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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 15:41

Poutrocoët.

 

Parmi les cantons dés Curiosolites, nous citerons seulement celui du Poutrocoët, ainsi désigné par le cartulaire de Redon, au IXe siècle. Le Poutrocoët se lire de trois mots celtiques que le même cartulaire a traduit ainsi en latin : Pagus trans sylvam, canton au-delà de la forêt. C'est de celle de Brécilien ou de Paimpont dont il est ici question. Les peuples qui demeuraient aux environs, de quelque côté qu'ils se trouvassent, étaient dans le Poutrocoët. Il faut donc expliquer ainsi ce nom, puisque Talensac, Plélan, Caro, Augan, Ménéac et Saint-Méen étaient dans le Poutrocoët, quoique ces localités soient à l'est, au sud, à l'ouest et au nord de la forêt. On disait aussi par abréviation, le Trécoët. Comme ce nom était dur de prononciation, on finit par l'appeler le Porhoët. Si l'archidiaconé connu sous le nom de Porhoët comprenait, comme nous le pensons, tout le canton du Poutrécoët, voici à quelque chose près, l'étendue de ses limites. En partant, à l'est, de la rivière du Meu, prise au moulin du Châtellier, sous Talensac, nous suivrons cette rivière jusqu'au château de Blossac, où elle a son embouchure avec la Vilaine, jusqu'à Saint-Malo de Philis ; là nous la quitterons pour suivre une ligne par les confins des paroisses de Lieuron, Pipriac, Bruc, Saint-Séglin, Comblessac, Réminiac, Caro, Saint-Abraham, Ploërmel, Taupon, Josselin, Pomeleuc, La Nouée, Mohon, La Trinité, Ménéac, Gomené, Merdrignac, Trémorel, Quédillac, Miniac, Irodouër, Romillé, Clayes, Breteil, et nous nous rendrons au point d'où nous sommes partis, c'est-à-dire au moulin du Châtellier sous Talensac.

 

D'après les notes laissées par René Couffon dans la Société d'Emulation des Côtes du Nord édition 1942 "limites des cités gallo-romaines et fondation des évêchés dans la péninsule armoricaine : 

 

Suivant le Cartulaire de Redon, Augan, Baulon, Caro, Guer, Guillac, Maure, Pipriac, Ploermel sont expressément dits « in pago Poutrocoët», tandis que Bain, Carentoir, Langon, Peillac, Pleucadeuc, Renac, Ruffiac, Saint-Congard (Botgart), Sérent, Sixt sont indiqués « in pago Venedioe ». Il est à noter, cependant, que l'on trouve Poubreu au sud-ouest de Ruffiac et Poubreuil près Saint-Just, hameaux qui jalonnent peut-être la limite de l'ancien pagus broïli dont Poutrocoët est la traduction bretonne. Lorsque l'on veut englober dans le pagus Porhoët Bain, Peillac, Pleucadeuc, Renac, Saint-Congard, Sérent, etc., qui faisaient partie de la chatellenie de Porhoët en l'évêché de Vannes, l'on commet donc une grave erreur. Il semble que l'on ait confondu d'ailleurs trop souvent, notamment pour le Porhoet et le Goelo, les archidiaconés, seigneuries et anciens pagi d'un pagi d'un même nom, qui avaient, le plus souvent, des limites entièrement différentes.

 

Domaine Royal.

 

Ce pays faisait partie du domaine privé des anciens rois de Bretagne. Il était alors riche et peuplé. Voilà ce qui explique les sillons que l'on voit dans nos landes aujourd'hui incultes; mais il fut pillé, ruiné et incendié par les Normands, au commencement du Xe siècle, il ne s'est jamais relevé de ses ruines. Le séjour des rois Pavait rendu très-florissant

 

Châteaux Royaux

 

Parmi les maisons seigneuriales dont l'histoire a conservé le nom, nous n'allons parler que de celles qu'il nous intéresse le plus do connaître : 1° Le château de Gaël, dont la construction remonte aux premiers temps de la monarchie bretonne, était quelque fois habité par Juthaël ou Hoël, troisième du nom, roi de Bretagne mort en 595. Ce prince, à cause du séjour qu'il y fit, est appelé dans une vieille légende roi des bois rex arboretanus Judicaël, son fils et son successeur, y habitait aussi avec Morone, son épouse. Des historiens ont voulu en faire la capitale du royaume de Domnonée 2° Le château de Talensac était situé au Châtellier et devait être fortifié, si nous en jugeons par les doubles enceintes de fossés dont on aperçoit encore les ruines. Il parait que la rivière du Meu formait un étang au nord de Cette résidence. Le roi Erispoë y tenait parfois sa cour. Nous avons un acte de donation daté do ce lieu dont voici la traduction française : « Moi, Erispoë, prince de la Bretagne, jusqu'au fleuve de Mayenne, ai donné à Saint-Sauveur deux rentes nommées Moi et Aguliac, dans la paroisse de Fougerai, sur la rivière du Cher, etc. Fait dans le palais de Talensac, le mardi du dix des calendes de septembre, sous le règne du roi Charles et sous Erispoë, donateur, qui domine dans toute la Bretagne jusqu'au fleuve de Mayenne. Signé : Érispoë, Marmoët etc, Courantgène, Convoion, abbé ». Quelques princes de Bretagne, à la tète desquels se trouvait Salomon, son cousin germain, conspirèrent contre lui et vinrent l'attaquer dans son château. S'étant esquivé et réfugié dans l'église, les conjurés l'y poursuivirent et son parent le poignarda lorsqu'il tenait l'autel embrassé. C'est ainsi que périt, en 857, dans le temple de Talensac, ce prince digne d'un meilleur sort. Érispoë n'avait plus qu'une fille qu'il avait promise en mariage au fils du roi de France ; voilà la cause de sa mort : la raison d'État, l'indé- pendance de la Bretagne. 3° Le château de Plélan était situé où est aujourd'hui Maxent et s'élevait non pas à la place du bourg actuel, mais à peu de distance, au sud ouest, à l'endroit nommé Préroué ou Pléloué, où l'on voit encore des fossés. Ce château fut offert aux moines de Redon par Salomon qui leur bâtit, en ce lieu, un monastère auquel il donna son nom. L'acte de fondation que nous rapportons plus loin, a été rédigé en 869, et mentionne que le donateur y choisit sa sépulture. La reine Wenbrit (Blanche de Bretagne), épouse de c'a roi, mourut quelque temps avant l'achèvement de ce couvent. Ses obsèques eurent néanmoins dans son église. Vers la même époque, saint Convoion, premier abbé de Redon, cessa de vivre aussi à Plélan et fut honorablement enseveli par Ratuili, évêque d'Aleth, dans le temple de son nouveau monastère. En 874, Salomon lui-même qui avait assassiné Érispoë subit à son tour le même sort par son gendre et celui d'Erispoë : Gurvant et Pasqueten. Les annalistes ont confondu Salomon troisième et dernier du nom avec Salomon premier, martyrisé à Ploudiri, près Brest. Pour débrouiller ce cahos, voici, avec l'aide de quelques inductions, ce qui semble le plus probable. Salomon, le dernier du nom, après avoir abandonné son palais de Plélan aux moines de Redon, en bâtit un autre au Gué de Plélan, pour être plus à proximité de profiter de leurs prières. Il donna des droits et des privilèges à ceux qui viendraient se fixer auprès de son palais et notamment celui de foire et de marché. C'est dans ce lieu qu'on vint l'attaquer; il se sauva et se réfugia dans l'église du monastère de Plélan, qui a retenu le nom de Maxent à cause du corps de ce saint qui.y a été transporté. C'est là qu'il fut assassiné et inhumé :  ubi et Salomon supradictus jacet corpore. On voit des français figurer dans ce meurtre. Ceux qui prétendent que la mort de Salomon fut conjurée parce qu'il voulait rétablir les évêques dépossédés par Nominoë, avancent un fait qui n'est pas hors de doute. Pourquoi d'ailleurs prendre tant d'intérêt à des évêques convaincus à Rome, par leurs propres aveux, du crime de simonie? Nominoë eut tort sans doute; mais Childebert est-il plus excusable d'avoir établi Paul Aurélien, de son autorité privée, évêque de Léon ? Au reste, le vrai motif de la mort de Salomon est inconnu. Les moines dé Redon, dont l'esprit est français et non breton, et qui, ce nous semble, devaient quelque regret à un aussi grand bienfaiteur et pouvaient nous en apprendre quelque chose, ont gardé sur cette catastrophe un morne silence. Il y avait plusieurs autres châteaux dans le Poutrécoët. Celui de Primeville était situé à Comblessac. Le roi Eusèbe y tomba malade et fut guéri par les prières de saint Mélaine, évêque de Rennes. Celui de Coit-Louth, d'où Nominoë convoqua les évêques simoniaques, était sans doute à Augan. C'est au château de Cample ou Campel que Salomon signa le privilège du monastère de Redon pour l'élection de ses abbés. Celui de Bicloën ou Bidoën était situé à Saint-Malo de Baignon. C'est dans ce lieu que Roiantdreh, princesse de Bretagne, issue de saint Judicaël, adopta Salomon pour son fils et lui transporta tous ses biens. Tout porte à croire que le château de Botcatur est le même que celui de Coëtbo, en Guer, où Salomon fit, pour la santé de Wenbrit, son épouse, la donation d'une certaine quantité de terre appelée Raninislowen. De celui de Bedul-Champ, il donna encore, en 860, une charte pour le monastère de Prum, dans les Ardennes. Il est difficile d'assigner l'emplacement de ce château. Le nom de Bedul a beaucoup de rapport à Bedusc qui est Bédée. L'endroit qu'on nomme Saint-Pierre de Bédée, où l'on voit des fossés, une motte et plusieurs restes de murs, serait-il le lieu où s'élevait le château de Bedul ? C'est ce qu'il est impossible d'affirmer, quoique cela paraisse bien probable.

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Published by poudouvre
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