Aremburge alias Aremburgis, femme de Guerech fut celle qui aménagea le château d'Ancenis vers 981-985. Tout comme les premiers possesseurs de la Guerche qui ont fait l'objet de la dernière étude sur ce blog, le dénommé Guerech exerçait la charge épiscopale sur l'évêché de Nantes. Pierre Le Baud, de sa plume nous dresse la situation suivante : « Et ainsi Hoelle noble Comte de Nantes occis, les Nantois constituerent Comte et Prince sur eux en son lieu ledit Guerech son frère, qui ja avoit esté denoncé évesque, lequel, comme dit a esté, estoit pourveu en Conseil, et si estoit vaillant & noble batailleur, & prudent en toute chose louable. » Guerech désireux de conserver le Pays Nantais, et souhaitant venger la disparition de son frère Hoël, prit part au combat contre Conan Le Tort alors Comte de Rennes, lequel fut tué lors de la bataille de Coquereuil le 27 juin 992. En réalité Hoël, comte de Nantes et son frère Guerech évêque de cette même cité étaient les fils illégitimes de Alain Barbetorte qui régna sur une partie de la Bretagne après l'occupation scandinave. Lorsque ce Prince s'en fut en exil avec son père, le Comte Mathuedoi de Poher, il eut, d'une relation illégitime avec une noble dame prénommée Judith, les princes Hoël et Guerech. La querelle entre la Maison de Rennes et celle de Nantes n'en n'était pas à ses débuts puisque le dit Barbetorte avait lui même finit assassiné en 980 sur ordre de Juhel Bérenger, Comte de Rennes et père dudit Conan Le Tort. Revenons à Aremburge, dont le nom teutonique laisse supposer qu'elle était issue d'une de ces tribus scandinaves implantées au bord de la Loire, et quand la paix fut revenue, quelques unes de ces tribus coulèrent des jours paisibles aux abords du fleuve et certaines s'unirent aux grandes maisons bretonnes. En réalité, c'est peu après la bataille de Conquereuil que Guerech devenu veuf épousa alors Aremburge. Il semblerait que l'aménagement d'une défense à Ancenis, était destinée à protéger Nantes des attaques Angevines, car d'allié, le duc d'Anjou Geoffroy Grisegonelle allait devenir en territoire Nantais un Personata non grata. C'est d'ailleurs sur ordre de Guerech que Aremburge fit construire sur la rive de la Loire cette forteresse : Et uxor ejus Aremburgis castrum Ancenicii ad Ligerim fluvium construxit, quod Alanus eorum filius dum vixit in dominatu suo retinuit. Le duc d'Anjou vint assiéger le castel en 987 mais en vain
Le comte de Nantes, Judicaël, successeur de Guérech, pour assurer la défense de sa frontière et de la rivière de Loire, du côté de l'Anjou, tailla dans son comté un large fief et le donna, avec le Château construit par Aremberge, à l'un de ses plus braves guerriers, Alfred (ou Alfrid, nom aussi breton que germain), qui fut le premier Baron d'Ancenis. C'est donc par inféodation, et non par apanage, que la Baronnie d'Ancenis fut créée. Il existe du reste, sur ce point, un témoignage spécial qui ne peut être passé sous silence, quel que soit le degré de confiance qu'on y attache: c'est la prétendue charte d'Alain-Fergent qui, relativement au différend des seigneurs d'Ancenis et du Pont, pour la place de neuvième baron de Bretagne, porte ceci: « Dicebatur quod castellania de Ancenisio fuerat olim, ex largitione seu donatione cujusdam principis Britanniae, uni prœdecessorum ipsius domini de Ancenisio concessa pro suis legitimis servitiis et bene meritis.» (D. Morice, preuves II, préface, p. XXV, en note.).... Alfred Ier fut le premier seigneur d'Ancenis, c'est aussi le premier Baron indiqué par Lobineau dans sa généalogie de la maison d'Ancenis (manuscrit déposé à la bibliothèque de Rennes, et faisant suite à son ouvrage sur les Barons de Bretagne). Il prit le titre de prince et les seigneurs d'Ancenis portèrent-ce titre jusqu'à la mort d'Aliénor, époux de Jeanne de Montfort (1386). Marié avec Odeline, il en eut deux enfants: Alfred et Gestin ; celle-ci épousa, en secondes noces, Bilic, dont elle eut un fils, appelé Bernard
Alfred II, fils du précédent, fut marié à Origone ou Orguen et eut d'elle trois enfants : Guihénoc ou Guéthénoc, Payen Mederic qui devint moine, sous le nom Barbotin. Aux Etats de Bretagne, tenus à Nantes, le 15 mai 1057, sous le prince Yvon, duc de Bretagne, il y eut un débat sur la préséance entre le seigneur du Pont et le seigneur d'Ancenis, qui se disputaient le septième titre de baron. Ce conflit résulte de l'extrait suivant une pièce du XIVe siècle, reproduite dans les Bl. M. t, 39, 890. «Le prince Yvon Ier, duc de Bretagne, assigna son Parlement en sa cité de Nantes, au 15 mai 1057. Un débat s'étant élevé sur la préséance des neufs prélats et des neufs barons de Bretagne, le duc fit faire prompte information. au cousté senestre se se voyoient les neufs barons en la manière que cy après s'ensuyt : 1° sire d'Avaugour. 7° Le sire du Pont. Ja soit ce que aucun disoient que le seigneur d'Encenis debvoit estre le 7e et non mie le seigneur du Pont. »
Guihénoc II, fils de Maurice, épousa Mabille. Il assista, en 1127, avec le duc Conan et la noblesse de Bretagne, à la réouverture d'une église de Redon (Pr. de Lobineau, p. 280). Lui et sa femme firent, au commencement du carême de 1132 ou 1133, une donation dans les conditions suivantes, qui augmentait la fondation du prieuré du Cellier : « Moi, Guihénoc d'Ancenis, et Mabille, ma femme, voulant relever le lieu de Sainte-Marie du Cellier, dont l'importance a été amoindrie par la méchanceté des excommuniés, nous lui avons donné librement et avec exemption de toutes charges, comme nous l'avions reçue de Dieu, telle quantité de nos terres entourant la vallée de Vinet, que peut labourer une charrue (probablement dans l'année), et une pareille quantité de pré et de pâture adjacents. De ce don, moi Guihénoc, je suis témoin, ainsi que ma femme, Mabille; Hamon, de Pannecé ; Angevin, fils de Rolland; Breton; Mathieu, fils de Barbotin ; Rodolphe, moine qui a reçu le don. Cela a été fait dans la forêt, sur le terrain même, l'an de l'incarnation de Notre-Seigneur 1132, septième lune, premier jour des lunes de la quadragésime. Paix et sécurité à ceux qui observeront cela. Ainsi soit-il. » (Cartul. Roton : charte latine citée par Lob. Hist. de Br. Vol. Ier).
Geoffroy Ier, fils de Guihénoc II, épousa Marguerite, fille unique de Brient de Varades, dont elle ne tarda pas à recueillir la succession qui comprenait la seigneurie de Varades, laquelle, à partir de cette époque, fut unie à la Baronnie d'Ancenis. Leurs possessions s'étendaient au delà de Joué; ils firent des donations à l'abbaye de Melleray, qui venait d'être fondée
Guihénoc III, fils de Geoffroy, épousa en premières noces Mahault, et, en secondes, Mathilde; il eut trois enfants : Geoffroy, Renaud et Aliénor. Il se croisa et fit des donations au monastère de Melleray avant son départ et après son retour : Guihénoc, fils de Geoffroy, d'Ancenis, ayant pris la croix de Dieu,quand il voulut aller à Jérusalem, donna en aumône, à Melleray, une maison, située près d'Ancenis, sur le bord de la Loire, exempte de toutes rentes et libre du pouvoir séculier. Sa femme Mahault et ses enfants y consentirent. Les témoins de cette donation furent Philippe, abbé de Clermont; Geoffroy, de Blois, oncle du même Guihénoc, et sa mère Marguerite; Geoffroy, de Melleray ; Geoffroy, Pislard et autres. Le même Guihénoc donna aussi tous les dimanches, et, pendant l'Avent et la Quadragésime, le quatrième et le sixième dimanche. Les témoins sont l'abbé
Philippe; Geoffroy de Blois; Brient frère de la femme de Guihénoc; Geoffroy son fils; sa mère Marguerite; la dame de Châteaubriant, cousine germaine du côté maternel, et plusieurs autres. A cette donation consentit Geoffroy, fils de Guihénoc, en présence de tous les sus-nommés. (Tit. De Mellerayj; charte latine citée par Lobineau, H. de Br.,vol.1er
Geoffroy II remplaça Guihénoc, son père; il épousa Marquisie et eut deux enfants: Geoffroy et Brient. Il fit donation aux moines de Melleray, et confirma celle faite par son père aux mêmes moines;
Geoffroy III dit Lobineau dans le manuscrit cité, seigneur d'Ancenis, fils aîné de Geoffroy II et de Marquisie vivait en 1242. Il accompagna Pierre Mauclerc au voyage M de Syrie, en 1238, et en revint en 1240. Il eut un fils nommé Geoffroy, qui suit : Voici, en effet, quelques-uns des faits du temps. En 1230, Geoffroy III prit part, comme les autres Barons de Bretagne, aux conférences qui eurent lieu sous les murs d'Ancenis entre ceux-ci et Saint-Louis (voir p. 39), et au traité passé ensuite avec le roi de France. Ce fut à la suite de ces événements que Mauclerc, brouillé avec saint Louis et déchu du bail de Bretagne, abdiqua en faveur de son fils, Jean et prit la croix (1236) pour la conquête de la Terre Sainte, à l'imitation des grands seigneurs du temps, qui avaient cédé aux exhortations du pape Grégoire IX et qui, d'ailleurs, croyaient ainsi expier leurs fautes. Il passa en Syrie, en 1238-1239, accompagné de nombreux seigneurs bretons, parmi lesquels figurait Geoffroy III, qui suivait en cela l'exemple de ses ancêtres Chotard et Guihénoc III. On sait que tous ces seigneurs, affaiblis par les divisions, revinrent dans leur patrie sans succès appréciable.
Geoffroy IV ou Joffrei, seigneur d'Ancenis, fils de Geoffroy III, vivait en 1275 ; on le surnomma le bon baron et on le fait neveu du duc Jean Ier. Il épousa Denise de Doué fillen de Messire Geldouin de Doué, qui lui apporta, dit-on, Ernand et Martigné-Briand. M. de Parthenay racontait que le duc de Bretagne avait trois filles dont il avait fait les nopces à Châteauceaux, dontl'une avait été mariée au seigneur de Parthenay, l'autre au seigneur d'Albret du Mucidan et la troisième au baron d'Ancenis, père de celui-ci. Il eut de sonmariage Geoffroy V, qui suit. (Lobineau, manuscrit cité.)
Geoffroy V fut, comme son père, appelé le bon baron; il épousa en premières noces Jeanne de Précigné, soeur cadette de Mme de Craon, dont il eut deux enfants: Geoffroy, qui lui succéda, et Aliénor. Il convola en secondes noces avec Isabeau d'Aire, dont il eut six enfants: Jean, Renaud, Briand, Jeanne, Marguerite et Marie. (Voir tableau généalogique aux Pièces justificatives de notre première édition, d'après les Blancs-Manteaux, t. 39, p. 389.) Geoffroy semble avoir été marié, dès 1296, avec Aliénor, d'après le titre de fondation de l'Hôpital, cité dans notre article sur l'Hôpital d'Ancenis; ce nom d'Aliénor était probablement l'un des prénoms ou le surnom de l'une de ses deux femmes, et vraisemblablement de la première, dont la fille s'appelle aussi Aliénor. Le contrat de mariage de Geoffroy et de Jeanne de Précigné porte la date du 6 novembre 1290; Jeanne de Précigné était fille de Regnaud, seigneur de Marans. (Bi.-M.,t. 47, p.9 I.)
Geoffroy VI, fils du précédent et de Jeanne de Précigné, épousa Blanche d'Avaugour et eut de ce mariage deux filles : Jeanne et Catherine. Nous parlerons de Jeanne au chapitre suivant; quant à Catherine, elle fut mariée à Geoffroy de Vironne, seigneur de Thouars et des Essarts en Poitou, dont la petite-fille épousa Charles de Bretagne, fils du comte de Penthièvre. Geoffroy, en ratifiant les volontés testamentaires de son père, fonda, en 1315, l'aumônerie de l'Hôpital d'Ancenis ; cette aumônerie est citée dans les Bl.-M., t. 42, p. 206 (XVIIIe s.) parmi les chapelles et autres bénéfices du diocèse de Nantes.
Jeanne, fille de Geoffroy VI et de Blanche d'Avaugour, épousa, en premier mariage, Thébaud ou Guillaume de Rochefort. De ce mariage, naquirent quatre enfants: 1° Jeanne, mariée d'abord à Léon de Montfort et ensuite à Jean ll de Rieux, maréchal de France;2 ° Béatrix, mariée à Jean de Craon, seigneur de la Suze ; 3° Marie, mariée au seigneur de Matignon; 4°et Thébaud I. Le premier mari de Jeanne, Guillaume de Rochefort, fut renommé par sa bravoure et ses talents militaires et devint l'ami et le compagnon d'armes de Du Guesclin. Froissard raconte qu'un jour ayant rencontré Guillaume d'Ancenis, ils cheminèrent ensemble pendant quatre heures et s'entretinrent de l'origine de la maison de Du Guesclin, que Guillaume connaissait et sur laquelle il lui donna de nombreux et curieux détails. Engagé, comme le précédent baron d'Ancenis, dans le conflit entre les maisons de Montfort et de Blois, il s'attacha, ainsi que lui, à la cause de Charles de Blois, et la servit avec un grand courage. Lors du traité conclu en 1363, dans les landes d'Evran, entre Jean de Montfort et Charles de Blois, Guillaume fut un des douze otages donnés à Jean de Montfort par son adversaire pour garantir le traité. Enfin, à la bataille d'Auray, le dimanche 27 septembre 1364, Guillaume, qui commandait le corps de bataille avec quelques autres seigneurs, sous les ordres de Charles de Blois, périt au plus fort de la mêlée, et avec lui tomba toute la fleur de la noblesse. Jeanne d'Ancenis, après la mort de Guillaume, se remaria avec Charles de Dinan; elle n'eut de ce mariage qu'un fils qui mourut en bas âge. Quant à son mari, il se remaria trois autres fois, savoir: avec Constance de Coëtlen, veuve d'Even,vicomte du Fou; avec Jeanne de Beaumanoir et avec Jeanne Raguenel. Il mourut, le 19 septembre 1418, et fut enterré dans l'église des Cordeliers de Dinan. Les armes de Dinan sont de gueules à quatre fusées d'hermines, mises en fasce, accompagnées de six besans de même. Nous citerons, en passant, les documents historiques suivants, qui concernent l'histoire du temps : « Accord entre Guillaume, sire de Rochefort et d'Ancenis, et Regnault de Vivonne, en vertu duquel la terre d'Esnande est délaissée à Catherine d'Ancenis, femme dudit Regnault, « le 10 mars 1363. Il est fait mention: de Jeanne d'Ancenis, soeur de la dame Catherine; de Geoffroy, seigneur d'Ancenis; de Geoffroy II, fils du dit Geoffroy, père de la dame Catherine; de Blanche d'Avaugour, mère de la dame Catherine de Savary de Vivonne, seigneur de Thouars et ayeul de Regnault. » Archives nat., sect. historique, J.183, No 165. « Le 28 Juin 1366, Jeanne d'Ancenis donna à Thébaud de Rochefort, son fils, la tierce partie de tous ses héritages, et pour le cas où Thébaud mourrait sans enfants, elle délaissa cette même portion à Jeanne, Béatrix et Marie, ses filles, soeurs germaines de Thébaud, enfants de Guillaume de Rochefort, mary de la dame d'Ancenis.» Bl. M., t. 47, p.127 à 149.
Jeanne II, fille de Jeanne Iere d'Ancenis et de Guillaume de Rochefort, et dame de Donges, de Rochefort et de Châteauneuf, épousa d'abord Léon de Montfort, dont elle n'eut pas d'enfants. Rien d'important ne nous a paru se rattacher à cette première union. Sous Jeanne II, et par lettres du duc Jean IV, du 18 mai 1831, il fut reconnu que la garde des places, pendant l'année du rachat, appartenait au duc. Jeanne épousa en secondes noces, le 16 février 1374, Jean II de Rieux, qui, depuis, fut maréchal de France, et ce mariage fit passer la terre d'Ancenis dans l'illustre famille de Rieux. La maison de Rieux était issue de Rodoald de Rieux, petit-fils d'Alain le Grand, duc de Bretagne. Les membres de cette famille étaient qualifiés du titre de seigneurs du sang, titre qui leur fut confirmé parles assemblées des Etats de Bretagne, tenus en 1576 et 1582. «Les seigneurs de Rieux, dit Lobineau,paraissaient avec éclat à la cour des ducs et tenaient une position considérable chez eux. Il est bon de se souvenir que le lieu dont ils prenaient le nom avait appartenu à Alain le Grand, et qu'il y avait des comtes de Feillac dès le IXe siècle. » Suivant un mémoire présenté au roi, le 27 septembre 1710, par René de Rieux, marquis d'Ouessant, appuyé d'une généalogie, la maison de Rieux a constamment été alliée aux troisième, quatrième, cinquième, et sixième degrés de parenté avec tous les rois de France, depuis qu'elle a commencé à prendre des alliances dans ce royaume. Elle descend par les femmes de toutes les têtes couronnées de l'Europe. Elle tire son origine des anciens rois de Bretagne dont elle descend en ligne directe, par une suite ininterrompue et sans aucun changement de nom. Elle se trouve confondue dans la maison des ducs de Bretagne avec la branche des Montfort, par Marguerite de Bretagne, grand-mère de Jean VI de Rieux, et avec celle de Blois, par Isabeau de Bretagne, sa femme. Enfin, les seigneurs qui en sont issus ont toujours conservé les marques de leur principauté. (Voir le tableau généalogique de la maison de Rieux, tiré des Blancs-Manteaux, tome 83, aux Pièces Justificatives de notre première édition). Jean II de Rieux obtint la main de Jeanne II d'Ancenis, à la condition de porter les armes et le nom de Rochefort; il était fils de Jean Ier du nom, sire de Rieux et d'Isabelle de Clisson. Voici en quelques mots les principaux traits de sa vie sur laquelle nous reviendrons plus en détail: Il fit ses premières armes dans l'armée anglaise qui aida Pierre le Cruel à reconquérir le trône de Castille; s'étant ensuite attaché au service de la France, il combattit vaillamment sous Charles VI qui le promut au grade de maréchal de France, le 19 décembre 1397, en la place de Louis de Sancerre. Il défit les Anglais qui ravageaient la Bretagne en 1405; l'année suivante, il fut envoyé en Angleterre pour réparer l'honneur des Français, suivi de 600 arbalétriers, 1,200 fantassins et 800 hommes d'armes d'élite, de Bretagne et de Normandie;s'étant joint, là, au prince de Galles, il ravagea plus de soixante lieues de pays, mais sans succès sérieux. Cet échec, et surtout des intrigues, de cour le firent tomber en disgrâce, et il fut destitué, en 1411. Rétabli dans ses fonctions en 1413, il se démit de sa charge, le 12 août 1417, en faveur de son fils, et se retira dans ses terres, où il mourut, le 7 septembre de la même année, à l'âge de 75 ans. En 1382, Jean de Rieux et Jeanne de Rochefort et d'Ancenis, sa femme, fondèrent, le 12 septembre, une chapelle au Château d'Ancenis. Nous donnons le titre, déjà cité, de cette fondation aux Pièces Justificatives I. Du second mariage de Jeanne de Rochefort et d'Ancenis avec Jean II de Rieux naquirent, selon Moreri et Lobineau, neuf enfants :
1° Pierre de Rieux, né le 13 septembre 1389, qui épousa, en premier mariage, Jeanne de Molac et, en second, le 27 août 1416, Jeanne de Chateaugiron, morte en 1418. Promu au grade de maréchal de France, en 1417, il fut destitué, l'année suivante, par suite des intrigues de la faction bourguignonne. Il se jeta dans le parti du dauphin (depuis Charles VII), défendit courageusement Saint-Denis contre les Anglais, en 1435, leur enleva Dieppe et les força à lever le siège de Honfleur. Comme il revenait triomphant de cette expédition, il fut arrêté à Compiègne par Guillaume de Flavie, vicomte d'Assie et capitaine de compagnie; enfermé dans le château de cette ville, il y mourut de misère, en 1439, à l'âge de cinquante ans, sans postérité.
2° Jean de Rieux, troisième du nom
3° Gilles de Rieux, né le 15 mai 1385, mort sans alliance.
4°Isabeau de Rieux, née le 14 juillet 1378, qui eut la terre de Nozay en partage et mourut sans alliance, en 1452.
5° Jeanne de Rieux, morte en 1417. 6* Béatrix de Rieux qui épousa Jean, seigneur de Rougé, Derval, etc., morte sans enfants, le 8 février 1415.
7° Marguerite de Rieux religieuse.
8° Marie de Rieux, femme de Jean de la Porte, seigneur de Vezins, la Jaille, etc., morte en 1435
9° et Michel de Rieux seigneur de Chàteauneuf seigneur de Ghàteauneufa, né le 28 septembre 1394, mort le 12 janvier 1473; il épousa, le 2 juillet 1415, Antoine, fille de Gilles seigneur de la Choletière, et depuis Jeanne de Malestroit.
Jeanne II d'Ancenis mourut, le 3 mai 1423. On trouve, aux Archives départementales, l'hommage rendu par elle, le 3 mars 1422, pour la baronnie d'Ancenis