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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 13:01

Bien qu'étant d'excellents soldats, les Bretons du Pays Gallos ne  quittaient point volontiers leurs villages pour aller au régiment, et essayaient par tous les moyens même surnaturels de se dérober au service militaire. (La Bretagne a toutefois payé un lourd tribu au cours de la Première Guerre Mondiale, puisque pour l'ensemble des cinq départements Bretons, il y a eut plus de 130.000 morts soit près de 4/5 % de sa population). Le jour du tirage il y avait des rencontres de bons ou de mauvais présages. Si le conscrit rencontrait ce jour là sur son chemin un prêtre ou une religieuse, c'était un mauvais présage, idem si une femme ou une fille décidait de son tirage au sort. En revanche, s'il croisait le chemin d'une fille ou d'une femme de mauvaise réputation, il pouvait se considérer comme sûr d'avoir un bon numéro ; et en principe il lui offrait un café. Mais si elle lui adressait la parole en premier, il était sûr d'avoir le n° 1, donc le « piaou » . Mais pour tirer le bon numéro, il y avait des moyens nombreux : cueillir une branche de gui d'épine blanche, puis s'agenouiller devant un calvaire. On faisait dire ensuite trois messes et pour plus d'efficacité se rendre aux messes avec du gui et du fer blanc dans la poche, morceau de fer trouvé sans qu'il ne soit cherché. Les feuilles de « tirande » -sorte de glaïeul, donnait les mêmes résultats, idem avec les grains de sel dans la poche, Celui qui a dans son « toutrond » (paletot court) l'aiguille qui avait servi à coudre le linceul d'un enfant mort-né était assuré de tirer aussi le bon numéro. C'est ce qu'on pensait à Saint-Méloir-des-Bois. Ceux qui avaient mis dans leur poche sans le savoir la bague d'une femme mariée étaient aussi protégés, et ceux qui avaient dans la poche de leurs « hannes » -culottes, un « bro » (dard) et un « v'nin » de reptiles aussi.

 

 

Les conscrits de Sévignac

cliché revue Ar Men

 

 

Le jour du tirage au sort, les conscrits se rendaient chef-lieu en  marchant en rang, le bâtons à marottes sur l'épaule, portant souvent le chapeau et chantant des marches pour aller au pas. Autrefois, il y avait souvent des batailles de conscrits des différentes communes, et dans ces mêlées les bâtons servaient de massues. Alors ceux qui étaient retenus sortaient en s'écriant : « bon pour le service ». Ce que redoutaient nombre de paysans. Les réformés pouvaient avoir des difficultés à se marier, et longtemps après on pouvait leur reprocher cela comme une tâche. A Saint-Glen, Penguily, etc., les conscrits faisaient avant de partir, des quêtes pour frais de route. Les uns donnaient de l'argent, d'autres du blé, de l'avoine, des œufs, des pommes de terre…Rares étaient les jeunes gens d'origine paysanne cherchant à échapper au tirage au sort en se mutilant, toutefois certains avaient recours aux soins des sorciers qui leur faisait piquer les testicules par des abeilles.

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Published by poudouvre
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