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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 15:30

Dans l'Ille-et-Vilaine et les Côtes-du-Nord il n'y a plus, à vrai dire, de costumes bretons. Et cependant on en rencontrait de fort caractéristiques, il y a cent ans, tant aux environs de Rennes, de Vitré qu'à Dinard, Saint-Malo, Cancale et plus au sud-ouest Dinan, Loudéac, Guingamp. Mais il est un détail que nous devons noter tout de suite : aux portes mêmes de Saint-Brieuc, les habitants de Plédran, Quessoy, Hénon, Moncontour dont les vestes de berlinge (mélange de laine et de chanvre tissés dans le pays), les pantalons grossiers, les petits chapeaux ronds composent un ensemble dépourvu de recherches élégantes, portent encore cette vêture « paysantaille », signalée par Charles Le Goffic comme étant commune à la gent masculine de l'ouest. Dans la Loire-Inférieure, la presqu'île Guérandaise, le bourg de Batz, Saille, Le Croizic, ont gardé leurs costumes. Si pour le travail du.sel paludiers et paludières revêtent les habits les plus simples, qui sont ceux des ouvriers de l'agriculture et de l'industrie, les jours de fête on les voit reprendre les pittoresques tenues de gala qui, pour les hommes comme pour les femmes, sont parmi les plus originaux et les plus somptueux Nous n'avons pas la prétention dans ce court résumé -comme d'ailleurs dans notre livre : « Les Costumes bretons, leur histoire, leur évolution » -d'avoir dit tout ce que comporte un pareil sujet. La tâche était d'autant plus difficile que les gens du. pays eux-mêmes demeurent sans souvenirs précis. Quand on les interroge, quand on réclame d'eux une opinion autorisée, ils vous répondent bien que vous vous éloignez de la vérité, que votre interprétation est fausse, mais ils ne savent pas indiquer ce qui les trouble ni redresser ce qui les choque. Et cela est surtout vrai en Bretagne bretonnante, dans les régions où il serait justement intéressant de pousser plus à fond les recherches. Ce sont en effet les cantons qui ont le mieux consente le vieux parler celtique qui gardent encore leurs costumes. On pourrait en inférer que leur variété, plutôt qu'aux anciens évêchés, châtellenies ou fiefs, correspond aux différents dialectes bretons, et. dans ceux-ci, aux intonations et aux accents qui eux aussi, varient à l'infini. C'est ce qui fait qu'il y a des costumes bretons, qu'il est inexact de parler d'un « costume breton » et, surtout, de le typifier dans l'image aussi inamovible que fausse des ce bonshommes et des bonnes femmes » en bragou-braz et en coiffes, qui ornent les faïences de Quimper, depuis seulement 1878, ou les panneaux sculptés des buffets fabriqués en séries par des ébénistes, plus préoccupés de satisfaire le goût d'un public peu renseigné que de le diriger. Le moment nous semble venu d'affirmer cette certitude, qui, pour nous, se dégage absolue, comme doit l'être une conclusion : De même que c'est seulement au XVe siècle que commence de s'épanouir, d'abord dans les édifices religieux, un art vraiment breton, où s'accordent, pour faire quelque chose d'inédit, granit fourni par le sol, l'esprit de la race bretonne, son goût et son âme de même ce n'est qu'au XIXe siècle que se greffent vraiment sur les costumes provinciaux les décors de la mode bretonne au contraire, car elle montre que les Bretons, tout en demeurant attachés à leur passé, par amour ingénu du beau, par un besoin inné de s'adapter au cadre .même où ils vivent, savent encore enjoliver magnifiquement ce que leurs ancêtres leur ont légué. Et ceci permet d'espérer que l'on arrivera peut-être, par un protectionisme adroit, par une propagande active, par la rééducation du goût régional, à prolonger durant un certain temps encore l'existence des costumes bretons, bien que les efforts de ceux qui les voudraient garder se heurtent, chaque année davantage, à des raisons que la raison ne comprend, hélas ! Que trop. Les Quéméneurs de nos compagnes disparaissent l'un après l'autre, faute de former des apprentis. Les couturières, de moins en moins nombreuses, elles aussi, se refusent, faute du temps nécessaire, à établir des corsages et des jupes compliqués. Les tissus que les brodeurs décoraient patiemment sont à leur tour fatalement remplacés par des nouveautés, comme cela se voit même à Pont-Aven et à Pont-L'Abbé. On ne saurait, par ailleurs, reprocher sérieusement aux jeunes filles et aux jeunes femmes d'avoir abandonné leurs sabots et leurs bas de laine du temps de la Reine Anne, pour des souliers vernis et des bas de soie. Ces divers facteurs ont, depuis un demi-siècle bientôt, profondément modifié les costumes, tout en leur conservant un cachet réel de formes et de couleurs, auquel, heureusement encore, beaucoup demeurent fidèles. Ci-dessous, illustrations d'après V. Lhuer.

 

 

Vitré

 

 

Quimiac

 

 

Cancale

 

 

Saint-Brieuc 

 

 

Moncontour

 

 

Guérande

 

 

Bourg de Batz

 

 

Saille

 

 

Le Croizic

 

 

Pleneuf

 

 

Mauron

 

 

Baud

 

 

Muzillac

 

 

Paimpol

 

 

Quimerch

 

 

Langueux

 

 

Crozon

 

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Published by poudouvre
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