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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 11:35

 

Jean IV, duc de Bretagne, eut à peine pris possession de sa nouvelle seigneurie qu'il se vit dans l'obligation de remplir un rôle qui, vraisemblablement, le flatta peu. Ce fut de prendre rang parmi les quatre seigneurs qui portaient l'évêque de Nantes à son entrée. Il reçut de Jean de Montrelais, nommé à l'évêché de Nantes, une lettre datée du 29 mars qui le sommait de se trouver à Nantes le mardi de la semaine sainte, et d'y remplir son devoir de baron de Retz, en portant l'évêque à l'église comme ses prédécesseurs les sires de Retz l'avaient toujours fait en telle circonstance. Le vainqueur d'Auray ne jugea pas à propos de décliner cet honneur, et il porta l'évêque, de concert avec les trois autres barons du diocèse accoutumés à cette cérémonie. C'étaient les seigneurs de Chàteaubriant, d'Ancenis et de La Roche-Bernard. Le duc se montra plus jaloux de ses droits temporels, et il le fit sentir à Marguerite (ou Catherine), dame de Machecoul et de la Bénaste, épouse de Pierre de Craon-la-Suze, qui faisait bâtir, sans avoir pris son autorisation, un château à la Bénaste, dans le pays de Retz. Elle fut citée à comparaître devant le duc et son conseil séant à Vannes, pour le jeudi de la Pentecôte, par Prégent de Trélever, maître d'hôtel et garde du pays de Retz. Elle fut condamnée à démolir les constructions qu'elle avait commencées. Mais l'échange de la baronie de Retz que Jean IV avait obtenu par ruse ou par violence, ne fut jamais exécuté de bonne foi et donna lieu à une foule de difficultés. Jeanne n'avait jamais pu s'acclimater en ses nouvelles châtellenies, au milieu de vassaux et de sujets dont elle n'entendait pas la langue, dont les moeurs lui étaient antipathiques. Elle obtint du duc de Bretagne qu'il lui laissât, à titre de prêt, les châteaux de Prinçay, de Prigny, de St-Étienne-de-Malemort pour y faire sa résidence ; plus tard le duc eut la pensée de faire payer cher le loyer de ces trois châteaux; car, lorsque aux conférences d'Aucfer, près Redon, il régla, avec Olivier de Clisson, l'indemnité qui était due au duc de Penthièvre, il donna à ce dernier la seigneurie de Chàteaulin-sur-Trieux, au mépris de la convention qui déjà avait attribué cette châtellenie à Jeanne Chabot. Celle-ci réclama vivement contre une telle injustice et plaida contre le duc pour obtenir la résiliation de l'échange de 1381. Enfin le duc de Bourgogne fut choisi pour arbitre de ce différend, et ce puissant seigneur, relevant noblement la cause de l'opprimée, ordonna, par sa sentence du 24 avril 1399, que le duc restituât à Jeanne la baronnie de Retz avec les châteaux de Machecoul, Prinçay, Pornic, Prigny, etc., et qu'il lui payât une somme de seize mille livres. Cette sentence fut confirmée par le roi le 12 juin de la même année, et le duc rendit les terres le 21 juillet 1399. Jeanne, à peine remise en possession de son patrimoine , et se sentant vieillir, s'occupa de choisir son héritier. Elle n'avait que des parents éloignés; son idée cependant semble avoir été de chercher ceux que la nature et la loi lui indiquaient comme ses plus proches.

 

 

Elle jeta les yeux sur Gui de Laval II, seigneur de Blazon, fils de Gui de Laval Ier, dit Brumor, et petit-fils de Foulque de Laval et de Jeanne la Folle. Toutefois Gui de Laval ne pouvait hériter naturellement, car l'exhérédation dont avait été frappée Jeanne la Folle, à cause de son mariage avec Jean de la Musse Pont-Huë, l'écartait de la succession ; une institution spéciale, faite par Jeanne de Retz en sa faveur, pouvait seule écarter cet obstacle. Elle s'y détermina, et institua Gui de Laval son héritier en 1400, à condition qu'il prendrait le nom et les armes de Retz ( d'or, à la croix de sable ) ; et dans le cas où Gui n'accepterait pas, elle institua, par le même acte, Jean de Craon, fils de Catherine, ou Marguerite de Machecoul. Gui de Laval accepta l'hérédité le 25 septembre 1401. Mais Jeanne se brouilla bientôt avec le successeur qu'elle s'était choisi ; et dans son ressentiment, ne songeant plus qu'à l'écarter, elle reporta, par un nouvel acte du 14 mai 1402, son héritage à Catherine de Machecoul , fille et principale héritière de Louis de Machecoul, seigneur de la Rénaste et du Coustumier, veuve de Pierre de Craon, seigneur de la Suze, Ingrandes et Champtocé. Cette famille remontait à Gérard de Machecoul qui avait épousé Eustache Chabot, fille de Gérard ler. Elle avait toujours possédé des fiefs importants dans le pays de Retz, et en dernier lieu, le mariage de Catherine de Machecoul avait porté, dans la famille de Craon-la-Suze, les seigneuries du Coustumier, de la Bénaste, de Bourgneuf et de Bouin. Mais Gui de Laval ne voulut pas se laisser éconduire, sans résistance, d'une succession qui lui avait été authentiquement concédée. Il intenta un procès à Jean de Craon, fils et héritier de Catherine de Machecoul. Ce procès heureusement ne dura pas longtemps, et se termina à l'amiable, par le mariage de Gui avec Marie, fille de Jean de Craon. Celle-ci céda, par son contrat de mariage, en 1404 , à Gui de Laval son époux, toutes ses prétentions à la baronnie de Retz. Peu de temps après cette alliance qui rendit enfin à Jeanne Chabot quelques moments de paix pour ses vieux jours, elle mourut, le 16 janvier 1406. maison de Laval. 

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Published by poudouvre
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