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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 14:22

La fameuse conspiration qui se produisit en Bretagne en impliquant des aristocrates et des paysans, reposait sur cette situation financière désastreuse à la fin du règne de Louis XIV. Il fallut donc remplir coûte que coûte les caisses vidées par ce train de vie de la Cour de Versailles et par ces guerres qui avaient définitivement ruinée l'économie du royaume, notamment de  la Bretagne. Les Etats de Bretagne réunis à Dinan, ce mois de décembre 1718 refusèrent le don gratuit d'un montant de 2.000 livres exigé par l'intendant de Bretagne. La punition qui suivi fut la dissolution des Etats de Bretagne obtenue par le gouverneur de la Province, le maréchal de Montesquiou, la chose était déjà connue puisque au temps du fameux roi soleil, quand les Etats de Bretagne s'opposaient aux décisions du monarque, celui-ci faisait fermer le Parlement !

 

 

C'est ainsi que l'Association Patriotique Bretonne naquit. Elle comprenait près de huit cents membres et les coûts des céréales ayant littéralement flambé, les mécontentements touchèrent bientôt les contrées de Vitré, de Lamballe... M. de Bonamour fut un des principaux chefs rebelles, mais, l'intendant de Bretagne fut ému d'appendre que monsieur de Rohan Pouldu faisait aussi partie de cette expédition. La flotte espagnole censée aider les insurgés, son débarquement attendu devait avoir lieu à proximité de Vannes. L'association avait demandé au Cardinal Albéroni, l'un des ministres du roi d'Espagne, deux millions d'argent, 20.000 fusils, cinq à six cents hommes et 10.000 écus à distribuer en Bretagne avant ce débarquement (Joël Cornette). Dès le mois de juin 1719 des événements agitèrent la Province de Bretagne : en haute-Cornouaille, entre Goarec et Corlain les paysans refusèrent de s'acquitter de l'impôt c'est ce qui décida l'intendant de Bretagne, M. de Brou à intervenir à Laniscat où il envoya un détachement d'infanterie assisté d'un régiment de cuirassiers. Mais devant l'ampleur du mouvement contestataire, cette force semblait insuffisante. Des faits similaires se produisirent aussi dans le Pays de Guérande et à La Roche-Bernard. Vers le 20 juin, deux huissiers de la Cour des Comptes, escortés d'un exempt de la maréchaussée s'en furent saisir quatre tête de bétail dans l'étable d'un cultivateur récalcitrant afin d'être vendus au cabaret voisin, mais au lieu d'acquéreurs, parut une troupe de paysans et de gentilshommes qui réclama le bétail enlevé et devant le refus des huissiers le reprit de force. Ces faits conjugués à ceux de Guérande ne manquèrent pas d'inquiéter l'intendant qui écrivit le 27 juin au Gouverneur M. le maréchal de Montesquiou -alors absent : « j'ai fort entendu parler de la conduite de M. de Pontcallec contre les affaires publiques, il passe pour être à la tête de plusieurs gentilshommes et s'être trouvé dans l'assemblée qui s'est faite dans la forêt de Lanvaux. Il doit aussi avoir fait faire quantité de bayonnettes et de bâtons ferrés ; mais il s'excuse en disant que c'est pour la chasse aux sangliers. Cependant, il est certain qu'il y a des factions, et des écrits que les gentilshommes signent et promettent sur leur honneur de ne s'en point départir. ». Et l'intendant de poursuivre à M. Mellier, son subdélégué à Nantes : « Par des avis qui m'ont été donnés on regarde M. de Bonamour comme un des principaux chefs du parti. On prétend que c'est lui qui donne les ordres, et l'on assure qu'il a touché de l'argent, par le canal de votre sénéchal de Nantes, pour distribuer à ceux dont il veut s'assurer ; que même, le4 de ce mois -juillet 1719, il doit avoir reçu 6,000 livres, et que, le même jour, il doit être entré dans sa maison quatre grands barils de poudre, et autant de plomb et de balles. On dit aussi que, sous prétexte de faire travailler chez lui, il soudoie une quarantaine d'hommes, qui sont engagés dans le régiment qu'on nomme de la Liberté; qu'un taillandier dans la paroisse de Nivillac, proche son château, travaille toujours à faire des bayonnettes ; qu'il a pris à son service les nommés Trémoret le cadet, Du Lany, le sieur Kerprovost pour sergent, le nommé Henri Mouchet qui a servi sur mer, et qui est celui qui porte les billets de M. de Bonamour dans les maisons des gentilshommes et qui a failles enrôlements, ainsi qu'un nommé Denoul , procureur sans pratique. Tous ces gens-là sont habitants de la Roche-Bernard , qui arrivent à la nuit dans la maison de M. de Bonamour où ils font la garde ; et ils l'appellent leur colonel-général. » 

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Published by poudouvre
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