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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 14:13

A travers les campagnes, les galanteries étaient souvent de longues  durées ; il n'y avait guère de communes, voir de villages, où il était facile de trouver des gens qui avaient courtisé leur femme, pendant, cinq, six ou dix ans. Les filles en général n'étaient pas pressées de se marier, les jeunes gens, à moins d'avoir besoin d'une ménagère, étaient lents à prendre une décision. Il était naturel qu'un soupirant paya à boire à son futur beau-père, leur offrit du tabac ou d'autres petits cadeaux. La beauté féminine, la grâce ou la gentillesse n'était pas les atouts recherchés par le soupirant. En revanche, la robustesse, la fille forte en chair et haut en couleur était appréciée. On disait d'elles : « Olle a une belle conscience, olle est bien pommée » ce qui signifiait qu'elle avait une belle poitrine. « Olle est ben foutue su' son bois » -elle est droite et de bonne mine. « C'est une belle coiffe, c'est un biau cotillon, c'est un biau brin de fille » « Olle a la joe su' l'oeil » -elle a les yeux vifs. Les filles offraient elles aussi tabac et café à leurs galants. Quand un paysan se décidait à courtiser une jeune femme, il se rendait à la ferme de celle ci et contemplait les talons des sabots de celle ci, s'ils étaient « bousous », c'était signe que celle ci s'occupait bien de son troupeau et que par conséquent elle deviendrait bonne ménagère. Des toiles d'araignées dans la maison : pas de fille à marier ! Rares étaient ceux qui demeuraient célibataires dans les campagnes, un dicton voulaient qu'après leur mort ceux ci étaient contraints à « faire des charretées d'épines tout déchaux », autrement dit pieds nus. La fille restée célibataire était pour sa part qualifiée de talons jaunes. Mais même à un âge avancé, une fille gardait l'espoir « N'y a point d'vieux chaudron qui ne trouve sa crémaillère ». Il n'était pas rare qu'un jeune homme prit une épouse âgée de quinze ans de plus que lui. Les garçons se mariaient en général beaucoup plus jeunes que les filles. Nombreux étaient les endroits où les amoureux se rencontraient : aux assemblées, aux foires, à la messe, aux champs, en veillée. Ainsi à Andel,  et dans quelques communes alentours, les jeunes filles se rendaient à la messe puis après vêpres allaient embrasser l'étole qu'elle se faisait poser sur la tête. Alors les jeunes gens rentraient discrètement dans l'église, prenaient par le doigt la jeune fille qu'ils préféraient, et sans mot dire l'emmenaient.

 

 

 

Andel

 

 

Cela s'appelait « tirer l'assemblée ». Celles qui s'en retournaient seules, on disait d'elles qu'elles « allaient sur la grise », les jeunes gens leur lançaient des mottes ou les poursuivaient en les raillant. Parfois le jeune soupirant venait voir « sa promise » à la ferme, laissant son bâton près de la porte d'entrée, s'il plaisait à la jeune fille, alors celle ci plaçait le bâton près du banc du foyer. On disait d'un jeune fille ayant des galants qu'elle était « sous le chapé ». -Les galants se réunissaient alors le dimanche au foyer de celle ci avec les parents de la jeune fille courtisée. La jeune fille assise à la table voyait chaque soupirant se succéder afin de discuter avec elle, lui prenaient la main, la complimentaient et s'approchaient si près près d'elle, qu'elle « était sous leur chapé ». Cette tradition avait court à Landehen près de Lamballe.

 

 

Landehen

 

Couteaux et ciseaux coupaient l'amitié, en revanche les épingles l'attachaient, ce qui explique que les courtisans offraient des épingles à la jeune fille adulées. Si celle ci acceptait le mouchoir offert, c'était bon signe. Parfois certains jeunes hommes avaient des manières brusques, c'était le cas de ceux de Pléhérel dont on disait : « Faire l'amour comme les garçons d'Plêré ». Quand les jeunes filles reconduisaient leur soupirant, on disait d'elles, qu'elles donnaient leur sac.

 

Il faudrait une langue de Sigovie,

 

Pour répondre à vos glorifiances,

 

Quand les épines mortes,

 

Qui sont entre votre porte et la nôtre,

 

Fleurirons des roses,

 

Vos amours seront les nôtres.

 

Le couplet de Landehen près de Lamballe.

 

 

Su un jeune homme était refusé par le père seulement ou par la fille,  alors, il disait « J'ai mon sac, mais je n'ai pas ma corde ». Un galant ayant reçu son congé d'une fille « recevait sa chieuvre »

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Published by poudouvre
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