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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 09:41

 

 

 

J’ai vu dans mes yeux, dans mon rêve,
La Notre-Dame des brisans
Qui jetait à ses pauvres gens
Un gros navire sur leur grève…
Sur la grève des Kerlouans
Aussi goélands que les goélands.

Le sort est dans l’eau : le cormoran nage,
Le vent bat en côte, et c’est le Mois Noir…
Oh ! moi je sens bien de loin le naufrage !
Moi j’entends là-haut chasser le nuage !
Moi je vois profond dans la nuit, sans voir !

Moi je siffle quand la mer gronde,
Oiseau de malheur à poil roux !…
J’ai promis aux douaniers de ronde,
Leur part, pour rester dans leurs trous…
Que je sois seul ! – oiseau d’épave
Sur les brisans que la mer lave…
Oiseau de malheur à poil roux !

Et qu’il vente la peau du diable !
Je sens ça déjà sous ma peau.
La mer moutonne !… – Ho, mon troupeau !
–C’est moi le berger, sur le sable…

L’enfer fait l’amour. – Je ris comme un mort –
Sautez sous le Hû !… le Hû des rafales,
Sur les noirs taureaux sourds, blanches cavales !
Votre écume à moi, cavales d’Armor !
Et vos crins au vent !… – Je ris comme un mort –

Mon père était un vieux saltin,
Ma mère une vieille morgate…
Une nuit, sonna le tocsin :
– Vite à la côte : une frégate ! –
… Et dans la nuit, jusqu’au matin,
Ils ont tout rincé la frégate…

Mais il dort mort le vieux saltin,
Et morte la vieille morgate…
Là-haut, dans le paradis saint
Ils n’ont plus besoin de frégate.

 

 

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Published by poudouvre
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