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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 13:23

 

La manufacture de chapellerie eut « peu de succès ». Les actionnaires ne réalisèrent point de gros bénéfices, et Antheaume connut de pénibles embarras d'argent ; il se donnait pourtant beaucoup de peine afin de trouver des débouchés à ses marchandises : il confia de nombreuses pacotilles à des capitaines de navires marchands. Il demanda à Necker l'entreprise de la coiffure des troupes royales. Qu'advint-il de la manufacture après 1790? Le registre des délibérations des actionnaires est arrêté cette année-là, à la date du 27 mars. Sans doute, la manufacture disparut pendant la Révolution. Aucune grande industrie ne prospéra donc à Rennes. Toute la vie économique de la ville se concentra dans une population assez nombreuse de marchands, trafiquant prudemment des denrées qui pouvaient se débiter dans la ville et les environs, et de maîtres artisans de condition parfois aisée, plus souvent médiocre et même misérable, occupant chacun un très petit nombre de compagnons.

 

Les métiers rennais.

 

 

La plupart des métiers furent représentés à Rennes, et chacun par un grand nombre de maîtres. La ville, en effet, était, nous l'avons vu, étendue et peuplée. Si nombreux toutefois que fussent les métiers et les maîtres de chaque métier, on ne distingua point comme dans tant d'autres villes de métiers majeurs et de métiers mineurs. En fait, cependant, une certaine hiérarchie s'établit parmi les métiers rennais. Les plus importants, ceux dont les maîtres étaient le plus nombreux et le plus riches, formèrent des confréries, puis des communautés en jurande. Leurs privilèges, leur organisation, qui consacraient l'aisance relative de leurs membres, en firent une véritable aristocratie ouvrière. D'autre part, certains métiers furent officiellement réputés vils et déshonorants. La Très ancienne Coutume de Bretagne désignait ainsi comme gens de vilains métiers dont l'exercice enlevait le droit de tester en justice :

 

Les écorcheurs de chevaux et vilaines bêtes,

 

La garçaille et truandaille,

 

Les pendeurs de larrons,

 

Les porteurs de plateaux en taverne,

 

Les vidangeurs,

 

Les pelletiers,

 

Les poissonniers,

 

Les crieurs de vin

 

Les marchands.

 

Parmi les corporations en jurande, la communauté des marchands se distingua par le nombre de ses maîtres, la richesse de quelques-uns d'entre eux, les privilèges particuliers que leur fortune valut à ceux-ci. Les riches marchands pouvaient participer à l'administration des hôpitaux et même au gouvernement de la ville. Au Moyen-Age, d'ailleurs, et souvent même jusqu'au XVIIIe siècle, les marchands ont possédé partout une incontestable suprématie dans le monde économique. Les relations commerciales étant fort difficiles, la différence était considérable entre la valeur des marchandises à la sortie des mains du producteur et leur valeur d'échange. Cette différence profitait au marchand seul qui, courant tous les risques, recueillait tous les bénéfices. Aussi les capitaux s'accumulèrent-ils aux mains de la classe commerçante. Elle s'éleva rapidement dans l'échelle sociale et forma une riche bourgeoisie qui parvint souvent à la noblesse. Les artisans ne sortirent pas de leur humble situation, et restèrent pendant de longs siècles économiquement subordonnés aux marchands détenteurs des capitaux. Parfois même, comme à Lyon dans l'industrie de la soierie, comme en Flandre dans l'industrie de la draperie, le maître artisan devint le salarié du maître marchand dont il exécutait les commandes, sans pouvoir vendre directement ses marchandises aux consommateurs. A Rennes, dont l'activité industrielle et commerciale fut toujours peu intense, cette suprématie de la classe marchande s'affirma moins fortement que dans des centres économiques tels que Lyon. Une nombreuse population de magistrats, d'hommes de loi, de fonctionnaires, empêcha que les commerçants ne tinssent la première place dans la ville, même parmi les bourgeois. Les artisans drapiers restèrent indépendants des maîtres marchands qui avaient bien la permission de vendre du drap, mais sans qu'il fût interdit pour cela aux maîtres artisans de l'offrir directement au public. Cette industrie de la draperie fut, même après le XVIe siècle, assez florissante à Rennes.  

 

Les marchands de Rennes dans les foires de la région.

 

 

Les marchands rennais, au XVe siècle du moins, et sans doute de tout temps, ne se contentaient point de débiter leur marchandise dans la ville et les faubourgs; ils allaient aussi l'étaler dans les foires de la région. Une ordonnance relative aux foires et marchés, dont le texte nous a été conservé dans un registre de la communauté des marchands de Rennes commencé en 1437, nous apprend quels étaient les privilèges des marchands qui s'en allaient ainsi exposer leurs marchandises en vente dans les foires de Bretagne. Les marchands, qu'on désignait alors généralement sous le nom de merciers, avaient la faculté de choisir dans le lieu où se tenait la foire, l'endroit où ils dresseraient leurs étalages. Le seigneur du lieu devait leur fournir bois, osier et outils pour établir leur logement et leurs étaux; il était en outre tenu de les garantir de toute extorsion et ne pouvait lever sur eux « plus ample coutume que dans la prochaine ville marchande étant en châtellenie ». Le jour de l'ouverture de la foire, il avait à donner aux merciers le pain blanc, une pipe de vin, une livre de poivre, une tresse d'ail et un boeuf bon et suffisant 

 

 

Communauté des Marchands de vin de la ville de Rennes

 

 

Communauté des Marchands Merciers & Quincailleurs

de la ville de Rennes

 

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Published by poudouvre
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