncontour se rendit en Angleterre en 1254 et y termina une contestation existant depuis longtemps entre les comtes d'Oxford et les abbés de Saint-Melaine touchant la nomination du prieur de Harsfeld. Le prieuré de ce nom, situé dans le diocèse de Londres, dépendait de l'abbaye de Saint-Melaine.

 

-Hervé de Launay échangea, en 1257, le prieuré de la Roche-Derrien contre celui de Moncontour, possédé jusqu'alors par les chanoines de Sainte-Croix de Guingamp. L'année suivante, il obtint des moines de Preuilly, en Touraine, une partie considérable des reliques de Saint-Melaine qui se trouvaient en ce lieu. Cet abbé vivait encore en 1272 .

 

-Guillaume Vivois succéda au précédent, d'après quelques auteurs.

 

-Etienne Honoré afféagea des terres en 1278 et transigea avec le seigneur de Châteaubriant en 1286. Il régla définitivement les rapports du Chapitre de Rennes avec l'abbaye de Saint-Melaine, en 1293. Il vivait encore en 1295.

 

-Michel de Fournioul  était abbé en 1298. Il fut vicaire général de l'évêque de Rennes en 1304, et établit en 1318, avec l'évêque Alain, un vicaire perpétuel à Vern. On ignore l'année de sa mort, mais on sait qu'il fut inhumé au pied du maître-autel de son église abbatiale.

 

-Nicolas de Tréal (voir Beaubois et ses Seigneurs, par M. Alfred de Tesson, Capitaine de Frégate en retraite.), abbé de la Chaume, gouvernait Saint-Melaine en 1337, époque à laquelle il fit quelque échange avec Guillaume de Borgon. Comme son prédécesseur, il devint vicaire général de l'évêque de Rennes ; il mourut le 2 juillet 1352

 

-Guillaume Glé d'abord abbé de Saint-Méen (voir histoire de l'abbaye de Saint Meen), paya le 12 septembre 1391, à la Chambre apostolique, 508 livres pour les provisions de l'abbaye de Saint-Melaine. Il tint son chapitre général le 8 novembre 1392 et mourut le 13 mai 1398.

 

-Jean Rouxel, prieur de Lamballe, reçut, en qualité d'abbé de Saint-Melaine, l'hommage de quelques vassaux le 14 décembre 1398, mais il ne prit possession de son abbaye que le 25 septembre 1399. Il mourut le 10 juillet 1402, et fut inhumé au pied du maître-autel de Saint-Melaine. Comme il y a beaucoup de familles bretonnes du nom de Rouxel, nous ne savons à laquelle appartenait cet abbé.

 

-Pierre de la Morinaye, prieur de Châteaugiron, fut élu abbé le 25 juillet 1402 et béni la même année par l'évêque Anselme de Chantemerle. Il obtint du pape Jean XXIII le droit de porter la mitre, l'anneau et les ornements pontificaux par lettres données à Constance en 1415. Pierre de la Morinaye mourut le 10 août 1422, et fut inhumé à côté de ses prédécesseurs.

 

-Mathieu Bertrans, prieur de Lamballe, fut élu en 1422 et député au Concile de Bâle en 1432. Il administra, en 1446, l'abbaye du Mont Saint-Michel en qualité de vicaire général de l'abbé. Guillaume d'Estouteville. Il mourut en 1448 et fut enterré au pied du maître-autel de Saint-Melaine

.

-Mathurin Le Lionnais, religieux de Saint-Jacut (voir L'abbaye de Saint Jacut de la Mer), fut élu abbé en 1448, et conserva ce poste malgré les intrigues du cardinal Guillaume d'Estouteville, qui se fit pourvoir à Rome de l'abbaye de Saint-Melaine, quoiqu'il eût déjà plusieurs évêchés et abbayes. Le 14 octobre de la même année, Mathurin prêta serment entre les mains de l'évêque de Rennes d'observer les coutumes de l'abbaye de Saint-Melaine, de défendre ses droits et privilèges, de bien administrer ses biens, et de rendre aux évêques de Rennes les honneurs et révérence convenables. En 1449, cet abbé fit le voyage de Rome pour demander justice au Pape contre l'abbesse de Saint-Georges (voir L'abbaye Saint-Georges de Rennes) et les archidiacres de Rennes et du Désert qui lui disputaient la prééminence après l'évêque dans les cérémonies publiques. Il obtint à Rome la confirmation de tous les privilèges de son abbaye. Sixte IV nomma même Mathurin, en 1471, évêque in partibus de Chitro ; mais le nouveau prélat résigna son abbaye en 1474. Il mourut le 5 mai 1488 et fut enterré dans une chapelle de son église abbatiale, dédiée à sainte Anne

 

-Jean Le Lionnais, neveu du précédent, docteur en droit civil et canonique, fut élu abbé en 1474. Nommé conseiller du duc de Bretagne en 1483, il fut chargé par ce prince de plusieurs missions importantes. Il mourut le 10 avril 1486 et fut inhumé dans la chapelle Sainte-Anne de son église.

 

-Pierre de Foix. A la mort de Jean Le Lionnais, les religieux élurent abbé de Saint-Melaine Olivier de Broon, moine de Saint-Florent ; mais le duc de Bretagne nomma abbé commendataire son beau-frère, Pierre de Foix, et Olivier de Broon n'osa ni venir prendre possession de l'abbaye, ni demander à l'évêque de Rennes sa bénédiction. Pierre de Foix prit donc le titre d'abbé de Saint-Melaine et perçut les revenus du monastère jusqu'à sa mort. Il était fils de Gaston IV, comte de Foix, et d'Eléonore d'Aragon. Nommé évêque de Vannes en 1476, il fut créé cardinal du titre des SS. Come et Damien. Il mourut à Rome, le 10 août 1490, et fut enterré dans la basilique de Notre-Dame-du-Peuple.

 

-Olivier de Broon, fils d'Olivier, seigneur de Broon, et de Marie du Teillay (voir La seigneurie de Brondineuf en Sévignac, page n° 1), fut élu abbé de Saint-Melaine une seconde fois, après la mort du cardinal de Foix. Il était déjà prieur de Tremblay, abbé de Saint-Aubin-des-Bois (voir l'abbaye de Saint Aubin des Bois en Plédéliac) et aumônier de la duchesse Anne. Il accepta sa nouvelle nomination, mais trouva encore un compétiteur dans Antoine, cardinal de Saint-Anastase et neveu du Pape, nommé par ce dernier abbé commendataire de Saint-Melaine. Heureusement pour Olivier de Broon qu'Anne de Bretagne défendit aux moines de Saint-Melaine de reconnaître ce cardinal pour leur abbé. Antoine céda alors tous ses droits à l'abbé Olivier, moyennant une pension de 150 ducats, et se contenta de jouir des prieurés de Bédée et de la Celle-Guerchoise. Olivier de Broon gouverna ensuite paisiblement son abbaye et mourut le 20 février 1501. Il fut inhumé au pied du maître-autel de Saint-Melaine

-Robert Guibé, évêque de Rennes, fut nommé en 1501 à l'abbaye de Saint-Melaine par la reine Anne de Bretagne ; mais il paraît qu'il cessa pendant quelques années de jouir de ce bénéfice, car on trouve à cette époque un Antonio, évêque de Préneste et cardinal de Sainte-Praxède, conférant les prieurés dépendant de Saint-Melaine. Toutefois Robert Guibé reprit l'abbaye, devint lui-même cardinal et évêque de Nantes, et mourut à Rome, où il fut inhumé dans l'église Saint-Yves des Bretons, en 1543  (voir Saint-Yves des Bretons a Rome.)

 .

 

-Laurent Pucci. Robert Guibé étant mort disgracié par Louis XII, la saisie fut mise aussitôt après son décès sur le temporel de Saint-Melaine ; mais Laurent Pucci, cardinal du titre des Quatre-Couronnés et évêque de Vannes, ayant été nommé abbé par le pape Léon X, obtint main-levée en 1514. Il ne prit toutefois point possession de l'abbaye de Saint-Melaine, dont il se démit au bout de deux ans sans en avoir retiré aucun fruit. Il mourut le 26 septembre 1531.

 

-Noël du Margat, fils de Pierre du Margat et d'Antoinette de la Reigneraye, naquit à Caulnes, près de Dinan (voir Quelques notes sur le passé de Caulnes) Religieux au Tronchet, prieur de Combourg et familier du cardinal Laurent Pucci, il dut à la faveur de ce dernier d'être nommé abbé de Saint-Melaine en 1516. « On ne saurait assez louer Noël du Margat, dit D. Morice, d'avoir réparé les abus qui s'étaient glissés dans son abbaye sous le règne de ses prédécesseurs, et d'avoir restauré l'église et les bâtiments qui tombaient en ruines. Il se démit, en 1523, en faveur de François Chauveau, son neveu, et mourut le 20 février 1525. Son corps fut déposé dans son église abbatiale, dans la chapelle de la Délivrance

 

-François Chauveau succéda à son oncle et obtint ses bulles le 25 novembre 1523. Il mourut le 23 mai 1532 et fut le dernier abbé régulier de Saint-Melaine.

 

-René Boursault de Montejean, protonotaire apostolique, doyen de Candé, en Anjou, et aumônier du roi, fut tout à la fois abbé commendataire de Saint-Melaine, d'Evron et de Pontrond. Il prit possession de Saint-Melaine le 25 juillet 1532, en vertu des bulles qu'il avait obtenues du pape Clément VII le 30 juin précédent. Il prêta serment de fidélité au roi en 1539 et mourut en 1547, d'après le Catalogue des abbés d'Evron.

 

-Payen Le Sueur d'Ecquetot, chanoine de Rouen et conseiller garde-scel au Parlement de Normandie, fut nommé en 1548 abbé de Saint-Melaine et vers le même temps abbé de Saint-Jouin-de-Marne. Devenu, en 1549, évêque de Coutances, il nomma frère Michel Du Fail son vicaire général pour l'abbaye de Saint-Melaine. Ce prélat mourut dans l'abbaye d'Evron le 24 décembre 1551 et fut inhumé dans l'église de ce monastère.

 

-Etienne Martel de Bacqueville, recteur de Montpinchon, en Normandie, succéda au précédent sur le siège de Coutances et dans les abbayes de Saint-Melaine et de Saint-Jouin-de-Marne. Il prêta serment au roi dans la Chambre des Comptes de Nantes en 1552, mais ne fit son entrée à Coutances qu'en 1558. Il ne s'y montra pas, dit-on, à la hauteur de sa mission épiscopale ; effrayé du progrès des calvinistes dans cette ville, il prit la fuite et se réfugia d'abord à Saint-Melaine, puis à Saint-Jouin-de-Marne, où il mourut le 26 mai 1560 ; il fut inhumé dans ce dernier monastère.

 

-Arthur de Cossé, fils naturel de Charles de Cossé, comte de Brissac et maréchal de France, fut d'abord pourvu des abbayes de Saint-Jouin-de-Marne et de la Trinité de Lessai. Le roi lui donna encore celle de Saint-Melaine en 1560. L'année suivante, il fut légitimé par son père et nommé évêque de Coutances. Dom Morice et D. Le Roy représentent ce prélat comme un spoliateur des abbayes dont il était commendataire ; d'après eux, il en enleva tous les objets précieux ; mais les historiens du diocèse de Coutances, essayant de venger sa mémoire, rappellent toutes les persécutions qu'il eut à souffrir de la part des calvinistes et l'extrême pénurie où ceux-ci le réduisirent. Arthur de Cossé mourut très-âgé, au château de Loisellière, en Normandie, le 7 octobre 1587. Il avait permuté l'abbaye de Saint-Melaine contre celle du Mont Saint-Michel, en 1570. Son corps fut rapporté à Coutances et inhumé au milieu du chœur de sa cathédrale.

 

-François Le Roux, seigneur d'Avors, en Gennes, diocèse d'Angers, protonotaire apostolique et abbé du Mont Saint-Michel, fut transféré, en 1570, à Saint-Melaine, en conséquence de la permutation précédente. Il mourut au mois de mars 1572.

 

-Etienne Proust  ou Le Proust, gouverna l'abbaye de Saint-Melaine de 1572 à 1574.

 

-Mathurin de Montalais, natif d'Anjou et aumônier du roi, prit possession de Saint-Melaine en juin 1575. Ordonné diacre en 1580, il devint chantre de Nantes en 1583. Il fut aussi abbé du Gué-de-Launay, au Maine, et prieur de Saint-Christophe, en Touraine. Il prit part, en 1583, au Concile de Tours, et présida aux Etats de Bretagne assemblés à Rennes pendant la Ligue. Il contribua beaucoup à l'établissement du collège des Jésuites fondé à Rennes, et mourut le 12 janvier 1603. Son corps fut inhumé dans la chapelle Saint-Benoît de son église abbatiale, dans un ancien tombeau élevé dans la muraille, du côté du Midi.

 

-Octave de Saint-Lary de Bellegarde fut nommé abbé de Saint-Melaine en 1603, mais il permuta avec l'abbé de Saint-Germain d'Auxerre. Il s'éteignit en 1648.

 

-Pierre du Lyon, seigneur de la Cave, maître des requêtes de l'Hôtel, fut d'abord nommé à l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre, qu'il quitta en 1603 pour avoir celle de Saint-Melaine. Ce fut lui qui introduisit dans ce dernier monastère, en 1627, la congrégation de Saint-Maur. Il siégea en 1629 aux Etats de Rennes et mourut en 1636.

 

-Louis de Nogaret de la Valette, fils de Jean-Louis, duc d'Epernon, et de Marguerite de Foix, comtesse de Candale, fut tout à la fois abbé de Saint-Saturnin, Saint-Victor de Marseille, la Grande-Forêt, Saint-Vincent de Metz, Gardes, Brasse, Berdon et Saint-Martin-des-Champs. Le roi le nomma en 1621 à l'archevêché de Toulouse, et le pape Paul V le fit cardinal du titre de Saint-Adrien. Il devint en 1637 abbé de Saint-Melaine ; mais, malgré les faveurs dont il avait été comblé, il quitta l'état ecclésiastique, alla commander les troupes françaises en Allemagne et en Italie, et mourut à Rivoli, près de Turin, le 28 septembre 1639.

 

-Thomas Isnard de Castello, comte de la Monta, clerc de Turin, abbé de Caramagne, en Piémont, et conseiller du duc de Savoie, fut nommé abbé de Saint-Melaine en 1639 ; il prit possession, par procureur, le 28 août 1640. D. Morice dit qu'il soutint les droits de cette abbaye avec beaucoup de fermeté jusqu'à sa mort, arrivée en 1659.

 

-Jules Paul de Lionne, fils de Hugues de Lionne, ministre et secrétaire d'Etat, et de Paule Payen, fut nommé abbé de Saint-Melaine en 1659, prit possession le 12 juin 1660, et permuta ce bénéfice en 1670 avec l'abbé de Châlis. Il possédait, en outre, les abbayes de Marmoutiers et de Cercamp, et le prieuré de Saint-Martin-des-Champs. Il mourut à Paris le 5 juin 1721.

 

-Jean François d'Estrades, fils de François d'Estrades, gentilhomme de la chambre du roi, et de Suzanne de Roquessa, fut pourvu dans sa jeunesse de l'abbaye de Bonnefontaine, au diocèse de Comminges. Nommé en 1646 évêque de Périgueux, il fut, l'année suivante, transféré à Condom. Etant en même temps abbé de Châlis, il permuta ce bénéfice avec Jules de Lionne, abbé de Saint-Melaine, résigna son évêché et vint se reposer dans cette dernière abbaye. Il reçut ses bulles d'abbé de Saint-Melaine en mai 1665 et prit possession de ce monastère le 14 août 1667 « Les bienfaits dont il combla cette maison, dit D. Morice, y ont immortalisé son nom ». Il mourut à Rennes le 12 juin 1685 et fut inhumé le 17, très-solennellement, au milieu du choeur des religieux.

 

-Jean François d'Estrades, fils de Godefroy d'Estrades, maréchal de France, et de Marie du Pin de l'Allier, neveu du précédent abbé, lui succéda à Saint-Melaine. Il fut aussi abbé de Moissac, ambassadeur à Venise en 1675 et à Turin en 1679, conseiller du roi, etc. Pourvu de l'abbaye de Saint-Melaine dès 1684, il mourut à Passy, près Paris, le 10 mai 1715

 

-Michel de la Roche, prêtre et docteur en théologie, chanoine et archidiacre de Paris, obtint l'abbaye de Saint-Melaine en 1715, dit D. Morice, mais il n'en prit possession que le 22 juillet 1721. Il mourut à Paris le 22 septembre 1724. Il était aussi abbé de Clairefontaine, au diocèse de Chartres.

 

-Mathurin du Bellay, fils de François-René du Bellay et de Marthe-Suzanne de Rochechouart, prêtre et docteur en Sorbonne, fut nommé par le roi le 20 mars 1725, mais il n'obtint ses bulles qu'en octobre 1728, et prit possession de son abbaye par procureur le 8 novembre de la même année. Prieur de Combourg et vicaire-général de Tours, il devint évêque de Fréjus en 1739. Ayant quitté son siège épiscopal en 1766, il conserva Saint-Melaine jusqu'en 1770, qu'il consentit à l'union de la mense abbatiale à l'évêché de Rennes. Ce prélat n'habita point Rennes, car il loua longtemps son palais abbatial à l'intendant de Bretagne. Il mourut le 19 décembre 1775 et fut inhumé dans l'église Saint-Sulpice de Paris, dans le caveau dit des évêques.

L'abbaye Saint-Melaine.

Octave de Saint-Lary de Bellegarde, mort en 1648

L'abbaye Saint-Melaine.

Louis de Nogaret de la Valette, mort en 1639

L'abbaye Saint-Melaine.

Jules Paul de Lionne, mort en 1721

L'abbaye Saint-Melaine.

Jean François d'Estrades, mort en 1675

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 14:24
La seigneurie de Guébriant en Pluduno.

Le Guébriant, fut le berceau d'une race chevaleresque connue dès 1441 ; elle le transmit aux Le Felle, qui suivirent le parti de la Ligue et.durent l'engager aux Budes peu de temps avant la naissance du maréchal. Renée Budes, Marquise de Sacé, sa nièce, porta par mariage, en 1655, le titre de Comte de Guébriant â Sébastien, Marquis de Rosmadec, Baron de Molac gouverneur de Nantes, dont le second fils, mort sans être marié, le prenait aussi à la Cour de France, Ce titre, sans la seigneurie, fut relevé par Jean-Baptiste Budës dé Launay-Couvran, tué â Guastalla eu 1734, et définitivement consacré en 1827 en faveur de ses-descendants. Mais, durant ce temps, la terre changeait souvent de maîtres ; et passa aux du Gouray, Le Lay, Vincent des Guimerais, et appartient de nos jours à la famille, près, de s'éteindre des Thépault du Breignou. Le manoir actuel du Guébriant est une lourde construction d'époques variées, sans style définissable, mais dont quelques parties sont indubitablement très anciennes. Il est encore en partie cerné des eaux d'un étang qui en assurait la défense. Près de la chaussée, sur laquelle passe la grande route de Plancoët à Lamballe, s'élevait encore en 1895 une chapelle qui pouvait dater du XVe siècle, elle a, depuis, entièrement disparu. (D'après publication du vicomte Frotier de la Messelière).

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 13:02
La seigneurie du Boisfeuillet en Pluduno.

Il nous faut aller jusqu'au Boisfeillet, en Pluduno, pour trouver un nouveau manoir, c'est une construction en majeure partie du XVIe siècle, mais qui a du remplacer quelque chose de plus ancien. Il est encore baigné à l'Orient, par un petit vivier qui alimentait ses douves, et présente une tour avec tourelle à cul-de-lampe d'un assez heureux effet ; mais la grande particularité du Boisfeillet est sa boulangerie, vaste salle contenant deux fours aux hottes monumentales et qui occupe tout le rez-de-chaussée de l'aile de retour au nord du manoir. Le Boisfeillet appartenait dès 1381 à Roland de la Villéon, qui ratifia le traité de Guérande, fut mandataire et trésorier général de Jean Comte de Penthiévre, en 1393, et l'un des légataires du Connétable de Clisson en 1406. Jacques de la Villéon, son petit fils, seigneur du Boisfeillet dès 1474, fut sénéchal de Rennes en 1479 et 1480, maître des requêtes de l'hôtel et procureur général du duc, puis chancelier de Bretagne en 1485. Leurs descendants s'allièrent, comme eux, aux meilleures familles du pays. François, troisième du nom, épousa Isabeau de Kerguezangor, qui lui apporta sur les confins des évêchés de Vannes et de Cornouaille, les importantes seigneuries de Kercarantel, en Gausson, la Ville-Audren, en Cadelac-Loudéac, et Launay, près Mûr-de-Bretagne. Ce François fut lieutenant des 100 hommes d'armes de la Compagnie du Baron de la Hunaudaye, capitaine-gouverneur de Quintin en 1589 et chevalier de Saint Michel. Fidèle serviteur du Roi, il prit part, en mars 1591, à la bataille de Loudéac, où fut mis en déroute le célèbre ligueur Saint-Laurent, mais il trouva la mort, le 18 juin de la même année, â la Croix de Malhava, prés Châtelaudren, « par une pièce de canon qui creva », dans une rencontre du Prince de Dombes avec les troupes de la Ligue. François IV fut, comme son père, chevalier de l'Ordre du Roi, dès 1644 ; il eut trois fils qui formèrent les branches du Boisfeillet-Kercarantel, de la Ville-Audrain et de Launay-Mur ; Mathurin, l'aîné, se qualifiait Baron du Boisfeillet et eut pour filles les Marquises de Coëtlogon et du Guëmadeuc, cette dernière eut le Boisfeillet en partage. Son fils unique fut le dernier des Guémadeuc et périt glorieusement à Nerwinde en 1693. Il eut pour héritières, dans l'estoc paternel, la Marquise de Volviré et la Comtesse de Gouyon-Vaudurand, celle-ci remariée, en 1752, au Comte de Marboeuf, ses mi-soeurs. Le Boisfeillet revint peut-être, dans l'estoc maternel, à ses cousins de la Villéon ; eux et leurs descendants en reprirent, du moins, le nom jusqu'en 1774. Mais, à cette dernière époque, la terre ne leur appartenait plus, écuyer Michel Picot s'intitulait depuis longtemps déjà seigneur du Boisfeillet, de Galinée et de la Vicomte, et Baron du Gruildo. Son fils aîné forma la branche des Picot de Plédran, qui possède encore Galinée, le second, connu sous le nom de Boisfeillet, fut officier de dragons et s'établit en Amérique (D'après publication du vicomte Frotier de la Messelière).

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 11:13
Quelques notes sur la famille Lamour de Lanjégu.

Famille Lamour, seigneurs de Lanjegu et du Glorozel, en la paroisse de Medreac, de la Villegreslier et de Caslou, en la paroisse de Montauban, de la Bergais. Ancienne extraction, reférence 1669, cinq générations, références et montres de 1448 a 1513, par. de Medréac, évêché. de Saint-Malo.

 

Les armoiries de cette maison étaient : «  D’azur a trois lacs d’amour d’argent. »

 

Jehan Lamour, premier du nom, dit l'aîné.

 

 

Guillaume Lamour, fils du précédent.

 

 

Pierre Lamour, probable frère du précédent, il est cité en avril 1448, au trait du Foustel, paroisse de Medréac, donné à la Villeneuve, où il a un métayer.

 

 

Jehan Lamour, IIe du nom, fils de Guillaume, seigneur de la Verrie et Villeneuve près de Bécherel épousa le 16 mars 1489 Marguerite du Breil, fille de Messire Roland du Breil, IIe du nom et de sa seconde épouse Jeanne de Férigat, héritière des Ormeaux et de Terlaé. Il comparait en 1480 pour la paroisse de Médréac porteur d'une brigandine et comparaît en archer et perçoit la somme de quatre-vingt livres de revenu. D'après la réformation de 1513 comparaît pour la paroisse de Medréac Jean Lamour, il dispose d'une métairie nommée la Clos Rosel, terre roturière, mais depuis longtemps exempte de fouage et fut acquise par Jean Lamour, l'aîné. Le même à la métairie de Villeneuve et y demeure, et y sont deux journaux de roture.

 

 

Allain Lamour, vivant en 1575, écuyer, sieur de Villeneuve, épousa Jeanne Cojalu.


 

Jean Lamour, IIIe du nom,  seigneur de la Croix, écuyer, sieur de la Croix, épousa Françoise de la Morinays

Ecuyer Guy Lamour, sieur de la Villegreslier et de Langegu en Médréac ; de la Jigauy en Guenroc, qui épousa, par contrat de mariage du 27 janvier 1635, demoiselle Françoise de la Rondoitte, lequel Guy est dit fils de Jean Lamour. Contrat de mariage fait et passé le 27 janvier 1635, devant l’Épine, notaire, en la paroisse de Guerre, évêché de Saint-Malo, entre écuyer Guy Lamour, sieur de la Villegreslier et de Lanjegu, pour lui et en son nom, d’une part ; et demoiselle Françoise de la Rondoitte, dame de Maubusson et la Jaignais, fille de défunts nobles personnes écuyer Jean de la Rondoitte et de demoiselle Renée Garfauld, sa femme, vivants seigneur et dame de la Rondoitte, le Brail et de la Plusdais, pour elle et en son nom, d’autre part. Acte fait et passé le 14 février 1623, entre Guy Lamour, écuyer, sieur de Lanjegu, comme fils aîné, héritier principal et noble de feu Jean Lamour, écuyer, sieur de la Croix, et de demoiselle Françoise de la Morinays, ses père et mère, d’une part ; et demoiselle Guillemette Lamour, sa sœur, d’autre part, suivant lequel appert que ledit Guy a donné à sadite sœur une somme énoncée pour la remplir de ce qui lui revenait dans les successions de leurs père et mère.


 

Mathurin Lamour, écuyer, seigneur de Lanjegu, a été maintenu en la qualité de noble et d’écuyer, ainsi que ses enfants nés et à naître en légitime mariage, pour jouir des honneurs et prérogatives dont jouissent les autres nobles du royaume, et ce après avoir prouvé sa noblesse par titres en bonnes formes par lesquels on voit que ledit Mathurin Lamour est dit fils de Guy Lamour. Extrait des registres des baptêmes de la paroisse de Guenroc, par lequel il est dit que le 4 novembre 1635 fut baptisé Mathurin, fils d’écuyer Guy Lamour et de demoiselle Françoise de la Rondoitte, sieur et dame de la Villegreslier, Lanjegu, la Brigaye et autres lieux ; ledit extrait collationné, délivré et signé le 12 novembre 1766 par le sieur Tessier, recteur de ladite paroisse. Mathurin Lamour épousa 1° Jacquemine de La Haye, 2° Mélanie de la Porte. Contrat de mariage fait et passé le 9 août 1691, devant Dufresne et son confrère, notaires royaux en la ville de Rennes, en Bretagne, entre Mathurin Lamour, écuyer, seigneur de Lanjegu, pour lui et en son nom, d’une part ; et dame Mélanie de la Porte, dame des Chapelles, veuve de noble homme François Triobert, vivant sieur des Chapelles, pour elle et en son nom, d’autre part.

 

 

De la première union naquirent treize enfants dont : Guy François Lamour de Langégu, devint avocat au Parlement de Bretagne, il épousa Marie Andrée de Trolong. Leur fils Claude-Guy Lamour fut l'auteur de la branche Lamour de Caslou.

 

Du second mariage de Mathurin Lamour de Lanjegu avec Mélanie de la Porte naquit Péronnelle Lamour de Lanjégu. Extrait des registres des baptêmes de la paroisse de Medreac, évêché de Saint-Malo, par lequel il est dit que le 26 de février 1692 naquit et le 5 mars suivant fut baptisée demoiselle Perronelle-Claude Lamour, fille d’écuyer Mathurin Lamour et de dame Mélanie de la Porte, sieur et dame de Lanjegu. Ledit extrait collationné, délivré et signé le 1er août 1708, par le sieur Rolland Le Bourdonnel, recteur de ladite paroissePéronnelle Lamour de Lanjégu épousa François de Chateaubriand ; ce sont les aïeux de l'écrivain (voir Les Chateaubriand de Mégrit et de Guitté. - Sur les traces des parents de Chateaubriand au Pays de Dinan.). Sera revu en cet endroit l’acte de célébration de mariage de messire François de Chateaubriand, aïeul paternel, ci-devant énoncé en date du 27 août 1713, avec demoiselle Perronelle-Claude Lamour, laquelle est dite fille de Mélanie de la Porte, sa mère, dame de Lanjegu.

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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 20:39
La victoire de Alain Le Grand à Questembert.

Ainsi que nous l'avons vu dans un précédent article, Salomon de Bretagne (voir Le roi Salomon de Bretagne), finit assassiné par son propre gendre Pasquiten, et par le complice de ce dernier, le dénommé Gurvant. Ce souverain qui avait porté la Bretagne à son apothéose, termina ainsi son règne dans le sang. Pasquiten s'appropria les comtés de Nantes et de Vannes (voir Liste des comtes de Nantes), et Gurvant celui de Rennes (voir Le comté de Rennes). Pourtant cette complicité entre les deux meurtriers allait bientôt se fissurer. En effet en l'an 877, Pasquiten ayant appris que Gurvant était tombé malade, rassembla ses troupes et s'en alla ravager le Rennais, mais il essuya une cuisante défaite, et peu après cet épisode, les deux adversaires devaient s'éteindre. Ils moururent au p!us tard dans les cinq premiers mois de l'an 877. Selon Arthur de la Borderie, Gurvant laissait pour héritier : Judicaël, quant à Pasquiten, c'est son frère prénommé Alain qui lui succéda. Les deux hommes eurent les mêmes prétentions que leurs prédécesseurs et continuèrent les conflits. Profitant de cette situation, des Scandinaves qui se désignaient Nortmanni passèrent à l'attaque en assiégeant la place connue depuis sous le nom de Saint-Lô dans l'Avranchin, alors en terroir breton (voir les invasions Scandinaves en Bretagne, résumé.). L'attaque de la Bretagne fut telle que le pays ploya sous l'effort de leurs armes, de la rivière de la Loire jusqu'au Blavet. Alors les comtes de Rennes et de Nantes s'associèrent enfin, afin de mettre en déroute ces pillards, Judicaël $ les attaqua en un lieu nommé Traut près du Couesnon -selon une chronique anglo-saxonne, mais il trouva la mort peu après. Alain, comte de Nantes, rétabli d'une maladie nous dit le chroniqueur Le Baud, qui poursuit que la bataille eut lieu suivant une ancienne chronique entre Redon et Vannes, en un lieu nommé Quintambert. Précision est apportée : « l'action fut si sanglante, que de 15.000 hommes Nomans, il ne s'en sauva qu'environ 400 ». Les annales de Metz et de Rhéginon donnent la date de cette bataille en l'an 890, tandis que celle de Redon la donne en l'an 888. C'est à travers le Cartulaire de Redon que l'on en sait un peu plus sur le vainqueur de Questembert.  Arthur Le Moyne de la Borderie donne la date précise du 12 juin 878, dans ce premier acte,  Alain le Grand y est qualifié de : « Alan, provinciœ Warochise cornes », autrement dit, comte de Browerech ou pays de Vannes et souverain partiel de la Bretagne (voir Etude sur le Broerec ou Pays Vannetais - Waroch Ier. - Waroch II.), ,dans un second acte émanant du même Cartulaire de Redonle dit Alain est considéré comme chef universel des Bretons (voir Arthur Le Moine de La Borderie : Examen chronologique des chartes du cartulaire de Redon)Et de poursuivre : « Oui, il était aussi souverain d'une moitié de la Bretagne ; c'est sans doute à ce titre qu'il fut sacré, et si on le voit se contenter du nom de comte de Browerech, c'est que ce comté était à la fois sa résidence habituelle et son propre domaine héréditaire »  C'est d'ailleurs lui qui avait proposé la date de la bataille de Questembert en 888 alors que le chroniqueur Le Baud proposait celle de 890. Quand au lieu précis du combat, un intéressant compte rendu fit l'objet d'un article publié dans la revue l'Association bretonne, article rédigé par l'historien Bleiguen et Erlannig – Edition 1958 : « Autour de Questembert les combats font rage. Alan et Even reculent vers la lande de Bony et kergralan puis ker an Tal (le village du Combat). Alain joue sa dernière chance, et sous le coup de l’inspiration, tombe à genoux et promet à Dieu, s’il lui accorde la victoire, de donner au pape à Rome la « dîme » (le dixième) de ses biens. Cette scène se serait passée au Pont-Prié ! La victoire est complète, des renforts  arrivent de partout, dont ceux venant du Blavet, les pirates scandinaves tombent sous les coups répétés et imparables des Bretons. Tout autour du Bodan, de Carnély, de Kersec jusqu’au moulin de Carné, les cadavres des Normands, par centaines et par milliers, jonchaient le sol. Bien peu de pirates réussirent à rejoindre leurs drakkars amarrés aux rives de la Vilaine ».

La victoire de Alain Le Grand à Questembert.

Au sud de Questembert, un losange noir et blanc symbolise la position des troupes bretonnes, le losange rouge et jaune celle des positions normandes. 

Des croix anciennes, au nombre de huit furent plantées pour commémorer la remarquable victoire de Questembert, remportée par celui que la postérité connaît depuis sous le noms d'Alain Le Grand. Ces croix nous sont ainsi décrites par l'association Histoire Découverte patrimoine de Questembert :

 

A -La croix Rochue.

 

Taillée dans un bloc de granit, elle mesure 1 m 50 environ. Elle porte une épée dont la garde est convexe et retombe vers la lame qui occupe la longueur du fut. Deux cassures lui ont été causée par un camion fou, il ya quelques années.

 

B -La croix du Pont à la Poële.

 

Ce nom correspond à plusieurs parcelles de terre de la vallée, et dont une pierre sculptée, ressemblant à une poêle à frire, y a été retrouvée. Cette croix est du même genre que la croix Rochue. Retrouvée cassée, elle fut restaurée par le propriétaire du terrain qui la garda « chez lui » !

 

C -La croix Tuin, dite aussi croix de « Ker-an-Gat».

 

Courte, étroite, et assez irrégulière, elle porte trois « croisettes » en relief surmontées de cinq points (figurant les cinq plaies du Christ). Elle fut érigée sur les lieux les plus chauds du combat, à l’endroit où la retraite des Normands allait commencer à se transformer en déroute.

 

D -La croix du Pont-Prié.

 

Cette croix a existé, (là, où Alain le Grand pria pour gagner la bataille), mais elle a disparu depuis bien des années. On suppose qu’elle a été utilisée pour faire la route. Une nouvelle croix a pris sa place, grâce à l’Association du Patrimoine qui, en 1991, en fit refaire une à l’identique. Elle vient de retrouver sa place initiale en juillet 2018. C’est, en cet endroit supposé, qu’Alan aurait mis genou à terre en implorant le ciel !

 

 

E -La croix de Canély.

 

 Elle domine le vallon de Carnély où les normands furent encerclés et anéantis. Il est probable qu’un certains nombre de Normands furent inhumé dans les parages. Dans leur déroute, ils cherchaient à regagner leurs drakkars à « la vieille Roche » en Arzal.

 

F -La croix de Ker-ar-Tal. Regardée comme l'ossuaire.

 

 « la ville du front » Cette croix armée, cassée a été restaurée se trouve à ce jour dans une propriété privée, pas très éloignée du Pont Prié. Elle se trouve être au centre de la bataille livrée contre les Normands.

 

G -La croix de l'Ormeau.

 

C’est un beau monolithe de granit, assez plat et sans sculpture atteignant 2 m de haut. L’endroit où elle fut placée, vraisemblablement, un des points chauds de la bataille, après son vœu, il lança de Ker-en-Tal et des alentours, la grande attaque finale qui devait le conduire à la victoire.

 

 

H -La croix de L'Isle

 

Dites aussi Croix des Brières. C’est un monolithe de 1 m 80 de haut. Elle posa question aux historiens qui crurent découvrir sur sa face l’inscription « Amio Moro » ! En fait c’est le monogramme de Jésus : I.H.S. Dans ce monogramme, I’’ H’’ du milieu est coupé verticalement d’une croix grêle surmontant un cœur : une quatrième orne la base du fût. Plus bas, sur le côté du fût sont sculptés deux tibias croisés, cantonnés de trois têtes de mort ; une quatrième tête de mort isolée, orne la base du fût.

 

Ces dessins de Anne Couée, ont fait l'objet d'une publication en 1990 à l'occasion du onzième centenaire de la victoire de Alain Le Grand.

La victoire de Alain Le Grand à Questembert.

Alain le Grand fut il proclamé roi des Bretons suite à cette victoire de Questembert, c'est en tout cas ce que les historiens nous relate, et il usa noblement de son triomphe jusqu'à sa mort survenue en 907 « comblé de gloire et de mérites ». Mais comme l'ont souligné des auteurs contemporains, s'il parvint à expulser de son royaume ces indésirables, la période de paix fut trop courte. Certaines sources lui donnent six fils et une fille. Parmi les princes issus de Alain le Grand, un nous est connu à travers une charte remontant au début du Xe siècle, ce prince prénommé Derrien, posséda la paroisse de Elven. Le vainqueur de Questembert laissait aussi cette princesse dont le nom reste méconnu à ce jour ; elle épousa Mathuedoi, comte de Poher, et ensemble ils eurent pour héritier le célèbre Alain Barbetorte (voir Ce premier août 939...). Un monument érigé en 1907 rend hommage à Alain le Grand et à la bataille de Questembert.

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30 mars 2021 2 30 /03 /mars /2021 18:14
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