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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 13:53

Que faut il penser de l'hypothèse selon laquelle la seigneurie échue à Hamon de Bron serait devenue Bron-dit-le-neuf, puis par altération Brondineuf. En réalité quand ce partage fut effectué sur demande du duc Conan IV de Bretagne, c'est à dire vers la moitié du XIIe siècle,on sait à travers la toponymie du terroir broonais que la langue bretonne était encore parlée. Du reste à travers les montres nobiliaires de la paroisse de Sévignac, l'endroit est bien mentionné l'an 1415 sous la forme de Brodineuc. Donc le nom de l'endroit n'a rien à voir avec la forme évoquée Bron-dit-le-neuf. Maintes théories toponymiques ont été émises pour expliquer ce nom. J'ai eu l'occasion d'accompagner une archéologue sur le site, situé sur les arrières, à l'angle des douves de Brondineuf. En effet, on y voit une butte entamée. Un inventaire effectué au cours du XIXe siècle à Brondineuf, évoque un dépôt d’armes du Bronze, constitué de quatre pointes d’épée et de deux haches à talon, bien conservées.  Cette spécialiste venue à Brondineuf découvrir cette éminence considérait que seules des fouilles permettraient d'en savoir davantage, mais si elle n'excluait pas l'hypothèse selon laquelle cet amas résultait du creusement des douves, elle n'excluait pas non plus l'éventualité d'une présence castrale.

 

 

La butte de Brondineuf

 

Auquel cas, un tumulus de l'âge du Bronze aurait pu être réutilisé au cours de la période féodale. Le tombeau remontant à la période pré-gauloise aurait été réaménagé en défense castrale, ce qui expliquerait la présence de ces pointes d'épée et ces haches à talon qui furent découvertes à Brondineuf. Le hameau de ce nom fut également fréquenté lors de la période gallo-romaine comme l'atteste ce gisement de tegulae découvert dans un pré, face au parc bordant l'ancien château. A ce gisement de tuiles à rebord il faut aussi ajouter cette meule typique de la période antique retrouvée non loin de là, sans omettre de signaler cette plaque de schisme ornant la salle thermale d'une villa.

 

 

Tegulae et meule découvertes à Brondineuf

 

Au cours de la période du Haut-Moyen-Âge, Brondineuf était sans nul doute incorporé dans la paroisse primitive de Sévignac, en effet, le hameau de Brondineuf se trouve dans le prolongement de celui de Trouvras ; Traonn-vraz désignait sous sa forme bretonne la grande vallée qui servait de limite en la partie Est de Sévignac. Le fait que la famille de Bron disposait en cette paroisse voisine de Sévignac d'un fief n'a rien de surprenant, en la même paroisse de Sévignac, la famille de La Moussaye établie au dit lieu La Moussaye en Plénée-Jugon possédait le fief de la Rivière-Moussaye en Sévignac. La branche des Brondineuf produit un grand nombre d'hommes d'épée ou d'église, parmi lesquels nous citerons les suivants : Guillaume de Bron, fils de Hamon II, fils de Hamon Ier du nom dont nous venons de parler, et issu d'une demoiselle du Chastellier, fille du seigneur banneret du Chastellier d'Eréac. Il vivait dans le XIIe siècle et avait épousé Marguerite de Trémereuc. La famille de Trémereuc ici évoquée était présence sur la terre des Salles en Sévignac, ce qui explique le titre qu'un de leur descendant -Jean mentionné en 1415 était dit seigneur des Aulnais à Sévignac ; les Salles et les Aulnais étant deux villages voisins. Mais poursuivons cette généalogie de P. Levot : Olivier de Bron naquit dans les trente premières années du XIVe siècle. Il s'arma pour Charles de Blois combattit vaillamment, le 29 septembre 1364, la bataille d'Auray, et, comme Olivier de Mauny, son parent, il seconda vigoureusement Duguesclin, notamment en 1370. Ollivier de Bron, qui vivait dans le XVe siècle, fut envoyé, en 1439, avec d'autres capitaines pour tenir tète aux Anglais qui avaient formé le projet d'assiéger Crespy-en-Valois. Les Anglais, renonçant alors leur projet, retournèrent Rouen. En 1441, il se comporta bravement au siège de Pontoise, et contribua sa reprise sur les Anglais, le septembre. Trois ans plus tard avec l'agrément du duc de Bretagne, il suivit le dauphin la guerre contre les Suisses, qui furert battus, puis au siège de Metz. En 1449 le roi de France ayant déclaré la guerre aux Anglais, il accompagna le duc de Bretagne en Normandie et concourut la bataille de Formigny et la prise de Vire, Bayeux, Avranches Tombelaine et autres villes. Il était le second fils de Guillaume II et de Marguerite Le Moyne et avait épousé Macée de Teillay. François de Bron, second fils d'Ollivier et de Macée du Teillay, seigneur de Blanc-Mouton en Langourla, fut premier pannetier de la reine Anne, qui le maria à Paris avec Mlle de Miraumonde de Barasouin, et lui donna 10,000 livres tournois en signant son contrat de mariage, le 1er mars 1491.

 

 

Blanc-Mouton à Langourla

 

Ce fut lui qui avec Charles d'O, premier écuyer de la reine Anne morte Blois en 1513 porta le corps de cette princesse du château l'église Saint -Sauveur. de Bron. Ollivier de Bron, troisième fils d'Ollivier et de Macée du Teillay, bénédictin, bachelier en droit canon, fut élu abbé de Saint-Melaine le 24 mai 1486 il était déjà prieur de Tremblay, et il avait été nommé abbé régulier de Saint-Aubin-des-Bois le 23 juin 1484. Ces deux titres ne l'empêchèrent pas d'accepter l'abbaye de Saint -Melaine mais il n'en devint paisible possesseur que quatre ans après. Le cardinal de Foix, soutenu de l'autorité du duc, s'empara de l'abbaye et en perçut les revenus jusqu'à sa mort, arrivée en 1491. Les religieux, instruits de cette nouvelle élurent une seconde fois Ollivier de Bron, que l'évêque de Rennes et les grands vicaires de Tours refusèrent de confirmer. D'un autre côté le pape nomma l'abbaye son neveu Antoine, cardinal du titre de Saint-Anastase. La duchesse Anne se déclara pour Ollivier de Bron, son aumônier, et défendit aux religieux de reconnaitre pour abbé le cardinal qui transigea alors avec Ollivier pour une pension de 50 ducats. La duchesse satisfaite de cet arrangement, envoya au cardinal des lettres de naturalité pour qu'il possédât en Bretagne des bénéfices jusqu'à la va leur de 500 ducats. En conséquence de ces lettrès Ollivier de Broons conféra au cardinal les prieurés de Bedecq et de la Celle-Guerchoise. En quittant le siège abbatial de Saint-Aubin-des-Bois il avait fait nommer Jean de Bron son parent, abbé commandataire de cette abbaye. Le P. Ollivier de Bron, dit du Paz, était savant es sciences humaines et divines. Il mourut Rennes, le 20 février 1500, suivant l'ancienne supputation, 1501 selon la nouvelle, et fut inhumé au pied du maitre-autel de son église suivant l'inscription latine placée Saint-Melaine. Jean de Bron seigneur du Val était gentilhomme de la fauconnerie du roi en 1541. Claude de Bron, seigneur de Fourneaux toujours fidèle serviteur de son roi fils de Jean et de Françoise Le Verrier, combattit en 1589 dans le comté nantais, où il fut fait prisonnier par les ligueurs, parmi lesquels se trouvaient les chevaliers de l'esclavage de Marie en 1592 il commandait un régiment d'infanterie et une compagnie de chevau-légers au siège de Craon. Envoyé en qualité d'ambassadeur vers la reine d'Angleterre, en 1595, il fut surpris par des gens de l'Union près du Mont-Saint-Michel et n'obtint sa liberté qu'en payant une forte rançon. Jacques, son fils servit dans les armées d'Henri III. Quel que temps après le siège de Fontenay, en 1588, il fut pris par les partisans du duc de Mercœur. Jean second fils de Claude et de Françoise Le Verrier, seigneur de Cosseville, figura en 1588, en qualité d'enseigne de la compagnie d'infante rie de M. de Jarzé au siège de Montaigu où il fut fait prisonnier, ainsi que son frère Jacques. En 1590 il était capitaine et gouverneur de la ville et du château de Domfront qui tenaient pour le roi et l'année suivante il conduisit un régiment d'infanterie Guingamp où il fit re connaître l'autorité du roi. Poursuivons nos recherches sur les Bron de Brondineuf à travers le travail d'Edouard Frain : Sur la paroisse d'Availles limitrophe de Mouliers, s'étendait une belle terre dite de Fourneaux. En 1495, Pierre de Villeblanche, seigneur de Martigné-Ferchaud, en était maître. Elle passa, moyennant finances, aux mains du panetier de la reine Anne, François de Broons, qui la fit ériger en châtellenie. Depuis le combattant de la Massoure, les de Broons n'avaient rien perdu de leur prestige. A Auray, ils avaient vaillamment combattu. Au siège de Montereau, l'un d'eux avait été armé chevalier par le comte de Richemont. Ils comptaient encore à leur actif : un capitaine de Dol, un chambellan du duc et au moment où le panetier de la Reine achète Fourneaux, Brondineuf de Broons s'intitule demoiselle d'honneur de la duchesse Anne de Bretagne, reine de France.

 

 

Château des Fourneaux à Availles sur Seiche

Cliché éditions Le Flohic

 

Aussi, durant tout le cours du seizième siècle, la grande salle de Fourneaux voit-elle passer les plus belles compagnies. C'est un va-et-vient perpétuel de nobles gens réunis, pour fêter les seigneurs du lieu ou partager leurs deuils : le commandeur de La Guerche d'Eschelles, Olivier le Voyer, Bertrand du Guéasquen, Jacques de la Villeblanche, Jacques de Teillay, Jean de Saint-Amadour, François de Denée, René de Montbourcher, Anceau Paynel seigneur de Balazé, Jean Bonamy seigneur de la Chesnonière s'y rencontrent avec Françoise Le Vavasseur dame de La Roë, Jeanne de Beaucour dame du Brocaix et de Montmartin, Françoise de Broons, veuve du vaillant chevalier Gilles de Carmené, premier échanson de la reine Anne, avec Barbe Busson dame de la Montagne, Marguerite du Hallay et Jeanne des Vaux dame de la Roberie. Vous tous qui sous l'empire d'une vanité puérile, trouvez tant de bonheur à vous mettre à l'ombre des retentissantes personnalités, cette fois, donnez-vous en à coeur joie, car les habitués de Fourneaux font bonne figure à la Cour, aux armées, et personne ne vous accusera de vile obséquiosité si vous vous inclinez devant le chevalier de l'ordre, lieutenant général de Sa Majesté en Anjou, René de Montbourcher; devant ce Jean de Saint-Amadour qui fut à treize batailles et reçut l'ordre de la chevalerie à Fornoue, des mains de Charles VIII. Autour des deux panetiers d'Anne de Bretagne et du grand fauconnier Claude de Broons, gentilhomme de la chambre du Roi, distinguez ensuite tout à votre aise les Barazouin, Le Verrier, d'Harcourt, le baron de Cholet, René Barjot, et ne les lâchez pas d'une semelle s'ils entrent dans la chapelle que les nouveaux seigneurs de Fourneaux ont accolée au mur oriental de leur manoir. Elle est éclairée par une baie de style flamboyant où se voyait naguère une série de panneaux représentant la Passion du Sauveur. Deux de ces panneaux ont seuls résisté à l'action du temps. Sur l'un, le verrier avait peint le fondateur François de Broons et sa femme, accompagnés de leurs patrons. Au-dessous de cette verrière, un autel de style renaissance mérite d'être remarqué. Il vous offre un curieux retable de marbre accosté de deux élégantes colonnes portant les statues de saint Fiacre et de saint Sébastien. Sculptées çà et là, les armoiries des de Broons, celles des Grout et de nos Geffrard qui leur succédèrent à Fourneaux, apparaissent. Pour cette chapelle un saintier, voyageur comme la plupart de ceux du XVIe siècle, fondit une cloche que vous trouverez au musée de Vitré, parée de cette inscription en caractères gothiques : Je fus faite l'an 1538 pour Olivier de Broons, seigneur de Fourneaux. Prenez en gré ce don de notre soeur Jeanne de Broons. Et dire qu'attirés par leurs alliés normands les Le Verrier et d'Harcourt, les de Broons si curieux d'embellir le manoir de Fourneaux, si empressés d'en faire le centre d'une châtellenie, finirent par l'abandonner et le vendre au cours du XVIIe. L'un d'eux, Jean de Cossesville et de Fourneaux, crut devoir donner en plein calvinisme et mérita celte mention vengeresse du soldat pamphlétaire Luette de la Vallée, dit Picquemouches. De l'union de Françoise de Bron et Gilles de Carmené, un fils prénommé René naquit le mois de décembre 1499 en la ville de Saint-Malo. De son union avec Pérronnelle de Coëtquen, naquirent trois enfants : Guillaume qui succéda à son père à la tête de la seigneurie de La Touche Brondineuf sise en la paroisse de Plouguenast ; Catherine de Carmené épousa Jacques de Lys et Péronnelle de Carmené, qui transporta Brondineuf à la famille de Derval, en épousant en 1565 René de Derval. 

 

 

Touche-Brondineuf  à Plouguenast

Cliché réalisé par  Monumentum

 

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Published by poudouvre
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