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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 12:36

Georges Tournemine, baron de la Hunaudaie, seigneur de Saffré, de l'une des plus antiques et des plus nobles maisons de Bretagne, fut, par arrêt, déclaré héritier de la baronie de Retz, comme étant aux droits de Jeanne deSaffré, sa grand-mère.Celle-ci était la fille d'Alain de Saffré, qui avait épousé Philippe, fille de Foulque de Laval et de Jeanne Chabot, dite la Folle ; et cette dernière était la fille de Gérard Chabot III. Ce lignage, qui remontait à un siècle et demi, et qui franchissait toute la maison de Laval, devait cependant souffrir quelques difficultés, par l'acte d'exhérédation qu'avait subi Jeanne la Folle en 1333, et qui n'avaitjamais été aboli, si ce n'est d'une manière individuelle, par l'institution que Jeanne la Sage fit de Gui de Laval II pour son héritier, en 1400. Quoi qu'il en soit, Georges Tournemine eut la chance de gagner son procès et de rester maître de la baronnie de Retz. Ce seigneur eut une très-grande-part à la victoire remportée sur les Vénitiens, en 1509, par Hercule d'Est, duc de Ferrare, allié du roi Louis XII. Il n'eut point d'enfants de Renée de Villeblanche, sa première épouse ; mais il laissa d'Anne de Montejean, sa seconde femme, une fille unique, Françoise Tournemine, qui se rendit célèbre à la cour de François Ier, sous le nom de la maréchale d'Annebaud, par sa beauté, ses grâces et son esprit. Elle avait épousé d'abord :

 

Pierre de Laval-Châteaubriand, seigneur de Montafilant, puis : René de Montejean, sans en avoir d'enfants; ce ne fut qu'en troisièmes noces qu'elle se maria avec Claude d'Annebaud. Maison d'Annebaud.

 

Claude d'Annebaud  -ci-dessous, baron de Retz, amiral, puis maréchal de France, laissa de Françoise Tournemine un fils unique qui fut :

 

 

Jean d'Annebaud  -ci-dessous, baron de Retz. Il se distingua à Cérisolles, au siège de Fossan, et fut tué à la bataille de Dreux en 1566. Il s'était marié deux fois : 1° à Antoinette de la Baume, dont il eut une fille nommée Diane, qui mourut avant lui, sans enfants, en 1560 ; 2° à Claude Catherine de Clermont, dame de Dampierre, l'une de femmes les plus accomplies de son temps. Il n'en eut point d'enfants, et il lui légua la baronie de Retz, que bientôt après elle porta dans la maison de Gondi. Maison de Gondi.

 

 

Albert de Condi, né à Florence, et venu fort jeune en France, à la suite de Catherine de Médicis, devint baron de Retz par son mariage avec Claude-Catherine de Clermont, veuve Jean d'Annebaud, qui eut lieu le 4 septembre 1565. Il assista à la bataille de SaintDenis , en 1567 ; à celle de Moncontour, en 1569 ; reprit Belle-Ile, en 1570, sur les Anglais qui venaient de s'en emparer; fut créé, l'année suivante, marquis de BelleIle et maréchal de France, sous le nom de maréchal de Retz. Le roi Henri III, pour reconnaître les services que lui avait rendus le maréchal, érigea la baronnie de Retz en duché-pairie, par lettres du mois de novembre 1581 , en faveur d'Albert de Gondi et de ses descendants mâles. Ce nouveau duché fut composé de Retz et des chàtellenies de Machecoul, Prigny, Bourgneuf, la Bénaste , l'ornic, Prinçay, Legé, Arthon, les Huguetières, le Boisde-Seudy. Nous avons dit que Claude de Clermont était une des femmes les plus remarquables de son temps ; elle eut occasion de montrer sa supériorité lorsque les ambassadeurs de Pologne vinrent annoncer au duc d'Anjou , depuis Henri III, son élection au trône de Pologne, en 1573. Ils firent leur harangue en latin, et la dame de Retz, seule au milieu de tous les hommes de la cour, se trouva en état de leur répondre en cette langue. Le maréchal de Retz et Claude de Clermont laissèrent plusieurs enfants, dont l'aîné, Charles de Gondi, marquis de Belle-Ile, né en 1569, fut nommé général des Galères, en 1579, à l'âge de dix ans. Il donna, plus tard, des preuves de sa valeur, et fut tué en 1596, en voulant surprendre le Mont-Saint-Michel. Il avait épousé Antoinette d'Orléans, fille de Léonor d'Orléans, duc de Longueville, et de Marie Bourbon, dont il eut Henri de Gondi qui fut duc de Retz. Les autres enfants du maréchal furent : 1° Henri, évêque de Paris, puis cardinal; 2° Philippe-Emmanuel de Gondi, père du célèbre cardinalde Retz (Jean-François-Paul) ; 3° Jean-François, premier archevêque de Paris, et six filles. Le maréchal de Retz mourut le 22 avril 1602, et la maréchale le suivit au tombeau en 1603. Ils survécurent ainsi à leur fils, Charles de Gondi, tué en 1596, et le duché-pairie de Retz passa immédiatement au fils de ce dernier.

 

Henri de Condi -ci-dessous, duc de Retz, pair de France, chevalier des Ordres du Roi, était né en 1590 ; il épousa, le 15 mai 1610, Jeanne de Scépeaux, fille unique et héritière de Gui de Scépeaux III, duc de Reaupreau, comte de Chemillé, et de Marie de Rieux. De ce mariage naquirent deux filles seulement : Catherine, née le 28 décembre 1612, et Marguerite-Françoise,née le 19 avril 1615. Jeanne de Scépeaux, duchesse de Retz, mourut au château de Prinçay le 20 novembre 1620, à l'âge de 32 ans; Henri de Gondi, son époux, lui survécutjusqu'au 12 août 1659, époque où il mourut également à Prinçay. L'aînée de ses filles, Catherine de Gondi, avait épousé, avec dispenses du pape, son cousin-germain, Pierre de Gondi, fils de Philippe-Emmanuel, et frère du fameux cardinal de Retz. Le mariage fut célébré au châ- teau de Machecoul, dans le mois d'août 1633.

 

 

Pierre de Condi, comte de Joigny, marquis de la Garnache et des Iles-d'Or, baron de Montmirel et de Villepreux, général des Galères, chevalier de l'Ordre du roi, prit le titre de duc de Retz à la mort de son beaupère en 1659. Le duché-pairie de Retz, qui devait s'é- teindre à défaut d'enfant mâle de Henri de Gondi, fut maintenu en faveur de Pierre et de ses descendants mâles, s'il en avait, par nouvelles lettres du roi datées de Saint-Germain-en-Laye, au mois de février 1634, et enregistrées au parlement de Paris le 4 mars suivant. Pierre de Gondi combattit avec distinction dans la guerre contre les Rochellais et contre les protestants de l'île de Rhé; il fut blessé d'un coup de mousquet qui lui cassa l'épaule, et il se démit du généralat des Galères en 1635. Il paraît qu'à dater de cette époque, jusqu'à sa mort arrivée le 20 avril 1676 , il vécut retiré dans ses terres du duché de Retz. Il se trouvait notamment à Machecoul en 1654, lorsque son frère, le cardinal de Retz , songea à s'évader du château de Nantes, où il était détenu sous la garde du maréchal de la Meilleraye. Le prisonnier mit d'abord dans ses intérêts Louis de Cossé, duc de Brissac et de Beaupreau, qui avait épousé Marguerite-Françoise de Gondi, soeur de la duchesse de Retz et cousine-germaine du cardinal. Les ouvertures qui furent faites, par M. de Brissac, au duc de Retz , pour ménager au fugitif un asile à Machecoul, furent mal accueillies de madame de Retz. Le cardinal , rebuté par une partie de sa famille, ne résolut pas moins de tenter l'évasion, et son audace s'accroissant en raison des difficultés , ce ne fut plus une fuite vers Machecoul, ce fut une attaque ouverte, une révolution dans Paris même qu'il médita. Quarante relais de chevaux furent secrètement disposés par ses soins vers la capitale , et quand tout fut prêt, il s'évada un samedi, 8 août, à cinq heures du soir. Quatre gentilshommes qui l'attendaient au pied des murs, en feignant d'abreuver leurs chevaux dans la Loire, lui présentèrent un cheval et prirent avec lui, en toute hâte, la route de Mauves ; mais en sortant de la ville le cheval du cardinal se cabra, etse renversaavec son cavalier qui, jeté rudement contre le poteau de la porte, ne se releva qu'avec une épaule brisée. Malgré sa souffrance , Je cardinal remonta sur son cheval, mais il fallut renoncer à courir vers Paris. Poursuivi de près parles gardes du maréchal de La Meilleraye, il fut obligé de passer la Loire avec précipitation et de se réfugiera Reaupreau. M. de Rrissac, qui était fort aimé dans le pays, dit le cardinal en ses mé- moires, rassembla, en peu de temps , deux cents gentilshommes ; M. de Retz, qui l'était encore plus dans son quartier, en rassembla trois cents, avec lesquels il s'avança jusqu'auprès de Beaupreau pour recueillir son frère. Nous passâmes, dit celui-ci, presque à la vue de Nantes, d'où quelques gardes du maréchal sortirent pour escarmoucher, mais ils furent repoussés jusque dans la barrière, et nous arrivâmes à Machecoul, qui est dans le pays de Retz, avec toute sorte de sûreté. Madame de Brissac, qui s'était comportée en héroïne dans toute cette action, me donna , en me quittant, une bouteille d'eau impériale. J'eus, en revanche, beaucoup à souffrir de la dureté de madame de Retz et de monsieur son père. Ils ne purent s'empêcher de me témoigner leur mauvaise volonté dès que je fus arrivé. Celle-là se plaignit de ce que je ne lui avais pas confié mon secret d'évasion ; celui-ci pesta assez ouvertement contre l'opiniâtreté que j'avais à ne pas me soumettre aux volontés du roi. La vérité est que l'un et l'autre mouraient de peur du maréchal de La Meilleraie, qui, enragé de mon évasion, et encore plus de ce qu'il avait été abandonné de toute la noblesse, menaçait de mettre tout le pays de Retz à feu et à sang. Leur frayeur alla jusqu'au point de s'imaginer ou de vouloir faire croire que mon mal n'était que délicatesse, qu'il n'y avait rien de démis, et que j'en serais quitte pour une contusion. J'étais cependant dans mon lit, où je sentais des douleurs incroyables, et où je ne pouvais seulement me tourner. Tous ces discours m'impatientèrent au point que je résolus de quitter ces gens-là, et de me jeter dans Belle-Ile, où je pouvais au moins me faire transporter par mer. Le trajet était fort délicat, parce que le général de La Meilleraie avait fait prendre les armes à toute la côte. Je ne laissai pas de le hasarder. Je m'embarquai au port de La Roche, qui n'est qu'à une petite demi lieue de Machecoul, sur une chaloupe que Geselaie, capitaine de vaisseau et bon homme de mer, voulut piloter lui-même. » Il paraît que l'épaule du cardinal ne le fit pas trop souffrir pendant la course d Machecoul au Port-la-Roche, car la petite demi-lieue qu'il indique, n'a pas moins de sept à huit kilomètres. On ne s'embarque plus aujourd'hui au Port-la-Roche, qui n'est qu'un misérable hameau abandonné au milieu du Marais et au bord du Dain, bras de mer devenu simple fossé qui sépare l'île de Bouin du continent. La mer s'est retirée devant les alluvions toujours croissantes de ces marais, au point qu'il faut descendre environ six kilomètres après le Port-la-Roche jusqu'à celui du Frêne, pour trouver à flot une chaloupe capable d'aller à Belle-Ile. Pierre de Gondi et Catherine de Gondi laissèrent deux filles: 1° Marie-Catherine, religieuse bénédictine au Calvaire de Paris, en considération de laquelle ses parents fondèrentle couvent du Calvaire de Machecoul; 2° PauleFrançoise de Gondi, qui prit le titre de duchesse de Retz avec ceux de marquise de la Garnache, comtesse de Joigny et de Sault, baronne de Mortagne. Elle naquit à Machecoul le 12 mars 1655 , et porta , par son mariage, le 12 mai 1675 , la seigneurie de Retz dans la maison de Créqui. Maison de Créqui.

 

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Published by poudouvre
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