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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 15:51

 

 

« Une foire audit lieu de Montbran par chacun an commanczante au jour et feste de Saincte-Croix en septembre, aveucques ung marché au lundi lardier audit lieu de Montbran, et vallent par aucuns ans les coustumes de ladite foire dix livres monnaye, et auxi appartenoit les bouteillages à ladite foire savoir, par chacune pippe de vin, deux potz de vin, qui est baillé, afferme aveucques la dite coustume, aveucques une cohue et lieu pour ataller les drapiers qui vendent drap à ladite foire. La prée et ripvière de Montbran contenant en sous la journée de soixante hommes fauchours ou environ, habitante d'une part au chemin par lequel l'on va dudit lieu au Chemin Chaussé, et au chemin par lequel l'on va dudit lieu à Lamballe, et à ladite pièce de terre ou est ladite tour, et à terres de Bertran Hersart Ville-Marquier ; et au bas de ladite praierie est chausée retenue et atache de eau avecques ung moulin à eau qui est à présent choist et ruynears. Deu au terme Sainct-Gille foire de Dinan une perre de campannes à faulcon par Gilles Chariot sur l'obligacion de sa méson et héritaiges estans audit lieu de Montbran. Nous avons dit que dès le milieu du XIVe siècle, le fief de Montbran étoit réuni à la châtellenie de Plancoët, puisqu'en 1362 Pierre de Montfort assignait 100 livres de rentes sur Montbran à son filleul Pierre Tournemine, qui, plus tard, fut à son tour sire de Plancoët : en 1414, le 3 juillet, Tiphaine Du Guesclin, veuve de Pierre Tournemine, transportait au duc une rente sur les héritages et terrains de Plancoët, Montbran, la Motte et Saint-Enogat, en échange de la châtellenie de Pontcallec, puis elle lui abandonnait ces terres en ne se réservant qu'une simple renie. A la mort de Tiphaine Du Guesclin, Ysabeau de Montboucher, veuve de Jean de Malétroit, sire de l'Argentaie, vint avec sa fille Perrette, demeurer au manoir de Montbran, se prétendant être la plus proche héritière de Tiphaine; cette démarche ne pouvait être supportée parle sire de la Hunaudaie, qui avait jeté son dévolu sur cette terre, sans doute à titre d'héritier de Pierre Tournemine, second époux de Tiphaine: un jour il envoya l'un de ses gens, Denis Robert, pour s'assurer adroitement du gouvernement de ladite méson, et de la manière des fermeures, se proposant de le suivre de près pour exécuter le projet qu'il avait conçu. Robert se rendit à Montbran, déguisé d'une robe de gris et autres vestemens que n'avoit pas accoustumé avoir, et se présenta sous prétexte d'acheter une portion de pré ; puis, après avoir étudié les lieux, il s'aboucha avec un individu nommé Rolland qui avait un cellier par lequel on pouvait pénétrer dans le manoir qui était alors soigneusement fermé. Le sire de la Hunaudaie arriva bientôt, accompagné de quelques hommes et de Alain le Bourdet, bâtard de sa maison et seigneur de Saint-Ilan en Langueux, entra chez Rolland, pour se rafraîchir, puis s'introduisit dans le baille du manoir; et celle dame Ysabeau descendit d'une chambre et vint fère chière audit seigneur de la Hunaudaye, et parlèrent ensemble, et après ce, l'on apporta du vin, et beurent ensemble, et tantost cettuy (Robert) vit que un nommé Allain le Bourdet comancza a oupvrir un petit huis de la grant porte, lequel estoit fermé et ataché o clous et berre, et tantost ledit sires qui tenoit ladite dame par soubz les braz dit o ladite dame Ysabeau qui le avoit amené audit hostel et qu'il estoit sien, et que il vouloily venir demeurer une aultre piécze ; et celle dame Ysabeau dist que il estoit o sa fille et en estoient a contrariété, et sur ce ledit sires dist à ladite dame Ysabeau que allassent voire hors le baille dudit manoir; et celle dame dis: Je ne liroy point dehors, et ledit sires lui distque si feroit : et lors commancza a la tirer par les bras, oultre son voulloir, et la mena jusques au petit usset. Sur ce elle prant un lévrier par le collier, cuidant impescher ledit sires de la mettre hors ledit baille, et y eust un des gens dudit sires qui ferit ledit lévrier tellement que s'en yssit dehors ; et tantost ledit sires la mist hors dudit baille, et fut oultre son plésir, car elle n'en estoit point comptante, et quant elle fut dehors, elle aparessoil estre moult courouczé, et y eut entreulx plusieurs injures etparolles rumouroux. Etcelui témoin dist ledit sires que s'en allast et que jamais ne y demouroyt, et tantost les gens de ladite dame Ysabeau s'en allèrent dehors, et se départit ladite dame Ysabeau et ses gens, et lui furent baillez ses chevaulx, et avecques ladite dame Ysabeau estoient deux jeunes filz de Monboucher et une damoiselle nomée Angelote. » J'ai tenu à reproduire une partie de la déposition de Denis Robert, l'un des hommes qui agirent dans cette affaire pour le sire de la Hunaudaie: les autres témoins s'exprimèrent dans des termes analogues : cependant je vois dans leurs récits quelques détails omis par Robert. Ainsi Jean Bili rapportait qu'au moment où la dame de Montboucher était mise hors du manoir, elle s'écria plusieurs fois : Force au duc ! En effet, d'après Jean Salmon, ancien receveur-général de Tiphaine, cette dame avait obtenu du duc de Bretagne la permission de prendre possession de la terre de Montbran, et ce fut seulement l'année suivante, au mois d'août, après la mort du duc , que le sire de la Hunaudaie fit son expédition. J'ai remarqué aussi la déposition de Rolland Ribaud qui venait raconter une impression de son enfance : « ce déposant qui estoit lors jeune et autres petiz enffanz jouant à la paulme par le dehors dudit manoir, dit que comme estoient ainsi à jouer, arriva le sire de la Hunaudaie derrein décédé, et entra audit manoir, ne sceit-il par quel lieu , ne comment pour ce que quant il aperceut, il entendit à prendre sa robe qu'il avoit despoillée pour jouer, et tantost après ce il vit ledit sires qu'il cognoissoit tenir ladite dame par le bras o une main et, o l'autre, la tenir par derrière environ l'essue du petit-huys de la porte dudit manoir et l'amena de hors et avecque celle dame estoit ladite jeune damoiselle qui plouroit. » Le sire de la Hunaudaye resta maître de Montbran, et peu après l'échangea avec le sire de Chastenubriant contre des terres que ce dernier possédait dans la paroisse de Plédéliac : Montbran fut ainsi de nouveau réuni à la chutellenie de Plancoët. Le 14 février 1729, le comte de Rieux afféageait, moyennant une rente mengière de 3 sous tournois, à Renée de Fontlebon de la Touche, la pièce de terre où est la tour, en exceptant celle-ci, et la prairie de Montbran : 20 ans plus tard, Renée de Fontlebon, qui avait épousé le seigneurde Boisriou-Bodin, mourait, sans enfants, et ses héritiers vendaient pour 800 livres, les terrains ci-dessus afféagés à Claude Boulloux, épouse de Mathurin Le Restif, seigneur de la Fauvelais. 

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Published by poudouvre
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