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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 05:09

C'est ensuite le coeur même du Finistère et de la Cornouaille, la région des Montagnes Noires et de l'étoile orographique de la Bretagne, qui a Carhaix pour capitale et comme noyaux principaux : Cléden-Poher, le Huelgoat, Maël-Carhaix, Rostrenen et même Gouarec où la coiffe est une résille de filet brodé, où la robe se compose d'une jupe froncée à la taille, d'un corsage d'aspect sombre, avec des manches mi-partie drap et velours et dont le devant s'égaie de nombreux boutons de cuivre brillant ou doré. A Châteaulin et aux alentours, soit dans la direction de Crozon, soit dans celle de Châteauneuf-du-Faou, ou encore vers Pleyben, Braspart, Lannidern, les robes varient à nouveau dans les ajustements sinon dans les formes générales. Le tablier comporte un devantier qui s'applique sur le corsage, la collerette est moins grande, moins somptueuse, la coiffe en tulle est plus petite les jours de semaine, pour élargir ses ailes les jours de fête. Au nord du Finistère, et même sur toute la côte septentrionale de Bretagne, depuis l'Abërvrac'h jusqu'à la région de Saint-Malo, c'est le costume sans style précis corsage avec bandes de velours ou sans agréments, jupe froncée à la taille, devantier de soie noire ou blanche, ou quelquefois de couleur vive, châles de mérinos ou de cachemire, eux aussi de couleur claire ou de couleur noire, avec de nombreuses variantes : Guissény, Saint-Thégoneç, Landivisiau, Lesneven, Guimiliau, etc., etc. Nous avons gardé pour la fin de l'énumération sommaire finistérienne la Cellule de Plougastel-Daoulas. Le costume plougastelois se composé essentiellement d'un surgilet à manches (gileten var c'horré), Adolet ou vert à volonté (violet de préférence les jours de cérémonie), bleu, si l'homme est en deuil, et de trois gilets sans manches le premier vert ou violet (mais toujours d'une couleur différente de celle du surgilet ; vert donc quand celui-ci est violet, et violet quand il est vert) ; le second rouge (ou bleu en cas de deuil) ; le troisième en flanelle blanche à ganse rouge (bleu en cas de deuil). En outre, ce surgilet et ces gilets sont ornés, aux boutonnières et au col, de galons et de broderies dont la couleur verte, jaune, rouge diffère de celle du vêtement lui même. Entre les premières boutonnières et le col, au-dessous de la branchette ou de l'étoile qui décore le devant du surgilet, le propriétaire de l'habit fait oujours broder l'initiale de son prénom (cette initiale est le plus souvent à l'envers). Une rangée de boutons descend de chaque côté du surgilet et sur le devant des gilets et le choix de ces boutons n'est pas plus livré au hasard que le reste du costume : en poil de chèvre pour le gilet blanc ; en métal pour les autres gilets ; ils sont en os ou en nacre pour le surgilet. Ajoutons que les gilets doivent être étages, de manière à se laisser voir du premier coup d'oeil. Une dernière particularité : quand le plougastelois porte son gilet déboutonné c'est qu'il est en tenue de cérémonie (pardons, messes, festins, noces) ; quand il le porte boutonné, c'est qu'il est en petite tenue, qu'il vaque à ses affaires ou se rend au marché . Le plougastelois ignore les bretelles et s'en tient encore, comme la plupart des Bretons, à la ceinture ou turban, tantôt en coton à carreaux, tantôt en flanelle bleue claire. La culotte ou braie fermée d'une clavette en buis, ibil beuz, a dû disparaître d'assez bonne heure, car on ne la voit même pas sur les plus vieux habitants de la paroisse. Mais le pantalon actuel s'en souvient encore : en drap noir l'hiver, l'été en toile blanche, il est toujours très évasé dans le haut comme le pantalon à la hussarde ou la culotte de cheval, avec des poches basses sur les côtés « assez larges, nie dit un loustic, pour y faire entrer un cochon de lait, assez profondes pour y faire disparaître un litre d'eau-de-vie », serré au genou, ce pantalon moule étroitement la jambe jusqu'au cou-de-pied. Le costume des femmes de Plougastel n'a pas l'aisance et l'éclat de celui des hommes. Le corsage, dans sa forme, est demeuré à peu près tel qu'il était il y a cent ans et plus. C'est toujours le krapos ou corselet Adolet, vert ou bleu endossé sur le gilet (hivizen), ordinairement de tissu noir, dont les manches sont demi-longues ou descendent jusqu'à la hauteur du poignet, suivant le cas, mais avec un parement relevé. Sur ce gilet, on porte un tricot noir ou de couleur, mais qui est blanc pour les cérémonies et dont le poignet dépasse celui du hivizen, garni parfois de dentelles. Le krapos se termine derrière par une espèce de crête, en carton rigide, recouvert de drap galonné, qui se nomme la chiloc'h ou coq. Placé à la proue des femmes, au dessous du ruban de la jupe plus encore qu'à une crête, il ressemble à un gouvernail symbolique. « C'est là; note Charles Chassé, que les mères de famille portent immédiatement les yeux quand leurs filles reviennent du pardon, afin de savoir si les galants ont fréquemment passé le bras autour de la taille de ces jeunes personnes ; si le gouvernail a dévié, c'est que l'esquif est en danger. » Ci-dessous, illustrations d'après V. Lhuer.

 

 

le Huelgoat

 

 

Châteaulin

 

 

Châteaulin

 

 

Châteaulin

 

 

Lesneven

 

 

Plougastel-Daoulas

 

 

Kerlouan

 

 

Quiberon

 

 

Bodilis

 

 

Saint Thois

 

 

Rostrenen

 

 

Roscoff

 

 

Plumelec

 

 

Brest

 

 

Plougasnou

 

 

Morlaix

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Published by poudouvre
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