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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 08:18

 

 

Henriette-Marie-Augustine-Jeanne-Françoise Le Vicomte de la Houssaye avait vu le jour en la paroisse Saint-Etienne de Rennes, et c'est en cette même ville qu'elle épousa en 1800 Florimond-Jean-Baptiste-Marie-Hyppolite de Carné-Trécesson, fils de César de Carné, marquis de Trécesson et de Angélique de Kermenguy de Saint-Laurent. A leur foyer naquit un seul fils : Henri de Carné, marquis de Coëtlogon né en 1802. C'est à Saint Brieuc où elle demeurait qu'elle trépassa le 29 Prairial an XI, soit le 18 juin 1803, elle était âgée de 22 ans.

 

 

 

 

Henri de Carné-Trécesson et Léonie de Chappedelaine

 

C'est le 14 germinal an X – 4 avril 1802, que Henri de Carné-Trécesson naquit en la ville de Rennes, de l'union de Florimond et de Henriette Le Vicomte de la Houssaye. Le 13 septembre 1837 à Sévignac, Monsieur Henri-Marie-Toussaint de Carné alors âgé de 30 ans, propriétaire domicilié à Guingamp, épousait Mademoiselle Léonie-Marie de Chappedelaine âgée de 25 ans, fille de Monsieur Jean-Baptiste de Chappedelaine et de dame Thérèse Picot de Limoëlan (voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1), présente et consentante audit mariage. En dot la mariée apportait à son époux le château de Beaumont (voir Le château de Beaumont en Guitté), en Guitté, et des terres en Guitté, Guenroc et Médréac (notes de M. de Mellon) De leur union naquirent : 

 

Henri de Carné-Trécesson 1834-1912 épousa Marie de Guéhéneuc de Boishüe ; Léon de Carné-Trécesson 1835-1900, épousa Elisabeth de Lorgeril, puis Marie Léon de Trévérret ; Hélène de Carné-Trécesson 1837-1837 ; Edmond de Carné-Trécesson 1839-1855 ; Alphonse de Carné-Trécesson 1841-1911 épousa Marguerite de Guéhéneuc de Boishüe -dont Marie mariée à Geoffroy, comte de Mellon, puis Thérèse Guéheneuc de Boishüe ; Amaury de Carné-Trécesson 1844-1910 épousa Gabrielle Vallée ; Louis de Carné-Trécesson 1846-1926 épousa Clotilde de Guéhéneuc de Boishüe -dont Christian de Carné-Trécesson, puis Marguerite Dargent ; Roger de Carné-Trécesson 1849 ; Marie de Carné-Trécesson 1851-1931 épousa Alphonse d'Avout.

 

C'est à Monsieur Henri de Carné-Trécesson, que le réaménagement de la Ville-es-Blancs est dû.  Monsieur de Henri de Carné devint maire de Sévignac de 1860 à 1866 et conseiller général des Côtes du Nord. Quand on consulte les registres d'état civil, on observe la première signature Henri de Carné Coetlogon, la seconde ne porte plus le patronyme Coëtlogon. Ci-dessous.

 

 

Voici la raison de cet abandon : Les héritiers de Coëtlogon,prétendant que le nom de Coëtlogon leur appartenait exclusivement, ont cité devant le tribunal de Pontoise les héritiers de Carné, pour leur faire faire défense de l'ajouter à leur nom. Sur cette demande, est intervenu, le 17 janv. 1861, un jugement ainsi conçu : «Attendu que le nom patronymique d'une famille est pour elle une propriété qui lui donne le droit de s'opposer à ce que ce nom soit porté par une autre famille qui n'y serait point dûment autorisée, soit seul, soit par addition au nom patronymique de cette famille, quelles que soient l'honorabilité et la position sociale de celle-ci; que les demandeurs ne sont pas tenus de justifier de l'intérêt qu'ils peuvent ou croient avoir à former leur action ; qu'ils sont seulement tenus de déclarer qu'ils n'entendent point qu'une autre famille porte le nom qui leur appartient ; -Attendu que les demandeurs, César-Bernard-Félicité-Alfred de Coëtlogon et Charles-Louis-Emmanuel de Coëtlogon, justifient, par les actes de l'état civil par eux produits, qu'ils sont issus du mariage de Jean-Baptiste-Félicité de Coëtlogon avec Marie-Anne Charlotte-Constance de Clugny, lequel sieur Jean-Baptiste-Félicité de Coëtlogon était issu de Allain-Emmanuel-Félicité de Coëtlogon et de Marguerite-Thérèse-Bernarde-Eugénie de Roy de Vaquière, lequel Allain-Emmanuel Félicité de Coëtlogon était issu du mariage de Charles-Elisabeth de Coëtlogon avec Marie-Catherine-Françoise de Vetères du Revès ; -Attendu, au reste, qu'il n'est pas contesté que les demandeurs sont, par eux et par leurs auteurs, depuis un temps immémorial, en possession, comme nom patronymique, du nom de Coëtlogon ; -Attendu que si, par le mariage de Perrine-Marie-Catherine de Coëtlogon, héritière de la branche aînée de la famille de Coëtlogon, avec Gilles-Jacques Pierre de Trécesson, des sires de Carné, la terre érigée en marquisat de Coëtlogon a été apportée dans la famille de Carné, et si, sous la législation qui a précédé le 19 juin 1790, les auteurs de Carné-Trécesson pouvaient, soit comme propriétaires de la terre de Coëtlogon, soit comme étant aux droits de Perrine-Marie-Catherine de Coëtlogon, ajouter à leur nom patronymique et y incorporer le nom de Coëtlogon, il ne résulte d'aucun des actes par eux produits qu'ils aient réellement pris ce nom ; -Attendu, en effet. (lci, à l'appui de cette proposition, le jugement analyse un certain nombre de titres et d'actes produits par les héritiers de Carné, lesquels actes sont signés de Carné seulement, bien que, dans certains, le titre de marquis de Coëtlogon, joint à plusieurs au tres titres de seigneuries, soit donné à leurs auteurs. Puis le jugement continue ainsi : « Attendu que le titre de marquis de Coëtlogon, donné dans ces actes à l'un de leurs auteurs, est sans doute un argument en faveur des défendeurs; mais que ces actes, faits en l'absence d'abord du seigneur de Coëtlogon, puis de la dame sa veuve, ne peuvent être considérés que comme contenant des qualifications résultant des droits seigneuriaux qu'ils possédaient sur les diverses terres énoncées auxdits actes; ils n'établissent pas suffisamment que le nom de Coëtlogon faisait partie intégrante de leur nom patronymique ; -Attendu que le décret national du 19 juin 1790 porte qu'aucun citoyen français ne pourra prendre que le vrai nom de sa fa mille, et le décret de la Convention nationale du 6 fruct. an 2, qu'aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance ; -Que les défendeurs ne peuvent se prévaloir de l'exception contenue en l'art. 2, puisque leurs auteurs n'avaient réellement jamais pris le nom de Coëtlogon ;-Attendu que si, néanmoins, le sieur Florimond-Jean-Baptiste-Hippolyte-Marie de Carné a pris, depuis ces lois, le nom de Coëtlogon, les défendeurs ne peuvent opposer valablement la prescription ; -Qu'en effet, la prescription ne peut être acquise pour les choses qui ne sont pas dans le commerce ; -Attendu que le jugement : du 29 frim. an 13, qui a attribué au et aïeul des défendeurs les droits immobiliers résultant à son profit de la coutume de Bretagne, comme représentant, par Marie Perrine Catherine de Coëtlogon, la branche aînée de la famille de Coëtlogon, n'a rien statué et n'avait rien à statuer quand au nom de famille ;-Qu'au surplus, dans ce acte même, l'auteur des défendeurs est désigné sous les noms de César-Hippolyte Jean Baptiste-René de Carné de Trécesson;-Par ces motifs, fait aux parties de Me Lefrançois défense de porter à l'avenir ou ajouter à leur nom celui de Coëtlegon...

 

C'est au château de la Ville-es-Blancs,  le 8 novembre 1869, à l'âge de 69 ans que Henri-Marie-Toussaint de Carné s'éteignit. Monsieur Guillaume Guitton, demeurant le Manoir, âgé de 69 ans et cultivateur, deuxième adjoint de M. de Carné, fit cette déclaration, assisté de Monsieur Jacques Gesret, demeurant le bourg, âgé de 63 ans et secrétaire de mairie. Dame Léonie-Marie de Chappedelaine, décéda le 2 février 1878 égaement à Sévignac, à l'âge de 65 ans, d'après la déclaration effectuée en mairie de Sévignac par Monsieur Pierre Gesret, receveur-buraliste, demeurant Sévignac, âgé de 70 ans, assisté de Monsieur Hippolyte Guinard, instituteur à Sévignac, agé de 35 ans.

 

 

Henri de Carné (fils) et Marie Guéhéneuc de Boishüe

 

L'aîné de leurs enfants fut prénommé Henri-Jean-Baptiste-Antoine, il naquit  à Limoëlan (voir Balade touristique 2013 : Limoëlan à Sévignac la chapelle des Rothouers & le moulin du Clergé à Eréac) le 17 janvier 1835, selon la déclaration effectuée le lendemain en mairie de Sévignac par Hyacinthe-Jean-Baptiste-Michel-Hyppolite de Chappedelaine, 29 ans, Capitaine du génie, demeurant Bedfort, assisté de Marhurin Gicquel, 31 ans, insitituteur à Sévignac.  Le 22 novembre 1872, il épousa à Plumaugat Marie Guéhéneuc de Boishüe, fille de Charles et de Marie-Caroline de Plouays (voir Les villages de Plumaugat, page n° 5). Le marié titré Chevalier de Saint-Louis, est donné membre de la Légion d'Honneur, membre du Conseil Général des Cotes-du-Nord, et maire de Sévignac. Âgé de 37 ans, il est propriétaire demeurant à Sévignac. Marie-Carolie-Félicie de Guéhéneuc, âgée de 23 ans est native de Mordelles en Île et Vilaine, et demeurant Plumaugat -ses parents possédaient le château de l'Hozier. Le couple vint s'établir à la Ville-es-Blancs, mais leur union fut sans postérité. Leur neveu Christian de Carné-Trécesson étant devenu orphelin de sa mère vers l'âge de six ans, le père de ce dernier, Louis de Carné-Trécesson, Officier de carrière nommé à Tonkin, le confia au sénateur et à son épouse. Regardé comme héritier naturel de la Ville-es-Blancs, Sous-Lieutenant au 247e Régiment d'Infanterie il fut tué à l'ennemi en 1916 dans la Meuse. Voici la biographie consacrée au sénateur de Carné : Le marquis de Carné est né à Sevignac (Côtes-du Nord) Ie 21 janvier 1834. Maire de Sevignac, conseiller général du canton de Broons, M. de Carné a, pour la première fois, été élu sénateur le 10 octobre 1880, par 270 voix sur 487 votants, en remplacement de M. Allenou, décédé. Il fut réélu le 25 janvier 1885, au premier tour, par 739 voix contre 526 à M. Deroyer et, le 7 janvier 1894, également au premier tour, par 714 voix contre 513 à M. Larerc. M. le marquis de Carné a fait au Sénat partie de plusieurs commissions et pris à diverses reprises la parole, notamment dans la discussion des questions agricoles, économiques, contre les dispositions de la loi sur l'enseignement primaire, etc. Il a, durant plusieurs années, fait partie du bureau du Sénat, comme représentant de la droite, en qualité de secrétaire. Il est monarchiste

 

 

Sous son mandat, le bourg de Sévignac s'orna d'une église néo-gothique, et les enfants bénéficièrent d'une première école sise aux Jardins de Nancolet, construite sur la terre concédée gratuitement à la commune par la famille de Carné, et désservie par les religieuses de Broons. Mais quand advint la séparation du bien de l'Eglise et de l'Etat, les bâtiments furent confiqués et les religieuses expulsées. L'école privée devint école laïque. En 1900, sous le mandat du sénateur, fut acquis le parcellaire dit du Champs-Vainqueur appartenant à un négociant établit au bourg de Sévignac, M. Magloire Plessix. C'est l'entreprise Réglain de Dinan à laquelle la même municipalité avait fait appel lors de la construction de l'église, qui se chargea de l'aménagement de cette école, encore en activité aujourd'hui. Enfin, la soeur du sénateur, Madame d'Avout, propriétaire de Badouard au bourg de Sévignac, donna la terre située sur les arrières de Badouard, en vue d'aménager une école privée. C'est l'abbé Ange-Marie Lécuyer, alors désservant de Guitté, et dont les parents exploitaient la ferme de Badouard, qui, le 23 septembre 1910, signa devant notaire, l'acte acquisition de cette parcelle de 16 ares. Ainsi naquit l'école Saint-Yves, longtemps désservie par les religieuses, et servant aujourd'hui d'annexe à la mairieLe 23 janvier 1912, le sénateur de Carné s'éteignait à la Ville es Blancs. Voici ce qu'on pouvait lire dans les quotidiens : 

 

Nous avons le regret d'apprendre la mort de M. le marquis de Carné-Coëtlogon, vicomte de Trécesson, ancien sénateur des Côtes-du-Nord, décédé dans sa soixante-dix-huitième année, au château de la Ville-ès-Blancs (Côtes-du- Nord) Fils du marquis de Carné et de la marquise, née de Chappedelaine, M. Henri de Carné fut d'abord; un brillant officier de cavalerie. En 1870, les mobiles des Côtes-du-Nord le choisirent pour leur colonel. Après la guerre, M. de Carné prit une grande part aux luttes politiques de son département. En 1871, il est élu maire de Sévignac et conseiller général. En 1880, il devient sénateur des Côtes-du-Nord de 1880 à 1912, il a fait partie sans discontinuer de la haute Assemblée, où ses convictions politiques et religieuses invariables lui valent la plus vive sympathie de ses amis et l'estime de.ses propres adversaires. On se rappelle que, lors du dernier renouvellement, le marquis de Carné, déjà souffrant de la maladie qui devait l'emporter, avait décliné toute candidature. A la mort de M. le comte de Maillé, il fut élu président de la droite du Sénat. Pendant plusieurs années, il présida avec tact, intelligence et, autorité ce groupe, qui compte tant d'hommes éminents qui sont restés l'honneur du parti monarchiste et du Parlement français. La disparition de ce très galant homme causera à tous ceux qui l'ont connu d'unanimes regrets

 

 

Les obsèques du marquis de Carné, ancien sénateur, conseiller général de Côtes du Nord, maire de Sévignac, décédé à l'âge de 78 ans ont été célébrées, avant hier en l'église de Sévignac (dimanche 28 janvier 1912), en présence d'une foule nombreuse. La famille était représentée par la marquise de Carné ; la contesse de Carné-Trécesson ; les contesses Alphonse et Amaury de Carné-Trécesson ; le conte et la contesse Louis de Carné-Trécesson ; le baron et la baronne d'Avout ; Mme de Guehénneuc, religieuse de la Retraite ; conte et contesse Maurice de Guéhénneuc ; Mme de Guéhénneuc, religieuse de Saint-Vincent de Paul ; conte et contesse de Carné-Trécesson ; vicomte et vicomtesse de Mellon ; vicomte Christian de Carné-Trécesson ; Mlle Jacqueline de Carné-Trécesson ; M. Olivier de Carné-Trécesson ; Mlles Léonie et Yvonne d'Avout ; M. Henri d'Avout etc.

 

Marie de Carné, fille de Alphonse de Carné-Trécesson et de son épouse Marguerite de Guéhéneuc de Boishüe, avait vu le jour en 1879 à Plumaugat. C'est à Médréac, qu'elle épousa le comte Geoffroy de Mellon, par ailleurs propriétaire en cette même localité du château de l'Epinay (voir Les villages de Plumaugat, page n° 5). Ce sont eux qui en 1936 héritèrent de la Ville-es-Blancs, à la mort de Marie de Guéhéneuc de Boishüe, épouse du sénateur. Leur petit fils Gérard est aujourd'hui propriétaire de la Ville-es-Blancs. 

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Published by poudouvre
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