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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 08:04

Il est en effet curieux de remarquer que en dépit des vaticinations, la disparition, tant de fois annoncée depuis cent ans, est toujours loin d'être un fait accompli et qu'au contraire les costumes, en se transformant, ont souvent gagné en originalité, en richesse et en beauté, à rencontre de ce qui s'est passé dans, d'autres provinces qui, jadis, étaient à même de rivaliser sur ce point avec la Bretagne, C'est que ces provinces, plus que la nôtre, se sont laisse influencer par les modes cosmopolites, que propagent les catalogues illustrés, lès prospectus et toutes les réclames insidieuses qui pénètrent maintenant sous les chaumes les plus délabrés. C'est l'honneur des femmes de Bretagne -car la fidélité des hommes vacille sans retenue devant les étalages des confectionneurs -d'avoir résisté à tant de sollicitations, en même temps que d'avoir su, parfois, choisir intelligemment dans les articles qu'on leur offrait, ceux qui s'adaptent le mieux à leur caractère propre. N'est-ce pas ce qui' s'est produit dans la seconde moitié du XIXe siècle pour le châle qui, maintenant disparu, ou à peu près, du vaste domaine qu'il avait conquis, est, chez nous, bien que vêtement… adoptif, considéré comme un legs de famille. Cela tient à ce que, quoiqu'on en dise, les modes ne changent pas en Bretagne sans rime ni raison et parce que l'a décidé quelque couturier vaguement autorisé, mais seulement quand on a reconnu l'intérêt absolu de ce changement, en laissant au caprice et à la fantaisie individuelle une part aussi restreinte que possible. Réjouissons-nous donc d'avoir pu garder, depuis un siècle et dans une importante étendue de l'Armorique, sinon les costumes des ancêtres, du moins des costumes locaux. Certes, il serait à souhaiter qu'ils provignent et prolifient, que leur mode reconquiert les circonscriptions avoisinantes qu'elle a perdues. Mais comment obtenir un tel résultat ? Au lendemain de la guerre, M. le marquis Régis de l'Estourbeillon, ancien député, au nom de l'Union Régionaliste Bretonne, qu'il préside, avait lancé un véhément appel ; M. Bahon-Rault, Président de la F. S. I. B., lors-des fêtes du Huelgoat, qui furent, en 1921, l'une des dernières apothéoses du costume breton, avait proclamé la nécessité de tout faire pour conserver nos costumes nationaux grandement menacés... Ces appels, s'ils furent écoutés avec le respect que l'on doit aux choses du passé, ne furent pas suivis d'effet. Et même, les Bretons qui les entendirent remarquèrent avec une certaine malice que les « prôneurs » ne prêchaient pas d'exemple, que certains n'avaient jamais porté le bragou ou le chupen et que d'autres ne les, revêtaient qu'à l'occasion des congrès ou des expositions d'art régional. Charles Le Goffic, questionné sur ce sujet, nous répondit avec cette franchise que certains lui ont reprochée -mais à la légende il préférait la vérité : -Nous ne sommes plus au temps auquel se place M. de l'Estourbeillon, a-t-il dit, « de deux articles d'une demi-page dans une petite feuille du Morbihan, conseillant une modification à un détail de la coiffure du pays de Vannes, pour qu'en deux mois cette modification s'opérât dans toute la région ». Mais, peut-être pourrait-on toute de même tenter, sur une plus large échelle, ce qui a été fait en Hollande, assez récemment, dans certaines communes "en bordure du Zuyderzée. Là aussi les hommes et les femmes commençaient à trouver trop lourd le port de leur costume traditionnel. Le mouvement de désaffection gagnait de plus en plus et la confection marquait chaque jour de nouveaux points. Se rendant compte du danger, le bourgmestre et les notables de ces villes qui, les premiers, avaient écouté les avis des tailleurs d'Amsterdam, prirent un parti héroïque. Ils décidèrent de reporter eux-mêmes le pantalon jupe et la toque de loutre, dont ne voulaient plus leurs administrés ! L'histoire ajoute que ce fût souverain, que la crise s'apaisa, tant il est vrai que les hommes sont partout les mêmes et, pour peu que l'exemple vienne de haut, sont tout prêts à y conformer leur attitude. Sans nous illusionner outre mesure sur les résultats efficaces de cette méthode, efforçons-nous de maintenir chez ceux qui l'aiment encore la fierté du costume national. Demandons à nos jeunes filles, à nos jeunes femmes, de garder tant qu'elles le peuvent leurs robes, leurs corsages, leurs tabliers, leurs coiffes Ci-dessous, illustrations d'après V. Lhuer.

 

 

Brigognan

 

 

Île de Sein

 

 

Saint-Gildas de Rhuys

 

 

Pleudaniel

 

 

 

Carentoir

 

 

Gouezec

 

 

Île de Groix

 

 

Paimpol

 

 

Île d'Ouessant

 

 

Le Folgoët

 

 

Île de Bréhat

 

 

Dourduff

 

 

Nantes

 

 

Plessala

 

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Published by poudouvre
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