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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 11:39

 

 

La légende attribue le lieu à noble seigneur Dymas, dont la fille n'était autre que la légendaire fée Viviane....Mais pour revenir à la réalité, l'endroit de Comper était situé à une lieu à peine du bourg de la paroisse de Concoret. Bordant au ponant la forêt de Paimpont regardée comme Brocéliande, une défense fut ici aménagée à même le bloc de schiste rouge si particulier à la contrée. L'étang alimentait les profondes douves cernant la forteresse féodale. Il semble bien que ce soit le seigneur de Gaël et de Montfort qui de retour en Bretagne aménagea cette défense.

 

Et Raol i vint de Gael,

et maint Breton de maint chastel,

et cil de verz Brécheliant

Dunc Bretunz vont souent fablant, etc.

 

Le compagnon d'armes de Guillaume Le Conquérant, le dénommé Raoul Ier de Gaël-Montfort devait venir en Bretagne, afin de prendre part au siège de Combourg, puis y revenir définitivement. Il s'était taillé d'imposants fiefs.en Angleterre mais, suite au complot visant à renverser le conquérant, il en fut chassé. C'était aux environs de l'an 1074. La paix étant faite avec le Normand, Raoul s'occupa à bâtir un château à l'emplacement du campement du roi de Domnonée Judicaël qui vivait au VIIe siècle. Ce lieu était visible il y a peu à Gaël, il est situé près du lieu dit le Petit-Pont et sur le cadastre terminé le 2 septembre 1836 le parcellaire mentionne le château. Des lieux aux noms éloquants sont proches de l'endroit : la Motte, les Buttes...Ci-dessous

 

 

 

Le deuxième endroit où défense fut implantée est depuis devenu Comper. Ici quelques érudits pense que Salomon de Bretagne en la seconde moitié du IXe siècle aurait déjà fréquenté le site. Enfin, est également attribué au même Raoul Ier de Gaël-Montfort, vers 1091 ce meus castellum forte, devenu Montfort dont l'histoire vous a été contée. (Section recherche : les défenses des sires de Gaël). Raoul, cinquième du nom, seigneur de Montfort et de Gaël, épousa, jeune encore en 1316, Alienore d'Ancenis, et fit, en 1321, avec Geoffroy, son père, quelques violences à l'abbaye de Paimpont. Selon l'obiluaire de Paimpont, Alienore mourut le 3 juin 1334. Il épousa alors Alliette de Cotnéon qui lui survécut de plusieurs années. Raoul joua un rôle dans cette guerre de succession de Bretagne et montra qu'il n'avait pas dégénéré de la valeur de ses ancêtres. Pour faire face à ses dépenses, il emprunta, en 1342, de Geoffroy du Plessis, abbé de Paimpont, la somme de 60 florins d'or à l'écu, et il embrassa la cause de Charles de Blois qui lui confia le commandement d'un corps d'armée. Il se trouva à plusieurs batailles et fit des exploits de valeur au siège de la Roche-Derrien que Charles de Blois poursuivait vivement. Mais, la garnison anglaise ayant fait subitement une sortie, Raoul fût tué et Charles de Blois fait prisonnier, l'an 1347. Tombé entre les mains des troupes de Jean de Montfort, le château de Comper fut assiégé par celles de du-Guesclin en 1370. En partie ruiné, il fut reconstruit en 1375. Ce château était composé de quatre tours d'angle que d'imposantes courtines reliaient entre elles tandis qu'un pont-levis en permettait l'accès. 

 

 

Orsevre, auteur de cet ouvrage consacré à la famille de Gaël-Montfort de poursuivre : Gui de Laval est l'auteur de la charte de la forêt de Brécilien. Il la fit mettre par écrit le pénultième jour du mois d'août 1467, au château de Comper, par Olorence, son chapelain, Cette charte n'était dit-on que l'édition de celle donnée au VIIe siècle par Saint Judicaël. Elle est curieuse sous le rapport de la juridiction forestière du XVe siècle. Sa longueur nous force cependant à n'en donner qu'un abrégé. Ensuivent les usements et coustumes de la forest de Brécilien, et comme anciennement elle a estée troictée et gouvernée Et premier, de ceux qui ont usaige de prendre et usez de bois en laditte forest et pour leurs choses nécessaires. L'évesque de Saint-Malo a usaige planier sans merc ne monstre à bois de maisonnage et de chaufaige généralement par toute ladicte forest, excepté es lieux et endroiz que on appelle Couslon et Tremelin, pour iceîui bois estre emploie es édiffices qu'il fera en sa maison de Saint-Malo de Beignon et moulins et pons, ainsi qu'il doit instituer et commettre par ses lettres patentes un homme tel que bon lui semblera pour monstrer ledit bois aux chartiers et ouvriers dudit évesque, lequel homme sera présenté par ledit évesque ou ses officiers aux officiers de la forest tenans les délivrances, et illéc aparaistra la lettre et fera serment en jugement de soy y porter deument et de non abuser ne souffrir d'estre abusé dudit usaige et partant lesdits officiers de Brécilien lui donneront congé et licence de y servir sans qu'il en ait autre lettre que dudit évesque, et que toutes et quantes fois qu'il besognera bois audit évesque pour son dit usaige. Celui homme ainsi commis en peut prendre et faire abattre et charroier par autant que moylier en sera ; pourvu que toujours soit présent de sa personne, sans qu'il y puisse commettre autre pour lui. Et si les forestiers de laditte forest trouvent les abatteurs de bois, charpentiers et chartiers ou autres gens dudit évesque exploitons en laditte forest et leur dit monstreux de bois ne soit si près qu'il ne puisse ouyr tes gens l'appeler et respondre auxdits forestiers qu'il les avoue ; lesdits forestiers en celui cas les peuvent rapporter es amendes, ainsi que autres malfaiteurs, et ne les peuvent prendre à rançon.....Comme déjà rapporté, Jean de Montfort, seigneur de Kergolai, épousa en 1406, Anne, unique héritière du comté de Laval, de la baronnie de Vitré. Dans le contrat de mariage, il fut stipulé que Jean de Montfort abandonnerait son nom, pour prendre  "bannière, nom, cry et armes de Laval"

 

 

 

Guy XI de Laval, fils de Jean IV de Montfort et Anne de Laval.

 

Paul Sébillot évoque ce rite qui consiste à jeter de l'eau sur la terre pour faire tomber l'eau du ciel, en vertu d'une sorte de magie sympathique, a été pratiqué, pendant des siècles, sur les bords de la fontaine de Barenton, dans la forêt de Brocéliande. Lorsqu'il y avait des sécheresses prolongées, on y puisait de l'eau et l'on en arrosait la margelle. Le premier témoignage écrit se trouve dans le Roman de Rou, du poète normand Robert Wace qui, au douzième siècle, visita la forêt, attiré par sa réputation merveilleuse :

 

La fontaine de Berenton

Sort d'une part lez le perron ;

Aier i soleut veueor ;

A Beranton par grant chalor ;

Et o lor cors l'ewe puisier ;

Et Ii perron de auz moillier :

Por ce soleint pluée aveir.

 

Cet acte qui, à cette époque, paraissait pouvoir être accompli par tout le monde, et que les chasseurs semblaient faire sans y attacher grande importance, devint plus tard le privilège exclusif des seigneurs de Gael-Montfort, et l'un d'eux eut soin de le faire consigner dans la charte des Usemenls et coustumes de la forêt de Brecilien, rédigée à Comper en 1407 Joignant ladite fontaine, il y a une grosse pierre qu'on nomme le perron de Bellanton, et toutes les fois que le seigneur de Montfort vient à ladite fontaine et de l'eau d'icelle arrose et mouille le perron, quelque chaleur, temps sûr de pluie, quelque part que le vent soit, soudain et en peu d'espace, plutôt que ledit seigneur n'aura pu recouvrer son chasteau de Comper, ainsi que soit la fin d'iceluy jour, plera en pays si abondamment que la terre et les biens estant en icelle en sont arrousés et moult leur profile. S'il fallait en croire Souvestre, le recteur de Concoret aurait hérité de cette prérogative du seigneur de Brocélïande il n'avait qu'à se rendre à la fontaine, à. y puiser un peu d'eau et a la verser sur la margelle, pour qu'il pleuve au moins vingt-quatre heures dans toute la paroisse

 

 

« Claude Aubray prévôt des marchands en secret royaliste son ami l'en avertit : J'espere lui écrivit le maréchal que Dieu qui, me verra fidele mon devoir rites fermens combattant pour mon roi protégera mes enfans. Ah mon cher Aubray au milieu de quels furieux êtes-vous Et quels instans pour moi L'attaque brusque des faubourgs empêcha les seize de songer aux jeunes d'Aumont ». Le soir de la glorieuse journée d'Ivry 14. Mai 1590 Henri IV voyant entrer le maréchal courut lui l'embrasser le fit asseoir à son côté, en disant qui l'avoit trop bien servi le jour de ses noces, pour n' être pas du festin. Ce brave guerrier mourut de ses blessures au siège du château de Comper, en Bretagne, en 1595.  Le roi tous les bons François le pleurèrent. En effet le château de Comper était alors entre les mains d'un jeune possesseur : Guy XX de Laval alors sous la tutelle de la dame Anne d'Alègre, sa mère de confession protestante. Hélas, elle n'eut pas loisir d'enseigner à son héritier les théories de Luther, car le roi de France d'alors confia le tutorat du jeune Laval à Charles de Lorraine. Précisément le gouverneur de la Province de Bretagne n'était autre que Philippe de Lorraine, duc de Mercoeur, cousin dudit tuteur et fervent opposant aux protestants. D'où la décision de faire de Comper une des places fortes de Bretagne, alors placée sous la garde de deux compagnies de cavalerie et de trois compagnies d'infanterie. Soit quatre cents hommes et cinquante cuirasses. Le siège dura cinq mois entre les troupes de Mercoeur, et celles favorables à Henry IV. Une aide des troupes espagnoles permit à Mercoeur de résister quatre mois, mais le 10 octobre 1595, il capitula.

 

 

Ordre royal fut dès lors ordonné de démolir la forteresse refuge des ligueurs; ainsi les quatre tours furent-elles démantelées en 1598. Dès lors se succédèrent de puissantes maisons à la tête de la seigneurie de Comper : d'abord les Trémoille puis par acquisition en 1626 les Rosmadec. Mathurin de Rosmadec s'intitulait  Chevalier, baron de Sainct-Jouan  & de Gaël, Seigneur de Comper, de Rox, de Quédillac d'Illifaut & autres lieux. Il avait épousé Jeanne de Trogo, fille de Pierre de Trogo, Conseiller au Parlement de Bretagne. Un de leurs enfants, Charles de Rosmadec né en septembre 1618 fut d'abord nommé évêque de Vannes en 1647 : ...Monseigneur estant arrivé de Paris au mois de décembre suivant, son grand-vicaire l'estant allé trouvé en sa maison de Comper, puis il devint abbé de Paimpont en 1647 et enfin fut promu archevêque de Tours en 1671 mais il s'éteignit l'année suivante.

Au cours de la Révolution, Comper fut pillé puis incendié. C'est Monsieur de Charette alors propriétaire de l'endroit qui en 1867 restaura Comper en employant de nombreux éléments du XVIe siècle et sur les arrières, face à l'étang quelques meurtrières remontant au XIVe siècle.

 

 

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Published by poudouvre
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