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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 13:11

Les vicomtes de Méjusseaume, comme seigneurs hauts justiciers de l'Hermitage, avaient droit de soule, boule en bois que le dernier marié de l'année était obligé de fournir. Le jour de la fête de la Purification, le seigneur lançait en l'air la soule, dont les vassaux de l'Hermitage et du Rheu, divisés en deux camps, se disputaient la possession, chacun s'efforçant de l'amener sur "le territoire de sa paroisse. Ce jeu, très-ancien, offrait toute la brutalité des temps barbares, et son origine a exercé la perspicacité de plus d'un antiquaire. Ils ont prétendu que le jeu de la soule est un reste du culte solaire. « Cette boule ou ballon, disent-ils, par sa figure sphérique, représentait le soleil. On la jetait en l'air, comme pour la faire toucher à cet astre, et, quand elle tombait, on se la disputait comme un objet sacré. » Ajoutons que d'autres, dépouillant la soule de ce caractère religieux, n'y ont vu qu'un simple exercice, tel que la paume, et nous nous rangeons à cette dernière interprétation.

 

 

 

 

Entre autres devoirs dus à la seigneurie de Bécherel, était l'obligation, imposée aux vassaux qui avaient vendu du poisson pendant le carême, de sauter le lundi de Pâques dans l'étang de Bécherel, « et demander congé audit seigneur en sautant et en sortant, sauf amende. -Le même jour, le seigneur a droit de brûler tous les lins et chanvres qui seroient trouvez dans la ville encore à broyer et à tailler; et est ce faict, à ce que les femmes ne soient paresseuses de approufilter lesdictz lins et chanvres, qui sont fort bons au pays et seroit dommage de laisser perdre. »

 

 

 

 

 

A côté des prérogatives de la communauté de ville de Montfort, qui députait aux États généraux de la province depuis 1614, régnaient celles antérieures et supérieures du seigneur haut-justicier, dont les fourches patibulaires, élevées à six poteaux avec ceps et colliers, annonçaient de loin la puissance. M. de la Borderie nous apprend que les propriétaires du lieu de la Poulanière, en Coulon, étaient tenus de fournir à la seigneurie de Monfort c ès jours qu'exécution est faite d'aucun cas criminel en la ville, deux harts (liens) de chêne, l'une torse à droite, et l'autre à revers. » Ce droit fut plus tard changé, en raison de l'adoucissement des moeurs, en un chapeau de fleurs de cherfeil (chèvre-feuille) sauvage qui devait être présenté aux officiers de Montfort, à l'issue des premières vêpres de la fête de saint Jean-Baptiste, à la passée (entrée) du cimetière, à peine de saisie du fief. Le chapeau était ensuite porté sur la Motte-aux-Mariés, près de la contrescarpe du Pas-d'Aune, où toutes les mariées devaient se trouver réunies, sous peine de 60 sols d'amende, pour danser et chanter chacune leur chanson, ayant à tour de rôle le chapeau de chèvre-feuille sur la tête. Le seigneur était obligé de fournir cent fagots ou bourrées pour faire un feu de joie, pendant que la danse s'exécutait. A la fin de cette cérémonie, les mariées étaient toutes tenues d'embrasser le seigneur ou son procureur fiscal, et le chapeau de chèvre-feuille était laissé à la dernière mariée. Les châtelain, prévôt et sergent de Montfort étaient exempts de tous fouages et subsides à cause de leurs offices. Un autre officier, exempt de fouages, était le grenetier du grenier à sel de Montfort, établi dans la rue de la Saulnerie. Il en était de même des habitants des bois et forêt de Coulon, vulgairement appelés princiers, c'est-à-dire gens du prince.

 

 

 

 

 

La châtellenie de Moncontour appartenait en 1524, à Jean de Brosse, gouverneur de Bretagne, époux d'Anne de Pisseleu, maîtresse de François Ier. Cette dame n'était pas la seule qui fût galante dans la ville de Moncontour, si l'on en juge par un aveu rendu le 7 octobre 1538, qui consacre des droits, au moins singuliers, au profit de Catherine de Rohan, demoiselle de la Ribaudière. « Plus a droict la dite Damoiselle et lui appartient : avoir et lever de chacune fille de joie nouvellement venue au dit lieu de Moncontour et aux dites appartenances, cinq sols et ung pôt de vin et ung chapeau de violettes, fors les filles de mattresses qui ne doibvent que my-debvoir, et mesme qu'elle a droict et luy appartient : de oster par chascun an une fille des offices de la cour ecclésiastique de l'official de l'archidiacre de Pentheffre, exercée en la chapelle de Saint-Jehan et hôtel Dieu du dit Moncontour, lui bailler son permittimus , sans que les officiers de l'archidiacre puissent plus accuser ne reprendre, pour le cas dont elle étoit lors accusée. »

 

 

 

 

 

La sergenterie féodée de Quintin était attachée à la terre de Forges, située paroisse de Saint-Thuriau. Le possesseur de cette terre avait l'obligation de faire la cueillette de la moitié des amendes adjugées par la cour de Quintin, et prenait pour sa peine le huitième de ces amendes. A lui incombait aussi la charge de fournir le bourreau pour les exécutions criminelles, et de payer la moitié de son salaire. Le sergent de Quintin avait des devoirs d'une autre sorte. La veille de la mi-août, à la fin des vêpres, il devait se présenter à l'entrée du choeur de l'église Notre-Dame, avec un cierge allumé, au-devant du comte de Quintin; l'escorter ainsi jusqu'au château; allumer dans la chambre du comte «une grande poignée de chandelles de cire, en bailler aux varletz de chambre une autre poignée de demy-pied de long; tenir deux cierges allumez en ses mains pendant que le comte boit, et le comte ayant bu , peut le dit sieur des Forges boire, si bon lui semble. »

 

 

 

 

 

 

A Saint-Pol de Léon, Le vicomte de Léon jouissait d'un autre droit, dit de motte, c'est-à-dire que ses vassaux, appelés serfs de motte, ne pouvaient aller demeurer ou choisir une habitation ailleurs que sur les terres du vicomte, et s'ils le faisaient, le seigneur ou ses officiers pouvaient les saisir, les ramener la corde au cou  à leur motte, et leur infliger une peine corporelle ou pécuniaire. Si ces serfs avaient des enfants auxquels ils voulussent donner de l'instruction, ces jeunes clercs ne pouvaient obtenir la tonsure ni aucun ordre ecclésiastique sans lettres du vicomte. Si quelques-uns délinquaient ou manquaient à leurs obligations envers leur seigneur, leurs enfants perdaient les biens présents et futurs auxquels ils pouvaient prétendre en la vicomté, et, de plus, ils en étaient bannis.

 

 

 

 

Cinq des illustrations sont dûes à Yves Ducourtioux

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Published by poudouvre
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