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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 17:07

 

 

 

Le plus ancien membre de la famille Glé dont nous ayons  retrouvé la trace est Geoffroy qui signait le 6 mars 1375 le reçu dont nous reproduisons la teneur ci-après : « Sachent tuit que je, Gieffroy Glé, escuier, confesse avoir receu de Jacques Renart, Tresorier des guerres du Roy, CLI (151) livres sur les gages de moy et de IX autres escuiers de ma Chambre, desservis et à desservir en ces présentes guerres ou pais de Pierregort et de Limosin, en !a Comp. et soubs !e gouvernement de Mons. Alain de Beaumanoir, « Donné sous mon scet, le 6 mars 1375 scellé en cire rouge : 3 glés, les deux afrontez. » (Lobineau, Preuves, t. 11, col. 576.) Nous aurons occasion de reparler de ce scel qui nous a conservé les plus anciennes armoiries connues de la famille Glé. Nous n'entreprendrons pas de reproduire ici tous les noms des Glé qui figurent dans les colonnes de dom Lobineau et de dom Morice. Ce travail ne rentre pas dans notre plan. Il nous suffit d'avoir fait remarquer l'ancienneté de cette famille et de dire qu'à l'instar de la noblesse de ce temps, elle avait vaillamment payé de sa personne au cours des guerres si nombreuses autrefois.

 

 

 

Le premier membre de la famille Glé qui posséda la Roche, s'appelait François. Il s'intitulait seigneur de la Roche, dans un acte de tutelle du 7 février 1550. L'aveu qu'il rendit le 9 novembre 1555 à Jean de Bretagne,duc d'Etampes et comte de Penthiëvre, nous apprend comment cette terre lui était advenue. C'était; lisons-nous sur cet acte, « pour cause d'une donnaison à luy en faicte par feu damoyselle Guyonne Le Porc, en son temps dame du Mesnil et de la Boüexière. » François GIé, écrit G. du Mottay, à la page 64 de l'Annuaire des Côtes-du-Nord de 1858, recevait, l'an 1546, quinze livres d'appointements comme alloue et juge ordinaire de la cour de Dinan, tandis que le sénéchal d'alors, qui s'appelait Jean Glé, touchait pour ses fonctions la sommé de 40 livres. Qu'était-ce que ce Jean Glé ? Peut-être le frère ou plutôt le père de François. Un point demeure acquis nous savons à n'en pouvoir douter, grâce au Journal de F. Grignart, que François Glé, sieur de la Roche, appartenait à la branche des Glé de la Costardaye. D'autre part, ce même François Grignart, qui connaissait parfaitement le seigneur de la Roche, lequel était son parrain, nous fait savoir qu'il était en même temps son oncle, mais sans entrer dans plus de détails sur cette parenté. Il est bien vrai que Courcy dans. son Armorial, cite Jean Glé de la Costardaye, vivant en 1513, comme l'époux en premières noces de Jeanne Grignart de Champsavoy mais dans une généalogie de la famille Grignart qu'il a fait paraître en 1908, (M. le Vte H. de la Messelière ne parle pas de cette Jeanne Grignart. Par contre, il indique une Gillette Grignart, soeuf de François, l'auteur du Journal précité, laquelle Gillette pourrait bien avoir été l'épouse de François Glé, sieur de la Roche. La chose parait d'autant plus vraisemblable qu'ainsi que nous le verrons, les Grignart se trouvèrent parmi les plus proches héritiers lors du décès du fils de François Glé. Quoiqu'il en soit de cette question, elle ne nous renseigne pas sur les liens de parenté qui rattachaient le seigneur de la Roche aux autres membres de la famille des Glé, et en particulier à Bertrand Glé de la. Costardaye que nous trouverons tout à l'heure. Au reste, la généalogie des Glé est fort obscure à ses premiers degrés aussi donnons-nous ci-contre un tableau d'ensemble, qui permettra d'embrasser d'un coup d'oeil la succession de la branche des Glé de la Costardaye dans la terre de la Roche.

 

 

 

 

Armoiries Glé

 

 

François Glé succéda à son parent Jean Glé dans son office de sénéchal de Dinan, et ce, d'après Odorici, dès l'année 1545. II remplissait encore ces fonctions lorsqu'il mourut dans sa maison de la Roche en Lancieux, au mois de septembre 1560. Son corps fut ramené à Dinan et inhumé dans l'une des chapelles du choeur de l'église St-Sauveur, ainsi qu'en témoigne cette note à nous communiquée par M. R. du Guerfly : « Macé Apuril, sr de l'Isle, fondait à S'-Sauveur une chapelle qui joignt d'un côté à celle que dota et fonda defunct noble homme François Glé, en son vivant sieur de la Roche et de Ponthail et seneschal de Dinan. » A son décès, François Glé laisait un fils appelé Gilles, âgé de sept ans seulement. Il le confia, par testament, en la garde de son parent Jean Grignart de Champsavoy. Mais, nous dit le fils de celui-ci, en son Journal « Le dit enfant Gilles mourut au mois de décembre, chez son oncle, en la maison de Champsavoy, et fut inhumé à Dinan. »

 

 

 

A la mort de Gilles, la seigneurie de la Roche, nous semble-t- il,  devait revenir à l'autre fils de Jean Glé, c'est-à-dire à Bertrand, le conseiller au Parlement, dont nous allons parler plus au long tout à l'heure; cependant pour certaines conventions faictes ô le s' de la Costardaye, héritier de l'enfant, dont le dit sr de Champsavoy avoit esté garde, nous voyons que ce dernier jouissait de la terre de la Roche durant les années 1563 et 1564, et son fils François Grignart, écrit dans son Journal qu'il fit alors plusieurs séjours au manoir de la Roche, en compagnie de son précepteur, maistre Jean Bougaud.

 

 

 

Jean Glé, seigneur de la Costardaye, en 1513, se maria deux  fois, semble-t-il. Il aurait épousé d'abord Jeanne Grignart, dont serait né François Glé puis en secondes noces, Marguerite du Cellier, qui lui aurait donné Bertrand Glé. Celui-ci devint docteur-ès-lois, puis, comme son père, embrassa la magistrature. Suivant son contrat de mariage, il aurait été sénéchal de Dinan vers 1550. Toujours est-il que, d'après M. le conseiller Saulnier, il était conseiller aux Grands Jours de Bretagne dès 1537. Il occupait en même temps la charge d'alloué au Présidial de Rennes, lorsqu'il fut pourvu, par lettres du 10 juillet 1554, de l'office de Conseiller originaire au Parlement de Bretagne, charge qui venait d'être créée et dans laquelle il fut reçu le 2 août suivant. II jouissait d'assez de réputation comme légiste et fut, en 1575, l'un des commissaires chargés de procéder à la Réformation de la Coûtume de Bretagne. (Levot Biographie Bretonne.) Bertrand Glé mourut le 13 octobre 1581 et fut inhumé le même jour aux Cordeliers de Rennes. Il avait, lors de son trépas, près de cinquante ans de services. C'est à lui qu'on doit d'avoir élevé à Médréac le château de la Costardaye, qui subsiste toujours-et appartient maintenant à M. F. Rioust de Largentaye. Bien qu'on n'ait conservé aucun aveu rendu par Bertrand Glé pour la terre de la Roche, on ne peut douter qu'il n'ait tenu cette seigneurie, après avoir lu la déclaration produite le 7 juin 1583, par Guy Glé, son héritier principal, « pour la maison noble de la Roche, métairie, bois de haute futaye, colombier, garenne, étang, emplacement de moulin et juridiction, le tout provenant de la succession de Bertrand Glé. » Ce dernier, de son mariage avec Perronnelle du Pan, dame du dit lieu, de Bagatz et de Bonespoir, laquelle il avait épousée par contrat du 3 mars 1550, avait en effet laissé cinq enfants. Deux filles, Perronnelle et Marie, un fils appelé Marc, lequel ne vécut pas, Guy que nous avons déjà vu, et Claude, que son frère partagea noblement de la terre de la Roche dont il portait le titre. Claude se fit d'église, devint prêtre et fut pourvu de l'office de conseiller-clerc au Parlement, par lettres du 26 octobre 1581, au lieu et place de son père décédé. Sa réception est du 10 février 1582. Dès l'année 1599, on le trouve en possession de la commende de l'abbaye augustinienne de N.-D, de Beaulieu, alors en Mégrit, et dont Mathurin Glé, l'un de ses oncles, avait naguère été commandataire aux débuts du XVIe siècle.

 

 

 

 

Notre-Dame de Beaulieu

 

 

Claude Glé prêta serment de fidélité au Roi en qualité de Commendataire, devant la Chambre des Comptes de Nantes, l'an 1600. Il mourut à Rennes et y fut inhumé le 14 mars 1606. M. de l'Hommeau assure, dans son Histoire de Lancieux, que c'est cet ecclésiastique qui lègua à la fabrique de Lancieux, pour servir de presbytère, le bâtiment encore employé à cet usage. Cette habitation, malgré les transformations qu'on lui a fait subir, semble en effet assez ancienne, mais nous n'avons trouvé nulle part trace de cette donation.

 

 

 

 

 

Chambre des Comptes de Bretagne à Nantes

 

(document Wikipédia)

 

 

 

A la mort de Claude Glé, la terre de la Roche revint à son frère Guy, seigneur d'Ossé et de la Costardaye, puis vicomte de Médréac l'an 1610, par suite d'acquêt passé avec les héritiers de Toussaint de Beaumanoir. Guy Glé épousa à Guenroc, le 22 janvier 1583, noble dame Jeanne de Bouillé, fille de Gilles et de Françoise de Coëtquen (voir article Quelques notes sur la famille Jarnoüen). Ce mariage lui valut d'ajouter à ses possessions les terres de Caver en Yvignac, de Rophemel en Guenroc et de Pierre-Fontaine. Durant les guerres de la Ligue, Guy Glé embrassa le parti du roi et reçut en récompense le collier de St-Michel. Nous ignorons l'année de son décès. En tout cas, il figure encore sur un acte de 1612. (Quant à sa femme, elle trépassa à la Costardaye le 12 avril 1622. Des cinq fils qu'elle avait donnés à son mari, Guillaume, Henry et Guy, moururent en bas âge, les deux qui survécurent vont faire l'objet du paragraphe suivant.

 

 

 

 

Détail du puits de Caver en Yvignac

 

 

 

Jean qui fut seigneur de la Costardaye, et son frère François, qui fut seigneur du Pan, se partagèrent à la mort de Guy Glé l'héritage paternel. Tous deux achetèrent, le 14 février 1626, conjointement avec les seigneurs de la Boüexière et de Bienassis, la baronnie de Bécherel d'avec Henri de la Trémoïlle, baron de Vitré. L'an 1627, les acquéreurs se partagèrent la baronnie, dont la plus grande partie, y compris la ville de Bécherel, demeura aux deux frères Glé. En 1629, François Glé prend le titre de baron de Bécherel. Il devait du reste jouir d'assez de considération en Bretagne, car on le trouve en 1619 désigné comme député en cour de la noblesse, lors des Etats de Vannes. (Arch. d'Ille-et-Vilaine, C. 2754.) Les mêmes Archives (C. 2950), nous apprennent aussi qu'il reçut à cette occasion 4200 livres pour ses frais de voyage et de représentation. D'autre part, d'Hozier le cite parmi les Chevaliers de St-Michel ou de l'Ordre du Roi, et ce dès 1616. Enfin, les titres de la seigneurie de Rofemel, conservés aux Archives des Côtes-du-Nord, le mentionnent comme faisant partie des gentilshommes ordinaires de la Chambre du Roi. Nous savons qu'il fonda en 1629, dans l'église de Bécherel, une grande messe quotidienne avec diacre et sous-diacre et six chapelains placés sous la présidence du recteur de la paroisse, pour desservir ad turnum cette fondation. (Pouillé de l'archidiocèse de Rennes, op. cité, IV, p. 144.) François Glé, seigneur du Pan, de Caver, de Rofemel et de Beauchesne, ne laissa pas d'enfant de son mariage avec Marguerite de Quistinic, fille et héritière de Julien et de Jeanne du Pargatz, et déjà veuve, avec un fils unique, de Marc de Rosmadec, seigneur du Plessis-Josso. A sa mort, arrivée avant 1645, son frère, Jean Glé, lui succéda dans tous ses domaines. Mais nous ignorons s'il,possédait déjà la terre de la Roche ou s'il hérita seulement alors de cette seigneurie, pour laquelle il rendait aveu à la cour de Lamballe en 1647. Cet acte ne manque pas d'intérêt c'est, en effet, la première fois que nous trouvons la Roche porter le nom de Roche-Glé.

 

 

La Roche-Glé

 

(cliché du Service Régional de l'inventaire de Bretagne)

 

 

C'est aussi la première fois que nous voyons mentionné remplacement de l'ancien château qui devait naguère exister en ce lieu. Voici du reste le sommaire de cette pièce «. Aveu de Jean Glé, sieur de la Costardaye, pour la maison de la Roche-Glé, jardins, emplacement de chasteau en Lanxieux et Ploubalay, colombier et garenne, le tout contenant 30 journeaux de terre, non compris trois journeaux et demi annexés à la Closture du Demaine. La dixme de la Roche s'étendant aux villages de la Ville es Vitels, de la Ville au Provost et de la Commerays et le bailliage de la Morandais sur lequel est dû 4 livres, 13 deniers, 10 godets de froment et 3 poules, le dit bailliage contenant environ 100 journeaux de terre.»

 

 

 

 

Figure portant les armoiries de la famille Glé à Médréac

 

(Cliché éditions Le Flohic)

 

 

Jean G!é, déjà vicomte de Médréac, Bagatz (en Guichen) et Ranléon, prit, au décès de son frère, le titre de. baron de Bécherel. Il mourut à Guitté le 10 mai 1649, mais c'est à, Médréac qu'on l'inhuma, et son coeur fut porté à Bécherel. Ses obsèques furent présidées par l'évoque de Vannes, Charles de Rosmadëc, enfant de. St-Jouan, « suivi d'un gros clergé. Son décès a été regrettéde tout le peuple. » C'est lui le signataire de la thèse illustrée, signalée par le Comte de Palys dans la Revue Historique de l'Ouest année 1890, p. 46. De son mariage avec Marie de Montigny, qu'il avait épousée par contrat du 25 mai 1645, Jean Glé laissa deux filles. L'ainée, Marie-Vincente, ne lui survécut que peu d'années. Elle décéda à Rennes au mois de juillet 1657. Son corps, ramené à Médréac, fut enterré près de son feu père « et il y avait un gros clergé à cette cérémonie, » rapportent les Régistres paroissiaux de Guitté. 

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Published by poudouvre
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