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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 07:25

 

 

 

Aux pieds du château même, la rivière de Pertfeld qui forme le port, partage là ville en deux parties ; l'une, sur la rive gauche, comprend la Ville de Brest et le château ; l'autre sur la rive droite se nomme Recouvrance, C'est l'ancien bourg Sainte-Catherine. Cette partie de la ville a reçu le nom de Recouvrance, en mémoire de la chapelle de Notre-Dame de Recouvrance, fondée en 1346, par Jean de Montfort pour le retour ou la recouvrance, comme on disait autrefois pour recouvrement, des navires expédiés de Brest. Il n'y a pas beaucoup plus de deux cents ans, 360 maisons ou baraques contenaient sur ces deux rives 1.950 habitants presque tous marins ou pêcheurs, quelques artisans de première nécessité, quelques boutiques de petits marchands, quelques spéculateurs (notables eu ce temps-là). La ville ne passait pas l'alignement,de la rue des Carmes et se terminait à la rue Neuve-des-Sept-Saints, La porte de la ville était placée à l'extrémité du mur de clôture de l'hôpital vis-à-vis du Château. Sainte-Catherine (Recouvrance) ainsi que Brest entouré d'un retranchement en terre, s'étendait depuis le premier bâtiment des vivres jusques et y compris la petite place de la fontaine du quai. Une église appelée les Sept-Saints, succursale de celle du Château suffisait au nombre des habitants, ainsi que celle de Saint-Pierre à Recouvrance, paroisse alors assez étendue dans la campagne. La dédicace de l'église des Sept-Saints avait été faite par imitation de ce qui avait précédemment eu lieu clans la cathédrale de Quimper, où l'on avait érigé un autel aux sept premiers évêques connus de la Bretagne, Saint-Pol, St-Corentin, St-Tugdual, St-Paterne, St-Samson, St-Brieuc et St-Malo, Cette opinion s'accorde avec ce que le P. Maunoir dit dans la vie qu'il publia à Quimper en 1685, de Saint-Corentin, premier évêque de Cornouailles, qu'il appelle prince des Sept-Saints de Bretagne. Une légende que j'ai recueillie donnerait à la dédicace de l'église des Sept-Saints une autre origine ; la voici : Il existait autrefois à Landévennec, au village nommé Seiz-Kroas, un forgeron dont la femme extrêmement pieuse, allait tous les matins entendre la messe à l'abbaye, ce qui déplaisait fort à son mari. Celui-ci lui en fit des reproches et ajouta que ce n'était pas la piété qui l'attirait à l'abbaye, mais les moines. La femme se défendit de cette inculpation outrageante et répondit à son mari qu'il devait être aussi sûr de son innocence qu'elle était certaine de pouvoir tenir entre ses mains le soc de charrue qu'il forgeait en ce moment, Eh bien, porte le à Landévcnnec lui répliqua son mari en jetant à terre le soc incandescent. Pour toute réponse, la digne femme le prit à deux mains et le porta au bourg distant d'environ une demi-lieue de son habitation. Le fait fut considéré comme un miracle, et le soc placé entre deux saints dans le choeur de l'église de l'abbaye, où il resta jusqu'à l'époque de la Révolution. Quelque temps après, la femme du forgeron accoucha de sept garçons. Le mari furieux de cette maternité multiple, les mit tous les sept dans une maie à pâte ou pétrin, les porta à l'anse de Penforn, là où sont aujourd'hui mouillés les bâtiments de l'Etal, et les abandonna à la merci des flots. La maie fut entraînée vers le Faou dont les habitants voulurent recueillir les sept enfants; mais ceux-ci tout en témoignant leur reconnaissance, dirent qu'ils ne pouvaient s'arrêter en cet endroit et qu'i!s devaient aller plus loin, puis ils prédirent que le bois du Kranout qui s'étendait jusqu'à la ville, fournirait éternellement les plus beaux bois d'oeuvre de tout le pays, ce qui s'exprime encore dans les environs de la manière suivante :

 

Er forest ar Krano

Biken koat na vanko.

 

Dans la foret du Kranou

Jamais le bois ne manquera.

 

Les enfants furent ensuite entraînés vers l'Ouest, et lorsqu'ils passèrent devant le sillon de Landevennec, on les entendit du bourg, chanter d'une voix forte des cantiques mélodieux. La maie poussée par les flots, aborda à Daoulas. Les habitants accoururent au rivage, mais pas un seul ne se proposa pour recevoir les enfants. Ceux-ci poussèrent au large leur léger esquif, jetèrent leur malédiction sur la ville de Daoulas qui, depuis, n'a fait que déchoir de son importance primitive. Selon une variante qui a cours à Landêvennec, ils se seraient bornés à dire que le bois attenant à la ville, et qui s'appelle encore le bois de Daoulas, ne pourrait fournir désormais un simple limon, une gaule de. charrette; Prédiction trop bien accomplie, car, depuis cette époque ce bois n'est plus qu'un mauvais taillis. Après avoir été longtemps ballotés par les vagues, les sept orphelins abordèrent enfin sous le château de Brest, où ils furent recueillis par les habitants qui les transportèrent dans une maison voisine ; mais ils y moururent peu de jours après, et leurs corps furent inhumés par des anges. La maison fut démolie, et l'on bâtit à sa place, une église en leur honneur, sous le vocable des Sept-Saints. Le village où ils étaient nés, et dont on n'a pu retenir l'ancien nom, prit celui de Seiz-Kroas, sept croix, sept douleurs. Cette petite église avait étè aussi consacrée sous le nom de Notre-Dame-de-Pitié à la Vierge. C'est ce qui résulte du moins d'un procès entre la Ville de Brest et les jésuites. Cette dédicace n'avait rien que de très naturel quand on songe que, placée au centre d'une population de pêcheurs et de marins, l'église des Sept-Saints devait partager avec celle du bourg de Sainte-Catherine l'honneur de recevoir les ex-voto des naufragés ou de leurs parents. C'est dans l'enceinte de l'église des Sept-Saints que se fit de 1681 à 1747 exclusivement, l'inauguration des différents maires de Brest...

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Published by poudouvre
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