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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 13:55

 

 

Au bout de peu de jours, l'argent fut préparé, les forts furent remis entre les mains des gens du duc, et le connétable eut permission de sortir du château de l'Hermine avec le sire de Laval. Il avait promis da ratifier le traité qu'il avait signé en prison, dès qu'il serait hors des terres de Bretagne, et il le fit à Moncontour tandis qu'il était encore dans le trouble et la joie de sa délivrance : mais la colère ne tarda pas à prendre le dessus. La nouvelle de sa captivité avait suffi pour faire renoncer à l'expédition d'Angleterre. Il se rendit à Paris, se jeta aux genoux du roi, raconta l'affront qu'il avait reçu et offrit sa démission de la charge de connétable; mais le roi ne voulut pas l'accepter. Il promit de consulter ses pairs sur le dommage qu'avait éprouvé Clisson, et d de Bourgogne, il les trouva peu sensibles à l'injure qu'il venait d'éprouver. Pendant que Charles VI envoyait des ambassadeurs au duc de Bretagne, Clisson rassembla des troupes, et, avec l'aide de quelques seigneurs, il commença à reprendre les châteaux qu'il avait perdus. Le duc consentit à remettre sous la garde du sire de Laval les places qu'il s'était fait livrer, et à donner des gages pour les cent mille francs., jusqu'à ce que le roi, en son conseil, eût décidé à qui cette rançon devait appartenir. Bientôt après cet accord Jean, fils de Charles de Blois fut remis en liberté par les Anglais, et épousa la fille d'Olivier, en 1388. La même année, le duc de Bretagne vint prêter hommage à Charles VI. Ses affaires étaient entre les mains du Parlement qui prenait à tâche de le retenir long-temps à Paris. Après un mois de délai, le duc de Bretagne obtint une sentence. Le parlement n'avait considéré la plainte du connétable que comme un procès civil, et il avait accordé cinq ans au duc pour restituer à Clisson, en cinq paiements égaux, les cent mille francs qu'il lui avait extorqués. Les places prises de part et d'autre devaient être mutuellement rendues. Pendant deux ou trois ans le connétable séjourna en Bretagne,où il rendit de nouveaux services au pays, pourtant il y continua sa guerre privée avec le duc: celui-ci eut presque toujours le désavantage. Enfin, le roi intima aux deux rivaux l'ordre de suspendre toute hostilité, et les appela de nouveau à son tribunal , afin étant plus rapprochée du théâtre de la guerre....Olivier de Clisson expira le 23 avril 1407, à l'âge de 73 ans: ce jour-là même, Alain de Rohan, son petit-fils, épousait Marguerite de Bretagne, soeur de Jean V.

 

 

Olivier de Clisson

 

Sentant approcher ses derniers moments, Olivier appela Beaumairoir, son vieil ami, et lui remit l'épée à pommeau d'or parsème, de fleurs de lis, insigne caractéristique de la charge de connétable, et dont il n'avait jamais voulu se dessaisir, ne s'état. pas cru, destitué, malgré la nomination successive de Philippe d'Artois, de Louis de Sancerre et de Charles d'Albert; il pria Beaumanoir d'aller porter cette èpée au roi Charles VI, et de la mettre entre les mains du monarque. Le banneret, fondant en larmes, se chargea d'accomplir ce voeu, mais lui-même n'eut pas le temps de remplir sa mission. Il mourut quelques jours après son ami. A peine Olivier de Clisson eut-il fermé les yeux, que Marguerite de Penthièvre sa fille, qui avait hérité de son ambition et de ses ressentiments, se mit en état d'hostilité contre la maison régnante; et,après plusieurs entreprises audacieuses sur l'autorité du duc, qu'elle ne voulait point reconnaître,elle ne tarda pas à se mettre en révolte ouverte. Cette femme altière ne pouvait se résoudre à renoncer aux droits de ses enfants sur le duché de Bretagne: elle espérait que la guerre favoriserait ses desseins. Mais désabusée par une lutte de sept années, dans laquelle d'inutiles efforts épuisèrent toutes ses forces et la réduisirent à la dernière extrémité, elle voulut obtenir, par la trahison, ce qu'elle n'avait pu obtenir par la force des armes... Après la mort de Jean V (1442), le duc François son fils réunit la seigneurie de Clisson au domaine de la couronne ducale. Il mourut sans enfants, ainsi que Pierre II, son frère et son successeur. Le connétable Artur de Richemont eut à peine le temps de s'asseoir sur le trône ducal, et mourut empoisonné (1458). François II, comte d'Étampes et de Verlus, son neveu, lui succéda. Il était né au château de Clisson en 1435; il était fils aîné de Richard, comte d'Étampes. Après avoir fait son entrée publique à Rennes (le 3 Février 1459), il vint promptement à Clisson pour remettre sa mère Marguerite d'Orléans en possession de cette terre,ainsi que de celle de Regnac qu'il lui donna; et quelques jours après... Le duc et la duchesse de Bretagne firent de Clisson leur résidence habituelle; et la reine douairière de France, Marie d'Anjou, mère de Louis XI, y envoya plusieurs reliques que le duc lui avait demandées, dans l'intention de favoriser la délivrance de la duchesse son épouse. Elle accoucha heureusement dans ce château, le 29 Juin 1463, d'un fils qui fut appelé comte de Montfort, et qui mourut deux mois après, malgré les voeux et les prières que l'on fit pour sa conservation. La grande dévotion... François Il se plaisait beaucoup à Clisson. Pour plaire à la dame de Villequier, sa maîtresse , il donnait de superbes tournois, tantôt à Cholet, tantôt à Clisson, et cette dernière ville devint le rendez-vous de tous les plaisirs. Les dames et les chevaliers y accouraient de.toutes parts; le terrain situé sur la rive droite de la Moine, s'appelle encore la Prairie des Guerriers. Le 27 Juin 1472, on célébra, dans la chapelle du château de Clisson les fiançailles du duc François II avec la belle Marguerite de Foix. —La même année, Louis XI écrivit au duc pour se plaindre de la grande quantité de troupes réglées qu'il avait rassemblées à Clisson. La dame de Villequier étant morte en 1474, De duc donna la seigneurie de Clisson à François, l'aîné des quatre enfants qu'il avait eus d'elle, et qu'il aimait tendrement; et, six ans plus tard (1480), les États de Bretagne, assemblés à Vannes, voulant faire une chose agréable à leur souverain, lui envoyèrent une députation,pour le supplier de créer baron d'Avaugour, première baronie de Bretagne, François, son fils naturel, seigneur de Clisson. Le duc, ayant agréé cette proposition, lui donna encore,quelques années après (1485), le comté de Vertus en Champagne. Au commencement du règne de Charles VIII, roi de France, le duc François II tint à Clisson une assemblée de la noblesse du comté Nantais, et le 13 Janvier 1487, le duc d'Orléans (depuis Louis XII), se réfugia dans ce même château pour se soustraire à la colère d'Anne de Beaujeu. Lorsque Charles VIII vint assiéger Nantes, la même année, il s'établit à Clisson, dont le baron d'Avaugour n'osa lui refuser l'entrée; mais il trouva mauvais que le roi s'en emparât et y mît garnison. Le mécontentement qu'il en eut le détermina à se retirer auprès du duc son père: il paraît cependant que par suite d'un arrangement fait avec Charles VIII, il consentit à laisser une garnison française dans ce château, et il reçut en dédommagement une compagnie de cent lances. Le roi, après avoir séjourné quelque temps à Clisson, en partit avec Monsieur et Madame de Beaujeu pour retourner à Ancenis, et il dirigea ensuite son armée sur Châteaubriant. La garnison qu'il avait laissée dans le château de Clisson ne se contenta pas de garder cette place; elle fit encore des courses aux environs, et ravagea tout le pays. Pour l'empêcher de s'étendre davantage dans la campagne, et pour arrêter ses exactions et ses brigandages, le duc fut obligé de lui opposer un grand nombre de gens de guerre, commandés par ses meilleurs officiers; ce qui n'empêcha pas le roi de faire ravitailler cette garnison, et même de l'augmenter, lorsqu'il apprit que les Anglais avaient effectué un débarquement près de Guérande. Après la bataille de Saint-Aubin du Cormier, le duc de Bretagne signa la paix avec la France. Il mourut le 9 Septembre 1488. Anne de Bretagne, sa fille, épousa Charles VIII, visita avec lui le château de Clisson, dans le courant d'Avril 1492, et, pendant leur séjour dans ce lieu, les deux époux donnèrent des fêtes à la noblesse. Lorsque Charles partit pour son expédition de Naples, il laissa la garde de la Bretagne au baron d'Avaugour, seigneur de Cliss pour Clisson. François Ier vint une fois dans cette ville. Durant la ligue, le château de Clisson tint constamment pour le roi Henri III et pour son successeur Henri IV. Toutefois, en- 1562, un prêche protestant parvint à s'établir dans un faubourg de la ville, et les calvinistes administrèrent le baptême dans la chapelle de Saint-Gilles, à Clisson, dont ils s'étaient emparés,Malgré l'édit de Charles IX du 14 août 1562, qui enjoignait aux ministres de sortir de Bretagne en quinze jours, sous peine d'être pendus. Charles IX, au mois d'octobre 1565, visita le château de Clisson ; il était accompagné de sa mère et d'une cour nombreuse. Henri IV, n'étant encore que roi de Navarre, forma inutilement le siège de Clisson ; il le leva le 2 octobre 1588. En 1595, Henri IV fit plusieurs, tentatives pour amener à un accommodement le duc de Mercoeur chef de la ligue en Bretagne. Des conférences ayant eu lieu à Ancenis pour traiter de la paix, les députés que le duc de Mercoeur y avait envoyés déclarèrent d'abord qu'ils n'entendraient à aucune proposition, que Hurtaud d'Offenges, commandant à Rochepot, en Anjou, pour la ligue, et qui se trouvait prisonnier et détenu dans le château de Clisson, n'eût été préalablement mis en liberté. Ces conférences n'eurent aucun résultat; et, quelque temps après, le comte de Vertus, Charles d'Avaugour, demanda au duc de Mercoeur la neutralité pour la ville et le château de Clisson. Il s'offrait,à cette condition, de lui rendre Hurtaud, qui était toujours prisonnier; mais le duc, qui était déterminé à assiéger cette place, ne consentit, pour délivrer son ami, qu'à la neutralité de Chantocé-sur-Loire, autre château appartenant au baron d'Avaugour... Il est probable que les rois de France Henri IV, Lou de Clisson, pendant le séjour qu'ils firent à Nantes; mais, depuis la guerre de la ligue, il n'est plus fait mention de Clisson dans l'histoire de la Bretagne...Cette contrée jouissait depuis deux cents ans d'un calme profond, lorsque la révolution y fit éclater, en 1793, cette terrible insurrection vendéenne. Dans cette guerre civile, l'humanité fut cruellement outragée; et ce pays, si favorisé de la nature et jadis si heureux , devint un affreux théâtre de carnage, d'incendie et de destruction.... Un Nantais, Cacault passionné pour fa peinture, qu'il avait cultivée à Rome pendant un grand nombre d'années revint à Nantes vers la fin de la guerre vendéenne;les habitants de cette ville n'osaient encore sortir de leurs murs pour visiter leurs propriétés rurales sur la rive gauche de la Loire lorsque cet artiste , qui avait entendu parler des beaux sites de la Sèvre,se hasarda seul à pénétrer dans le Bocage. Arrivé à Clisson, au lieu de trouver une ville peuplée et florissante, il ne vit qu'un amas de décombres au milieu d'un désert; il ne rencontra pas un seul habitant qui put le guider, pas un toit qui pût lui servir d'asile; le silence des tombeaux régnait partout; de tous côtés les traces de l'incendie et de la destruction frappaient ses regards; il parcourut avec effroi cette ville abandonnée et cet immense château se disputaient les obscurs et derniers débris. Cependant, ces vestiges sanglants et ces ruines encore fumantes ne purent affaiblir la vive impression que fit sur son esprit ce paysage admirable, et il fut si frappé de la beauté de ces sites, de ces rochers, de ces cascades, et même de ces ruines, qu'il prit sur le champ la résolution d'habiter ce séjour plein de charme et d'horreur. Les dissensions qui avaient déchiré ce.malheureux canton n'étaient pas alors entièrement étouffées et pouvaient se rallumer avec toute leur dans la campagne fort dangereuses; mais rien ne put détournée Cacault de son dessein. Il choisit pour sa retraite une maison ruinée, dont les points de vue lui parurent ravissants; il acheta cette propriété la fit réparer, et vint s'y établir en 1798. Un grand nombre d'habitants, encouragés par cet exemple, rentrèrent dans leurs foyers et on relevèrent les ruines.

 

 

Pierre Cacault

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Published by poudouvre
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