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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 13:19

 

D’argent à l'Aigle esployée de sable, couronné, langué,& armé d'or, au baston de gueules mis en forme de bande brochant sur le tout. Ayant donc monstré le lieu & situation de ce chasteau, dont les seigneurs du Guesclin ont porté le surnom, & prouvé leur origine & antiquité; reste maintenant déduire leur suite & genealogie, d’autant que nous en avons peu trouver en divers lieux.

 

 

 

Salomon fils de Haymon Vicomte de Dinan, frère d'autre Haymon aussi Vicomte de Dinan, de Guingueneus Archevesque de Dol, de Josselin de Dinan, & de Ruellan de Dinan, dit Chevre-Chenu sieigneur de Combour, fut le premier seigneur de Guarplic & des fiefs, jurisdictions, & seigneuries que luy donna son frère l’Archevesque en la Parroisse de sainct Colomb, pour les tenir à foy & hommage de luy & de ses successeurs Archevesques de Dol, & leur en servir de deux Chevaliers du nombre des dix, qu’ils devoient au Duc,comme dit est(voir La seigneurie de Dol)

 

 

Bertrand du Guarplic luy succeda par representation de personne,& fut dit et appellé l'ancien, & premier du nom,& eut un ſils pour heritier nommé Bertrand second de ce nom, dit le jeune,à la difference de son pere, & est celuy qui est mentionné en ladite enqueste datée de l’an 1181, il laissa un fils pour successeur appellé

 

 

Pierre du Guarplic premier du nom, qui vivoit és ans 1209. 1225 1226 1227. 28. 44. 45. & 46. après le date de ladite enqueste, ainsi qu'il se voit par les actes & accords cy dessus alleguez. Il eut un fils nommé

 

 

Bertrand du Guerplic 3 du nom, qui l’an 1247 recogneut devoir deux Chevaliers à Estienne Evesque de Dol, & l’an 1259. fist accord avec les Chanoines de Dol touchant les dismes de Hindré, comme il est porté és deux actes touchez cy devant, datez des années susdites. C'est luy qui abandonna l'ancien Chasteau du Guarplic ainsi diversement nommé, & non loing d'iceluy, & en la mesme Parroisse de Sainct Colomb,en fist bastir un autre, qui de luy fut nômé le Plessix Bertrand pu comme autres disent, le Plaissix-Bertrand. ll laissa deux fils, l'aisné

 

 

Pierre du Guerclin le puisné appellé Robert, qui espousa l’heritière de Broon, comme nous dirons cy-après

 

 

 (voir histoire de Broons, page n° 2 & histoire de Broons, page n° 3)  

 

 

Pierre du Guerclin second du nom, fils aisné de Bertrand 3. est mentionné en un acte daté de l’an 1337. que j'allegueray cy apres,& eut un fils aussi appelle

 

 

Pierre, qui fut 3 du nom, & est titré du nom de Monsieur Pierre du Guerclin Chevalier seigneur du Plessix-Bertrand, és actes que j'ay veus de luy. Ce qui justifie ce que j'ay dit cy devant, sçavoir que ledit Chasteau du Plessix-Bertrand fut basty par son ayeul Bertrand du Guarplic 3. du nom. Cestui-cy se rencontra au temps des guerres civiles, qui furent en Bretagne pour le Duché entre Jean de Bretagne Comte de Monfort l’Amaury, & Jean son fils (qui depuis fut dit le vaillant & le conquerant ) d'une part, & Charles de Blois & Jeanne de Bretagne sa femme d'autre part ; & suivit le party dudit Charles, se trouva à la bataille d'Auray l'an mil trois cents soixante & quatre, & y fut pris par Messire Guillaume de Latimer Capitaine Anglois partisan du Comte de Montfort, auquel il paya pour sa rançon quinze cents escus d'or du coing de France, que Messire Jean de Beaumanoir (qui avoit espousé sa ſille Tiephaine) fournit pour luy au dit Guillaume de Larimer. Et pour la rente desdits quinze cents escus, ledit Pierre du Guèrclin fist assiette de cent francs de rente au dit Jean de Beaumanoir, pour luy & pour les siens heritiers & causeans, à commencer en & sur ce que ledit Pierre avoit en Cancale, & parachevet de prochain en prochain en ses heritages, hors le Chastel du Plessix-Bertrand, le parc & le dommaine. En outre luy bailla la pescherie, devoit, & destroit des harens, & les autres pescheries du clos de Poulet, & le Galoay de la mer, & les tentes des faucons, sans luy estre contez en l'assiette desdits cent livres de rente, à condition que ledit Pierre joüiroit des fruicts desdites pescheries, galoais, & tétes, le cours de sa vie tant seulement & apres son decés retourneroient audit de Beaumanoir avec lesdits cents livres de rente. Et au cas que ledit Iean de Beaumanoir & sa femme Tiephaine auroient hoirs ensemble de leurs corps, les choses dessus dites, & chacune demeureroient audit Jean & à qes hoirs qeigneurs de Beaumanoir, pour ladite somme de quinze cents escus d’or, que ledit Jean, avoit payé audit de Latimer en l'acquit dudit Pierre. La Chronique de Bretagne ne faict point de mention dudit Pierre du Guerclin, ny de sa fille Tiephaine, ne de son mariage avec le dit Jean de Beaumanoir. Mais je l’ay aprins d’un acte que j’ay bien voulu inserer en cet endroit tout au long, pour mieux justifier mon dire, sans y changer ny mot ny syllabe. Il est tel.

 

 

Sachent tous que par nostre Court de Rene ; en droit Personnellement establis nobles homs les noms Monssour Jahen sire de Beaumanoir d’une Partie, & Monssour Pierres dou Guerclin ſizgour dou Plcſtis-»Bxrtran d'autre Paruseignour dou Plessis-Bertran d'autre partie, qu’en eurent avoir faict s'y.firent ensemble contract, & convenant en la maniere qui s'ensieust. A sçavoir est que ledit Monssour Pierre est tenu baidre & assaës audit Monſſour Jahen par assieute & costume cent livres de rente à commancier en ce que ledit Monssour Pierre a en Cancale, & parachever de prechen en prechen en ses heritage, hors le Chastel du Plessix Bertran, le Parc & le demaine. Et outre ce ara ledit Moussour Jahen la Pescherie devoir, & destreit des harens, & les autres pescheries de Poulet, dudit Monssour Pierre & le Galoay de la mer & la tante des faucons, sans luy estre contez en l'assiete desdites cent livres de rente, einsi que ledit Monssour Pierre jouira desfruicts desdltes pescheries, Galoay, & tante, le cours de sa vie seulement  Et en est la saisine & la proprieté baillée audit Monssour Jahen dés le temps de present. Et pourra entrer ledit Monssour Jahen en fay hommage desdites choses quand luy plaira, pour tout ledit Monssour Pierre, & ly faire mettre ledit Monssour Pierre. Et empres le decés doudit Monssour Pierre, retourneroit audit Moussour Jahan lesdites pescherie, Galoay & tentes ensemble lewdites cent livres de rente. Desquelles cent livres de rente joüira ledit Monssour Jahen des le temps de present: Et ou cas que ledit Monssour Jahen & Dame Tefaine dou Guerclin sa femme n'areint heirs ensemble de lours corps, les choses dessurdites, & chescune demourr ont audit audit Monssour Jahen, & à ses heirs seigneurs de Beaumanoir, sans debas que ledit Monssour Pierre ne ladite Dame Tefaine ne leurs heirs y puissent mettre. A sçauoir est pour la somme de mil cinq cents escus d'or bons & suffisans du coing du roy Jahen Iedit Monssour Jahen en a payé a Monssour Guillaume sire de Latimer en l'acquit dudit Monssour Pierre, comme ledit Monssour Pierres conneut par nostredite court. Et en pourra avoir ledit Monssour Jahen bons lettres & appropriements quant ly plaira, par la Court, ou les Cours de qui les chouses sont tenues, pour tout ledit Monssour Pierres qui les ly graiera. Et est tenu ledit Monssour Pierres donner auchtorité & assentement à ladite Dame Tefaine de se assentir a ce. Et parmy ce, ledit Monssour Pierre ne pourra minuer le Chastel dou Plessix-Bertran, ne ses autres heritages du terroüer de Polet, sans l'assentement doudit Monssour Jahen, & de sadicte femme, ne vendre le grand bouais du Plessix-Bertrand sans l'assentement dudit Monssour Jahen & de sadicte femme. Et d’andrait les arrerages des dous cents livres de rente, & cinq cents escus d'or, que demandait le dit Monssour Pierre, à cause qu'il disoit que ly estoent deuz a cause de la Promesse de son mariage, en sont chargez Monssour Charles de Dinan, & Monssour Bertran de Sainct Pere à en ordrener affaire ce que leur plera en tout ou partie ou rien. Et au cas de discort, Monssour Guy de Rochefort tiers delisour. Et pourra ledit Monssour Pierre prendre & avoir son usement oudit bouais tant pour reparation de son Chastel, maisons, moulins que pour son chauffage. Et à ces choses tenir. Ce fut fait & donné le Vendredi avant la feste Sainct Michel de Mont-gargan, l'an 1366 par Jahen de Launey passé. 

 

 

 

Et est ledict acte escrit sur Velin & icelle du seau de la Court de Renes a du seau de Monsieur Charles de Dinan pour ledit Monsieur Jean de Beaumanoir à sa requeste (il estoit son beau frere côme nous voirons cy apres) & du seau dudit Monsieur Pierre pour luy. Voilà l'acte, par lequel on voit premierement que messire Pierre du Guerclin Chevalier estoit seigneur du Plessix-Bertrand, l'an mil trois cents soixante & six, au mesme temps que vivoit messire Bertrand du Guesclin, seigneur de Broon & de Sens,qui lors estoit absent, & occupé és guerres civiles d'Espagne entre Dom Piedro cruel & Henry son frere, le party duquel il tenoit & supportoit, & qui deux ans apres fut creé Connestable de France, Sçavoir l'an mil trois cents soixante huict. Il n'estoit donc pas seigneur du Plessix-Bertrand, & par consequen ne l’avoir pas fait bastir, ains ledit messire Pierre du Guesclin en estoit seigneur. On voit en second lieu, que Jean sire de Beaumanoir avoit pour femme espouse & legitime une nommée Tefaine du Guerclin. Ceste Tefaine estoit fille & heritiere presumptive & attendante dudit Pierre du Guerclin seigneur du Plessis-Bertrand. Et encore que l’acte ne le porte pas expressementi si est-ce que la conjecture, y est si vehemente, & l'apparence si grande, qu'on n'en doit aucunement douter.Car il est dit & accordé, que ledit Pierre fait assiette de cent livres de rente audit Jean de Beaumanoir mary de Tefaine du Guerclin sur ses biens fors & reſervé le Chasteau du Plessix-Bertran, le parc, & le dommaine, & l'en met en possession  & joüissance dés la date dudit acte. Outre ce, il luy baille les pescheries de Poulet, le Galloay de la mer, & la tante des faucons, s’en reservant la joüissance à sa vie, & apres sa mort elles devoient retourner audit Jean. Et au cas que ledit Jean & Tefaine du Guerclin sa femme n‘auroient hoirs ensemble de leurs corps, les choses susdites devoient demeurer audit Jean & à ses hoirs seigneurs de Beaumanoir sans que ledit Pierre & ladite Tefaine & leurs hoirs y peussent mettre empeschement. Cela monstre bien queTefaine du Guerclin femme de Jean de Beaumanoir estoit heritiere de Pierre du-Guerclin seigneur du Plessix-Bertrand, & par consequent sa fille. Ce qui se prouve encore par une autre clause dudit Acte, qui porte que ledit Pierre est tenu d'auctoriser ladite Tefaine pour consentir les choses susdites, & par un autre, qui dit qu’il ne pourra diminuer le chasteau du Plessix-Bertrand, ne ses autres heritages du terroüer de Poulet, ne vendre le grand bois du Plessix-Bertrand, sans le consentement desdits de Beaumanoir & sa femme. Ledict acte donne encore à cognoistre, que ledit Pierre du Guerclin avoit contracté en second mariage avec une femme, & que on luy avoit promis deux cents livres de rente, & cinq cents escus d'or, &  est à presumer que cette seconde femme estoit soeur dudit Jean sire de Beaumanoir, la genealogie duquel a esté escrite cy dessus.

 

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Published by poudouvre
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