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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 22:41

Du-Guesclin mourut le 13 juillet 1389, on procéda alors sur sa personne à ce curieux rituel dit Mos Teutonicus. Cette coutume puisait semble-t-il ses origines au cours des Croisades, quand les Chevaliers germaniques mourraient loin de chez eux. Pour des raisons hygiéniques, on procédait à l'éviscération du cadavre, en rélevant les entrailles et le coeur, ensuite dans une cuve d'eau bouillante parfumée de divers arômes composés de vin et d'épices, était placé le corps du défunt. C'est ainsi qu'il fut procédé sur la dépouille de du Guesclin. La chaleur accéléra sa décomposition, et au Puys en Velay, il fallut embaumer le corps détérioré. C'est le Maréchal de Sancerre qui fit procéder à l'embaumement du Connétable puis le fit conduire dans l'église des Cordeliers du Puys en Auvergne, où ses entrailles et ses viscères furent enterrées, & son corps y demeura quelques jours en dépôt (voir Le tombeau des entrailles de Du Guesclin à l'église de Saint-Laurent du Puys par Paul Deschamps). Mais, le 18 juillet, alors que le cortège conduisait la dépouille du grand guerrier vers sa Bretagne natale, il fallut se livrer au rituel du Mos Teutonicus, et c'est au couvent des Cordeliers de Montferrant qu'il fut ainsi placé dans la cuve d'eau bouillante : le corps de Monseigneur Bertrand fut bouilli en l'eau, et fut ôtée toute la chair et les os, et fut coulé dans le corps de la glaise  et fimes bien notre devoir envers le dit corps... Mais le roi de France ordonna que le squelette de son bien aimé serviteur reposa en la nécrople royale de Saint-Denis, laissant au Couvent des Jacobins de Dinan, le coeur de du-Guesclin (depuis transféré en la Basilique Saint Sauveur). Charles VI ordonna qu’on fît devant lui et sa cour les obsèques de Du Guesclin avec toute la pompe royale. L’église fut donc préparée pendant qu’on se divertissait. Une chapelle ardente fut élevée au milieu du choeur. Le deuil fut conduit par messire Olivier de Clisson, connétable de France, et représenté par le frère du défunt. Les religieux de l’abbaye ne manquèrent pas en cette circonstance de faire valoir leurs droits et prérogatives. Ils forcèrént le roi à composer avec eux pour le prix qu’ils exigeaient.

 

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Published by poudouvre
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