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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 12:37

 

Dans la croyance paysanne, si les enfants naissaient un dimanche, ils seraient chanceux ; en revanche le vendredi ils seraient malheureux. Un père ivre au moment de la naissance, l'enfant serait innocent, plus il naîssait à la fin du mois, plus il serait heureux. S'il naissait au mois d'août il devenait rabâtou, autrement dit grognon. Ailleurs c'étaient ceux du mois d'août.

 

Les paysans de Haute-Bretagne considéraient la stérilité des femmes comme une espèce de malheur. Les grandes familles disaient-ils, c'est la richesse des pauvres. En effet, le premier âge passé, les enfants rendaient des petits services aux parents. On disait au sujet d'un couple où les naissances étaient fréquentes « qu'on y bat sur bon blé » « qu'on y fait des enfants comme de la toile ». un père de famille nombreuse est « un bon co ». En revanche une femme sans enfant, on lui disait « Vo't co n'vaut ren » «  Vous n'ez point l'air d'avaï un bon co ». Lorsque les enfants tardaient à venir, à Plouer, on allait en pèlerinage à la statue Sainte-Germaine placée dans la chapelle de la soûatiée. Saint-Josse ou Saint-Judoce était évoqué dans la localité de ce nom. A Lamballe, on allait au Pardon de Saint-Amateur qui se déroulait le deuxième dimanche de juillet.

 

A Langourla, les jeunes femmes désirant un enfant allaient se frotter contre le tronc du chêne proche la chapelle Saint-Joseph.

 

 

Chapelle Saint-Joseph de Langourla, et le fameux chêne

 

A 1.200 mètres environ du bourg de Hénanbihen, existe une statue très fruste qui porte le nom de Saint-Mirli. Jadis, les femmes, qui mariées depuis longtemps, et n'ayant pas d'enfant allaient se frotter contre cette statue.

 

A Saint-Mirli

On va s'frotter l'nombri

 

Mais cette cérémonie était clandestine. Lorsqu'une femme se plaignait du mal de dents, on lui riait au nez :

 

Ma ès dent.

Signe d'engendrement.

 

On pensait aussi que si une femme enceinte s'était moquée d'un pauvre infirme, elle pouvait avoir des enfants difformes. Des mendiants relataient l'histoire de cette jeune fille noble ayant une tête de cochon et mangeant dans une auge en argent.

 

On prétend à Saint-Aaron, que si on donnait le nom du patron de la paroisse à un enfant, il ne vivrait pas.

 

Si une femme n'avait pas de lait, elle allait en pèlerinage aux saints qui en donnaient ; il y en avait un à Brusvily, près Dinan. On raconte qu'un homme, qui y avait été par moquerie, en revint les mamelles gonflées de lait.

 

Un enfant naissait la nuit, on sortait de la maison afin de regarder l'éroile qui se trouvait au-dessus du pignon de la cheminée,  brillante : l'enfant serait heureux, si l'étoile était pâle, on inaugurait  pas bien de lui.

 

Extrait de Coutumes populaires de Haute Bretagne par Paul Sébillot

 

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Published by poudouvre
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