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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 14:31

 

L'église collégiale de Notre-Dame, qui servait primitivement de chapelle au château, est assise de la façon la plus pittoresque à l'est de la ville, sur un rocher taillé à pic. C'est un vaisseau long de 44 mètres sur 22 de largeur, flanqué de contre-forts avec une tour carrée au centre des transepts, dont la flèche en plomb a été remplacée en 1695 par l'amortissement actuel. Nul style ne semble, au premier aspect, dominer dans cet édifice, à tel point que l'on distingue trois époques différentes dans les façades nord et sud, dont les chapelles sont chacune surmontées d'un pignon aigu. L'intérieur n'est pas moins bizarre par le mélange de ses constructions.

 

 

Les parties les plus anciennes sont : le portail occidental, une seconde porte ouverte dans le mur septentrional, la nef tout entière et le collatéral nord. La dédicace de Notre-Dame fut faite de 1220 à 1234, par Guillaume Pinchon, évêque de Saint- Brieuc, auquel on doit la reconstruction de son église cathédrale. L'architecture des portes et de la nef de Notre-Dame annoncent bien la transition du plein cintre à l'ogive, opérée au commencement du XIIIe siècle. Le portail occidental en ogive présente les ornements ordinaires du roman fleuri : chevrons, étoiles, chapiteaux historiés. Le gable qui le surmonte est orné d'un écu de Bretagne couché à l'antique et timbré d'un heaume; l'autre porte, celle du nord, est en plein cintre ; ses chapiteaux dont l'ornementation végétale est encore un peu historiée, sa large voussure cintrée, le cordon de violettes qui règne au-dessus des chapiteaux, accusent aussi l'époque de transition. Il n'est pas douteux que ces deux portes, l'une ogivale et l'autre cintrée, n'appartiennent au même temps, c'est-à-dire à celui où l'architecture hésitait entre le style byzantin qui finissait et le gothique qui allait naître.

 

 

La nef se compose de quatre travées ; les piliers monocylindriques, les arcades se rapprochant de la forme de la lancette, les triples tores des archivoltes, les corbeilles des chapiteaux formées de larges feuilles et munies d'un cordon de billettes, les fenêtres remplacées par des oeils-de-boeuf, les pattes qui rattachent le fût des colonnes aux piédestaux, tout révèle d'une façon irrécusable le commencement du XIIIe siècle. Le carré central qui porte la tour est remarquable par l'élancement et la pureté de ses colonnes, groupées le long des massifs angulaires et couronnées de chapiteaux à feuillages.

 

 

 

 

Le choeur communique avec ses bas côtés au moyen d'arcades en ogives équilatérales, munies d'archivoltes à moulures elliptiques, reposant, à des niveaux divers, sur des faisceaux de colonnettes grêles et légères, tous dissemblables entre eux. Au-dessus de l'ouverture des arcades règne un triforium surmonté de fenêtres simulées, d'un dessin analogue à la grande baie orientale. Les galeries de ce triforium, composées de quatre feuilles supportant une arcature en ogives ajourées, sont doubles du côté du nord et simples du côté du sud. Le chevet, terminé par un mur droit, est percé d'une gracieuse fenêtre rayonnante, dans laquelle un vitrail neuf représente en dix panneaux la vie de la Vierge, depuis sa nativité jusqu'à son assomption. Toute cette partie de l'église, à l'exception de la verrière, est du XIVe siècle, et son style concorde parfaitement avec les données historiques.

 

 

Une charte de 1371 apprend en effet que la reconstruction du choeur de Notre-Dame de Lamballe fut due à la pieuse munificence de l'époux de Jeanne de Penthièvre, du bienheureux Charles de Blois, qui apporta processionnellement et pieds nus à cette église, en 1363 , un morceau d'une côte de saint Yves, canonisé en 1347. Le collatéral sud, dans toute la partie qui longe la nef, a été reconstruit au XV siècle. Ce fait est constaté par deux inscriptions qui se lisent sur la muraille, portant l'une la date de 1414, l'autre celle de 1415. En 1435, le duc Jean V érigea cette église en collégiale, en se réservant la nomination du doyen chargé de desservir cette fondation.

 

 

 

Les trois chapelles du collatéral sud sont séparées, au lieu de murs de refend, par un système de fenestrage disposé en meneaux rayonnants. La même disposition se remarque aux chapelles de la célèbre cathédrale de Coutances. Le choeur, les bas côtés et les chapelles ont des voûtes à nervures avec clefs .armoriées. L'une de ces clefs dans le collatéral sud porte les armes des la Goublaye (un fretté chargé d'une bande). La nef seule est lambrissée. Une grille ou chancel flamboyant, en bois, clôt l'entrée du choeur, et se relie à une tribune renfermant un buffet d'orgues. Le tout forme, avec les figurines sculptées sur les accoudoirs des stalles, un morceau de menuiserie digne d'être apprécié.

 

 

Le collatéral nord, dont la largeur est presque double de celui du midi, contient aussi trois chapelles et six enfeux à arcades, renfermant des pierres sépulcrales. Sur deux d'entre elles sont sculptées en plein relief les statues couchées d'un chevalier et de sa femme. Les armes pleines et mi-parties gravées sur ces tombes permettent de les attribuer à un sieur de Lescoët du nom de Bertho, et à une demoiselle Haydurand, sa compagne. La pierre d'un troisième enfeu porte en bordure l'inscription suivante : Sepulcrum magistri Johannis Baillif rectoris hujus ecclesiae et de Bréhant 1520. Une croix haussée, gravée sur la dalle, porte un écusson écartelé aux 1 et 4 d'un arbre, aux 2 et 3 de trois têtes d'oiseau. Sur des tombes plates sont plusieurs fois reproduits des écussons chargés de sept macles. Ces tombes appartenaient à une famille Boutelier, d'après cette inscription sur l'une d'elles : Icy est l'enffeu de Mathelin Boutelier et Jacquette Pasna sa compaigne. Dans le collatéral nord, une tombe plate porte un écusson chargé de 7 annelets, et une autre tombe porte les mêmes armes, écartelées d'un rencontre de boeuf; parti : à une croix engreslée cantonnée de quatre alérions. Ces dernières armes sont les seules que nous reconnaissions : elles appartenaient aux Hélory du Fougeray, en Plédéliac. Des travaux importants de restauration ont été exécutés à Notre-Dame de Lamballe, en 1857, sous la direction de M. Guépin, architecte, et l'on ne peut qu'applaudir au goût sévère et aux saines traditions de l'art qui y ont présidé. Cette restauration est rappelée par une inscription en lettres d'or, incrustée dans un encadrement trilobé, au-dessus de la porte du nord. Les ombrages de la promenade établie au nord-est de cette belle église forment un frais encadrement de verdure d'où l'on jouit de l'aspect d'un splendide paysage.

 

 

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Published by poudouvre
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