Sous l'Ancien Régime, les geôles sont maintes fois évoquées, celles de la Hardouinaye à Saint Launeuc où fut étouffé en 1450 Gilles de Bretagne, celle de la Hunaudais à Plédéliac où fut incarcéré un religieux de Saint-Aubin, hostile aux réformes, celle de Lamballe.. Ainsi, celle de Jugon apparaît-elle dans un acte, suite aux guerres de la Ligue. Au Parlement de Bretagne enjoint et fait commandement au substitut du procureur général et autres officiers de la juridiction de Jugon de faire promptement procéder la démolition de ce qu'ils jugeront pouvoir apporter préjudice au service de Sa Majesté en ce qui reste de logeable ès ruines du château de Jugon et enclos qui sert de prison la juridiction, en telle sorte que personne n'y puisse loger... La prison de Broons reçut quelques prisonniers illustres : Manon du Faou ou encore Servais-François Androuet, vicaire à Médréac, incarcéré pour avoir contesté la lettre de l'évêque Jacob, favorable aux idées républicaines. Nous avons eu l'occasion d'aborder sur les pages consacrées à Broons, la brève histoire de quelques uns de ses locataires et autres pensionnaires : Mre François Pigeon, «sergent, geôlier et cabaretier dans les prinzons de Brons y est cité en 1683, il était marié à Olive Pestel. « Pierre Socquet, fils illégitime de Catherine Socquet de la paroisse de St Leumeu et actuellement detenue dans les prisons de cette ville, advoué par elle au nommé Cyprien Hervé de Tremorel chez qui elle étoit servante suivant le rapport à nous fait par h. personnes Françoise Mauffrais, matronne et Mathurine Bizeul, geolière, fut né dans la prison le vingt deuxième novembre mil sept cent vingt cinq » « Georgette Davy fille de Pierre et de Mathurine Bizeul sa compagne fut née à la geole le trentième d'aoust mil sept cent trente et luy ont imposé son nom honorables personnes Guillaume Richard et Georgette Lebas qui ont signé présent Pierre Davy et Baptizée par moy le mesme jour ». Signatures : -Franç(oys) Thé R(ecteur) de Broon -Richard. « Jean Macé âgé d'environ soixante ans mourut dans les prisons de Broon le vingt six avril 1771...» Au moment de la Révolution, Servais Androuet, recteur de Plumaugat y fut enfermé pour avoir refusé de prêter serment et fut ensuite transféré à celle de Lamballe. Six autres malheureux qui gémissaient dans la prison de Broons furent exécutés à leur tour.
Geôle de Broons
Au cours de la Révolution, le 19 octobre 1791, la clôture de la prison de Broons fut brisée.
S'agissant de la prison d'Yvignac, elle était assise entre les chemins conduisant du bourg dudit lieu à Broons d'une part, à Trédias d'autre part
Geôle d'Yvignac
Voici un acte dans lequel est évoquée l’ancienne prison de Sévignac en date du quatorzième juillet 1769, « Pierre Hequant époux de Laurence Delambily comparaît devant le notaire de la juridiction de Beaumanoir-Limoëlan pour : une maison couverte d’ardoises, située au bourg de Sévignac, dans laquelle ledit Hequant est demeurant, contenante trente huit pieds de longueur et consistant dans un embas approprié de cheminée par châque costé, dans laquelle est un bois de lit joignant de couchant au bout du précédent, une cave ou cellier aussi sittué au costé nord de la ditte maison contenant trente quatre pieds de longueur… Sur dix de laize, trois chambres au dessus des trois embas, deux escabots appropriés de leurs tables & escabeaux, greniers au dessus, joignants le tout vers soleil levant à la maison de Julien Dagorgne, de l’autre vers occident à la ruëlle qui conduist du bourg de Sévignac à la mettairie du manoir du Plessix Gautron. Une petite retraite à cochons au devant de la dite maison contenant dix pieds de longueur avec la cour & déport au devant de la dite maison joignant d’une part au corps de logis cy après et d’autre à la cour de Mathurin Martel. Autre corps de logis avis du précédent, couvert d’ardoises, consistant dans une écurie, chambre au dessus servant d’auditoire de la juridiction de Beaumanoir-Limoëlan, contenant vingt deux pieds de long en laize, demie & douze de laize, le pressouer y estant composé de letrainte, l’auge à piller, les maillots dudit Martel que d’écuelle de Mathurin Jameu et d’autre audit chemin cy devant. Autre logement au costé vers soleil levant dudit auditoire servant de fournil et boulangerie ou est un four contenant dix huixt pieds de Longueur, en laize de dix, le tout aussi couvert d’ardoise, joignant aussi au dit costé vers soleil levant à Mathurin Martel, du midy à la cour dudit Jameu et d’occident au chemin cy devant déclaré à la charge audit Hequant de fournir et entretenir les dits logements et auditoire de tout ce qui est nécessaire, soit à des réparations d’ouvertures, greniers, banc et escabeaux, et degrés pour y monter, d’entretenir aussi l’emplacement qui est au bout de la maison principale vers le cimetière servant de prisons, et de la tenir toujours en bon état parce que aussi il percevra aussi le profit, et emoluments de la ditte prison, et souffrira aussi le dit Hequant, le dit Jullien Dagorgne, puiser de l’eau au puis et cuire son pain au four seulement, le logement étant privatif au dit Hequant. corde, joignant d’un costé au chemin qui conduit du Bourg à la ditte Méttairie du manoir du Plessix Gautron, d’autre costé et du bout vers le nord au jardin des enfants de feu Jan Gauven et de Marie Durand, et d’autre bout à la ruelle conduisant à la maison des dits feus Jan Gauven & fe(mme)..
Geôle de Sévignac
Tout semblerait indiquer que l'auditoire de justice de Beaumanoir-Limoëlan et la prison se trouvaient à l'emplacement de l'actuelle Place du 18 mars 1962. Une imposante bâtisse dotée d'ouvertures anciennes, un perron en donnait l'accès à la porte principale. Elle était connue sous le nom de Maison Malo. L'ensemble formait comme un îlot face à l'église. De plus l'amorce de la rue du Fournil se dessine et de là on peu se rendre au Plessix Gautron comme évoqué dans l'acte. Merci à Monsieur Philippe Delambily de m'avoir communiqué cet acte
Geôle de Plénée-Jugon
Détail de la geôle de Plénée-Jugon