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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 12:47

 

François-Emmanuel de Blanchefort, de Bonne, de Créqui,, duc de Lesdiguières, gouverneur de Dauphiné, prit, par suite de son mariage avec Paule Françoise de Gondi, le titre de duc de Retz, bien que le duché-pairie de Retz dût être légalement éteint pa l'absence d'enfants mâles de Pierre de Gondi ; ce ne put donc être que par tolérance ; du reste , ses successeurs firent de même. Paule-Françoise resta veuve en 1681, et vécut jusqu'au 21 janvier 1716. Dame digne de vénération , dit son biographe,par tout ce qu'elle a fait pour la gloire de sa maison. C'est à ses soins que l'on est redevable de l'histoire de Gondi, imprimée chez Coignard, en 1705. Elle laissa un fils unique, Jean-François-Paul de Bonne de Créqui, duc de Lesdiguières, né en 1678 ; il épousa, en 1696, Louise-Bernardine de Durfort de Duras, et mourut à Modène, en Italie, en 1702, à l'âge de 24 ans, sans laisser de postérité. Maison de Neufville-Villeroi. A la mort de la duchesse de Lesdiguières, en 1716, la seigneurie de Retz passa aux descendants de MargueriteFrançoise de Retz, deuxième fille de Henri de Gondi. Elle avait épousé, en 1645, Louis de Cossé, duc de Brissac, mort le 26 février 1661, âgé de 35 ans; ellemême décéda le 30 mai 1670, laissant de son mariage : 1° Henri-Albert de Cossé, duc de Brissac, qui mourut le 29 décembre 1698, à l'âge de cinquante-quatre ans, sans laisser de postérité, bien qu'il se fût marié trois fois; 2° Marie-Marguerite de Cossé, mariée le 28 mars 1662 à François de Neufville-Villeroi, pair et maréchal de France. Elle mourut le 20 octobre 1708, en sa soixantième année, laissant un fils, Louis-lNicolas de Neufville, duc de Villeroi et de Beaupreau, pair de France. Il épousa, le 20 avril 1694, Marguerite Letellier, fille de Michel Letellier, marquis de Louvois, morte le 23 avril 1711, âgée de trente ans. De ce mariage naquit :

 

Louis Anne de Neufville, pair de France, qui hérita de la seigneurie de Retz , en 1716, et prit le titre de duc de Retz. Il épousa, le 15 avril de la même année, Marie-Renée de Montmorency, fille de Charles-Frédéric de Montmorency, duc de Luxembourg, pair de France et lieutenant général. La seigneurie de Retz et le château de Machecoul sont restés dans la famille de Neufville-Villeroi jusqu'à la révolution. A cette époque, les nombreux et gothiques châteaux qui couvraient ce sol féodal furent tous incendiés et démolis; leurs ruines n'ont même, quelquefois , pas trouvé d'acquéreurs. Le château de Machecoul a subi le même sort. C'était un noble et respectable manoir qui semblait le contemporain et l'émule de celui de Clisson. C'étaient mêmes masses , mêmes ogives, mêmes voûtes; il devait dater, comme lui, du quatorzième siècle, et avait été bâti, eu conséquence, par la famille Chabot. Mais Clisson était dans un site enchanteur, assis sur des rochers pittoresques encadrés de verdure et baignés par les eaux limpides de la Sèvre; Machecoul, au contraire, élevait ses cré- neaux dans une plaine à l'aspect aride, où la végétation est déprimée par le vent de mer, corrodée par l'action combinée de l'air salin et d'un soleil sans ombrage. A Clisson appartiennent la poésie des lieux et les héroïques souvenirs du grand connétable; à Machecoul, la mélancolie d'un climat délétère et les lugubres traditions de Gilles de Laval. Cependant, ce vieux manoir, entouré de sa sombre muraille et des eaux croupissantes du Falleron, était, au-dedans, d'une grande magnificence d'architecture , oeuvre de la plus belle époque du moyen-âge. Au-dehors et sur la campagne on ne voyait que la chemise d'enceinte, que meurtrières étroites, tours à mâ- chicoulis et à créneaux, les unes rondes, les autres carrées. Mais, dans les cours et sur les façades inté- rieures , on retrouvait les trésors de l'architecture ogivale. Les croisées, les portesétaient ornées de sculptures, les escaliers tournants étaient multipliés et formaient un labyrinthe de toutes les parties du château. De grandes salles étaient voûtées avec de puissantes nervures, qui venaient se réunir en des clefs sur lesquelles étaient sculptés les écus de l'une ou l'autre famille des antiques barons. De petites salles également voûtées et chargées d'ornements capricieux avaient servi de boudoirs aux châtelaines de Retz; enfin, un mobilier d'une valeur incalculable, musée de tous les âges, avait été amassé pendant des siècles par tant de puissants seigneurs. La révolution vint, et ce château aux murs de bronze dût se dissoudre comme la poussière sous les éclats de cette foudre irrésistible. Machecoul fut une des villes les plus maltraitées de la guerre vendéenne, la plupart des maisons de la ville furent brûlées; les deux partis s'y rendirent coupables de scènes de carnage. Le château et les cours servirent de parcs aux prisonniers, puis d'arènes sanglantes. Les crimes occultes de Gilles de Retz furent surpassés par des crimes commis au grand jour et avec une rage plus effrénée que celle de l'insensé maréchal. Enfin le feu fut mis à ce magnifique séjour, deux fois souillé par tant de meurtres; les flammes s'élevèrent dans les nues, et projetèrent, pendant plusieurs nuits, de sinistres clartés qui furent aperçues de huit à dix lieues. Le château incendié, démantelé, réduit à ses masses de pierres, à l'enceinte de ses cours imbibées de sang et empestées de cadavres, fut mis à l'encan Qui, en ce triste temps, avait besoin d'un château ducal? Qui pouvait revendiquer ces reliques d'un âge proscrit? Le donjon des Chabot, des Laval, des Gondi fut adjugé, dans le tumulte, au premier qui osa l'accepter, comme ces étoffes de rebut que, du haut de leurs tréteaux, des marchands ambulants jettent à la tête des passants. Qu'allaient devenir ces ruines splendides entre les mains de leur impossible propriétaire? Force fut à celui-ci de les convertir en carrière, en chantier de pierres à bâtir; et, cependant, la spéculation ne fut pas très-bonne d'abord. Les maisons de Machecoul étaient par terre, il est vrai, mais on n'avait pas d'argent pour les relever, encore moins pour en construire de nouvelles; puis les vieux murs du château, construits en pierres de moyen appareil, étaient tellement solides qu'aucune force ne pouvait détacher ces pierres du ciment qui les enveloppait. La mine renversait les pans de mur et les faisait rouler au loin dans les fossés, sans les désagréger. L'oeuvre de destruction fut ainsi suspendue pendant quarante ans ; et, grâce à cette circonstance, les murs étaient encore debout, les voûtes intactes en 1825. On ne pouvait alors se défendre d'un sentiment d'admiration et de deuil tout à la fois, en voyant ces débris d'une magnificence antique aux prises avec les injures du temps, envahis par les plantes sauvages, et menacés de la cupidité humaine ; on apercevait avec une impression d'effroi, d'horreur et de pitié, ces souterrains encore béants, auxquels se rattachaient de téné- breux .souvenirs. Mais, hélas ! les matériaux ayant repris faveur autour de Machecoul, l'on est retourné à la charge sur le vieux château, et l'on est parvenu, labore improbo, à isoler ces pierres de leur gangue si résistante. Les voilà entassées en informes pyramides; elles se vendent à la charretée.... Et bientôt il faudra déplacer des récoltes et excaver des sillons pour découvrir quelques restes d'une demeure jadis magnifique et redoutable ! 

 

 

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Published by poudouvre
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