Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 06:29

 

 

Ancienne prison de Guingamp

 

La prison de Port-Louis offre si peu de sécurité, qu'en 1770 le gouverneur de la place est d'enchaîner tous les prisonniers. En 1773, huit malfaiteurs s'échappent à la fois de la prison du regain; ou fief épiscopal de Tréguier, dont les murs sont trop mauvais pour résister à un effondrement. Les prisons de Quimerc'h et du Faouët sont si mal construites qu'on n'ose y enfermer les criminels ; on les envoie à Quimperlé. La prison du regaire de Saint-Malo est beaucoup trop petite, bien qu'elle serve en même temps pour le fief du chapitre, l'amirauté, la police, le tribunal de commerce, les traites et plusieurs juridictions seigneuriales. « A l'exception de la chapelle, des grilles et des fenêtres des trois chambres des hommes, tout y est en mauvais état, principalement le cachot qui donne dans la cour de l'évêché et dont le mur n'a que dix-huit pouces d'épaisseur. » De ce cachot s'évadent neuf prisonniers à la fois en 1771. En 1786, on est forcé de reconstruire entièrement cette prison, la seule de la ville. Il n'y a dans toute la province qu'une prison seigneuriale solide et bien aménagée. C'est celle de Vitré, grâce aux soins du duc de la Trémoille. Les prisons royales sont surveillées à Rennes par une commission de conseillers du Parlement, dans les autres villes par les juges royaux. Elles font partie du Domaine de la Couronne. Sur plusieurs points de la province, le Domaine est engagé depuis la fin du XVIIe siècle à différents seigneurs qui en perçoivent les revenus. Le Domaine de Rhuis est engagé à la princesse de Conti, dont les droits passent au duc de la Vallière, son héritier; celui de Morlaix au marquis de Goësbriand, qui transmet ses droits à son gendre, M. de Saint-Tropez, celui de Antrain, Auray, Bazouges, Carbaix, Dinan, Fougères, Hennebont, Jugon, Lannion, Lesneven, Ploërmel, Quimper et Quimperlé au duc de Penthièvre, héritier du comte de Toulouse. En 1763, un arrêt du Conseil enleva aux engagistes les charges et les profits qui résultaient de l'entretien des prisons.Toutes les prisons royales furent ainsi ramenées sous l'autorité directe de la Couronne. Plusieurs d'entre elles cependant conservèrent des traces de l'ancienne organisation féodale. Ainsi, la prison de Châteaulin a pour geôlier héréditaire de M. de Penfenténio, seigneur de Mesgrel, sergent voyer de la sénéchaussée. A son titre de sergent voyer est attachée la terre de Bosarnou, qui lui donne 2,000 livres de revenu. M. de Penfenténio est chargé de l'entretien et de la garde de la prison. Il n'exerce pas lui-même les fonctions de geôlier, il les délègue à un commis. La prison de Ploërmel a pour geôlier féodal le comte de Brilhac, en qualité de seigneur de Crévy. A Quimperlé, M. de Tinténiac, comme sergent féodé seigneur de Quimerc'h, a les mêmes attributions. C'est lui qui désigne le geôlier. En cas d'exécution capitale, d'autres seigneurs sont tenus de fournir la potence et de payer le bourreau.

Partager cet article

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article

commentaires