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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 21:50

...La demeurance du Seigneur-évêque : ce ntait pas seulement le premier logis dans l'ordre hiérarchique, c'était aussi le plus ancien de la cité épiscopale. Tout semble, en effet, confirmer la tradition qui place le monastère bâti par saint Brieuc, au lieu même où s'éleva plus tard le manoir épiscopal, près de l'église. Les successeurs des moines vécurent-ils en commun, depuis qu'ils furent chanoines séculiers? C'est ce qu'on ignore; mais on sait que les demeures qu'ils ont habitées jusqu'à la Révolution, les plus belles de la ville, dit le Terrier, n'avaient été données à la mense que depuis le XVe siècle. A dater de ce moment, au moins, chacun vécut à sa guise, loin des obligations de la vie conventuelle. Très-anciennement, le palais épiscopal avait occupé le vaste terrain compris entre la rue actuelle de la Préfecture et la nouvelle route de Brest, entre la Vicairie et les Pavés-Neufs ; mais , plus tard , des bandes de terrain plus ou moins larges en furent aliénées. Vis-à-vis la chapelle du Saint-Sacrement était le grand portail bâti par Olivier du Chastel, au commencement du XVIe siècle. Cet évêque avait fermé, par deux portes, la venelle qui séparait la cathédrale de l'évêché, et qui fut pour cela appelée Entre les Portes ; c'est aujourd'hui la rue de la Préfecture. En arrière, au fond de la cour d'honneur, était le principal corps de logis que le même prélat avait fait rebâtir ; à droite en entrant, étaient les prisons des Regaires; à gauche, les bâtiments de service.

 

 

Une pompe, établie au-dessus de Cardenoual , amenait l'eau de la fontaine Abraham au manoir de l'évêque, d'où elle s'échappait par un ingoguet gout, tout écoulement d'eau à travers la ville.), qui traversait la rue St-Gilles, comme il le fait encore aujourd'hui. Denis de La Barde, vers 1660, puis M. de Bellecize, vers 1780, commencèrent la reconstruction du palais épiscopal sur un plan plus vaste et plus somptueux ; mais ni l'un ni l'autre n'allèrent loin dans cette entreprise. L'évêque constitutionnel occupa l'ancien manoir épiscopal tant que la Révolution le toléra; mais, dépouillé de tout et jeté en prison, il ne trouva plus de palais, ni même toujours de pain , lorsqu'il fut mis en liberté. Quand l'Empereur rétablit l'évêché de St-Brieuc, M. Caffarelli s'installa dans un hôtel sur le Marché au blé ; et, après lui, M. de La Romagère resta dans une partie de l'ancien manoir épiscopal jusqu'à l'achat du palais actuel, en 1824. « En la place du Pilori ou Martroy neuf, dit le terrier de l'évêque, il y avait anciennement plusieurs maisons et petits jardins que l'évêque Allain de Lamballe fist détruire pour faire ladicte place, et après avoir faict tirer cette place en carré, il resta deux ou trois petites places vagues, nommées Oritel et Chameloux, proches les rues St-Per et Vicairie, une autre près des prisons et du grand jardin du manoir épiscopal, où l'on fist un jardin dans lequel M. Louis de La Bouexiere fist bastir une petite maison, après l'avoir achepté. » Allain de Lamballe occupa le siége de St-Brieuc, de 1313 à 1320; ce fut donc dans les premières années du XIVe siècle que cette place fut ouverte ; mais elle resta séparée du Martray par de vieilles maisons, qui ne furent déblayées qu'en 1787 et 1788. Autour de cette place, à quelques pas de l'église, au centre de la cité, se groupaient les plus anciennes et les plus importantes habitations de St-Brieuc: l'évêché, Quincangroigne, la Grange, qui fut plus tard l'Hôtel-de- Ville et l'hôtel du gouverneur. La maison bâtie par le chanoine La Bouexière, fut reconstruite par un Le Noir, Sr de Carlan, au XVIIe siècle ; c'est l'Hôtel-de-Ville aujourd'hui. M. Denis de La Barde la retira par puissance de fief, et y établit provisoirement son séminaire avant qu'il n'eût acheté la grande maison de la Grenouillère.

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Published by poudouvre
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