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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 13:55

En 465, un concile provincial se réunit à Vannes, pour le sacre de saint Patern ; l'assemblée se tint dans l'église de Vannes, in ecclesia Venetica. Voilà la première mention de la cathédrale. Etait-elle construite en pierre, était-elle en bois, comme beaucoup d'églises de cette époque. On l'ignore absolument. En 919, les Normands envahirent le pays, mettant tout à feu et à sang; ils brûleront Vannes et son église, et empêcheront longtemps toute restauration. Après l'expulsion des pirates, et après les terreurs de l'an 1000, on voulut rebâtir la cathédrale. C'est l'évêque Judicaël qui entreprit, vers 1020, cet immense travail : il était le frère du duc Geoffroy Ier, et à même plus qu'aucun autre de mener l'entreprise à bonne fin. Le sanctuaire de cette église, retouché plus tard, a subsisté jusqu'en 1770; il avait quarante pieds de longueur, et était entouré de piliers romans, réunis par des arcades. Tout autour régnait un déambulatoire, qui desservait trois chapelles rayonnantes, semblables à celles de Saint-Gildas de Rhuys. La chapelle du fond était dédiée à Notre-Dame de Pitié, celle du nord à saint André, et celle du sud à sainte Anne. L'autel majeur était vers le fond du sanctuaire, à l'endroit où se trouvent aujourd'hui les stalles de l'évêque et des chanoines. Les transepts, ou les bras de la croix, occupaient la même place que ceux d'aujourd'hui. Quatre gros piliers formaient l'inter-transept, et soutenaient un clocher, qui s'élevait majestueusement au-dessus du toit de l'église. Dans ce carré de l'inter-transept et vers l'autel se trouvait le choeur proprement dit. Deux rangées de stalles hautes et basses en bordaient les côtés. Là se plaçaient, pour chanter l'office divin, l'évoque, l'archidiacre, le trésorier, le scolastique, les quatorze chanoines, les deux archiprêtres, les choristes ou simples chantres, les musiciens et les enfants de la psallette. De là tout le clergé voyait le célébrant à l'autel et pouvait suivre tous ses mouvements. La nef s'étendait jusque vers le portail actuel et était divisée en trois parties par deux rangées de colonnes, faisant suite aux piliers du choeur. Cette nef, un peu moins large que celle d'aujourd'hui, était garnie d'autels sur les côtés, et précédée d'un porche ou narthex, qui rappelait l'ancien parvis où atrium. Cette église romane du XIe siècle subsista longtemps dans son intégrité.

 

 

Elle vit s'élever, au commencement du XIIIe siècle, au nord de son portail, une tour carrée, qui existe encore, et au sud, une tourelle massive, remplacée de nos jours par une élégante construction. Elle vit ensuite, au commencement du XIVe siècle (1331), bâtir la chapelle de Saint-Jean-Baptiste, en face de la rue actuelle, du Nord, chapelle qui n'a été démolie qu'on 1856. 

 

 

Cependant, au bout de quatre siècles, l'église- menaçait ruine dans quelques-unes de ses parties, et une reconstruction graduelle était nécessaire. En 1454, l'évêque Yves de Pontsal, de concert avec le chapitre, grâce aux bulles des souverains pontifes et aux aumônes des fidèles, entreprit la réédification de la nef, telle qu'on la voit aujourd'hui. C'est un large vaisseau, ayant de chaque côté cinq chapelles, séparées par des murs épais. La consécration s'en fit au mois d'octobre 1476. Après la nef et la façade, vint le tour des transepts, Le croisillon du sud fut commencé en 1504, le carré de l'inter transept en 1516, et le croisillon du nord vers 1520. Le style de cette seconde partie est ogival, comme celui de la nef ; mais la Renaissance se fait déjà sentir dans quatre petites arcades en plein cintre, et surtout dans deux espèces de contreforts ajoutés aux deux gros piliers du ohoeur du côté de la nef.

 

 

La Renaissance règne seule dans la chapelle circulaire du Saint-Sacrement, construite en 1537, aux frais de l'archidiacre Jean Daniélo, et dans la colonnade du cloître, commencée vers 1530. Il ne restait plus à faire que le sanctuaire. Dès 1536, on avait jeté les fondements de la chapelle absidale et des autres chapelles rayonnantes, mais bientôt les ressources firent défaut et les travaux furent suspendus. Ce n'est que deux siècles plus tard que l'oeuvre fut reprise. Mr de Bertin et le chapitre, après avoir fait faire la voûte de l'église, firent démolir en 1770 le vieux sanctuaire roman, qui menaçait ruine. Puis, au lieu d'utiliser les fondements jetés au XVIe siècle, ils réduisirent leur projet, par économie, à la construction d'un choeur de style grec, dans les dimensions restreintes de l'ancien édifice. A cette faute capitale on ajouta le tort de transporter les stalles du clergé au fond de l'église et de placer l'autel au milieu des transepts, en sorte que les chanoines ne voient plus le célébrant, et que, pour protéger celui-ci contre les courants d'air, on a dû fermer deux portes monumentales, celle des Ducs au sud et celle des Chanoines au nord. Depuis quelques années, l'église cathédrale de St-Pierre a reçu diverses améliorations.

 

 

Outre la façade de l'ouest reconstruite en entier, les fenêtres de l'édifice ont été garnies de meneaux et de vitraux peints. Les connaisseurs admirent le maître-autel en marbre, sculpté par Dominique Fossati de Marseille ; les statues de saint pierre et de saint Paul, et le tombeau de Mr de Berlin, dus à Christophe Fossati ; le tableau de la résurrection de Lazare par Destouches, et celui de la mort de saint Vincent Ferrier par Gosse... On peut visiter aussi avec intérêt le tombeau moderne de saint Vincent, et dans la chapelle de son nom sa statue en terre cuite, la statue de saint Guénael, le tombeau de Mgr Sébastien de Rosmadec, mort en 1646, et celui de Mgr François d'Argouges, mort on 1716. Le trésor, peu considérable, renferme quelques vases sacrés, diverses reliques, et un curieux coffret du XIIe siècle, orné de peintures. Ci dessous d'après les éditions Le Flohic.

 

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Published by poudouvre
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