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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 05:14

 

 

 

« La maison de Kergournadeac'h, dit l'antiquaire Marc de Vulson, est une des plus anciennes de toute la Bretagne, et a toujours été comptée pour l'une des quatre premières de l'évéché de Léon, avec celles de Penhoët, du Châtel et de Carman, toutes illustres. » L'étymologie de Kergournadeac'h, qui se tourne en Français par ville de l'homme qui ne fuit pas, a un principe plein d'honneur et d'antiquité, qui est que Saint-Paul-Aurélien, qui a été le premier évêque de Léon, au VIe siècle, venant d'Angleterre, et ayant abordé à l'île de Baz, en laquelle demeurait le comte de Guyture, il la trouva désolée d'un horrible serpent, ou plutôt d'un monstre si épouvantable, qu'il dévorait hommes, femmes et bestiaux ; de ta teste duquel serpent sortoit un glatis sèment comme si vingt braques glatissoient. Le comte, averti de la venue du saint personnage, lui fit ses plaintes; le Saint promit de ne boire ni manger, qu'il n'eût vu le serpent, et s'étant revêtu de ses habits sacerdotaux, précédé de la croix et suivi de tous les habitants de l'île la chercher le serpent ; mais, l'ayant rencontré, il fut aussitôt abandonné de toute la compagnie qui prit l'épouvante et la fuite, fors un seul chevalier de la paroisse de Cléder, qui demeura près du Saint, lequel aborda le serpent, lui jeta sou étole au cou. Le chevalier s'offrit à le tuer, mais le Saint ne le voulut, ainsi le conduisit ainsi par son étole jusqu'à la pointe de l'île, et là lui commanda, de la part de Dieu, de se précipiter dans la mer et de jamais n'aller habiter ni infecter aucune terre habitée par des chrétiens. A quoi il obéit, et s'appelle encore ce lieu Tout-al-Sarpant, c'est-à-dire le trou ou l'abîme du serpent. Le comte prit de là sujet de donner à ce chevalier le titre de Ker-gour-n'a-Tec'h, que l'hymne de l'octave de Saint-Paul traduit par ces deux vers :

 

Villa viri non fugientis ;

Miles erat tune temporis.

 

Depuis ce temps, les seigneurs de Kergournadec'h ont seuls le droit d'entrer dans le choeur et d'aller à l'offrande en l'église cathédrale de Léon, bottés, éperonnés et l'épée au côté, privilège que l'ou dit avoir été accordé par Saint-Paul au premier seigneur de Kergournadeac'h, et que ses successeurs ont toujours conservé jusqu'à présent (1644). Nuz, est effectivement donné ancêtre mytique des seigneurs de Kergournadeac'h. Le premier dont il y soit fait mention, après celui des légendes, est Olivier de Guergournadeach, qui vivait en 1288 ; Guyomar, son fils, se signala dans les guerres de Montfort et de Charles de Blois. Fait prisonnier dans une rencontre, il déclara qu'il aimait mieux mourir que de vendre un petit coin de sa terre pour payer sa rançon, tant il aimait son vieux château ! En quoi ses descendants l'ont imité ; car on les voit sans cesse mettre leur vieux château sous la protection spéciale des ducs, et non-seulement le vieux château avec les officiers, serviteurs, damoiseaux, mais les pigeons et les lapins du dit château. La terre de Kergournadeac'h passa, vers 1504, dans la famille de Kerhoënt, par le mariage d'Alain de Kerhoënt avec. Jeanne de Kergournadec'h, héritière de sa maison. Olivier de Kerhoënt, fils des précédents fut seigneur de Kergournadec'h, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, il fut enterré en décembre 1594 en l'église paroissiale de Cléder. Ledit Olivier de Kerhoënt, seigneur de Kergournadec'h, avait épousé en 1559 Marie de Ploeuc, dame de Coëtenfao. Leur fils François épousa Jeanne de Botignau, dont il n'eut que deux filles, Renée et Claude de Kerhoënt, « et le bonhomme a dit depuis que s'il avait eu des garçons, comme il n'avait que des filles, il leur eût fait prendre le beau nom de Kergournadeac' h, comme déjà lui et feu son père Olivier en avaient pris les armes plaines èchiquetèes d'or et de gueules, et laissé celles do Kerhoent, qui sont lozangées d'argent et de sable. » Renée de Kerhoënt, sa fille aînée, épousa, le 1er mai 1616, à l'âge de quinze ans, Sébastien, marquis de Rosmadec, baron de Molac et de Tyvarlen, gouverneur de Dinan et de Quimper. «. Lequel ayant été mis, en son jeune âge, à l'académie du sieur Benjamin, s'était rendu si adroit à tous les exercices, qu'il avait gagné plus de trente bagues aux assemblées de noces et autres cérémonies où il s'était trouvé.» Il fit rebâtir le château de Kergournadeac'h, que Vulson, qui y avait séjourné quelque tems, disait être l'une des plus belles et régulières maisons, en son architecture, qui se pussent voir en France. » Aussi, nous en a-t-il laissé deux vues gravées par Jean Picart, l'une à la fin de sa Généalogie des Rosmadec, et l'autre au second frontispice de sa Science héroïque.

 

 

On y voit que le château» en 1644, était construit en belles pierres de taille, flanqué de quatre grosses tours, avec mâchicoulis, guérites et meurtrières. Dans l'enceinte du château, régnait un vaste corps-de-logis avec ses portes et ses fenêtres gothiques. Derrière le château, on remarquait un bel étang entouré de quelques bois, et plus loin, une chapelle groupée sur une petite éminence.» Miorcec de Kerdanet. Dans son Voyage en Bretagne Édouard Vallin décrit l'endroit : « le château de Kergournadeac'h, édifice en ruine qui semble n'avoir jamais été achevé. Quoi qu'il en soit, ses murs à demi écroulés, ses grosses tours à créneaux et à mâchicoulis donnent une haute idée du plan qu'avait conçu l'architecte, et l'on ne peut s'empêcher d'admirer celte puissante forteresse que l'on achève par la pensée telle qu'elle dut être conçue primitivement. ». Et cette note supplémentaire : Le beau château de Kergournadeac'h, en Cleder, bâti en 1630 par le marquis de Rosmadec-Molac sur l'emplacement d'une antique forteresse, ne fut jamais achevé et n'offre plus que des ruines saisissantes au milieu de hautes futaies. Sa forme était carrée et chaque angle était flanqué d'une tour ronde, munie de machicoulis et surmontée d'une tourelle avec hautes cheminées. C'est aujourd'hui près des ruines du château 

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Published by poudouvre
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