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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 13:30

Jadis il y avait certains arbres au pied desquels on exposait les enfants naturels. A Saint-Cast, par exemple, c'était sous un if ou sous un chêne placé dans le cimetière, ou bien au pied d'une grande croix en schiste. Si le garçon est parrain de trois filles sans qu'il nomme un garçon entre elles, il aura de la chance. Pour qu'une jeune fille ait de la chance, il faut qu'elle nomme trois garçons de suite. Quand on n' a point été parrain ou marraine, on dit qu'on est de la confrérie des chats. Lorsqu'on ensevelit une personne, on demande si elle a tenu un enfant sur les fonts de baptême. Si elle n'en n'a pas tenu, on l'ensevelit les mains derrière le dos. Si une femme enceinte est marraine, son enfant ou son filleul mourra dans l'année. Sitôt que l'enfant est revenu du bourg après le baptême, on lui fait manger de la bouillie de blé noir. Le dimanche qui suit le baptême, il y a une petite fête qu'on appelle « la relevée du pignon ». Le parrain et la marraine y assistent et chacun d'eux apporte une gâche de pain. Aux environs de Dinan, la relevée du pignon est le repas des relevailles. L'enfant garde pendant huit jours le bonnets de baptême qui se nomme à Matignon le petit krêmé. Si on enlevait le krêmé, l'enfant serait malade et n'aurait point de cheveux à cet endroit de la tête.

 

 

Matignon

 

Quand il perdait son nombril, il ne fallait pas le jeter dans l'eau ou dans le feu, car l'enfant mourrait noyé ou brulé.

 

Il ne faut pas qu'une femme travaille avant ses relevailles. Si elle va à la fontaine puiser de l'eau, la fontaine tarira. Si elle trait ses vaches, elles cesseront de donner du lait ou il tournera. Si elle va en route, le vent lui cassera un membre. Si une femme travaille avant sa messe de relevaille, l'enfant devient voleur.

 

Quand une femme va se faire « remettre », -terme usité pour les relevailles, elle s'agenouille en dehors de l'église, et une personne va prévenir le prêtre qui lui pose une étole sur la tête, lui met un cierge à la main et l'asperge d'eau bénite. Elle se relève alors, entre dans l'église et va s'agenouiller sur la balustrade de l'autel, où à lieu une cérémonie analogue. A Evran, on présente sur une serviette un pain que le prêtre bénit, puis il coupe le premier morceau que l'accouchée distribue à ses connaissances. A Rennes, c 'est le bedeau qui va en porter en ville, aux amis de la personne relevée.

 

Une femme qui a perdu des enfants en bas-âge, au lieu de dire qu'ils sont morts, dit :

 

« J'en ai zu quat' qui sont o l'bon Dieu. »

 

Paul Sébillot

 

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Published by poudouvre
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