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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 15:56

 

 

 

La légende du château de Carnoët nous un peu fait perdre de vue nos jeunes amoureux du pardon de Toulfoën, qui s'en reviennent la nuit, main dans la main, front contre front

 

L'ombre les couverts telle que la rosée,

Leur voix tombe sans bruit par la route boisée.

 

Mais, comme ils se dirigent du côté de la paroisse de Nizon, suivons-les... de loin... de très-loin;... ne soyons pas indiscrets, mais pourtant suivons-les... En allant de ce côté, nous découvrirons les ruines d'un château qui nous fournira le sujet d'une tradition et d'une ballade recueillies en dialecte breton, par M. de la Villemarqué. Ces ruines se voient près de Pontaven (pont du fleuve) Pontaven, ville de renom, Quatorze moulins, quinze maisons, dit le proverbe. Remarquez sur quinze maisons, quatorze moulins! Quel joli tapage cela doit faire! Dans sa Bretagne, Paysages et Récits, M. Eugène Loudun nous donne un charmant aperçu de ce que ce ravissant petit pays doit être Un ravin, tout encombré d'énormes roches, d'arbres confusément poussés, aulnes, peupliers, saules, et, parmi ces arbres et ces rochers, une petite rivière rapide, tournant autour dos roches, glissant entre leurs défilés, bouillonnant en petites cascades, noire ou claire, selon qu'elle reflète l'ombre des arbres ou la lumière du ciel, voilà le fond du tableau. Sur les deux versants s'étagent les maisons de la ville, et presque autant de moulins que de maisons s'éparpillent sur les bords, assis sur les roches ou demi-cachés dans les arbres. Tout est riant et frais en cette jolie vallée au tic-tac régulier des grandes roues se mêlent le murmure de l'eau, le frôlement des herbes et des feuilles; la voix sourde de la nature, qui ne se tait jamais, adoucit le bruit dur et triste du travail de l'homme. Selon Cambry, le château de Rustéphan aurait été bâti par un fils du roi de Bretagne qu'on nomme Etienne. Rustéphan ou Run-Stéphan, et par contraction Rustlan. (Tertre d'Etienne.) Il s'agirait d'Etienne, comte de Penthièvre, mort en 1137, seigneur de Nizon, du chef de sa mère Agnès, sœur d'Alain Canhiart, comte de Cornouaille, mais c'est une conjecture sans preuves. Cambry ajoute, en outre, qu'en 1250, il appartenait Blanche de Castille, épouse de Louis VIII, roi de France, et qu'en 1120, il était possédé par un sieur de Guéménée. Le château figurait un rectangle avec une tourelle en encorbellement chaque angle. L'une des grandes faces de ce rectangle n'existe plus; l'autre est flanquée d'une grosse tour, au pied de laquelle s'ouvre une porte accostée de deux pinacles et dont l'arc en talon est décoré de feuillages. Les fenêtres avec croisées de pierre, les lucarnes terminées par des gargouilles et surmontées de gables crochets, attirent particulièrement l'attention. Suivant l'opinion d'Emile Souvestre, Rustéphan serait loin d'avoir le caractère d'antiquité que lui donne l'auteur du Voyage dans le Finistère en 1791 il pense que c'est un manoir du XVe siècle, bâti probablement sur les ruines d'un plus ancien. L'érudit M. Pol de Courcy nous apprend que Rnstéphan appartenait, en 1470, Jean du Faou, grand échanson de France, et M. de la Villemarqué pense que c'est lorsqu'il en était possesseur que paraît s'être passé l'événement conservé par la tradition si l'on s'en rapporte la ballade, il aurait au contraire lieu de conjecturer, selon nous, qu'il doit remonter à une autre époque, car, d'après l'histoire, ce seigneur Jean du Faou, grand échanson de France, épousa, en 1469, Jeanne de la Rochefoucault, dame de Montbazon, dont il eut une fille uniue, qui fut mariée Louis de Rohan-Guéménée; or, d'après le texte de la ballade bretonne, nous voyons que le seigneur du Faou auquel elle fait allusion, avait plusieurs filles

 

Ha braran merc'hed oa er vro-ze

Merc'hed otro ar Faou an neuze.

 

Les plus belles filles de ce pays-là, étaient alors les filles du seigneur ilu Faou. Et plus loin encore

 

Ar iaouankan, hounez ar vravan.

 

La plus jeune et la plus belle. Voici cette tradition telle que le donne le Barzaz-Breiz Le peuple raconte qu'anciennement on avait coutume de danser fort tard sur le tertre du château, et que si l'usage cessé, c'est que les danseurs aperçurent, un soir, la tête chauve d'un vieux prêtre, aux yeux étincelants, la lucarne du donjon. On ajoute cela qu'on voit vers minuit, dans la grande salle, une bière couverte d'un drap mortuaire, dont quatre cierges blancs, comme on en faisait brûler pour les filles nobles, marquent les quatre coins, et qu'on voyait jadis une jeune demoiselle, en robe de satin vert garnie de fleurs d'or, se promener au clair de la lune sur les murailles, chantant quelquefois, mais le plus souvent pleurant. 

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Published by poudouvre
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