Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 13:07

Waroc'h était un chef militaire. Arrivant dans un pays dont il fit une facile conquête et que ses Bretons appelèrent le Wen-Ran, tant il était en friche et couvert de ruines, il établit sa demeure, ou mieux son camp, dans un lieu lui permettant de surveiller à la fois la région de la Loire, visitée à chaque instant par les Normands, et la Vilaine où un débarquement de ces barbares pouvait l'isoler du pays de Vannes et anéantir ses troupes. Il s'arrêta donc dans un lieu qu'il appela de son nom Quiriaca, ou Cariacum, autrement dit la Cour de Waroc'h, et en breton Lesguiriac. Cette résidence du chef breton était située à la pointe de Piriac, entre ce bourg et le port de Lérat c'était peut-être l'ancienne habitation d'un riche gallo-romain que Waroc'h restaura et dont il fit sa demeure provisoire. Son nom a survécu à travers les siècles, et, en 1572, on la trouve encore nombre de fois mentionnée sous la forme Lesguiriac. Ce nom est une preuve certaine d'un établissement breton permanent (dans la presqu'île guérandaise) dès la seconde moitié du Ve siècle Les indique très évidemment la demeure d'un chef. C'est, en général, le premier terme des résidences occupées par les chefs bretons. La conquête du Wenran par Waroc'h fut donc d'abord toute militaire les Bretons prirent le pays par force, et s'y installèrent sous la protection de leurs armes. Ce fut une conquête armée avant d'être une conquête économique et politique. Elle fut faite au détriment des Gallo-romains soumis aux rois francs. La domination des rois francs entre la Vilaine et la Loire, à la fin du VIe siècle, est d'autant plus certaine qu'il faut attribuer à l'un d'eux des donations de terres faites dans cette région à une abbaye de l'Orléanais. Les évêques de Nantes, avant Waroc'h, regardaient d'autre part ce pays comme faisant partie de leur évêché, et si ceux de Vannes ne cessèrent leurs prétentions sur lui, c'est qu'ils considéraient comme pays breton la conquête de Waroc'h et entendaient grouper sous leur obédience ce territoire peuplé de gens de leur race et non le laisser soumis aux évêques des Francs.

 

 

En 1342, lors de la guerre de succession de Bretagne, la cité fut prise d'assaut par Louis d'Espagne partisan de Charles de Blois, après s'être emparé de Guingamp, marcha vers Guerande à la tête de quelques espagnols. Etant arrivé près des murs, il fut joint par des Génois auxquels il avait donné ordre de s'emparer de la ville du Croisic et des navires qui se trouvaient au port, dans le dessein de se ménager une retraite en cas d'événements fâcheux. Les Guérandais, qui se souvenaient d'avoir résisté aux Normands, ne voulurent point capituler. La garnison se retira dans l'ancien château appelé Grannone, bâti par les Romains, pour contenir les Saxons établis au Croisic. Les habitants se chargèrent de la défense de la ville. Dès qu'il s'agit de combattre les étrangers, les rangs, les sexes tout fut confondu. Les femmes, du haut des remparts, jetaient sur les assiégeants des pierres, des solives traînées avec effort; on dit même que, dans ce pressant danger, le clergé ne resta pas inactif. On voyait de vénérables ecclésiastiques encourager les travailleurs et par leurs discours et par leurs exemples; mais la fortune trahit le courage de ces braves gens.

 

 

Une brèche, qui n'avait pas été réparée, servit de passage aux Espagnols. Dans leur fureur augmentée par une si belle résistance, ils n'épargnèrent personne. Tous avaient pris part à la défense, tous éprouvèrent la férocité des vainqueurs. Ceux que le fer avait épargnés, trouvèrent la mort sous les ruines enflammées des églises où ils s'étaient réfugiés. Le château fut rasé, les fortifications furent détruites, huit mille Guerandais portèrent la peine de leur fidélité. On dit que la comtesse de Monfort versa des larmes sur les victimes d'un si beau dévouement. En i345, Jean de Monfort ordonna à Guillaume Duverger, son lieutenant, de faire creuser de nouveaux fossés et de renfermer Guerande par de fortes murailles. Ce travail fut exécuté en partie avec les ruines de l'antique Grannone; mais on rétrécit beaucoup le cercle des nouveaux ouvrages. Ce qui fut plus avantageux aux habitants, c'est qu'on s'occupa aussi du soin de rétablir leurs maisons. Le duc Jean érigea un hôtel de monnaie dans la ville réédifiée. La guerre recommença donc mais, dans une affaire qui eut lieu près d'Aurai. Charles vouluif charger témérairement et fut tué dans le combat, le 29 septembre 1564. Monfort versa des larmes sur son cadavre. Monseigneur, lui dit l'anglais Chandos, vous, ne pouviez avoir votre cousin en vie et le duché tout ensemble.

 

 

Après cet événement, le comte de Monfort alla passer quelques jours à Guerande. Il visita ensuite la ville du Croisic, où Nicolas Bouchard, son amiral, qui y commandait pour lui, avait fait construire un fort château et la ligne qui ferme la presqu'île à sa gorge. Enfin.,la voie des négociationss'étant ouverte, le roi de France préféra le bien général à l'intérêt particulier et au désir qu'il avait de venger la mort de Charles de Blois. Les Guerandais, si maltraités dans cette guerre, qui dura 24 ans, virent la paix se conclure dans leur ville, le 12 avril 1365. Le traité fut signé devant le grand autel de Monsieur St-Aubin. La veuve de Charles obtint le comté de Penthièvre, la vicomté de Limoges et 13,000 livres de rente. Ainsi se termina cette série de combats et de sièges, qui coûta tant de larmes et de sang aux Bretons. Les tems historiques sont l'époque des malheurs des peuples. Du-Guesclin parvint à s'emparer de Guérande en 1373, et en 1379 se fut Olivier de Clisson qui assiégea le lieu, mais il dû y renoncer devant l'obstination des habitants (en 1489, le maréchal de Rieux procéda de même et fut pareillement repoussé). Le fils du comté de Montfort et de Jeanne de Flandres parvint à s'emparer de la couronne ducale, et, devenu veuf en secondes noces de Jeanne de Hollande, morte en 1385, sans postérité, épousa Jeanne de Navarre. La princesse, conduite par mer en Bretagne, vint débarquer à Guerande; le duc s'y rendit, et le mariage fut célébré dans la chapelle de Saint-Clair de Saillé, avec une extrême magnificence, le mardi 11 septembre 1586. La princesse reçut pour douaire la ville et le château de Guerande. 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article

commentaires