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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 06:27

Le château du XIVe siècle.

 

 

Du château qui fut rasé en 1395, il ne semble rien subsister qui ne soit recouvert par celui que Rolland III de Coëtmen construisit au commencement du XVe siècle. Mais la tour semi-circulaire F qui flanque à gauche la porte C enveloppe les restes d'une autre tour de même forme, dont le rayon mesurait 4 m 30 environ et l'épaisseur des murs 2m20, et qui remonte à cette époque. Le plan de la salle intérieure à l'étage de la porte, aujourd'hui seule conservée, le prouve avec évidence: l'hémicycle, qui terminait une partie droite voûtée en berceau surbaissé, était éclairé au sud et dans l'axe par une archère b aujourd'hui bouchée par plus de quatre mètres de maçonnerie, à l'ouest par une autre archère c que l'on utilisa au XVe siècle au moyen d'une simple lumière, de même hauteur et de 0m15 de largeur, pratiquée sur 1 m 95 dans son prolongement au travers du nouveau rempart. Les défenses basses avaient cessé d'être usitées bien avant le commencement du XVe siècle. De plus, le tracé périmétrique de cette tour, dont on connaît le centre qui correspond à celui de la salle supposée concentrique et deux points au sommet des deux archères, conduit à découvrir son parement appareillé, très visible au point a, sur lequel s'appuie le flanc gauche intérieur de la porte charretière. Les assises, d'une hauteur moyenne de 0 m 25, sont parfaitement dressées sur des lits de mortier assez minces. Malheureusement l'écroulement du revers de l'ouvrage enveloppant a entraîné la ruine du revers de la lotir enveloppée et ne permet pas de voir si elle flanquait elle-même une porte antérieure. La voûte en blocage de la salle basse est aujourd'hui écroulée en arrière d'un arc-doubleau d dont le profil est un épannelage carré aux arêtes inférieures abattues. Une porte e amortie par un linteau conduisait, au XVe siècle, de la salle au passage. Le sol, terrassé, ne paraît pas recouvrir de caves. L'état actuel de la tour droite G de la porte fortifiée, symétrique de la précédente, mais comblée par les éboulements, nous prive d'y chercher d'autres restes du château du XIVe siècle. Il est possible que des fouilles bien conduites mettent au jour d'autres témoins des constructions primitives qui, peut-être, influèrent sur le nouveau plan.

 

 

Le château de Rolland III de Coëtmen.

 

En démontrant que Rolland III de Coëtmen reçut le 22 novembre 1406 trois mille livres d'indemnité à cause de la démolition de Tonquédec, M. de La Borderie supposait qu'il se préparait à le reconstruire. L'archéologie justifie son hypothèse, mais il attribuait à cette époque toute la deuxième enceinte : c'est une erreur. Sans compter les ruines antérieures que nous venons de voir noyées dans les fortifications nouvelles, on peut distinguer au moins trois campagnes de construction. La première, comprenant le donjon D, le front nord-est avec ses tours de flanqueraient I et K, la forte tour d'angle E, la porte fortifiée G C F et enfin la tour du nord-ouest L, a pour caractères constants l'appareil, les bases pleines et empattées, l'absence de percements dans les étages inférieurs, sauf sur les flancs de la porte, et leur sobriété relative dans les étages supérieurs sous la ligne continue des mâchicoulis, car les courtines sont flanquées par des tours qui ne les commandent pas, la tour d'angle et le donjon exceptés. C'est cette campagne qui suivit l'indemnité de 1406, La refaçon de la courtine du nord qui relie les tours K et L en s'appuyant sur leurs parements, prouvée par les latrines de la tour K qu'elle recouvre en partie, peut en constituer une seconde. Des mâchicoulis absolument semblables à ceux de la première la couronnent, mais le blocage a remplacé l'appareil. Le bâtiment d'habitation qui s'y adossait est aujourd'hui complètement ruiné et il n'est pas facile de le dater avec précision. La troisième campagne, au contraire, qui comprend tout le front ouest M N 0 P, nettement caractérisée par l'absence de défenses supérieures et la réapparition des défenses inférieures, leur disposition pour de petites armes à feu, les larges percements, la beauté de l'appareil et l'amélioration des aménagements, est postérieure aux perfectionnements de l'artillerie el doil être attribuée à Jean II de Coëtmen. On sait qu'il entreprit en 1473 de fortifier Tonquédec et nous verrons d'ailleurs qu'une partie de la première enceinte fut aussi son oeuvre.

 

 

Plan.

 

Ainsi, du château de Rolland III, il nous manque la face occidentale. Mais les pentes abruptes qui la bordent en commandent le plan. Comme aujourd'hui, déduction faite de la première enceinte qui n'existait pas, Tonquédec affectait donc, au commencement du XVe siècle, la forme d'un trapèze dont la petite base faisait face au nord, la grande au sud, les côtés à l'est et à l'ouest. Le front nord, modifié par la suite, mesurait entre les tours une quinzaine de mètres, le front nord-est une trentaine, el le front sud, probablement un peu moins. Un donjon D, absolument isolé, car les courtines basses qui le relient actuellement aux tours L et K datent du XVI siècle, s'élevait au nord des tours L et K, en dehors de l'enceinte, au sommet de l'éperon qui sépare les deux vallées. Le pont-levis qui le faisait communiquer avec la place venait, en se baissant, reposer sur une pile de maçonnerie élevée au milieu du fossé. Celle-ci recevait également le pont-levis de la courtine opposée qui en était probablement plus éloignée que la courtine actuelle. Selon la coutume, la tour d'angle E, à l'est, était particulièrement forte pour commander le plateau. Elle pouvait même servir de réduit, étant séparée de l'enceinte par un fossé que fermaient aux deux extrémités les tronçons de courtines H et Q, et sur lequel on jetait un pont-levis. La porte, entre ses deux tours, occupait le milieu du front sud G C F. Enfin, le côté de l'ouest, rebâti à la fin du XVe siècle, nous demeure inconnu. Appareil et marques de tâcherons. Le château de Rolland III est construit on granit, l'extérieur est appareillé par lits d'assises dont la hauteur varie entre 01 m 20 et 0m 40. La longueur des pierres, dont la moyenne est d'environ 0 m60, atteint rarement 0m 90. Des lamelles de pierre, généralement de schiste ardoisier, sont noyées dans le mortier entre chaque assise. Ce mode de construction ne fut donc pas absolument abandonné dès le XIIIe siècle, comme l'a dit Viollet-le-Duc, ni même au XIVe siècle, comme l'a répété M. Choisy. Les parements intérieurs sont en blocage, sauf quelques chaînes, jambages de portes, embrasures, parois de passages, etc.

 

 

Extrait de  - Le château de Tonquedec : notices archéologiques 

 

 

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Published by poudouvre
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