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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 12:20

Voici une description de la ville de Nantes due à la plume de M. Gérard Mellier qui fut Maire de Nantes, Trésorier de France, général des Finances, subdélégué de l'intendance de Bretagne.

 

 

 

Gérard Mellier

1674-1729

 

Extrait « ... La ville de Nantes est située sous dix huit degrez trente huit minutes de longitude et quarante sept degrez treize minutes de latitude. Elle s'étend das une plaine un peu penchante vers les rivières de Loire et d'Erdre, qui l'embrassent : L'Erdre, du costé du Nord, et la Loire, du costé du midy. Celle-ci, ce divisant en bras, coule entre les prairies et les petites isles qui sont de part et d'autre des magnifiques ponts de Nantes. Le plus grand canal est celui qui est dans les prairies de Mauves et de la Madelaine, le long du faubourg de Richebourg, le bas de la motte Saint-Pierre, le château, le port Brient-Maillard, la ville et la fosse ou port de Nantes, et se termine à la ponte de l'Hermitage ou tous les bras se rejoignent.

 

 

La rivière d'Erdre qui arrose la ville du costé du Nord, prend son origine à l'étang du Joüé à six lieues de Nantes, et forme un grand lac d'eau dormante rendu navigable par l'espace de plusieurs lieues par le moyen de la chaussée de Barbin, d'où l'Erdre qui coule jusqu'à la vieille Tour qui fait l'angle septentrional de la muraille de cette ville, et de là, tout le long de cette muraille, derrière la Chambre des Comptes, jusqu'au port Commune-Eau, où se fait la décharge des bleds, beurre, bois, charbon et autres denrées, dont cette rivière fournit la ville dans laquelle elle entre un peu plus bas, passe sous les halles et la Casserie et le pont de l'Hôpital, et puis se jette dans la Loire, entre la poterne et la tour Barbacane. Sur la ceinture de Nantes il y présentement quatre portes et trois fausses portes ou poternes.

 

 

La Porte Saint-Pierre (ci-dessus), ainsi nommée à cause qu'elle est proche de l'église cathédrale et contigüe à l'évêsché, regarde l'Orient et ouvre sur la motte Saint-Pierre, et les fauxbourgs de Saint-André, Saint-Clément et Richebourg. Elle est fortifiée d'un bon portail composé de deux grosses tours rondes, jointes en plate-forme, revetües de cassemates et entre-portes, couverte d'un fort ravelin en ovale, défendüe de deux ponts-levis, erse, barrière et fossez à fond de cuve. Elle bat le long de la courtine de la muraille, du costé du nord jusqu'à la grosse tour, dite de Papegay, et du costé du midy, vers la poterne du château, entre lequel il y en avoit autrefois une autre près l'église de Saint-Laurent, ou autrement la porte Droüin-Lillard, et répondoit sur les faubourgs de Richebourg, dont l'ancien pavé fut découvert lorsque la motte Saint-Pierre fut retranchée au temps du duc de Mercoeur.

 

 

La porte Poissonnière (ci-dessus), autrement dite de Piremil, ainsi nommée à cause qu'elle donne sur le pont de Piremil et la Poissonnerie, et l'isle de la Sauzaie. Elle s'ouvre sur le midy et est fortifiée d'un beau portail composé de deux grosses tours jointes en plate-forme, qui défendent d'un costé le long de la courtine de la muraille jusqu'à la poterne du pont Brient Maillard, et de l'autre jusqu'à la tour Barbacane qui fait l'angle occidental de la muraille.

 

 

La porte de Saint-Nicolas ou du port, ainsi appelée parce qu'elle est joignant l'église Saint-Nicolas (ancienne église Saint-Nicolas, ci-dessus), et ouvre sur les faubourgs de la Fosse ou de Saint-Julien, et du Bignon-Letard. Elle est fortifiée de deux tours jointes en plate-formes, revêtües d 'un fort et ample ravelin, avec ses entre-portes, ponts et herses, et fossez à fond de cuve. Elle défend la courtine de la muraille jusqu'à la tour Barbacane d'un costé, et jusqu'à la tour de Sauvetour de l'autre.

 

 

La porte de Sauvetour (ci-dessus) regarde le nord et regarde sur les fauxbourgs de la Villeneuve ou le Marchix, et Saint-Semblin, place forte et élevée qui commande au reste de la ville. Elle est fortifiée de deux grosses tours, en plate- forme, un bon ravelin, une grosse tour, de bons et profonds fossez, casemates, entre-portes, pont-levis, herses, barrières et autres ouvrages. Les poternes sont : la porte Brient-Maillard, qui répond  sur le pont de même nom, qui est sur la rivière Loire, derrière le  couvent des Jacobins (ci-dessous, église des Jacobins), et est entre le château et la rue de la  Poissonière. Elle est revêtue d'un ravelin sans pont-levis.

 

La poterne de la Sauzaye, sur la même rivière de Loire, près la porte de la Poissonnière. La poterne de la Commine-Eau sur la rivière d'Erdre près de la Cambre des Comptes. Le château de Nantes étoit anciennement le Bouffay, basti, comme on dit, par le duc Conan Ier. Les évêques eurent aussi droit de château pour se préserverdes courses des Normands et autres nations barbares qui ravageoient la Bretagne. Pierre de Dreux, dit Mauclerc bâtit la tour Barbacane; mais à présent le château de cette ville, demeure la plus ordinaire des dernière demeure des derniers duc est situé au bas de cette ville, sur le bord de la Loire, dont le donjon et la vieille ceinture furent bâtis par Jean IV, dit le Conquérant. Le château fut augmenté par le duc de ourgogne Pilippe Le Hardy pendant la minorité du duc Jean V, dont il était tuteur; mais il fut rebâti tout de neuf, comme on le voit à présent par le duc François II et les rois et les reines de France Charles VIII, Louis XII, François Ier, Anne et Claude. Il est situé entre les porte de Saint-Pierre et la poterne Brient Maillard. Il a trois issües. La principale porte donne sur la ville, une moindre hors la ville, sur la motte Saint Pierre, et une poterne sur la rivière Loire.  

 

 

  •  
    Chapelle du château
     

 

Détail du château

 

La façade du costé de la ville est composée d'un beau portail avec deux grosses tours rondes, sur lesquelles, et sur les murailles s'élèvent de beaux édifices et l'horloge droit sur la porte. De part  et d'autres se voyent deux belles grosses et fortes tours rondes en plate-forme. Du costé de la ville, vers Saint-Pierre, est le donjon flanqué d'un bastion triangulaire qui couvre la poterne de la motte avec son pont-levis, et la vieille tour nommée des...Et plus bas, est une forte tour en ovale, nommée le fer à cheval, qui commande à toute la motte Saint-Pierre et au faubourg de Richebourg, et à la rivière de Loire, dont les murailles continuent le long de l'eau jusqu'à une belle tour ronde, et de là conduit au bastion de Lorraine qui fait le coin, ou angle méridional de la place. Les fossez, tant dehors, que dedans la ville, dont à fond de cuve, et plus souvent remplis d'eau par la rivière. Cette place est de très agréable séjour, bien fournie de bâtimens ; et il y a toujours garnison de mortepayes

 

 

 

 

 

Le Bouffay

 

Les églises de la ville sont quinze en nombre : 1° Saint-Pierre, qui  est la cathédrale, située au haut de la ville, très bel édifice, mis qui n'est pas achevé. Il n'y a que le tours et la nef de faites. Le coeur est de l'ancien bâtiment, ; et cet ancien bâtiment est encore plus récent que l'église magnifique bâtie par Saint-Félix, evesque de Nantes ; de mesme que l'église achevée par Saint-Félix et commencée par Saint-Eumelius son prédécesseur étoit postérieure à la première église bâtie par les successeurs de Saint-Clair, première evesque de cette ville. L'église bâtie par Saint-Félix n'avoir pas pû résister à quatre ou cinq incendies causés par les Normands. Après que Dieu en eût apaisé la fureur de cette nation barbare, on en édifia une nouvelle, que les nouveaux ducs avoient commencé d'augmenter. L'ouvrage, par le changement de domination, est demeuré imparfait. Le chapitre de cette église, outre l'evesque, est composé d'un doyen, deux archidiacres, un trésorier, un chantre, un scolastique et un pénitencier ou théologal qui n'est pas chanoine, vingt trois prebendes, le bas-choeur et la psalette.

 

 

 

La cathédrale et son ancien clocher (ci-dessous)

 

 

 

  

2° Notre-Dame, église Collégiale (ci-dessous), bastie par le duc Alain Barbetorte, après qu'il eût chassé les Normands ; elle a été possédée d'abord par les moines de Landevennec, et puis érigée en collégiale. Le chapitre est composé d'un chevecier, un chantre prebendes, le bas-choeur et la psalette.

 

 

 

Chapelle de la Collégiale

 

 

Il y a dix cures ou paroisses dans la ville. Nostre-Dame qui est vicariat. Saint-Jean en Saint-Pierre.

 

3° Saint-Laurent

 

4° Sainte Radegonde

 

5° Saint-Denis

 

6° Sainte-Croix (ci_dessous)

 

 

 

 

7° Saint-Saturnin

 

8° Saint-Nicolas

 

9° Saint-Vincent (ci dessous)

 

 

 

 

10° Et Saint-Léonard, autrefois Saint-Cyr et Sainte Julite

 

 

 

 

Rue Saint Léonard : ancien Théâtre

 

Les monastères sont

 

11° Les jacobins, situés près du château, sur le bord de la Loire

 

12° Les Cordeliers,(ci dessous) près la porte Commune Eau, sur la rivière d'Erdre

 

 

13° Les Carmes, au coeur de la ville, entre les rues de Verdun et du Moulin

 

14° Sainte-Claire, couvent de Cordelières, près de l'église paroissiale de Saint-Vincent

 

15° Et les Carmélites Bérulines, en la rue et chapelle de Saint-Guédas

 

Les chapelles sont : Saint-Martin, en Sainte-Croix ; Sainte-Catherine sur Erdre ; le collège de Saint-Jean ; Saint-Yves, près des halles ; Notre-dame de Toute Joye, près la maison de ville ; et Saint-Jean, près la Chambre des Comptes. La chapelle du palais est desservie par les Jacobins et celle de la maison de ville, par les Carmes 

 

 

 

Rue de la Poissonnerie

 

 

Les juri(s)dictions qui s'exercent en cette ville sont : la Chambre des Comptes (ci-dessous) qui est une cour souveraine composée de deux présiden(t)s, dont deux servent par semestre, trois généraux des finances, vingt quatre maîtres, deux correcteurs, vingt six auditeurs, un avocat général et un procureur général, trois gardes du trésor et un greffier. Cette cour se tient dans le palais qui a été ba(s)ti derrière les Cordeliers, près de la porte Commune Eau, sur la rivière d'Erdre. Le siège présidial est composé d'un président, un sénéchal, un alloué, un lieutenant, quinze conseillers, un juge criminel, un enque(s)teur, deux a(d)vocats, et un procureur du roy. L'auditoire de cette cour se tient dans un beau bâtiment qui répond sur la place du Bouffay.

 

 

 

 

 

La prévosté s'exerce sur la plate-forme de la porte Poissonnière

 

Le Consulat ou juri(s)diction des marchands dont l'auditoire est en la maison de la ville. La mairerie, ou juri(s)diction du maire pour la police s'exerce en la maison de la ville

 

Les Régaires, ou juri(s)diction de l'evesque.

 

 

 

Ancien évêché

 

La communauté est régie par un maire, un sous-maire, quatre échevins, un controlleur et deux commissaires

 

 

 

Tour de Pirmil

 

 

 

 

Ancienne Bourse

 

 

 

 

Théâtre Graslin

édifié depuis la description

 

 

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Published by poudouvre
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