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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 20:46

Une famille a marqué de son emprunte le terroir de Dinan au cours de l'époque médiévale, tantôt désignée Jarnouën ou Jarnouan. Hyacinthe de Fourmon (l'Ouest aux Croisades) rappelle la légende liée aux origines de cette famille qui, suivant une vieille tradition, serait d'origine irlandaise et aurait fait partie d'une émigration de Bretons insulaires, qui vint s'établir, de 360 à la fin du VIe siècle, aux environs de Châteauneuf et près de la Rance. Et notre auteur d'évoquer Jarnoüen alias Jarnwalt, nommé évêque d'Alet en 835 et exerçant les fonctions épiscopales en Guillac et en Guer. Il figure comme évêque d'Alet dans une charte du 11 novembre 835 par laquelle Jarnithim donna aux moines de Redon Ranrid Wallon ; il reparaissait, l'année suivante, toujours en qualité d'évêque d'Alet, et en possession d'un titre qui contenait la donation de la terre de Ran-Helmunoc au même monastère par Rethwobre. S'agissant du premier personnage issu de la Chevalerie on en a connaissance à travers une charte rédigée à Limassol en l'Île de Chypre. Il s'agit d'une procuration pour l'affrètement d'un navire qui lui était nécessaire afin de se rendre de l'île de Chypre à Damiette, et donnée par Hervé de Nantes, durant le mois d'avril de l'année 1249. Ce dernier évoque sa démarche ainsi qu'un certain nombre de Croisés. Parmi eux : «. Jean Jarnouen accompagna le roi saint Louis lors de son premier voyage d'outre-mer ». Il est difficile cependant d'affirmer qu'à cette époque, la famille Jarnoüen était déjà établie sur le terroir de Yvignac ou de Guenroc, en revanche M. Le Panetier de Roissays donne le dit Croisé originaire de Caulnes, un lieu : la Ville ès Jouannou semble avoir conservé trace de cette famille. En revanche, à la fin du siècle suivant, la maison Jarnoüen était sans nul doute bien implantée sur notre bon vieux terroir. C'est ainsi qu'est mentionné Jean Jarnoüen écuyer, lequel ratifia à Dinan, le traité de Guérande ce 25 avril 1381 avec Briend de Châteaubriant, Rolland de Trémereuc, etc. Cette famille disposait des armoiries ainsi dessinées :  «d'argent à trois hameçons de gueules »

 

 

Deux des lieux Yvignacais jadis entre les mains des Jarnouën :

 

Garrouët (à gauche) & Caver (à droite)

 

Les armoiries de cette familles sont aussi sculptées sur la porte qui figure en détail.

 

Guillaume et Olivier Jarnoüen comparaissent pour leur part à la montre d'Olivier de Mauny, qui eut lieu la 12 octobre 1386 à Lille. Il s'agissait d'un rendez-vous des troupes destinées à opérer une descente en Angleterre. L'entreprise échoua, moins par le mauvais vouloir du duc de Bretagne Jean IV, que par les retards du duc de Berry censé le secondé dans cette opération, toutefois les avis divergent, et, selon Album breton, l'échec se produisit par la faute du duc de Bretagne qui refusa d'y prendre part. D'après les Montres nobiliaires touchant la paroisse de Yvignac, figurent quelques membres de cette famille : J. Jarnoen, -probablement Jean, car aussi cité dans le même acte sous la forme de Jean Gernoen, parmi les témoins nobles à « Evignac » l'an 1428. Il est également mentionné, en cette même paroisse, un certain Raoulet Jarnoen présent à « Garouet. ». Mais le même ouvrage précise que ledit Raoult dont le patronyme est cette fois orthographié Jarnouan, se fit représenté à cette montre nobiliaire par Olivier de la Haye, alors archer en brigandine. En 1480, Geoffroy Jarnouan de Caver, est représenté par Pierre son fils qui perçoit la somme de 300 livres de revenu. Il est porteur d'une brigandine et comparaît en archer ; il est aussi mention d'un certain Raoul Jarnoüan, sans qu'on ne sache s'il s'agit du même personnage ou d'un autre membre de cette maison. Ledit Raoul Jarnoüan perçoit pour ses services, 40 livres de revenu, il est porteur d'une brigandine et comparaît en archer. L'abbé Lesage nous apporte cette précision sur la seigneurie de Caver. Cette seigneurie a été dans un temps un lieu considérable. La tradition dit qu'un propriétaire de cette maison barrait au seigneur du château d'Yvignac le chemin de l'église, et l'obligeait à un long détour quand sa mauvaise humeur ne lui permettait pas de passer sur les terres de Caver. Le château n'existe plus, mais les murs de la chapelle, monument du XVe siècle, dédiée à saint Hubert, portent en alliance trois faces et trois bandes. En 1513, Caver appartenait à Bertrand Jarnouan qui y demeurait, lequel Bertrand avait épousé Gillette du Breil, fille de Olivier et Guillemette Lenfant. Caver possède une grange de ferme, où deux voitures attelées de cinq chevaux peuvent manoeuvrer sans se gêner. Un incendie ravagea depuis une partie des bâtiments ; autre maison noble d'Yvignac qui fut aux mains de cette famille Jarnoüen : Garouët. Le lieu présente l'architecture du XVe siècle dans sa porte et dans sa belle fenêtre ogivale. Elle porte aussi les armes des Jarnouan, à qui elle appartenait en 1513. Voici les notes laissées par le Patrimoine historique et Architectural du Pays de Dinan : A l’opposé du Hac, le manoir de Garrouët, en Yvignac, très moderne, témoigne encore dans la seconde moitié du XVème siècle, d’une formule de la fin du XIVème siècle, contemporaine des Fossés, de la Grand’cour, de la Bellière, Beaumont, La Ferronays. Cette période est riche en propositions variées et très présentes en Pays de Dinan. Cuisine et cellier encadrent une grande salle basse sous charpente (aujourd’hui plafonnée comme toutes les autres), deux fois plus haute. De chaque côté de cette salle « d’apparat », deux escaliers droits intérieurs montent aux chambres de l’étage. L’un deux est conservé : une rareté ! Ceci est d’autant plus remarquable que ce type d’escalier est déjà archaïque, au temps où se multiplient les escaliers à vis dans des tourelles extérieures, de plus en plus ostentatoires à partir de la fin du XVe siècle. La formule des salles-basses-sous-charpente, très proches des « hall houses » d’outre-Manche, se rencontre essentiellement dans l’ancien comté de Rennes, pendant les trois-quarts du XVe siècle. Elle disparaîtra avec la mode pratique des étages carrés plafonnés. Le vicomte du Breil de Pontbriand pense que c'est la fille, ou la petite-fille de Bertrand Jarnouan et de Gillette du Breil, prénommée Marie, qui transporta la terre de Caver dans la famille de Bouillé en épousant l'un des membres de cette maison, prénommé Jacques. Celui ci qualifié de Chevalier est titré sieur de Pierrefontaine, et en 1543 il possédait les terres de Rohemel en Guenroc et de Caver en Yvignac, du chef de sa femme, lesquelles terres passèrent ensuite aux Glé de la Costadais( voir article Notes sur la famille Glé, par l'Abbé Lemasson), puis la Beaume-Le-Blanc de la Vallière. Précisément, les montres nobiliaires de la paroisse de Guenroc évoquaient des membres de la famille Jarnoüen, d'abord en 1447, où il est précisé que Le beau Rocher, en « Guenro » appartient à Regnaud de Jarnouen, au mesme, l'hotel de Rohinel ; Renaud Jarnouan, sieur de Carrier, comparaît en brigandine, et, pour ce qui n'est suffisant point selon sa richesse, sa terre saizie. Geffroy Jarnouan, non comparu. Même paroisse de Guenroc, l'an 1513 : Noble damoiselle Jeanne Jarnouan, a la métairie noble de la Jegnaye -à présent la Giguaie, et la métairie noble de Beau Rochier et celle de la Gilbert, roture.

 

 

 

La Giguaie en Guenroc

 

(cliché édition Le Flohic)

 

 

Noble escuier Bertrand Jarnouan, a le lieu et métairie noble de Rohemel, et en porte la seigneurie.  Un troisième localité fut jadis mentionnée comme disposant de terres appartenant à cette famille Jarnouën : Plorec. En 1459, la paroisse de Plourec comptait parmi ses nobles, les fils de feu Geffroy Jarnouant de la Ville Lambert.

 

 

 

La Ville Lambert en Plorec, le lieu a depuis été métamorphosé

 

 

Enfin nous conclurons cet article consacré à la maison Jarnouën en reprenant les notes de M. Hyacinthe de Fourmon : dans la magistrature nous trouvons Guy Jarnoüen, seigneur de Villarlay, procureur-général au parlement de Bretagne, et son fils, Robert Jarnoüen de Villarlay, investi après lui des mêmes fonctions. Jeanne Jarnoüen épousa, vers 1400, Jean de de Beaumanoir, seigneur de Kermorand, mort en 1439 et enterré aux Jacobins de Dinan; elle en eut Olive de Beaumanoir, mariée, vers 1425, Charles de Gouyon, seigneur de la Boueltardaye, qui était fils de Louis de Gouyon ; Guy Jarnoüen, seigneur de Villartay, marié à Gillette le Meslif en 1620; Robert, son fils; Perrine le Clerc de Callouel, morte veuve Roz-sur-Couesnon le 15 janvier 1695; de ce mariage est issu Jean Jarnoüen de Villarlay, qui vint en 1683, s'établir procureur à Vitré sa descendance nombreuse s'y est perpétuée jusqu'à nos jours.

 

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Published by poudouvre
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