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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 06:52

Ce sont là des bizarreries qui font sourire les agents de l'administration, particulièrement les subdélégués de l'intendant, mais qui ne changent rien au régime général des prisons. Ce régime est aussi simple que possible. L'administration des prisons au XVIIIe siècle n'offre aucun rouage compliqué. Elle est restée ce qu'elle était au moyen-âge. Une prison n'a qu'un personnage à sa tête : le geôlier. Dans les prisons importantes il prend des guichetiers à son service, mais son caractère ni ses fonctions ne subissent aucun changement. Le geôlier n'est pas un administrateur, mais un entrepreneur qui, sous certaines conditions, se charge de garder et de nourrir les prisonniers à ses risques et périls, sans autres gages que les bénéfices qu'il peut réaliser sur son entreprise. Primitivement même, les geôliers étaient des fermiers, dont chacun se faisait adjuger aux enchères la garde d'une prison royale ou seigneuriale. Alors, écrit en 1769 le contrôleur général Mainon d Invau, « la garde des prisons, bien loin d'être onéreuse au roi, produisoit mi revenu fixe qui faisoit partie de la ferme du Domaine. » Pendant longtemps les seigneurs de Crévy avaient tiré de bons revenus de la ferme «les prisons de Ploërmel. L'usage d'affermer la garde des prisons royales fut abandonnée en 1721. Il resta en vigueur pour plusieurs prisons seigneuriales. La prison de Vitré est encore affermée à la fin du règne de Louis XV; le bail dépend de la ferme générale de la baronnie de Vitré. Au reste, le produit de ces sortes de fermes diminue d'année en année. Pour les seigneurs, aussi bien qui; pour le roi, l'entretien des prisons devient une lourde charge au lieu d'être un avantage. Dans chaque prison, la seule autorité constituée est le geôlier, qui agit en maître sous la surveillance des magistrats. A Rennes, trois autres personnages paraissent à côté de lui : ce sont le chapelain, l'apothicaire et le chirurgien. Un arrêt du Conseil du 3 août 1684 attribue au chapelain un logement dans la prison et une amende de 75 liv. à titre de gages. Le chirurgien et l'apothicaire reçoivent chacun deux amendes de 75 liv. Mais ces trois personnages n'ont aucune autorité administrative et ne peuvent empiéter sur les attributions du geôlier. De ces attributions, la plus importante est la garde des prisonniers, dont le geôlier est responsable au point qu'en cas d'évasion causée par sa négligence; il peut être emprisonné lui-même et mis aux fers . Quand une prison manque de geôlier, ce qui arrive quelquefois, ce sont les huissiers qui le remplacent el veillent sur les prisonniers. Dans ces circonstances graves, ou le geôlier el ses guichetiers craignent soit une révolte, soit une évasion en masse, ils appellent à leur secours tantôt la maréchaussée, tantôt les troupes de la garnison ou la milice bourgeoise, qui n'interviennent jamais gratuitement Il faut toujours leur accorder des indemnités ou des gratifications pour prix de leurs services

 

 

Ancienne prison de Rennes

 

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Published by poudouvre
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