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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 14:57

Tout comme la ville de Rennes, celle de Nantes ne connut son véritable essor qu'au cours de l'époque féodale. Ses habitants étaient sans nul doute Celtes et faisaient alors partie de l'Armorique. La soumission au joug romain (voir  A l'époque où Nantes s'appelait Condevincnum), puis le déclin de cet empire vit au cours du règne de Honorius Flavius (395-423) les Armoricains se rebeller. Les gouverneurs Romains furent chassé. Associés aux Francs, les peuples d'Armorique entendaient restaurer leur propre souveraineté. Le comte Constantius allait tenter de rétablir l'autorité de l'Empire et le respect des lois dictées par Rome. C'est dans ce climat qu'entrèrent en scène les Bretons d'Outre-Manche. Leur présence allait croître en ces contrées Nantaises peu peuplées dont les noms sont assez éloquents : Le Croisic, Piriac, Guenrouët, Guérande, Pornic, Le Pouliguen, Guémené Penfao, Batz sur Mer… En revanche l'antique cité de Nantes ne semble pas avoir reçu un grand nombre de « migrants Bretons». Certains auteurs expliquent que c'est sans nul doute pour cette raison que Nantes se retrouva près de trois siècles durant entre les mains des souverains Francs. Une autre raison a été aussi avancée, selon laquelle la menace saxonne dont Nantes fut théâtre, aurait incité ses habitants à se mettre sous la protection des troupes mérovingiennes. Les liens avec la Bretagne existaient cependant, comme on l'observe à travers des personnages comme Macliau, Conomor, Guerech et quelques autres mentionnés régulièrement dans l'histoire du Pays Nantais. Quand à la mort de Clotaire advint l'an 561, la cité de Nantes et les terres environnantes furent rattachées au royaume de Soissons, et Chilpéric, le plus jeune frère du roi défunt devint souverain de cette principauté et comte de Nantes. Dès lors, des incursions bretonnes se produisirent. Sous la conduite d'un dénommé Guerech, ses troupes ravagèrent la frontière du « Païs de Nantes » allant jusqu'à arracher les vignes afin de les replanter chez eux. C'est l'évêque de Nantes, Félix, qui dit-on mit fin à pareilles exactions. Nous voyons d'ailleurs des personnages éminents se succéder tant sur le siège comtal que sur le siège épiscopal. Période au cours de laquelle les évêques étaient aussi chefs de troupes. Mais des divisions survinrent aussi au sein de la dynastie Mérovingienne, et c'est ainsi que Théodoric connu sous le nom de Thierry fit la guerre à son oncle Clotaire. Allié à son frère Théodebert, ledit Théodoric parvinrent à vaincre en 597 leur oncle, et, Théodoric obtint par le traité de paix qui suivit « tout le territoire enfermé entre la Seine, la Loire et l'Océan, jusqu'à la frontière des Bretons ». Devenu maître de Nantes, Théodoric y nomma un gouverneur, le premier comte dont le nom soit reconnu par tous les historiens : Theudoad. Ainsi la Légende s'efface-t-elle peu à peu devant les authentiques actes. Theudoad, personnage dont le nom est associé à celui de l'évêque de Nantes Sofronius, lesquels furent accusés de maltraitance sur l'évangéliste Irlandais, saint Colomban. Le deuxième nom qui apparaît comme Comte de Nantes, mais aussi de Rennes était Agathens, sans doute celui qui apparaît comme désigné Agathe'e dans la liste des Comtes de Nantes. Son nom est cité de l'an 680 et au début du VIIIe siècle. Lui aussi exerçait la double charge : il était Comte et Evêque de Nantes. C'était un homme avare, ambitieux et cruel. Après la mort des primats des deux cités, il avait empêché qu'elles eussent des évêques, ce qui lui permit de se saisir des revenus de ces cités. Les exactions Bretonnes se poursuivirent en terroir Franc, et Pépin Le Bref étant parvenu à se rendre maître de Vannes en 753, décida de protéger sa fragile conquête en mettant en place une vague ceinture frontalière qui incluait une partie du terroir Nantais, du terroir Vannetais et du terroir Rennais : la Marche de Bretagne. On donne le fameux Roland, « neveu » de Charlemagne, comte de cette Marche de Bretagne, avant qu'il ne soit tué à Roncevaux. Précisément, en cette contrée Vannetaise des troubles se produisirent à la mort de Charlemagne. Nous avons eu l'occasion d'évoquer ce chefs rebelles Morvan & Guyomarc'h. (voir Nominoë, page n° 1) Précisément, Louis Le Pieux, fils et héritier de Charlemagne, donna la charge de Comte de Nantes à l'un de ceux qui avaient tué Guyomarc'h : un certain Lambert. Lambert Comte de Nantes l'an 830. Lambert Ier allait aussi cumuler la charge de Comte de la Marche de Bretagne avec celle de Nantes. C'est dire la confiance que lui accordait le puissant empereur d'Aix la Chapelle. Pourtant, la division entre l'Empereur Carolingien et son fidèle combattant allait se produire quand ce dernier apporta son soutient à Lothaire qu'il souhaitait comme unique Empereur héritier de Louis Le Pieux. Une amnistie fut offerte par Louis Le Pieux audit Lambert Ier, mais celui-ci refusa la main tendue et se vit confisquer sa charge au profit de Richowin, titré comte de Nantes en 832. C'est sans nul doute ce dernier qui apparaît dans la liste des comtes Nantais sous le nom de Rainaud. C'est lors de la bataille de Fontenay au cours de laquelle il affronta son adversaire Lambert Ier que Richowin fut tué en 841. Renaud alias Rainault succéda au défunt à la tête du Comté de Nantes mais n'y resta que deux ans, puisqu'il périt en 843. Nominoë qui commençait un règne prestigieux sur la Bretagne, profita des mésententes entre les fils de Louis Le Pieux. Il s'attacha les services de son ancien adversaire Lambert II, fils de Lambert premier du nom, auquel il accorda son aide. En effet, Nominoë en véritable adversaire de Charles le Chauve, dépêcha ses troupes commandées par son fils Erispoë, mais celles ci furent dans un premier temps refoulées par Rainault, avant que Lambert II ne prit sa revanche et le tua. Pourtant quand il se présenta à Nantes pour recueillir sa charge, il fut chassé honteusement et se vengea en suggérant aux Normands de Neustrie septentrionale de ravager la cité rebelle, ce qu'ils firent.

 

 

Après le ravage auquel il s'adonnèrent, les Normands regagnèrent les terres sur lesquelles ils campaient, là bas aux abords de l'estuaire de la Seine en Neustrie septentrionale, et dès lors Lambert II pût ainsi prendre la cité qui s'était refusée à lui. Mais enflé par ce succès, Lambert II voulu se loger dans le château de la ville, ce à quoi les habitants et leur évêque s'opposèrent. Nominoë, un temps réconcilié avec Charles Le Chauve, délogea Lambert II cette année 849. Alors le rebelle eut recours à ériger sur la rivière Oudon son château établissant ainsi sa domination sur cette partie voisine de l'Anjou. Son successeur à la tête du Comté de Nantes, dénommé Amauri, homme de confiance de Charles Le Chauve, ne devait rester lui même qu'un an sur son siège, car Nominoë parvint à s'emparer de Nantes et l'en, délogea. Après quoi, il céda à son fils Erispoë ce poste clé, le Comté de Nantes.

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Published by poudouvre
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