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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 20:02

 

Les faïences de Quimper ne sont guère connues que depuis l'exposition rétrospective qui a été faite dans cette ville en 1876 ; jusqu'ici elles avaiet été considérées comme étant de fabriquation rouennaise, et aujourd'hui encore il est difficile de leur faire restituer leur véritable origine. Fondée vers 1690, ce n'est qu'à partir de 1743, sous la direction intelligente de Pierre Caussy, fils d'un maître faïencier de Rouen, dnt la fabrique avait une certaine importance, que la manufacture de Quimper située dans le faubourg de Loc-Maria prit une assez grande importance. Caussy modifia les procédés de fabriquation et de décoration, fit construire de nouveaux fours et sut si bien conduire ses affaires que lorsqu'en 1761, la mort de son père le laissa aussi propriétaire de la fabrique de Rouen, il n'hésita pas à abandonner à sa sœur tous ses droits sur cette seconde manufacture pour se consacrer exclusivement à celle de Quimper. Celle ci était en pleine prospérité, et, d'après les documents que nous avons consultés, elle occupait habituellement de soixante à quatre-vingt ouvriers. C'est la décoration polychrome, si fort à la mode au milieu du XVIIIe siècle, qui domine dans les faïences de Quimper. Le jeune céramiste normand apportait avec lui les décors à la corne, les carquois, les chinois, les fleurs en terrasse, les bordures quadrillées, etc..

 

 

.Ils les copia d'abord servilement, puis bientôt plus librement, jusqu'à ce qu'enfin il créât à côté un genre de décoration tout à fait original et qui dénote de sa part une entente rare de l'ornementation céramique. Le décor à la corne, toujours un peu banal à Rouen, s'y transforme et subit de nombreuses modifications et des additions du plus heureux effet, et le genre rocaille surtout s'y montre, dans ses ingénieuses combinaisons, les ressources d'un esprit inventif. On reconnaît facilement les faïences de Quimper à leur pâte plus lourde que celle de Rouen, à leur émail un peu bis et à leur dessin tracé au violet de manganèse. Quelques pièces sont parquées d'un C (Caussy). Caussy avait laissé un nombre considérable de calques et de dessins qui lui avaient servis pour l'exploitation de sa manufacture, et surtout un livre de quatre cents pages in folio qui contient en détail l'indication de tous les procédés de fabriquations des pâtes, des couleurs et des émaux. Dans ces dernières années, un directeur intelligent, M. Fougeray, s'est servi de ces documents pour faire revivre l'ancienne fabrication, et il est arrivé avec une perfection assez grande pour que beaucoup de ces produits, écaillés et vieillis par des marchands peu consciencieux, aient pu passer dans le commerce de la curiosité, comme datant du siècle dernier. Hâtons nous d'ajouter cependant que M. Fougeray est étranger à ce trafic, et qu'avec une loyauté commerciale qui l'honore, il marque ses faïences HB Lettres initiales de la raison sociale de la farique de la Hunaudière et Cie. Depuis 1809, la famille de la Hubaudière possède cette manufacture renommée pour ses poteries vernissées d'un gré assez fins, marqués d'un II dans un triangle et surmonté d'une fleur de lis...Ainsi s'exprimait en 1882 Messieurs Édouard Garnier et Paul Gasnault dans leur histoire de la céramique.

 

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Published by poudouvre
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