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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 12:30

 

 

 

Ancienne prison de Morlaix

(cliché Le Flohic)

 

Le nombre des mendiants et des vagabonds égale, s'il ne dépasse celui des ivrognes. Les mendiants pullulent dans la province. « Il seroit difficile, écrit en 1768 le subdélégué de Nantes, Gellée de Prémion, d'assigner toutes les causes qui produisent celle maladie. Les principales sont la fainéantise, la débauche, la contrebande malheureuse que l'accroissement des droits sur plusieurs objets multiplie tous les jours, et peut-être plus que tout cela b; manque de nourriture occasionné par les excès des tailles et autres impositions dans plusieurs généralités, les familles ruinées étant obligées d'envoyer leurs enfants mendier, et celles qui ne le sont pas ces accoutumant à cet infâme métier pour se donner une apparence de pauvreté qui leur procure quelque modération sur leurs impositions. » A Dinan, en 1773, le commerce est anéanti ; la plupart des ouvriers des artisans sont sans ouvrage, les autres ne retirent pas de leur travail de quoi vivre et faire vivre leur famille, attendu la disette et cherté excessive des grains, ce qui fait que plus d'un quart des habitants sont ou mendiants ou pauvres honteux. En 1787, l'intendant Bertrand de Molleville déclare qu'on peut évaluer le nombre des mendiants de Bretagne au quart des habitants. On en compte dix mille à Rennes qui reçoivent la charité dans Ia rue ou dans les maisons. La mendicité a pour conséquence inévitable le vagabondage. A chaque instant la maréchaussée ou les juges de police arrêtent des artisans nomades, qui circulent sous prétexte de chercher du travail et qui mendient en attendant. Le jour et la nuit ils couchent dans les fermes ou dans les bois. Sur la lisière des forêts habitent des colonies de sabotiers, des bûcherons, sans demeure fixe et vivant de maraude. En 1737, la ville de Nantes est envahie par une bande de vagabonds qui mendient le jour, et, la nuit, dévalisent les maisons mal gardées. En 1754 une véritable émigration de gens sans aveu s'établit à Dol et y commet toute espèce de désordres. En 1771, après avoir opéré de grands travaux dans l'arsenal de Lorient, on congédie les ouvriers. Deux mille d'entre eux se répandent par bandes de vingtaines dans les campagnes, où ils demandent l'aumône, et lorsque les cavaliers de maréchaussée menacent de les emprisonner, ils disent qu'ils ne craignent point cette punition, parce qu'au moins ils y seront nourris Il faut remarquer, d'ailleurs, que le vagabondage el la mendicité ne sont point des fléaux particuliers à la Bretagne : ils sont communs à toutes les provinces du royaume. « Je reçois tous les jours, écrit en 1763 le contrôleur général des finances, de nouvelles plaintes des désordre que les vagabonds et mendiants commettent dans les différentes provinces, où, sous prétexte de demander un asile aux habitants des campagnes, ils exigent d'eux des contributions en toutes sortes de denrées qu'il est dangereux de leur refuser, parce qu'ils portent leurs excès jusqu'à incendier les fermes des habitants qui leur ont refusé la subsistance. Les aumônes qu'ils reçoivent ne les empêchent pas de se livrer à la maraude. Quand ils vont mendier dans les fermes, ils sont humbles s'ils aperçoivent le maître de la maison ou quelqu'un de ses valets, insolents et menaçants quand ils ne trouvent que des femmes ou des enfants pour leur répondre. Les paysans ont des armes dans la maisons éloignée des centres d'habitation. Ils veillent armés autour de leur blé; à l'époque de la moisson ; ils ont soin de garder le chanvre qu'ils font rouir, sans quoi ils seraient pillés par les maraudeurs.

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Published by poudouvre
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