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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:30

 

 

 

Le pays de Retz, au midi de l'embouchure de la Loire, était la contrée comprise entre ce fleuve, la mer, la limite du Poitou et le lac de Grand-Lieu. Faisant originairement partie du territoire des anciens Agésinates et des Poitevins, il fut conquis à la Bretagne par les victoires que Nominoé remporta sur Charles le Chauve, par celle, surtout, que gagna, en dernier lieu, Erispoé, fils de Nominoé, et qui fut suivie d'un traité fait à Angers en 851, dans lequel Erispoé, roi de Bretagne, reçut du roi de France l'investiture du comté de Nantes et du pays de Retz. Le nom de Retz, qui, pendant le moyen âge, s'écrivait, en latin, Badesius, et en français, Baiz, Bays, Baix , provient d'une ville gauloise, Batiastum, qui fut située sur ce territoire, mais dont on cherche vainement les vestiges aujourd'hui. Machecoul a été, de temps immémorial, la capitale du pays de Retz. Cette contrée a formé, dès l'origine des fiefs, une seigneurie dans l'intérieur de laquelle se trouvaient d'importantes châtellenies, telles que : Legé, la Rénaste, Pornic, Bourgneuf, Prigny, Vue, Saint-Étienne-de-Malemort ou de Mer-Morte, Prinçay, situé dans la forêt de ce nom (commune de Chéméré), enfin Machecoul lui-même, qui, dans le principe, eut quelquefois des seigneurs distincts des barons de Retz. Il est à peu près impossible de démêler la filiation et la succession des sires de Retz et de Machecoul antérieurement au XIIIe siècle. Les Chartres et les chroniques bretonnes mentionnent un Justin de Retz avec Arsculfe, son fils, vers 1070. Nous trouvons un sire de Retz, présent aux obsèques d'Alaiu-Fergent, duc de Bretagne en 1119; Garsire de Retz, en 1125; Roland de Retz, en 1144; enfin, Arsculfe de Retz, en 1204. Dans le même temps, on trouve un Amauri de Machecoul (1203); Bernard de Machecoul (1204) ; Beatrix de Machecoul (1204); Aimeri de Machecoul (1224); Oliver de Machecoul(1276-1287). On ne peut commencer à établir de succession chronologique , parmi les seigneurs de Retz, qu'à partir du moment où la famille Chabot, originaire du Poitou, et possédant déjà en cette province les fiefs importants de Vouvent, de Mervent, de la Grève et de la Rocheservière, implanta l'une de ses branches cadettes dans la seigneurie de Retz, ce qui eut lieu vers la première moitié du XIIIe siècle. Halson de Chabot.

 

Gérard Chabot était le second fils de Thibaut Chabot III, seigneur de la Rocheservière et de la Grève et de Marguerite, dame de la Motte-Achardet de la Maurière. Il eut en partage les terres de la Motte-Achard et de la Maurière, et épousa Eustache de Retz, dite Àliette, fille et héritière de Raoul, sire de Retz, de Machecoul, Falleron, Froidefond, etc. Peut-être ce Raoul (Badulfus), désigné dans les titres de la maison de Chabot, n'est-il autre que Arsculfe, que nous avons déjà mentionné comme ayant été seigneur de Retz en 1204. Gérard Chabot et Eustache de Retz laissèrent trois enfants : 1° Gérard II, 2° Geoffroi, seigneur de la Maurière, et 3° Eustache Chabot, mariée à Gérard de Machecoul, seigneur du Coustumier et de la Bénaste Gérard Ier était mort avant 1250.

 

 

Gérard Chabot II a laissé souvenir de plusieurs de ses actes : il fut l'un des exécuteurs testamentaires de Geoffroi de Châteaubriant, en 1262; il s'empara, par force, de la part qui revenait, en l'île de Bouin, à Maurice , seigneur de Bellisle ; mais Alphonse de France, comte de Poitiers, la lui fit rendre, par mandement, en 1265. Il confirma, l'année suivante, les dons que sa mère, Eustache de Retz, avait faits à l'abbaye de Buzai, où elle fut ensevelie. Il plaida, la même année, pour une dîme que Raoul, sire de Retz , son aïeul, avait donnée aux religieuses du Val-de-More ou Morière ; puis il finit par la leur abandonner avec d'autres biens, par son testament de l'an 1281. Il assista, en janvier 1276, à une assemblée tenue à Nantes par le duc de Bretagne, Jean Ier, dans laquelle ce prince, mû par un sentiment de justice, renonça au bail de rachat, impôt établi précédemment par Pierre de Dreux, et d'après lequel tous les revenus des mineurs étaient attribués au duc pour entretenir des hommes d'armes, jusqu'à ce que les mineurs fussent en âge de servir eux-mêmes. Le duc déclara qu'il se contenterait, à l'avenir, d'une année de revenu. Le scel de Gérard Chabot, apposé à cet acte de délibération, avec ceux des autres seigneurs assistants, représente le sire de Retz sur son cheval, portant, sur l'écu et sur le caparaçon, les armes de Chabot (d'or, à trois Chabots de gueules avec un lambel à trois pendants, indice de la branche cadette). Au mois d'avril de la même année, Gérard Chabot et Olivier Ier de Clisson, qui avaient été excommuniés par l'évêque de Nantes, au sujet d'un différend que ces seigneurs avaient eu avec Guillaume de Rochefort, vicomte de Donges, se soumirent à payer vingt marcs d'argent; convention qui fut signée à Oudon le mardi de la semaine sainte. Gérard suivit, en 1285, Philippe le Hardi dans la croisade que fit ce monarque en Catalogne, pour venger, contre le roi d'Aragon, le massacre commis sur les Français aux Vêpres Siciliennes. Nombre de seigneurs bretons accompagnèrent également le roi de France dans cette expédition; ce furent les sires de Laval, de Donges, de Châteaugiron, de Rougé, etc. Dans l'assemblée tenue, par Jean II, duc de Bretagne, à Ploërmel, le 19 août 1294, dite l'assemblée des Osts du duc de Bretagne, pour le dénombrement des vassaux et des hommes d'armes, le sire de Retz déclara qu'il devait, à cause de sa terre de Retz, cinq chevaliers, et qu'il s'enquerraits'il devait quelque chose, et combien, pour sa terre de Machecoul. Gérard épousa, en premières noces , Amicie de Château-Gonthier ; en deuxièmes , Jeanne de Craon. Il eut de cette dernière : 1° Gérard III; 2° Raoul, mort avant 1329; 3° Guillaume, seigneur delà Motte-Achard et de la Maurière, de Falleron, St-Étiennede-Vaujoux, etc. Ce Guillaume se maria deux fois, d'abord à Guillemette de Pressay, ensuite avec Marguerite de Bourgneuf; il mourut en Sicile, laissant, de sa première femme, un fils, nommé Simon Chabot, qui revint en France, et plaida contre les barons de Retz , qui s'étaient emparés des biens de son père. Simon mourut sans enfants, ses biens revinrent aux sires de Retz. Son scel est trois abots Chavec deux étoiles en chef.

 

Gérard Chabot III vivait en 1332. Il épousa Marie-Clémence de Parthenay, dont il eut Gérard IV et Jeanne qui fut surnommée la Folle, pour avoir épousé, sans le consentement de ses parents, Jean de la Musse Pont-Huë. Elle fut exhérédée, pour ce fait, en 1333. Devenue veuve quelques années plus tard, elle épousa Foulque de Laval, seigneur de Chaloyàu en Bourgogne. Foulque de Laval défendit avec un grand zèle la cause de Charles de Rlois, contre le comte de Monfort, qui se disputèrent pendant vingt-quatre ans la couronne ducale de Bretagne. Il fut fait prisonnier, avec quatre cents chevaliers, au mois de septembre 1350. Remis en liberté, il ménagea, en faveur de son suzerain, un traité avec Raoul de Cahours, chevalier breton, qui lui livra, en 1351, les forteresses de Beauvoir-sur-Mer et de Lampans, l'île de Bouin et l'île Chauvet, points importants sur la frontière du Poitou. Foulque de Laval vivait encore en 1358 ; Jeanne la Folle mourut dès 1341, et fut enterrée dans l'abbaye de Buzai. Ils laissèrent plusieurs enfants, entre autres Gui de Laval Ier, surnommé Brumor, un des chevaliers les plus accomplis de son temps, qui épousa Jeanne de Montmorency, dame Blazon, dont il eut Gui de Laval II, que nous verrons appelé, plus tard, à la baronnie de Retz. Foulque de Laval et Jeanne la Folle eurent encore une fille, nommée Philippe, mariée à Alain de Saffré, seigneur de Saffré et de Sion ; la postérité de ceux-ci possédera un jour aussi la baronie.

 

Gérard Chabot IV, sire de Retz, delà Motte Achard, de la Maurière, etc., était mort en 1342, laissant , de Catherine de Laval, dame d'Avrilly, en Anjou, son épouse : Gérard Chabot V, sire de Retz, de la Motte Achard, etc., qui mourut avant l'an 1362. Il avait épousé Philippe, fille de Robert, seigneur de Briquebec, maréchal de France, dont il eut Gérard VI et Jeanne, surnommée la Sage, par opposition avec sa grand-tante, Jeanne la Folle.

 

Gérard Chabot VI assista Charles de Blois à la bataille d'Auray, en 1364, et y fut fait prisonnier. Rendu à la liberté, le sire de Retz vint joindre à Dreux, en 1371, le connétable du Guesclin; la compagnie qu'il amena se composait de lui, Gérard, chevalier banneret, de Brumor de Laval, chevalier bachelier, et de vingt-huit écuyers, parmi lesquels on remarque Hervé de Bruc, Bertrand de Bruc, etc. Il mourut peu de temps après, n'ayant pas eu d'enfants de Marguerite de Sancerre, sa femme, et laissant la baronie de Retz à sa soeur.

 

Jeanne la Sage ne paraît pas s'être jamais mariée, quoi qu'en ait dit Moréri qui lui attribue pour mari un François de Chauvigny. Cette assertion de Moréri eut sans doute pour cause un passage obscur de d'Argentré, où Jeanne Chabot, dite la Sage, est confondue sous le nom de Dame de Betz avec Jeanne de Laval, qui porta le même titre,un siècle plustard, et épousa en effet François de Chauvigny. Mais dans aucun de ses actes parvenus jusqu'à nous, Jeanne Chabot ne figure comme mariée, et réciproquement dans la généalogie de la maison de Chauvigny, donnée par la Thaumassière, en son histoire du Berry, on ne reconnaît aucun François de Chauvigny qui ait pu être le contemporain, ni l'époux de Jeanne Chabot. Celle-ci, qui vécut plus de trente ans à partir de son avènement à la seigneurie de Retz, eut une vie fort agitée, fort tourmentée ; elle manifesta une incertitude dans ses idées, un défaut de suite dans ses actions qui font un peu contraste avec son surnom de Sage. Peut-être aussi ne fut-elle pas parfaitement libre dans ses actions , et se trouva-t-elle dominée par des motifs qu'il nous est difficile d'apprécier. Sa carrièreest particulièrement marquée par deux actes importants au sujet de son patrimoine et de son héritage, et elle revint sur chacun d'eux à grand renfort de procès et de déceptions. Le premier de ces actes fut de céder à Jean IV, duc de Bretagne, par contrat du 17 août 1381, la baronie de Retz et toutes ses châtellenies, en échange des terres de Rosporden, de Fouesnant, et de Châteaulin-sur-Trieux, situées en Basse-Bretagne. Cet échange était évidemment disproportionné. L'ambitieux Jean IV voyant une femme isolée, dernière héritière de son nom, en possession de riches seigneuries , abusa vraisemblablement de sa puissance pour l'amener à souscrire un contrat qui ressemblait plutôt à une spoliation qu'à un échange. Aussi Jeanne ne cessâ- t-elle de lutter contre cet acte injuste et d'en provoquer la résiliation. Quoi qu'il en soit, le traité reçut d'abord son exécution au commencement de l'année 1382. Alain du Bois, procureur général de la Dame de Retz, prit au nom de celle-ci, possession des châtellenies de Rosporden, Fouesnant et Chàteaulin, et reçut le serment des vassaux et sujets le 7 janvier. Quelques jours après, le 26 janvier, la Dame de Retz donna procuration au même Alain du Bois, à Gérard Goyon et à Jean Guinier de mettre le duc en possession de la baronie de Retz. Cette cérémonie n'eut lieu cependant que le 25 mars 1383 , jour auquel Jean, duc de Bretagne, comte de Montfort et baron de Retz, fit lire les lettres d'échange en présence d'un notaire et de plusieurs seigneurs qui virent et reconnurent les sceaux; lesquelles lettres étant lues, Gérard Goyon déclara au nom de Jeanne Chabot, le duc de Bretagne seigneur et baron de Retz, le mit en possession de ladite baronnie, du château de Machecoul et des autres châtellenies dépendantes de Retz, et il commanda à tous les vassaux et sujets de la baronnie de faire hommage et de prêter serment au duc comme à leur vrai seigneur; les quittant de tout serment prêté à ladite Dame de Retz.

 

 

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Published by poudouvre
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