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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 14:15

Dans la paroisse de Quessoy, au diocèse de Saint-Brieuc, à mi-voie entre cette ville et celle de Moncontour se trouvait au village de l'Hôpital, un établissement de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem c'était le chef-lieu d'une commanderie appelée l'Hôpital de Quessoy, devant probablement son origine à un hospice fondé pour les besoins des voyageurs indigents. La charte de 1160 mentionne comme propriété des Chevaliers Hospitaliers, l'aumônerie de Quessoy « Eleemosina de Kesssoe » La commanderie de Quessoy remonte donc à l'arrivée des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne au XIIe siècle elle acquit de bonne heure une certaine importance, comme nous le prouvera à l'instant le grand nombre de paroisses sur le territoire desquelles elle s'étendit, mais au XIVe siècle elle se trouvait réduite à peu de choses. A cette époque cependant on lui avait uni trois autres petits établissements ayant dû à l'origine avoir une existence indépendante la Croix-Huis, Port-Stablon et Roz-sur-Couasnon le tout ne formait pas encore une commanderie suffisamment dotée, mais offrait ce cachet particulier que la commanderie tout entière ne se composait que de biens d'Hospitaliers, sans aucun mélange de Temples. Il y avait dans le Grand prieuré d'Aquitaine sept commanderies concédées aux servants d'armes de ce prieuré de ces sept commanderies, deux appartenaient à la Bretagne,c'étaient celles dont nous nous occupons présentement, le Temple de Carentoir et l'Hôpital de Quessoy. Longtemps indépendantes l'une de l'autre, ces commanderies furent réunies en mêmes mains l'an 1566; nous allons le voir à l'instant, mais il nous faut d'abord faire connaître les commandeurs de Quessoy dont le nom est venu jusqu'à nous.

 

Frère Geoffroy Berthou, vivant en 1312, est le plus ancien commandeur de Quessoy que nous connaissions.

 

Frère Guillaume Faruau, était en même temps commandeur de Clisson et de Quessoy en 1395 il rendit aveu au duc de Bretagne pour cette dernière commanderie le 24 septembre 1409.

 

Frère Pierre Beaupoil, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, fit la déclaration au duc de sa commanderie de Quessoy en 1444.

 

Frère Jacques Joubert, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, rendit aveu au roi pour le Quessoy le 29 avril 1506.

 

Frère Christophe de la Touche, chevalier de Rhodes, se trouvait en février 1516, commandeur de Quessoy.

 

Frère Jean Courault mourut le 2 juin 1544; Jean Tournemine, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem et commandeur de Villedieu, se trouvant à Cicé près Rennes, château appartenant à sa famille, fit connaître à Poitiers le décès de ce commandeur de Quessoy.

 

Frère Victor Ricordeau, religieux de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, succéda au précédent il rendit aveu au roi le 5 octobre 1551 et prêta le lendemain serment à S. M. pour sa commanderie de Quessoy.

 

Vers 1565, probablement à l'instigation de Jean Le Pelletier, commandeur de Carentoir, les servants d'armes du Grand prieuré d'Aquitaine adressèrent au Grand Maître de l'Ordre, Jean de la Valette; la requête suivante « Illustrissime et révérendissime Monseigneur et Sacré Chapitre Général. vos très humbles et obéissants religieux et serviteurs, les frères servants d'armes de votre prieuré d'Aquitaine remonstrent comme des sept commanderies qui leur sont ordonnées pour récompense des services qu'ils s'efforcent journellement faire à vostre Religion, il y en a deux entre autres, appelées l'une de Carentoir et l'autre de Quessoy. estant de si petite valeur qu'il n'a été possible par le passé et encore moins à présent aux possesseurs d'icelles, après avoir satisfait aux charges qui y sont fort haultes, se réserver aucune chose pour vivre ou employer aux réparations nécessaires, si bien que à ceste cause et par l'indigence des commandeurs elles sont demeurées jusques aujourd'hui en continuelle décadence et sans pouvoir estre améliorées de quoy cognoissant lesdits exposants quel intérest recevroit votre Religion it l'advenir et que pour y remédier plus belle occasion ne se voit, situées comme elles sont près l'une de l'autre, que de les unir ensemble et en commettre l'administration à un seul qui les pourra plus facilement remettre en valeur beaucoup plus grande et. payer les droits de vostre commun trésor plus aisement. Pour avoir licence de votre Seigneurie Illustrissime a esté fait preuve et communiqué aux seigneurs assistants de la vénérable langue tenue en votre prieuré d'Aquitaine auxquels auroit semblé chose fort raisonnable,y donnant leur consentement sous le bon plaisir de vostre Seigneurie Illustrissime et Sacré Chapitre auquel lesdits exposants recourrent suppliant très humblement considérer que c'est un grand bien à vostre Religion, (qu'il) soit ordonné que toutes fois l'une ou l'autre des susdites commanderies viendra à vacquer soit par mort. cession, renonciation et autre manière que ce soit, que d'icelles soit faite une seule commanderie de laquelle Carentoir sera et demeurera chef, et ce sans préjudice de ceux qui les possèdent pour le présent, et que sur ce bulles. En soient expédiées en votre chancellerie ce faisant lesdits suppliants seront tenus à prier Dieu pour longue vie et prospérité de Vostre Seigneurie Illustrissime et augmentation de la Religion ».

 

Le Grand maître de Malte, Jean de la Valette, accueillit favorablement la supplique des servants d'armes du prieuré d'Aquitaine et par bulles datées du 18 février 1566, il unit les deux commanderies de Carentoir et de Quessoy en un seul bénénce sous le nom de commanderie du Temple de Carentoir Quessoy, la Croix-Huis, Port-Stablbn et Roz-sur-Couasnon.

 

 

Chapelle de l'Hôpital à Quessoy

(d'après éditions Le Flohic)

 

1° L'Hôpital de Quessoy.

 

On lit ce qui suit dans l'Etat de la commanderie de Carentoir en 1643, du temps du commandeur Gilles du Buisson « A l'Hospital de Quessoy il y a une chapelle fondée de Monsieur saint Jean-Baptiste. laquelle a été réparée tout à neuf, tant en maçonnail, charpente que couverture, à laquelle réparation ont contribué les hommes voisins tant subjects que aultres sur le pignon de laquelle chapelle il y a deux cloches de moyenne grosseur, avec plusieurs ornements et un calice d'argent et un d'estain pour y célébrer le divin service, et est desservie par dom Jacques Cornu, prestre résidant près le dit lieu. Au devant de ladite église est le cimetière et au derrière sont nombre de mazières où autrefois estoit les logix et manoir dudit lieu qui ont esté ruisnés par l'injure des guerres civiles joignant lesquelles mazières est un petit jardin avec un réservoir et un pasty au-dessoubs où il y a quelques chesnes. Plus, proche de la dite chapelle est le logix de la métairie, lequel logix est réparé tout à neuf. A une arquebusade dudit lieu il y a un ruisseau sur lequel ledit commandeur du Buisson a fait bastir un moulin à bled tout à neuf, où les subjets sont obligés de porter moudre leurs bleds à debvoir ordinaire de mousture et à peine d'amende. » Enfin le domaine proche de la commanderie de Quessoy se complétait par la métairie des Granges en Yffiniac et par une dîme à la 12e gerbe au village de l'Hôpital de Quessoy. La chapelle Saint-Jean de l'Hôpital de Quessoy appartenait au XIVe siècle. « Elle avait dans son pavé plusieurs dalles funéraires armoriées qui ont disparu. Elle contenait les enfeux des seigneurs d'Uzel, de la Houssaye, du Bouais-Armel, de la Roche-Durant, de la Ville-Tanet et de la Ville-Rabel. » Cette chapelle vient d'être nouvellement reconstruite et rien n'y rappelle plus le séjour des Chevaliers Hospitaliers. Le commandeur de Quessoy jouissait d'une haute juridiction et avait sa justice patibulaire à deux poteaux au village même de l'Hôpital. Enfin, il recueillait quelques dîmes et rentes fort modiques d'ailleurs dans les paroisses voisines de Plouguenast, Saint-Aaron, Saint-Gouéno et Plaintel. Il se trouvait en Plouguenast une chapelle dédiée à Saint Jean et en Saint-Aaron un village appelé l'Hôpital.

 

L'abbé Guillotin de Corson

 

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Published by poudouvre
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