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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 18:05

En 1892 dans la revue  Bulletin archéologique de l'Association bretonne, M. Joseph Janvier publiait : Les Seigneuries de Saint-Jouan-de-l'Isle. Nous aurons l'occasion d'aborder dans son intégralité le remarquable travail qu'il consacra à la localité qui l'avait vu naître et grandir. Pour l'heure, nous aborderons succinctement une partie de l'histoire de la seigneurie de Saint-Jouan-de-l'Isle….Le château de Saint-Jouan se composait d'un grand corps de logis, aux deux bouts duquel il y avait deux grands pavillons, le tout ayant environ 150 pieds de longueur ; il n'était donc pas triangulaire comme le prétend l'Annuaire Dinannais de 1833, mais il était dans une enceinte triangulaire, entourée de fossés. Ce château, qui n'était pas éloigné du manoir de l'Isle de plus de cent mètres à vol d'oiseau, n'existe plus, mais il était encore debout en 1740, * car, dans un partage de cette date, tandis que plusieurs pièces de terres sont indiquées comme grevées de la charge de porter une redevance au château de Couëllan, qu'habitait alors le seigneur de Saint-Jouan, une autre pièce est indiquée comme devant sa redevance o portage au château de Saint-Jouan. Il subsistait même, au moins en partie en l'an VI de la République, car il est compris dans un bail de la métairie de la Porte du Château, dans lequel il est ainsi désigné : « Le vieux château contenant, avec ses douves, 74 cordes ¼. » L'auteur de poursuivre : J'ai encore vu moi-même le colombier, qui ne fut détruit que vers 1860.

 

 

Sur ce plan de Saint-Jouan-de-l'Isle achevé en 1853 :

 

entouré d'un cercle jaune :  le colombier de Saint Jouan

en rouge : emplacement présumé de la seigneurie de Saint-Jouan

en vert : emplacement de la motte castrale siège de la seigneurie de l'Isle

 

 

Ce château était le centre d'un grand et beau domaine bien décoré, fief noble, ancienne chevalerie, jouissant de plusieurs grands privilèges et droits seigneuriaux. Nous laisserons là les notes précieuses de M. Janvier, mais nous aurons l'occasion d'aborder prochainement la description de Saint-Jouan-de-l'Isle, et notamment le remarquable chapitre consacré à la seigneurie de l'Isle. La première famille qui disposa de cette seigneurie fut la famille de Landujen -alias de Landujan. Cette famille portait pour armoiries «  D'azur à quatre fusées d'argent posées de fasce. » 

 

 

Alain de Landujen est nommé dans la réformation de 1427 : Alain de Landujen, à son hotel St-Jehan et La Menegie, y a deux métaiers ; puis en 1444, son successeur, probablement son fils, Charles de Landujen, à Saint-Jean-de-Lisle,y a un métaier. En 1513 : Le manoir et métairie St Jouantineuc, à noble escuier Charles de Landujen, Sr de St-Jouhan qu'il tient comme anciene chevalerie. Le mesme à une maison et jardin au bourg, tenu noblement

 

 


 

Le  Vieux Château au bourg de Saint Jouan, ci-dessus et ci-dessous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

en jaune : les halles

en violet : endroit dit Vieux Château

en rouge : seigneurie de Saint-Jouan

en vert : seigneurie de l'Isle

 

 

Les anciennes halles de Saint-Jouan-de-l'Isle

 

 

Bâtisse proche de l'église, probablement construite avec les restes d'un des deux châteaux évoqués.
 

Le lieu désigné le vieux château situé sur les arrières des anciennes halles fut sans nul doute érigé afin de remplacer ce lieu disparu. Peut être est-ce le lieu désigné en 1513 maison et jardin au bourg tenu noblement

 

Il semblerait que ce soit par alliance que la seigneurie de Saint-Jouan à Jean de la  Motte de Vallée. Celui-ci avait épousé Bonne Glé de la Costadaye. La famille de la  Motte de Vallée que nous avons rencontré à Pumaudan et celle des Glé de la Costardaye mentionnée à la Roche en Guenroc. Pourtant, le domaine ne restera guère que deux générations durant aux mains de cette maison, puisque Bertranne de la  Motte de Vallée transporta la dite seigneurie à son époux :  Claude de Rosmadec, Chevalier de l'ordre du Roi. Cette alliance eut lieu au moment où les Guerres de la Ligue touchaient la paroisse de Saint-Jouan-de-l'Isle et les environs vers l'an 1591. Claude de Rosmadec, seigneur de Saint-Jouan de la Chappelle etc... (Chapelle-Blanche)  était le troisième fils d'Alain II de Rosmadec lui même marié l'an 1525 avec Jeanne du Chastel. L'un des frères de Claude de Rosmadec : Tanneguy  de Rosmadec, baron de la Hunaudaie, épousa lMarguerite de Beaumanoir-Besso, il exerça la charge de Gouverneur de Dinan.  Mathurin de Rosmadec, fils de  Bertranne de la Vallée  & de Claude de Rosmadec, ,naquit  en 1581 et porta le titre de Baron de Saint Jouan & de Gaël. Quant à Bertranne de la Motte de la Vallée, devenue veuve elle épousa Charles de Chanzay dont elle eut un fils prénommé Pierre.

 

 

Armoiries de la  Motte de Vallée

 

 

Armoiries de Rosmadec

 

Mathurin de Rosmadec,  fait Chevalier de l'ordre du Roi, épousa en 1608 Jeanne de Trogoff. belle jeune femme vertueuse qui lui apporta cent milles écus. Elle mourut le 29 mai 1638, non pas en son château de Saint-Jouan, mais à celui de Comper. Le Registre de décès des décès de la paroisse de Saint-Jouan nous apprend que ses funérailles furent faites dans l'église de Concoret ; que à cause de la peste qui sévissait à Saint-Jouan, l'on tarda d'enterrer le corps jusqu'au 8 septembre 1642 , et qu'il fut inhumé ce jour là dans le tombeau des seigneurs de Saint-Jouan. Acte ci-dessous.

 

 

Mathurin de Rosmadec mourut en son château de Saint-Jouan le 18 avril 1644 à deux heures de l'après-midi et fut inhumé la nuit suivante en l'église de Saint-Jouan, sous une pierre sépulcrale sur laquelle est grossièrement sculptée la figure d'une dame. La famille de la Moussaye disposait de droit d'enfeu en l'église de Saint-Jouan au cours de l'époque médiévale. Ici une dame de cette Maison de la Moussaye, seigneur de Kergoët en cette même paroisse de Saint-Jouan.

 

 

 Les funérailles furent faites quatre jours plus tard par le recteur de saint-Méen, l'oraison funèbre prononcée par le recteur de Gaël. Acte ci-dessous.

 

 

De l'union de Mathurin de Rosmadec et Jeanne de Trogoff naquirent cinq enfants : Jeanne, Mathurin, Sébastien, Charles, Peronnelle et Magdelaine. Mathurin de Rosmadec succéda à son père à la tête de la seigneurie, il fut enseigne de la compagnie des gens d'armes du Maréchal de la Meilleraye où il fit preuve de courage. Il revendit la seigneurie de la Chapelle-Blanche à son beau-frère Prigent Le Ny de Coatelez époux de Peronnelle. Charles de Rosmadec, le jeune frère du seigneur de Saint-Jouan, devint évêque de Vannes en 1647. En 1672, la seigneurie de Saint-Jouan fut acquise par retrait féodal par Siméon Hay de Couëllan, possesseur de cette seigneurie voisine que nous avons déjà évoquée sur ce blog. En réalité la seigneurie de Saint-Jouan avait été vendue au seigneur de la Busssaudière, mais le possesseur de Couëllan en Guitté fit valoir ses droits. 


 

 

Armoiries Hay de Couëllan


Armoiries de Saint-Pern

Renée-Catherine Hay de Couëllan, sœur de Siméon hérita de ses biens. Mariée à Pierre-Mathurin de Derval, leur fille Marie-Françoise-Angélique épousa Pierre-Mathurin-Bertrand de Saint-Pern, ce sont eux qui étaient à la tête de la seigneurie en 1758. Le dernier possesseur du lieu fut leur fils René-Bertrand-Célestin de Saint-Pern, il vivait au moment où survint la Révolution...voir aussi le château de Couëllan en Guitté (rubrique recherche)

Merci aux Archives départementales des Côtes d'Armor

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Published by poudouvre
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