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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 19:43

Jean-Julien Saille, brigadier de la sénéchaussée de Bretagne résidait en la paroisse de Broons, quand il épousa ce 8 janvier 1733 en l'église de Sévignac, Louise-Françoise Derouillac, titrée demoiselle de Milia. La cérémonie fut célébrée par missire François Huquet en présence d'écuyer Jean de Launay, seigneur dudit lieu, de dame Marie Le Corgne, dame de Launay, de Maître Nicolas Henriquet et de Catherine Guérin. Lors des bannies publiées à Broons le 28 décembre 1732, le dit Jean-Julien Saille, dont on ne sait rien des origines, est qualifié de noble homme, et donné Commandant dans la brigade de Bretagne, sous-brigadier à Broon. Jean-Julien Saille, apparaît comme témoin lors de l'union de hh. Mathurin Pinsard et de Reine Baril, à Broons le 21 février 1743. Ledit Saillé y est titré sieur Durocher et ses prénoms y sont inversés, devenant ainsi Julien-Jean Saille. Une autre personnalité broonaise est également citée dans cet acte : Henri-François Tirel, sénéchal de Broons. Il faut précisé que Jean Baril père de l'épousée était Cavalier de maréchaussée. A cette époque, la maréchaussée de Broons, était aménagée en la partie inférieure de la rue de la Barrière, en un lieu connu depuis sous le nom de l'artillerie. C'est du reste à Broons que le couple Saille-Derouillac vécut les premières années après son union. Louise-Françoise Derouillac était issue d'une famille exerçant la charge notariale depuis la fin du XVe siècle. Il semblerait que cette famille de Rouillac ait auparavant appartenu à cette petite noblesse qui peuplait alors les campagnes bretonnes, avant d'en être déboutée. Elle parvint cependant à conserver un certain statut à travers pareilles charges notariales en maintes seigneuries. De leur union naquirent plusieurs enfants : Bonaventure-Hilarion-Angélique né à Broons le 28 septembre 1733 porté sur les fonts baptismaux par Messire Bonaventure-Hilarion de Saint Pern Ligouyer, Chevalier, seigneur dudit lieu Brondineuf (voir La famille de Saint Pern) & Dame Angélique Ferron, Dame de la Bretonnière, gouvernante de Dinan (voir histoire de Lanrelas, page n° 12); Henry-Pierre-Louis né à Broons le 27 septembre 1734 ; Eloi-Félix né à Broons le 21 novembre 1736 et Anne-Marie-Louise née à Broons le 1er avril 1739 -le parrain de celle-ci fut le sire Gabriel de Neuville, avocat au Parlement de Bretagne et Procureur fiscal de Broons (voir histoire de Broons, page n° 23). Manifestement, le couple entretenait de brillantes relations au sein de la bourgeoisie et de l'aristocratie bronnaise. Un des enfants de Jean-Julien Saille et Louise-Françoise Derouillac fut Julien Gabriel Bonaventure Saille. C'est probablement l'aîné de la fratrie baptisé sous les prénoms de Bonaventure-Hilarion-Angélique qu'il faut rechercher celui qui se fit appeler Julien-Gabriel-Bonaventure Saille. Le 22 juillet 1760 à Sévignac, celui ci alors mineur épousa demoiselle Renée Tronel, fille de deffunt honorable homme Julien Tronel et honorable femme Renée Guyomard.

 

 

Manifestement pareille alliance permettait au dit Saille de conserver un certain statut social, en effet, l'un des aïeux de la dite Renée Tronel, un dénommé Guillaume Tronel était attaché de juridiction, il était établi au hameau des Aulnais à Sévignac où sa famille a laissé son emprunte avec la présence de cette croix bordant l'ancien chemin qui conduisait du bourg de Sévignac à celui de Mégrit.

 

 

La Croix Trônel auprès du village des Aulnais à Sévignac

 

Une branche cadette de cette maison comptait aussi plusieurs procureurs fiscaux attachés à la juridiction du Plessix Gautron à Sévignac. Quant à la mère de la jeune épousée, Renée Guyomard, originaire de Plénée, elle même était issue d'une famille exerçant des charges dans des juridictions. Quand l'union des deux jeunes gens eut lieu, missire Julien Brisorgueil desservant de la paroisse de Sévignac, précisait au sujet du père du jeune marié : deffunt homme Julien-Jean Saille, sans autre précision. Sa veuve Louise-Françoise Derouillac trépassa au village de la Guénochais  le 28 février 1780. Selon certains actes Julien Saille est qualifié de chirurgien, un édit de 1707 reconnaissait deux ordres de médecins : les docteurs en médecine ou en chirurgie, et les officiers de santé. Nul ne pouvait être reçu docteur et autorisé à exercer, s'il n'avait suivi pendant quatre années les cours d'une école de médecine ; en revanche pour être reçu officier de santé, il fallait avoir été attaché, pendant six ans comme élève, à des docteurs, ou après avoir suivi pendant quatre années consécutives, la pratique des hôpitaux civils ou militaires. Ordinairement, c'est à la Faculté de Nantes ou à celle de Brest qu'était enseignée la médecine. Julien-Bonaventure Saille trépassa subitement le 27 février 1777 âgé de quarante un ans. C'est sans aucun doute lui qui fit construire au village de la Guénochais la maison ornée du linteau sur lequel on peut lire Saille 1775. Juien Saille fut inhumé trois jours plus tard sous le chapiteau de l'église de Sévignac en présence de Monsieur Goudelin, sieur de la Huchardais (voir Guillaume Goudelin, député à la Convention) et de Joseph Letort. Au sein de la troisième génération, issue de l'alliance entre Julien-Bonaventure Saille et Renée Trônel, nous nous intéresserons à deux des membres de la fratrie : Joseph et sa sœur Anne. Joseph-Jean vit le jour le 19 mai 1762 à la Guehenochay, et reçut pour parrain le sieur Joseph Letort, et pour marraine demoiselle Jeanne-Charlotte-Rose Le Mintier; Anne-Laurence Saille naquit au village des Aulnays à Sévignac le 18 août 1765 

 

 

 

La Guenochais à Sévignac

 

Joseph Saille contracta une première alliance en 1788 avec Catherine Berhault, fille de François et Françoise Legac, puis une seconde en 1797 avec Louise Hamonic, fille de Laurent et de Laurence Tronnel, puis s'orienta tout comme son défunt père vers une carrière liée à la santé : il exerçait la profession d'officier de santé, quoique sur l'acte de décès de son fils Hilarion une note précise que ledit père était chirurgien. Deux ans après la Révolution, quand fut mise en place à Sévignac la première municipalité, le citoyen Louis Petitbon, sieur de la Ville-Morvan fut élu maire de Sévignac par 115 voix contre une, ce 20 février 1791. C'est dans l'ancienne église de Sévignac où se réunissait le Général de Paroisse sous l'Ancien régime que s'assemblèrent ce que Sévignac comptait de notables pour la circonstance. Un procès-verbal rédigé à l'occasion de cette première élection municipale mentionne le sieur Joseph Saille et précise que celui-ci demanda la place d'une chaise devant l'Autel de la Vierge, au bout du banc placé dans cet endroit et et offrit par an la somme de 25 sous; puis signa. Sa sœur Anne Saille, épouse du Sieur Georges Mathurin Leclerc s'était réservé un banc placé sur les pierres tombales de Miliac, vis-à-vis des cloches dans la même église, en conséquence ledit sieur Leclerc, désirant avoir la même place, offrit de payer par an une somme de trois livres. C'est le 12 octobre 1784 que Anne Saille avait épousé le sieur Georges-Mathurin Leclerc alors Procureur fiscal de la juridiction de Beaumanoir-Limoëlan à Sévignac fils majeur de feu maître Georges-Mathurin Leclerc et de demoiselle Anne-Rose Lhottelier originaire de la ville de Lamballe. Georges-Mathurin Leclerc fut nommé successeur de Louis Petitbon, à la tête de la commune de Sévigac lors de la Restauration (des Bourbon) en 1815. Joseph Saille s'éteignit en 1802 et sa soeur Anne en 1829. Hilarion, fils de Joseph mourut le 2 mars 1827 à la Guénochais où il vivait avec sa mère. Ce fut probablement le dernier représentant de la famille Saille à Sévignac. En revanche, Chantal qui vit aujourd'hui à la Guénochais est,  la descendante directe de Georges-Mathurin Leclerc et de son épouse Anne Saille, quant à  la famille de Jean-Jacques son mari, elle disposait par héritage de la maison Saille de la Guénochais.

 

 

 

La demeure Saille à la Guénochais

 

 

Détail de l'ouverture

 

 

-Côte du Champs aux Boeufs, une croix se dresse à l'entrée d'un chemin dit de la Pierre-Blanche :

A l'horizontale sur la partie supérieure on lit

Saille

et  gravé à la verticale 

Tronel son epouse

puis au bas du fût

1775

 

La Croix Saille près de la Guénochais

 

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Published by poudouvre
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