C'est à travers la revue nobiliaire qu'apparaît dès le début du XVe siècle, la famille Ferré. Robert Feré est mentionné en la paroisse de Sévignac, en 1428, puis en 1449, les commissaires dépêchés pour l'évêché de Saint-Malo : J. Gibon, auditeur des Comptes & Piere du Parc, procureur de Jugon, mentionnent parmi les feudataires de Sévignac : Me Robert Feré, de la Villesblancs. Et nos deux commissaires ajoutent : Le mesme, au bourg de Sévignac. Mais c'est lors de l'enquête effectuée en 1475 par les Commissaires Henry de Queblen, auditeur des comptes et Bertrand du Val, Maitre des requestes de l'hotel, qu'est apportée cette précision : Me Robert Feré, a la maison de les Villesblancs, qui fut autres fois à G. de la Motte, sr de la Guerine (voir Histoire de Trémeur, en résumé.), et est noble d'ancieneté, mais Piere Feré y a environ 27 ans y adjousta plusieurs terres et métairies qu'il a faict exempter de fouages. La famille Ferré disposait pour armoiries : « D’argent à la fasce d’azur, accompagnée de trois molettes de même. » Il est cependant difficile d'apporter plus de précision au sujet de cette Maison, quant à sa présence sur la terre de la Ville-es-Blancs.
Manifestement, G. de La Motte seigneur de la Gueurine en Trémeur dont il est mention, pourrait être Guillaume de La Motte, fils de Alain et époux de Isabeau du Chastelier (voir La famille de La Motte de Broons de Vauvert.). Celui-ci fut capitaine de Saint Malo, et, il fut de ceux, avec son père qui suivirent Arthur de Richemont, frère du duc Jean V, dans sa lutte contre les Anglais, mais ce 7 mars 1425, ils furent tués lors du siège de Saint James de Beuvron. Est-ce par alliance où par acquêt que la Maison Ferré hérita de cette terre de la Villes-es-Blancs, pour l'heure, il est difficile d'y répondre. Ecuyer René Ferré est le premier membre connu au sein de cette famille, il vivait en 1389. Son fils Jacques, exerçait la charge de Auditeur des Comptes de Bretagne, il fut également secrétaire du duc et conseiller maitre en la Chambre des Comptes en 1420. Selon René Mathurin Marie Pocard du Cosquer de Kerviler le dit Jacques Ferré serait le même personnage que celui évoqué à travers les titres de Dom Lobineau : Maistre Jacques Ferré Phisicien LXXX. liv. bouche à court. deux chevaux à livrée. Jacques Ferré était marié à Guillemette du Margaro (voir le Margaro en Rouillac). De leur union furent issus
Robert Ferré III a), évoqué ci-dessus ainsi que Pierre Ferré III b).
III a) Robert Ferré fut chanoine de Rennes, il est cité en cette qualité en 1484 & 1490. Sans doute assista-t-il ce 19 décembre 1490 à la bénédiction nuptiale donnée par Messire Guibé, à l'occasion du mariage par procuration entre la duchesse Anne de Bretagne et l'empereur Maximilien d'Autriche. Robert Ferré mourut sans postérité.
III b) Pierre Ferré, Chevalier, Seigneur de la Ville-es-Blancs vivait en 1450, il avait été nommé Sénéchal de Rennes en 1466, puis Ambassadeur du duc de Bretagne François II, auprès de la Cour de Londres. Il fut ainsi du nombre des dix sept personnalités bretonnes dépêchées en Ambassade extraordinaire auprès du Roi Edward IV, le duc François II de Bretagne en effet, face à l'hostilité de Louis XI roi de France se rapprocha ainsi du souverain anglais. C'est lui qui « adjousta plusieurs terres et métairies » au domaine des Ferré, notamment la seigneurie de la Garaye en Taden (voir le château de la Garaye en Taden - La Garaye en Taden). En tant que Sénéchal de Rennes, il est cité à de multiples reprises dans les mandements du duc Jean V, il fut ainsi invité à comparaitre le 5 septembre 1464 à Chinon avec quelques autres responsables, pour traiter des différents l'amiable. Ayant un jour une sentence à rendre dans une affaire, un débat s’engagea entre l’un de ses confrères et lui : «…à Nantes le 10ème jour de juillet 1461…touchant le cas de Jehan d’Espinay, lequel a cognu avoir commis pluseur faulsonneries savoir est ledit maître du Breil de Nantes que ledit d’Espinay doit estre pilorise, savoir une foiz en cette ville de Nantes, et une autre foiz en cette ville de Rennes…maître Ferré est de l’opinion qu’il doit estre pilorise ou eschale à Nantes et qu’il doit suffire… ». Maitre Pierre Ferré s'éteignit en 1487 et fut inhumé en l'église de Sévignac dans laquelle la famille Ferré disposait d'une chapelle et d''un droit d'enfeu. Gaultier du Mottay dans son inventaire des églises et chapelles publiait cette note au sujet de l'église de Sévignac : Dans le pavé, du côté nord de l'évangile, tombeau de Pierre Ferré, sénéchal de Rennes, sr de la Ville-ès-Blancs, mort en 1466 (voir La vieille église de Sévignac). Maitre Ferré avait épousé Olive d'Angoulvent (voir Coëcouvran en Yvignac & La famille d'Angoulvent), dont il eut au moins deux fils et deux filles : Gilles Ferré (IV a), évoqué ci-après ; Jean Ferré (IV b) qui s'établit en Poitou ; Anne Ferré (IV c) mariée à François Gouyon dont elle eut au moins deux enfants à savoir, Jean Gouyon et Catherine Gouyon ; Jeanne Ferré (IV d) épousa Tristan de Kergu (voir La famille de Kergu à Mégrit)
Gilles Ferré (IV a) -En 1480, sous l'étendart de Coaiquin (Coetquen) comparaît pour la paroisse de Taden, Gilles Ferré sieur de la Garaye, percevant 160 livres de revenu, il est excusé comme appartenant à une compagnie d'ordonnance. Gilles Ferré signa le 8 août 1488 la capitulation de la ville de Dinan. Bertrand d'Argentré évoque la prise de Dinan et y cite nombre de personnalités dont le sieur Ferré : L'armée des François de ce pas marcha à Dinan, conduite par le Vicomte de Rohan envoyé & commis par le Seigneur de la Tremouille: dedans estoit messire Amaury de la Moussaye sieur dudit lieu, accompagné de ses gentils-hommes Thomas de Quebriac, sieur dudit lieu, Jean Chesnel sieur de Malechat Lieutenant du Capitaine, messire Roland du Breil sieur de Raiz Sénéchal de Rennes, Messire Guillaume Lavalec Alloué, Charles du Breil procureur de Dinan manians les affaires de la ville, messire Bertrand de Quédilac, sieur de Caden, messire Gilles Ferré sieur de la Garaye, Guyon de Vendel sieur dudit lieu, Pierre de Plouër sieur de Plouër, Guillaume le Gac sieur du Plellis, Guillaume de la Bouexiere sieur de Montfort, Alain du Boisadam, Olivier de Perineuc, Briand de Plumaugat, Jean de Tremogon, Pierre de Lespinay sieur de Villegillouart, Guillaume de la Bouexiere sieur de Launay-Baudoin, messire Betrand de Porcon, Gilles Hingant, Jean Ruffier, du Cobas et plusieurs bourgeois, comme Guillemet Cholet, Charles Chauchart, Pierre Bourneuf , Alain de S. Cire, Pierre Lambert, Thomas Picot, & autres, lesquels sommez par le Vicomte de Rohan de rendre la ville au Roy, accorderent par composition, qu’elle seroit mile entre les mains dudit seigneur, qu’il commettoit à la garde d’icelle telle personne que bon luy sembleroit & feroient les habitans le serment au Roy…Gilles Ferré comparaissait encore en l'an 1513 pour la paroisse de Taden : -Gilles Ferré, chevalier, seigneur de la Gueraie, tient maison, bois ancien et trois metairies nobles, et une autre nomée la Tousche-Cheurel, roture, et 15 journaux; il demeure à ladite Gueraie. Il avait épousé vers l'an 1490 Françoise du Breil, dame du Pin en Saint Carné, de Launay Quinart en Saint-Jouan-des-Guérets et de Plumaugat. Françoise du Breil était fille de Charles du Breil, Seigneur du Pin en St-Carné, de la Bouexière, de Plumaugat et de Plumaugat en Ploubalay et de Ethaisse de Champagné (voir Généalogie de la Maison du Breil, par Ludovic de Magny, page n° 2).
Gilles Ferré et Françoise du Breil laissèrent au moins deux enfants : Bertrand Ferré (Va) -qui suit et Charlotte Ferré (Vb) qui épousa Jean de Beaucé (d'après les notes laissées par M. Gérard de Mellon). Jean de Beaucé, seigneur dud. lieu et de Chevillé fils de autre Jean et de Michelle de la Bouexière.
(Vb) Charlotte Ferré est donnée fille ainée de Gilles Ferré et Françoise du Breil, dans l'acte de la Réformation en 1668 propre à la famille de Beaucé, ce qui suppose qu'elle avait au moins une sœur cadette, voir plusieurs.
(Va) Bertrand Ferré, chevalier, seigneur de la Garaye, la Villèsblanc, le Pin, Launay-Quinart, Plumaugat, baron souverain de Grimaud en Suisse, épousa d'abord Catherine de Quédillac, fille de messire Bertrand de Quédillac et de dame Catherine de Chateaubriand. Devenu veuf, Bertrand Ferré épousa vers 1529 Péronnelle du Guémadeuc, fille de Jacques et de Françoise de Trélivan. La première alliance fut sans postérité, la seconde vit naitre au moins cinq enfants, à savoir : Charles Ferré (VI a), Jacques Ferré (VI b), Bertrand Ferré (VI c), Bertranne Ferré (VI d) et Marie Ferré (VI e).
(VI a) Charles, ainé de la fratrie épousa en février 1548 Bonaventure de Téhillac, fille de Haut et Puissant Jacques de Téhillac et de Christine du Houx. Converti au calvinisme, il fut condamné à comparaître devant le Parlement de Bretagne accusé d’avoir brûlé les images pieuses en sa chapelle de la Ville-es-Blancs, il était aussi impliqué dans un autre fait relaté dans les Mémoires de Charles Gouyon : Un advocat, apellé la Motte-Roux, poussé de Satan et du sr du Vaudoré mon parent, entreprint de nous mettre en mauvais mesnage et commença à me flagorner que ma femme aimoit mieux une de ses damoiselles que moy ; il dit d'autre moy du tiers de son bien qu'il avoit obligé en faveur de mon mariage. Somme, ce mechant estoit marry de nous voir sy bien ensemble; et ledit sr du Vaudoré à pareil. Ce mechant avocat print querelle avec le sr de la Ville-Aussant, frere du sr de la Ville-es Blanc, où ils tuerent un fauconnier apellé Mazure ; lequel auparavant avoit aussy tué le frere du segretaire de mon pere….Henri II donna «au capitaine Breil, gouverneur de Mariembourg, les confiscations et amendes en quoi pourront être condamnés Charles Ferré, sieur de la Garaye, et son frère, ainsi que Jean, sieur de Canquoy, son beau-frère, pour être atteints du faict d'hérésie» ; puis, le 6 janvier 1556, il lui confia le gouvernement d'Abbeville, une des places les plus menacées, par les Espagnols. Charles Ferré préféra s’exiler en Suisse, non sans avoir prit soin auparavant de procéder à un échange de terre avec Claude du Chatel dame de la Moussaye et de la Rivière Moussaye (voir Le protestantisme, page n° 1). De ce fait une partie de l’héritage paternel fut troqué contre des terres en Poitou. Messire Charles Ferré époux de Bonaventure de Téhillac ne comparut jamais devant le Parlement, afin de rendre compte des sacrilèges dont on l'accusait, avec son épouse, il vivait dans l'aisance, là-bas au bord du Lac Léman et jouissait d'un statut social, ayant été reçu bourgeois de Genève le 8 avril 1557. René Ferré, fils de Charles et de Bonaventure de Téhillac mourut semble-t-il sans postérité.
Péronnelle du Guémadeuc et ses deux jeunes fils Charles et Bertrand -alias Brient parvinrent à récupérer la Ville-es-Blancs. Précisément, Bertrand Ferré (VI c) fut l'auteur d'une branche cadette dite de la Villaussant (voir Le manoir des Granges à Sévignac) dont descendait assurément Guillaume De la Villlaussans marié à Delle Gillette Lorant. Qualifiés Sieur & dame des Granges, ils vivaient au début du XVIIe siècle, et un document daté du 21 novembre 1604 évoque Gilette Rolland, qualifiée de dame des Granges. Les troupes de Saint-Lorent, l'un des lieutenants du duc de Mercoeur assiégea la Ville-es-Blancs au cours des guerres de la Ligue comme en témoigne cet acte émanant de la juridiction de Limoëlan : « …les possesseurs (de la la Ville-es-Blancs ) ayant pendant les guerres civiles de cette province était du party du roy reignant contre le seigneur duc de Mercoeur, sa maison fut assiégée en l’année 1591 par le sieur de St-Lorent qui après plusieurs coups de canon fait tirer contre la dite maison de la la Ville-es-Blancs et tous les actes et papiers furent brûlés, comme il se voit par le procès verbal qui en fut fait d’autorité de la juridiction de Beaumanoir, de laquelle relève ladite maison. Le 27ème. 9. 1591. On attribue à Jacques Ferré (VI b), frère puiné de Charles, la reconstruction de la Ville-es-Blancs, sans nul doute dès le début du XVIIe siècle. Ses armoiries en alliances avec celles de son épouse Louise Bonnier, ornent l'une des cheminées de l'endroit. La Ville-es-Blancs disposait d'un colombier selon les actes émanant de la seigneurie du lieu, et grâce aux renseignements fournis par ce précieux document, M. de Mellon propriétaire actuel du lieu, est parvenu à identifier avec précision l'endroit où se dressait ce colombier. De surcroit, un chatelet permettait l'accès à l'endroit.
Outre Charles, Jacques et Bertrand Ferré, ainsi que nous l'avons vu, la fratrie comptait également Bertranne & Marie Ferré.
Bertranne Ferré (VI d) épousa Julien Ferron, fils de Simon Ferron et de Catherine Dauly, il vivait l'an 1540 (voir La famille Ferron de La Ferronnays, page n° 1). A travers les notices fournies par le Vicomte du Breil de Pontbriand, on découvre le contrat de mariage de Marie Ferré et de Julien du Breil de Pontbriand : Contrat de mariage de Julien du Breil, écuyer, seigneur de la Marre et des Jaunais (Aulnais), capitaine de Redon, accordé le 20e de mars 1551 avec demoiselle Marie Ferré, fille aînée de feu noble et puissant Bertrand Ferré, seigneur de la Garaie, du Pin, de la Villèsblanc, et de noble et puissante demoiselle Péronnelle de Guémadeuc, sa femme, dame du Pin, de Langevinaie, de la Rigoumain et de la Roberdaye, assistée de noble et puissant Charles Ferré, seigneur desdits lieux de la Garaie, de Launay et de la Villèsblanc, fils aîné et héritier principal et noble dudit Bertrand Ferré et de ladite dame du Pin. Les conditions de ce mariage sont, entre autres, que ledit sieur du Breil seroit payé d'une somme de 6,400 livres due à ladite future espouse par noble et puissant Pierre de Plouër, sr de la Bastardière et de Boisrouault, pour l'acquittement d'une rente de 320 livres à laquelle ledit de Plouër étoit engagé envers elle par acte du 29e septembre 1550, reçu par Robert Chaudron, notaire à Nantes ; et, après que ladite future eût reconnu que ses père et mère étoient nobles personnes et qu'elle ne prétendoit rien dans leurs successions que suivant ce qu'elle devoit avoir par rapport à leur gouvernement noble et avantageux suivant l'assise du comte Geffroy, ledit seigneur de la Garaie promet de donner à sadite soeur aînée la somme de cent vingt livres de rente, sur laquelle il retiendroit celle de quarante livres jusqu'au décès de ladite dame du Pin, leur mère. Ce contrat passé devant Julien Ferron et Thomas Baron, notaires royaux au ressort de la cour de Dinan, en présence de révérend père en Dieu frère Georges de Guémadeuc, abbé de St-Jacut ; noble et puissant François du Breil, chevalier, seigneur du Breil, de Lergay et des Hommeaux, gouverneur et lieutenant pour le Roy aux iles de Serq et de Chausé et capitaine de cinq cents hommes de guerre ; noble et puissant François de Guémadeuc, sr de Séréac, d'Arzal, de Kernoyal et de Mesgnies ; Jean du Breil, chevalier, sr de la Tousche, capitaine de Serq; Charles Ferré, écuyer, seigr de la Villèsblanc, frère puisné dudit sieur de la Garaie ; Georges de la Moussaye, seigr de Saint-Derrien ; noble et puissant François de Guémadeuc, seigneur dudit lieu, vicomte de Rezay, seigr de Beaulieu et de Creons quinolles; noble et puissant Briand de Tréal et demoiselle Françoise de Vendel, sa femme, seigneur et dame de l'Adventure, de Beaubois, de Lanrigan, de Sumette et de Varennes; nobles homs Olivier de Lanvaux, tant pour lui que pour delle Anne de Guémadeuc sa femme, seigneur et dame du Matz, de la Chapentrais et de Beaulieu ; François du Breil, seigr de la Roche, capitaine de Chausé; nobles homs Gilles Ferré, seigr de la Barbillonnière, des Coutures et de la Bérardaie, et de nobles homs Jean du Breil, seigneur de Gouillon et du Chalonge. Julien du Breil était fils de Guyon du Breil et de Marie Le Dos (voir Généalogie de la Maison du Breil, par Ludovic de Magny, page n° 1).
Messire Julien du Breil, chevalier de l'ordre du Roi, épousa avec dispense, le 2 mai 1551, Marie Ferré (VI e), dame du Pin, sa cousine, fille de Bertrand Ferré, et de Perronelle de Guemadeuc ; Il transigea sur partages avec messire Ferré, seigneur de la Garaye et de la Villesblancs, par l'avis de plusieurs parents, les 17 juin 1553, et 21 août 1556. Quant à Perronnelle du Guémadeuc, elle mourut dans la religion catholique et la cérémonie de ses funérailles eut lieu le 15 aout 1573 en l'église Saint-Malo de Dinan, son gendre Messire Julien du Breil Sieur de Pont-Briand y était présent. Acte ci-dessous.
Jacques Ferré, aussi désigné Charles releva en partie, ainsi que nous l'avons vu le manoir de la Ville-es-Blancs. Toutefois, sur les arrières, au croisement de deux corps de bâtiment, on distingue clairement une partie antérieure. Jacques Ferré épousa en 1583 à Rennes Louise Bonnier, descendante de cette très-ancienne famille de la province de Bretagne qui occupa, dès une époque très reculée, un rang élevé et remplit de hautes charges dans l'armée et dans l'État. Elle a été plusieurs fois maintenue dans la noblesse de Bretagne et déclarée noble d'ancienne extraction Jean Bonnier, Seigneur de la Gaudinaye, qui vivait au XVIe siècle, est regardé comme aieul de cette maison, même si un autre Jean Bonnier, de l'Évêché de Nantes, fut maintenu dans la Noblesse de Bretagne par l'ancienne Réformation, en 1426. Jacques Ferré et Louise Bonnier eurent entre autres enfants :
Elie Ferré (VII a) qui fut un temps seigneur de la Ville-es-Blancs et s'éteignit sans postérite ;
René Ferré (VII b), qui suit & Françoise Ferré unie à Julien d'Yvignac (voir les possesseurs de la seigneurie d'Yvignac).
Daniel Ferré (VII c), seigneur de la Villes-Blancs, de la Vayrie en Saint Solen épousa Renée de Champagné, fille de René de Champagné et Thomasse de la Lungraie, sieur et dame du Feil et du Coudrai. Le dit René de Champagné manifestement descendait des comtes de Suze, seigneurs de Belfort, sans doute d'une branche cadette, était également issue de cette maison Damoiselle Catherine de Champagné, épouse d'Amaury Gouyon, quatrième du nom, Marquis de la Moussaye (voir Généalogie de la famille de Champagné, page n° 1) . Trois enfants sont connus au sein de leur postérité :
Pierre Ferré (VIII a), dont nous reparlerons à la fin de cette étude ;
René Ferré (VIII b) qui succéda à son ainé à la tête de la seigneurie à laquelle étaient rattachés les baillages de Persil en Plénée-Jugon et Trémaudan en Plestan -relevant de la sénéchaussée de Jugon
Françoise Ferré (VIIIc).
(VIII b) Messire René Ferré contracta alliance le 14 février 1658 avec Anne Descartes fille de Joachim Descartes, Sieur de Chavagne, Conseiller au Parlement de Bretagne et de Marguerite Dupont. La famille Descartes était originaire de Touraine, et comptait parmi ses membres, outre le grand mathématicien et philisophe René Descartes, une des branches de cette Maison illustre, arrivée en Bretagne, formait une véritable dynastie de Robins : six d'entre eux siègèrent en tant que Conseillers au Parlement de Bretagne de 1585 à 1734 -d'après une étude de Xavier d' Aucourt. Joachim Descartes, grand-père de Anne Descartes épouse de Messire René Ferré, fut du nombre. Ci-dessous à droite, son portrait et celui d'un parent, le physicien René Descartes (à gauche).
Messire René Ferré, sieur de la Viilèblancs (Sévignac), de Galet et de la Noe-Grignon (voir La famille Grignon de Plénée), devait lui même siéger au Parlement jusqu'au 19 août 1686, sur sa propre renonciation : le 19 août 1686, Nicolas Deschamps Sieur de Mirebeau, Conseiller du Roi, Lieutenant General au Bailliage de Mont-Luçon, fut reçû en l'office de Conseil, ler Secretaire du Roi, Maison, Couronne de France & de ses Finances, au lieu de feu Guy Bouchard. Le même jour Nicolas Palet fut pourvû de l'office de Conseiller Secretaire du Roi, Maison, Couronne de France en la Chancelerie de Bretagne, sur la resignation de René Ferré Sieur de la Villes-blancs. René Ferré s'éteignit à la Ville-es-Blancs et fut inhumé le 27 septembre 1687, il avait 70 ans. De son union avec Anne Descartes, le sire Ferré de la Villes-es-Blancs laissait plusieurs enfants :
Anne-Louis Ferré (IX a) cité le 6 mai 1689 au Parlement de Bretagne -ci après ;
Marguerite Ferré (IX b) née en 1660 épousa Jean-Baptiste Le Vicomte, Sgr de Bonamour ;
Guy Ferré (IX c), né en 1661, titré seigneur de la Salle Villesblancs de la Vigne épousa Marie Anne Guihart, ce sont les parents de Joachim-Angélique Ferré lui même titré seigneur de la Salle Villesblancs lors du mariage de sa parente Marie-Louise Ferré avec Jean-François Le Vicomte. Joachim Ferré était décédé en 1741 et fut marié à Marie-Françoise du Pré de Pellan et père de Perrine-Guyonne Ferré, décédée l'an XII et de Anne-Marie-Louise Ferré, décédée en 1820. A Rennes, le dit Joachim-Angélique Ferré disposait de la Maison de la Coqueterie, ainsi mentionnée : "Au sud-ouest des bâtiments actuels de l'hospice, entre eux et le boulevard de Strasbourg, se trouvait autrefois la maison de la Coqueterie. Cette maison, après avoir appartenu aux Coquet, passa par succession aux Gensier de la Brosse qui la vendirent en 1619 aux Poulart. En 1654, elle était passée par alliance aux Pré de Pélan, qui l'avaient encore en 1717, était passée par alliance dès 1729 à Joachim-Angélique Ferré de la Villesblanc et fut détruite par un incendie en 1748. Les Ferré en vendirent les ruines en 1749 à Nicolas Audran, libraire imprimeur
Pierre-Joachim Ferré (IX d), naquit à Rennes en 1663, devint religieux Jésuite (chanoine) et mourut également à Rennes. Une notice intéressante nous donne le lieu de sa sépulture : A l'endroit (ancienne cathédrale de Rennes) est intervenu Me Christophe Mahé, avocat au Parlement, faisant pour messire Charles-François-René D'Andigné, chevalier, seigneur de La Châsse, conseiller au Parlement de Bretagne, mary et procureur de droit de dame Anne-Jeanne-Louise-HeIeinne Ferré de La Villesblanc, qui a requis que vérification soit faite de ce que les armes de la famille des Ferré, qui sont d'argent à une face d'azur, accompagné de trois molettes de gueules, sont rélevées en bosse dans la voûte de la ditte église, qui est dans le collatéral droit de la nef, et qu'il y a une tombe d'un Ferré, chanoyne, qui est à l'entrée, dans les recherches du choeur, du côté droit ou de l'Épître. Et a signé Mahé ;
Anne-Renée Ferré (IX e), née en 1664 à la Ville-es-Blancs, entra également dans les Ordres et devint Religieuse professe en l'abbaye Saint-Sulpice de Rennes. Voici les notes laissées par l'Abbé Guillotin dans le Pouillé de l'évêché de Rennes : dans les débrits du cloître qui environnait l'ancienne cour du monastère, nous avons encore retrouvé plusieurs pierres tombales des deux siècles derniers, ce sont ceux de Mmes Bouvron de St-Germain (1691), Ferré de la Villes-Blancs (1699), Saliou de Chef du Bois (1700), Mellet (1702), Berthin (1778), et de Quillieux du Plessix. Et l'Abbé Guillotin de conclure : ce sont toutes des religieuses ;
Prudence Ferré (IX f), née vers 1667 épousa François des Rondiers.
(VIIIc) Françoise Ferré, soeur de Messire René Ferré épousa Alain de Lesquen le 17 Février 1630. Alain, Chevalier, Seigneur de Lesquen, de la Villemeneust, du Vaumorvan, de la Duchays, la Ville-Auvray, la Ferté & la Ville-Geoffoy, était Chevalier de l'Ordre du Roi, Maître-d'Hôtel ordinaire de Sa Majesté, en considération de ses services, depuis 10 ans, dans les armées & dans les Etats de la Province. Fils de Gilles de Lesquen et de sa première épouse Bertranne Collet, lui même devint veuf de Françoise Ferré. Le 11 février 1640 Alain de Lesquen épousait en seconde noce Marie de Ploeuc. Issue du premier lit, Renée de Lesquen fut unie à Eustache Ferron, seigneur du Chesne (voir La seigneurie du Chêne-Ferron en Saint-Carné).
(IX a) Anne-Louis Ferré, seigneur de la Ville-es-Blancs, épousa Louise d'Epinose (voir Etude de la généalogie d'une famille Espagnole établie en Bretagne : la famille d'Espinose par Aubert de La Chesnaye Des Bois, François-Alexandre (1699-1783), il fut tout comme son père et son grand-père maternel, Conseiller au Parlement. Poste dont il fut pourvu le 7 janvier 1689, au lieu de Thierry résignant (n° 1149), et dispensé, par lettres du 28 mai 1688, de parenté avec son oncle Descartes (n° 386). C'est à Notre-Dame Nantes, le 4 septembre 1694 qu'eut lieu le mariage de Chevalier Anne-Louis Ferré et de Louise d'Espinoze, le jeune homme, Conseiller au Parlement de Bretagne, était agé de 39 ans, il avait vu le jour au quartier Saint-Georges à Rennes, la jeune femme agée de 24 ans, avait vu le jour à Saint-Vincent de Nantes. Parmis les enfants qui naquirent au sein de leur foyer il faut citer
Anne-Louise-Renaude Ferré (X a) -épousa, en 1715 Jean Baptiste du Breil, chevalier, seigneur du Chalonge, la Gibonnaye et le Pontruffier, dit le comte du Chalonge, capitaine de cavalerie, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, né en 1679. Jean-Baptiste du Breil mourut au château du Chalonge en 1739, Anne Ferré lui survécut et mourut elle-même au Chalonge,
François-Louis-Joachim Ferré (X b)
un enfant anonyme (X c)
Marie-Louise Ferré (X d) qui transporta le domaine de la Villes-es-Blancs dans la famille Le Vicomte.
Anne-Louis Ferré siégea au Parlement de Bretagne de 1689 à 1723. il s'éteignit le 17 avril 1735 à la Ville-es-Blancs. Son épouse mourut aussi à la Ville-es-Blancs le 9 décembre 1739, actes ci-dessous.
Ils laissèrent pour héritier
(X b) François-Louis-Joachim Ferré, Chevalier, Seigneur de la Ville-es-Blancs, né à Rennes en avril 1700. Il fut également Conseiller au Parlement de Bretagne de 1722 à 1730, date de son trépas survenu à Alençon. En 1709 il avait épousé Marie-Hélène des Rondiers. Leur fille, Anne-Jeanne-Louise-Hélène Ferré, née à Rennes en 1730 et décédée en cette même ville en 1785 fut dame de la Ville-es-Blancs, elle avait épousé Messire Charles-René-François d'Acigné attaché également au Parlement de Bretagne. Leur union fut sans postérité. Messire Charles François René d'Andigné et dame Anne Jeanne Françoise Helenne Feré son épouse, Seigneur et dame de la Chasse et de la Ville-es-Blanc, tiennent noblement un pré sittué près la maison noble du Bignon, contenant cinq journaux appellé le pré Gueroüif, joignant d'orient au ruisseau qui conduit du pont de la Maladrie à la Ville-Marie, du midy au chemin qui conduit de celuy cy après à la mare au Pasoüer, d'occident au chemin qui conduit de la Maladrie au Bignon, et du nord au pré du Bignon de Julien Huquet, sur lequel pré est deub dix sols monnois.
Le Bignon à Sévignac
Quelques actes émanant de la juridiction de la Ville-es-Blancs évoquent les possesseurs du lieu : 1777-1789. -Audiences tenues au bourg de Sévignac par maîtres Goudelin et Rebours, avocats postulants, vu la vacance de la charge de sénéchal. - Mandements de notaire et procureur accordés : au sieur Leclerc par messire Charles d'Andigné de La Chasse, mari et procureur d'Anne Ferré, dame de La Ville-ès-Blancs; au sieur Derouillac par messire Jean-Baptiste Le Vicomte, chevalier, seigneur de La Houssaye et de La Ville-ès-Blancs.-Adhésion des officiers de la juridiction, le 6 juin 1788, aux protestations du procureur-général-syndic des États, aux délibérations de la Commission intermédiaire, aux réquisitoires du procureur-général du Parlement et aux arrêts de la Cour concernant les enregistrements faits par autorité royale.-Émancipation de Laurence Hamonic.- Mainlevée de la succession de Laurent Paumier au profit de Guillaume Berhaut, etc.
Marie-Louise Ferré (X d) épousa ce 13 février 1736 Messire Jean-François Le Vicomte, Chevalier Seigneur de la Houssaye de la paroisse de Toussaint, ville et évêché de Rennes, Conseiller au Parlement de Bretagne. La jeune femme était âgée de trente-deux ans, le marié de quarante-six ans. Fils de Messire Jean-Pierre Le Vicomte, Seigneur de la Houssaye en Quessoy (voir Les possesseurs de la Houssaye en Quessoy) et du Seurre en Hénon et de dame Françoise Courtoys. Son père était Conseiller du Roi au Présidial de Rennes. C'est en la chapelle de la Ville-es-Blancs qu'eut lieu la cérémonie en présence de Louise d'Epinoze, Dame de la Villesblancs, Angélique Ferré, Augustin Le Vicomte frère, Messire Joachim Ferré, Chevalier seigneur de la Salle (voir La seigneurie des Salles à Sévignac.) Villesblancs, damoiselle Marie du Breil, demoiselle du Chalonge (voir Le château du Chalonge en Trévron) monsieur René Le Gentel avocat. Missire François Gesret désservant de Sévignac célébra la cérémonie. Ci dessous une écuelle couverte en argent, Rennes 1735-1736 par Jean-Baptiste Boullemer reçu en 1705. De forme circulaire, le corps uni est gravé, comme le couvercle des armoiries de la Famille Ferré de la Villesblancs (Paroisse de Sévignac). Elle s'agrémente de deux anses en forme de godrons rayonnants et de cavets, le couvercle à doucine est souligné d'une frise de godrons et se termine par un bouton orné d'un profil féminin reposant sur une terrasse rayonnante. Pds. 754 g. Long. 30,5 cm. Diam. 17,8 cm. Haut. 11,5 cm. Historique. Cette écuelle ayant appartenu à la dite dame Le Vicomte.
Anne-Jeanne-Louise Ferré Dame de la Ville-es-Blancs, épouse du Sieur Charles d'Acigné étant morte sans postérité en 1785, la seigneurie de la Ville-es-Blancs échu à Jean-Baptiste Le Vicomte, son cousin.
«Mainlevée de la succession d’Anne ferré, dame de la Villes es Blancs, veuve de Charles d’Andigné, marquis de la Chasse, accordée à Jean-Baptiste Le Vicomte, comte de la Houssaye, président à mortier au Parlement de Bretagne. Sentence rendue par maître Kersanté, le plus ancien procureur de la juridiction de Beaumanoir-Limoëlan.»
Messire Jean-Baptiste-Marie-Anne-Renault Le Vicomte, chevalier, comte de la Houssaye, seigneur de Coetsurel, de la Villemorin etc., conseiller au Parlement de Bretagne, en 1759, président à mortier, en 1775. Il était né à Sévignac, le 21 septembre 1739, fils de Messire Jean-François Le Vicomte, chevalier, seigneur de la Houssaye,conseiller au Parlement de Bretagne, en 1731, et de demoiselle Marie-Louise de Ferré de Villesblanc. Jean-Baptiste Le Vicomte de la Houssaye épousa :
1° en Saint-Jean de Rennes, le 11 avril 1765, dlle Marie-Anne-Céleste de Saint-Pern du Lattay (voir le château du Lattay en Guenroc, ses possesseurs), née en1748.
2° en Saint-Michel de Saint-Brieuc, le 7 juillet 1772, dlle Gabrielle-Marie-Anne de la Rivière, fille de messire Gilles-Jacques de la Rivière, chevalier, sgr de Beauchesne et de dlle Emilie Corentine le Ny de Coetudavel, née en cette paroisse de Saint-Michel, le 16 août 1754. De cette seconde union naquirent trois enfants : Jean Baptiste Le Vicomte de la Houssaye (ci-dessous) Henriette Le Vicomte de la Houssaye (qui transporta la Ville-es-Blancs dans la famille de Carné (ci-après) et Sophie Le Vicomte de la Houssaye qui transporta la Houssaye à la famille de la Nouë en épousant à Londres en 1798 Hilarion de la Nouë.
M. Le Vicomte émigra, avec sa seconde femme et leurs enfants en 1792 (voir Discours prononcé par le Président de la Houssaye, à l’assemblée constituante) Son fils, Jean-Baptiste-Marie Le Vicomte de la Houssaye, né à Rennes, le 23 janvier 1776, devenu sous-lieutenant au régiment du Dresnay dans l'armée royaliste, fut tué à Quiberon (voir Le Drame de Quiberon) le 12 thermidor, an III, deux jours avant son oncle,capitaine au même régiment. Celui-ci. Augustin-Jean-Marie,dit le chevalier de la Houssaye, naquit à Sévignac le 19 janvier 1742. Ancien officier des Mousquetaires du Roi, il émigra, en 1792, et devenu capitaine au régiment du Dresnay, ainsi que nous l'avons dit, il fut tué à Vannes, le 14 thermidor an III. De son mariage avec Mlle Marie Gratien. il ne laissait aucune postérité.
Henriette-Marie-Augustine-Jeanne-Françoise Le Vicomte de la Houssaye avait vu le jour en la paroisse Saint-Etienne de Rennes, et c'est en cette même ville qu'elle épousa en 1800 Florimond-Jean-Baptiste-Marie-Hyppolite de Carné-Trécesson, fils de César de Carné, marquis de Trécesson et de Angélique de Kermenguy de Saint-Laurent. A leur foyer naquit un seul fils : Henri de Carné, marquis de Coëtlogon né en 1802. C'est à Saint Brieuc où elle demeurait qu'elle trépassa le 29 Prairial an XI, soit le 18 juin 1803, elle était âgée de 22 ans.
Henri de Carné-Trécesson et Léonie de Chappedelaine
C'est le 14 germinal an X – 4 avril 1802, que Henri de Carné-Trécesson naquit en la ville de Rennes, de l'union de Florimond et de Henriette Le Vicomte de la Houssaye. Le 13 septembre 1837 à Sévignac, Monsieur Henri-Marie-Toussaint de Carné alors âgé de 30 ans, propriétaire domicilié à Guingamp, épousait Mademoiselle Léonie-Marie de Chappedelaine âgée de 25 ans, fille de Monsieur Jean-Baptiste de Chappedelaine et de dame Thérèse Picot de Limoëlan (voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1), présente et consentante audit mariage. En dot la mariée apportait à son époux le château de Beaumont (voir Le château de Beaumont en Guitté), en Guitté, et des terres en Guitté, Guenroc et Médréac (notes de M. de Mellon) De leur union naquirent :
Henri de Carné-Trécesson 1834-1912 épousa Marie de Guéhéneuc de Boishüe ; Léon de Carné-Trécesson 1835-1900, épousa Elisabeth de Lorgeril, puis Marie Léon de Trévérret ; Hélène de Carné-Trécesson 1837-1837 ; Edmond de Carné-Trécesson 1839-1855 ; Alphonse de Carné-Trécesson 1841-1911 épousa Marguerite de Guéhéneuc de Boishüe -dont Marie mariée à Geoffroy, comte de Mellon, puis Thérèse Guéheneuc de Boishüe ; Amaury de Carné-Trécesson 1844-1910 épousa Gabrielle Vallée ; Louis de Carné-Trécesson 1846-1926 épousa Clotilde de Guéhéneuc de Boishüe -dont Christian de Carné-Trécesson, puis Marguerite Dargent ; Roger de Carné-Trécesson 1849 ; Marie de Carné-Trécesson 1851-1931 épousa Alphonse d'Avout.
C'est à Monsieur Henri de Carné-Trécesson, que le réaménagement de la Ville-es-Blancs est dû. Monsieur de Henri de Carné devint maire de Sévignac de 1860 à 1866 et conseiller général des Côtes du Nord. Quand on consulte les registres d'état civil, on observe la première signature Henri de Carné Coetlogon, la seconde ne porte plus le patronyme Coëtlogon. Ci-dessous.
Voici la raison de cet abandon : Les héritiers de Coëtlogon,prétendant que le nom de Coëtlogon leur appartenait exclusivement, ont cité devant le tribunal de Pontoise les héritiers de Carné, pour leur faire faire défense de l'ajouter à leur nom. Sur cette demande, est intervenu, le 17 janv. 1861, un jugement ainsi conçu : «Attendu que le nom patronymique d'une famille est pour elle une propriété qui lui donne le droit de s'opposer à ce que ce nom soit porté par une autre famille qui n'y serait point dûment autorisée, soit seul, soit par addition au nom patronymique de cette famille, quelles que soient l'honorabilité et la position sociale de celle-ci; que les demandeurs ne sont pas tenus de justifier de l'intérêt qu'ils peuvent ou croient avoir à former leur action ; qu'ils sont seulement tenus de déclarer qu'ils n'entendent point qu'une autre famille porte le nom qui leur appartient ; -Attendu que les demandeurs, César-Bernard-Félicité-Alfred de Coëtlogon et Charles-Louis-Emmanuel de Coëtlogon, justifient, par les actes de l'état civil par eux produits, qu'ils sont issus du mariage de Jean-Baptiste-Félicité de Coëtlogon avec Marie-Anne Charlotte-Constance de Clugny, lequel sieur Jean-Baptiste-Félicité de Coëtlogon était issu de Allain-Emmanuel-Félicité de Coëtlogon et de Marguerite-Thérèse-Bernarde-Eugénie de Roy de Vaquière, lequel Allain-Emmanuel Félicité de Coëtlogon était issu du mariage de Charles-Elisabeth de Coëtlogon avec Marie-Catherine-Françoise de Vetères du Revès ; -Attendu, au reste, qu'il n'est pas contesté que les demandeurs sont, par eux et par leurs auteurs, depuis un temps immémorial, en possession, comme nom patronymique, du nom de Coëtlogon ; -Attendu que si, par le mariage de Perrine-Marie-Catherine de Coëtlogon, héritière de la branche aînée de la famille de Coëtlogon, avec Gilles-Jacques Pierre de Trécesson, des sires de Carné, la terre érigée en marquisat de Coëtlogon a été apportée dans la famille de Carné, et si, sous la législation qui a précédé le 19 juin 1790, les auteurs de Carné-Trécesson pouvaient, soit comme propriétaires de la terre de Coëtlogon, soit comme étant aux droits de Perrine-Marie-Catherine de Coëtlogon, ajouter à leur nom patronymique et y incorporer le nom de Coëtlogon, il ne résulte d'aucun des actes par eux produits qu'ils aient réellement pris ce nom ; -Attendu, en effet. (lci, à l'appui de cette proposition, le jugement analyse un certain nombre de titres et d'actes produits par les héritiers de Carné, lesquels actes sont signés de Carné seulement, bien que, dans certains, le titre de marquis de Coëtlogon, joint à plusieurs au tres titres de seigneuries, soit donné à leurs auteurs. Puis le jugement continue ainsi : « Attendu que le titre de marquis de Coëtlogon, donné dans ces actes à l'un de leurs auteurs, est sans doute un argument en faveur des défendeurs; mais que ces actes, faits en l'absence d'abord du seigneur de Coëtlogon, puis de la dame sa veuve, ne peuvent être considérés que comme contenant des qualifications résultant des droits seigneuriaux qu'ils possédaient sur les diverses terres énoncées auxdits actes; ils n'établissent pas suffisamment que le nom de Coëtlogon faisait partie intégrante de leur nom patronymique ; -Attendu que le décret national du 19 juin 1790 porte qu'aucun citoyen français ne pourra prendre que le vrai nom de sa fa mille, et le décret de la Convention nationale du 6 fruct. an 2, qu'aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance ; -Que les défendeurs ne peuvent se prévaloir de l'exception contenue en l'art. 2, puisque leurs auteurs n'avaient réellement jamais pris le nom de Coëtlogon ;-Attendu que si, néanmoins, le sieur Florimond-Jean-Baptiste-Hippolyte-Marie de Carné a pris, depuis ces lois, le nom de Coëtlogon, les défendeurs ne peuvent opposer valablement la prescription ; -Qu'en effet, la prescription ne peut être acquise pour les choses qui ne sont pas dans le commerce ; -Attendu que le jugement : du 29 frim. an 13, qui a attribué au et aïeul des défendeurs les droits immobiliers résultant à son profit de la coutume de Bretagne, comme représentant, par Marie Perrine Catherine de Coëtlogon, la branche aînée de la famille de Coëtlogon, n'a rien statué et n'avait rien à statuer quand au nom de famille ;-Qu'au surplus, dans ce acte même, l'auteur des défendeurs est désigné sous les noms de César-Hippolyte Jean Baptiste-René de Carné de Trécesson;-Par ces motifs, fait aux parties de Me Lefrançois défense de porter à l'avenir ou ajouter à leur nom celui de Coëtlegon...
C'est au château de la Ville-es-Blancs, le 8 novembre 1869, à l'âge de 69 ans que Henri-Marie-Toussaint de Carné s'éteignit. Monsieur Guillaume Guitton, demeurant le Manoir, âgé de 69 ans et cultivateur, deuxième adjoint de M. de Carné, fit cette déclaration, assisté de Monsieur Jacques Gesret, demeurant le bourg, âgé de 63 ans et secrétaire de mairie. Dame Léonie-Marie de Chappedelaine, décéda le 2 février 1878 égaement à Sévignac, à l'âge de 65 ans, d'après la déclaration effectuée en mairie de Sévignac par Monsieur Pierre Gesret, receveur-buraliste, demeurant Sévignac, âgé de 70 ans, assisté de Monsieur Hippolyte Guinard, instituteur à Sévignac, agé de 35 ans.
Henri de Carné (fils) et Marie Guéhéneuc de Boishüe
L'aîné de leurs enfants fut prénommé Henri-Jean-Baptiste-Antoine, il naquit à Limoëlan le 17 janvier 1835, selon la déclaration effectuée le lendemain en mairie de Sévignac par Hyacinthe-Jean-Baptiste-Michel-Hyppolite de Chappedelaine, 29 ans, Capitaine du génie, demeurant Bedfort, assisté de Marhurin Gicquel, 31 ans, insitituteur à Sévignac. Le 22 novembre 1872, il épousa à Plumaugat Marie Guéhéneuc de Boishüe, fille de Charles et de Marie-Caroline de Plouays (voir (voir Histoire de Plumaugat , en résumé.). Le marié titré Chevalier de Saint-Louis, est donné membre de la Légion d'Honneur, membre du Conseil Général des Cotes-du-Nord, et maire de Sévignac. Âgé de 37 ans, il est propriétaire demeurant à Sévignac. Marie-Carolie-Félicie de Guéhéneuc, âgée de 23 ans est native de Mordelles en Île et Vilaine, et demeurant Plumaugat -ses parents possédaient le château de l'Hozier. Le couple vint s'établir à la Ville-es-Blancs, mais leur union fut sans postérité. Leur neveu Christian de Carné-Trécesson étant devenu orphelin de sa mère vers l'âge de six ans, le père de ce dernier, Louis de Carné-Trécesson, Officier de carrière nommé à Tonkin, le confia au sénateur et à son épouse. Regardé comme héritier naturel de la Ville-es-Blancs, Sous-Lieutenant au 247e Régiment d'Infanterie il fut tué à l'ennemi en 1916 dans la Meuse. Voici la biographie consacrée au sénateur de Carné : Le marquis de Carné est né à Sevignac (Côtes-du Nord) Ie 21 janvier 1834. Maire de Sevignac, conseiller général du canton de Broons, M. de Carné a, pour la première fois, été élu sénateur le 10 octobre 1880, par 270 voix sur 487 votants, en remplacement de M. Allenou, décédé. Il fut réélu le 25 janvier 1885, au premier tour, par 739 voix contre 526 à M. Deroyer et, le 7 janvier 1894, également au premier tour, par 714 voix contre 513 à M. Larerc. M. le marquis de Carné a fait au Sénat partie de plusieurs commissions et pris à diverses reprises la parole, notamment dans la discussion des questions agricoles, économiques, contre les dispositions de la loi sur l'enseignement primaire, etc. Il a, durant plusieurs années, fait partie du bureau du Sénat, comme représentant de la droite, en qualité de secrétaire. Il est monarchiste
Sous son mandat, le bourg de Sévignac s'orna d'une église néo-gothique, et les enfants bénéficièrent d'une première école sise aux Jardins de Nancolet, construite sur la terre concédée gratuitement à la commune par la famille de Carné, et désservie par les religieuses de Broons. Mais quand advint la séparation du bien de l'Eglise et de l'Etat, les bâtiments furent confiqués et les religieuses expulsées. L'école privée devint école laïque. En 1900, sous le mandat du sénateur, fut acquis le parcellaire dit du Champs-Vainqueur appartenant à un négociant établit au bourg de Sévignac, M. Magloire Plessix. C'est l'entreprise Réglain de Dinan à laquelle la même municipalité avait fait appel lors de la construction de l'église, qui se chargea de l'aménagement de cette école, encore en activité aujourd'hui. Enfin, la soeur du sénateur, Madame d'Avout, propriétaire de Badouard au bourg de Sévignac, donna la terre située sur les arrières de Badouard, en vue d'aménager une école privée. C'est l'abbé Ange-Marie Lécuyer, alors désservant de Guitté, et dont les parents exploitaient la ferme de Badouard, qui, le 23 septembre 1910, signa devant notaire, l'acte acquisition de cette parcelle de 16 ares. Ainsi naquit l'école Saint-Yves, longtemps désservie par les religieuses, et servant aujourd'hui d'annexe à la mairie. Le 23 janvier 1912, le sénateur de Carné s'éteignait à la Ville es Blancs. Voici ce qu'on pouvait lire dans les quotidiens :
Nous avons le regret d'apprendre la mort de M. le marquis de Carné-Coëtlogon, vicomte de Trécesson, ancien sénateur des Côtes-du-Nord, décédé dans sa soixante-dix-huitième année, au château de la Ville-ès-Blancs (Côtes-du- Nord) Fils du marquis de Carné et de la marquise, née de Chappedelaine, M. Henri de Carné fut d'abord; un brillant officier de cavalerie. En 1870, les mobiles des Côtes-du-Nord le choisirent pour leur colonel. Après la guerre, M. de Carné prit une grande part aux luttes politiques de son département. En 1871, il est élu maire de Sévignac et conseiller général. En 1880, il devient sénateur des Côtes-du-Nord de 1880 à 1912, il a fait partie sans discontinuer de la haute Assemblée, où ses convictions politiques et religieuses invariables lui valent la plus vive sympathie de ses amis et l'estime de.ses propres adversaires. On se rappelle que, lors du dernier renouvellement, le marquis de Carné, déjà souffrant de la maladie qui devait l'emporter, avait décliné toute candidature. A la mort de M. le comte de Maillé, il fut élu président de la droite du Sénat. Pendant plusieurs années, il présida avec tact, intelligence et, autorité ce groupe, qui compte tant d'hommes éminents qui sont restés l'honneur du parti monarchiste et du Parlement français. La disparition de ce très galant homme causera à tous ceux qui l'ont connu d'unanimes regrets
Les obsèques du marquis de Carné, ancien sénateur, conseiller général de Côtes du Nord, maire de Sévignac, décédé à l'âge de 78 ans ont été célébrées, avant hier en l'église de Sévignac (dimanche 28 janvier 1912), en présence d'une foule nombreuse. La famille était représentée par la marquise de Carné ; la comtesse de Carné-Trécesson ; les comtesses Alphonse et Amaury de Carné-Trécesson ; le comte et la comtesse Louis de Carné-Trécesson ; le baron et la baronne d'Avout ; Mme de Guehénneuc, religieuse de la Retraite ; comte et comtesse Maurice de Guéhénneuc ; Mme de Guéhénneuc, religieuse de Saint-Vincent de Paul ; comte et comtesse de Carné-Trécesson ; vicomte et vicomtesse de Mellon ; vicomte Christian de Carné-Trécesson ; Mlle Jacqueline de Carné-Trécesson ; M. Olivier de Carné-Trécesson ; Mlles Léonie et Yvonne d'Avout ; M. Henri d'Avout etc.
Marie de Carné, fille de Alphonse de Carné-Trécesson et de son épouse Marguerite de Guéhéneuc de Boishüe, avait vu le jour en 1879 à Plumaugat. C'est à Médréac, qu'elle épousa le comte Geoffroy de Mellon, par ailleurs propriétaire en cette même localité du château de l'Epinay (voir Histoire de Plumaugat , en résumé.). Ce sont eux qui en 1936 héritèrent de la Ville-es-Blancs, à la mort de Marie de Guéhéneuc de Boishüe, épouse du sénateur. Leur petit fils Gérard est aujourd'hui propriétaire de la Ville-es-Blancs.
Pierre Ferré (VIII a) fils de Daniel Ferré, seigneur de la Ville-es-Blancs et de Catherine de Champagné naquit le deux août 1615 à Rennes. Manifestement c'est lui qui est à quatre reprises mentionné comme étant le père illégitime de ces jeunes filles nées respectivement en 1649, 1652, 1654 et 1655. En feuilletant les pages des registres paroissiaux de Sévignac, on découvre un acte faisant mention de la première de ces naissance. La mère de l'enfant s'appelait Maurye Régnault et selon toute vraisemblance, celle ci avait été baptisée le 27 février 1611 à Sévignac. Acte ci-dessous : Amaurye fille Pierre Regnault & barbe Rouvrays sa femme fut baptisée le vingt septième jour de février (1611) parain Louis Guérin qui la tenue sur fonts marainne Jullienne Piot. La jeune femme rentra très certainement au service de la famille Ferré de la Ville-es-Blancs,
C'est en 1649, le premier juin que la jeune Julienne fille illégitime de Maurye Regnault advouée au Sieur de la Vayrie fut baptizée par missire Moysan, avec pour parrain Jan Aubin et pour marraine Julienne Letexier. Acte ci-dessous.
C'est également Missire Moysan, qui laissait ces notes dans le registre paroissial de Sévignac à la date du 29 janvier 1652 : "Claude fille illégitime de Maurye Regnault advouée à Escuyer Pierre Ferré de la Villesblanc, fut née le treiziesme de juillet 1651, tenue sur fonts par Richard Bezard le 29 janvier 1652, présente Claude Caruel qui luy donna son prénom. Acte ci-dessous.
Deux ans plus tard, Missire Lemercier, de sa plume, mentionnait le baptême de Perrine fille illégitime de Maurye Regnault, advouée à escuyer Pierre Ferré seigneur de la Villesblanc fut baptizée le 4e Mars tenue sur fonts par Pierre Bezard Gillette Lemercier. Acte ci-dessous
Missire Moysan mentionne le quatrième enfant illégitime de Maurye Régnault en 1655 : Mathurine fille illégitime de Maurye Regnalt advouée à Escuyer Pierre Ferré, Sr de la Villesblanc, fut baptizée le 28e jour d'octobre, Tenue sur fonts par escuyer Mathurin Lemintier Sr de St André et h(onorable) fe(mme) Françoise Bezard Marainne.
A l'exception de Julienne qui atteignit la maturité, les trois autres fillettes moururent probablement en bas-âge, sans que l'on en connaisse la date exacte, en effet, les premiers actes de décès ne furent enregistrés à Sévignac qu'à partir du premier janvier 1669 par Missire Christophe Tronnel. Julienne épousa Maître Toussaint Durand, lui-même attaché à la juridiction de la Ville-es-Blancs en tant que notaire. Maître Toussaint Durand et Julienne eurent cinq enfants. C'est sous l'identité de Julienne du Manoir que la jeune femme est mentionnée, lors du décès de sa mère Maurye Régnault. Décès survenu le 8e janvier 1691 au Bignon, lieu évoqué dans ce rentier datant de 1756, et cité à l'article touchant Anne-Louise Ferré Dame de la Ville-es-Blancs et épouse de Charles d'Acigné. Voici l'acte de décès mentionné par missire Jan Hamonic : Maurie Regnault du Bignon aagée d'environ soixante-dix-sept ans et Mauricette Grignon du village de l'Echalay décédèrent le huitiesme janvier Mil sept cent quatre vingt onze après avoir reçu les derniers sacrements pendant leur maladie & furent inhumées, sçavoir ladite Regnault dans l'église de Sévignac soubz l'une des tombes de la Villesblanc par moy, soubz signé recteur et ladite Grignon aagée de quarante cinq ans dans la chapelle de St Cado par moy soubz signé Missire Jan Lemercier le neufviesme dud. Moy & an, assistèrent à la sépulture de ladite Regnault Julienne et Françoise Du manoir ses filles Laurent Le Collinet son gendre Allain Leclerc & autres... Ainsi apparaît une cinquième fille de Maurye Régnault, Françoise, qui, comme sa soeur Julienne, porte le nom patronymique de du Manoir. C'est elle, Françoise du Manoir qui épousa le dit Laurent Le Collinet, donné ici comme gendre de Maurye Régnault.
Le mariage de Françoise Du Manoir et de Laurent Le Collinet se déroula en la chapelle de la Villesblanc, comme on le voit ci-dessous à travers cet acte rédigé par Missire Jean Hamounic : Jay soubz signé Missire Jan Hamounic certifie avoir administré la bénédiction nuptialle à Laurent Le Collinet et Françoise du Manoir dans la chapelle de la Villesblanc en presence d'Escuyer René Ferré sieur de la Villesblanc et dame Anne-Louise Descartes dame de la Villesblanc François Le Collinet, Maistre Mathurin Derouillac et plusieurs autres, le mardy troisiesme jour du Moy de mars 1666. A foy de quoy jay signé le presant. Hamounic. Douze enfants naquirent au sein du foyer du couple.
Ci dessous l'acte de décès de Françoise du Manoir, âgée de 57 ans et inhumée le 9 mars 1704. Elle serait donc née vers 1647 et semblerait l'aînée de la fratrie. Rien n'exclue qu'elle ait vu le jour ailleurs qu'à Sévignac, l'hypothèse que sa mère eût été domestique à Rennes chez le dit Sieur Pierre Ferré peut être plausible, et en ce cas, Françoise aurait pu naître à Rennes.
Ci-dessous l'acte de décès de Julienne du Manoir, âgée de 55 ans, inhumée le 12 juillet 1706.
Nous savons que la famille Ferré disposait comme indiqué dans la montre nobiliaire datée de 1475 évoquée ci-dessus au sujet de Me Robert Ferré de la Villesblanc, avec cette précision 'le mesme, au bourg de Sévignac". Cet endroit est connu sous le nom du Manoir et manifestement les filles illégitimes de Pierre Ferré de la Ville es Blancs reçurent pour nom patronymique celui de cette terre relevant de la seigneurie de la famille Ferré. D'autres enfants illégitimes reçurent pareillement des patronymes liés aux terres de leurs géniteurs, ce fut le cas de la famille De Millia, vivant au début du XVIIe siècle à Sévignac, et ces desendants regardés comme bâtards de la famille Le Borgne de Millia, idem avec ces demoiselles de la Bichonnais mentionnées à Sévignac dans la seconde moitié du XVIIe siècle mais dont on ignore l'origine du géniteur, à Broons le patronyme du Blanc-Mouton fait allusion à la terre seigneuriale de Langourla qui appartint un temps aux Le Mintier. Le lieu et métairie noble du grand manoir, près le bourg de Sévignac, appartenance, dépendances, consistant en ses maisons logements, étables, écuries, et granges, cour rues, déport, issus, franchises, landes communes, puis, four, courtil, colombier, jardin, verger, courtil, et garennes à lapin, contenants le tout ensemble compris, le fond pour les maisons : un journal et demy, joignant d'occident au chemin qui conduit du bourg de Sévignac au dit lieu du manoir du midy au chemin qui conduit du dernier au Plessix Gautron, d'occident aux maison et jardins du petit manoir, cy après le clos quenus, contenant sept journaux les dittes deux pièces se tenantes, joignant dudit bourg de Sévignac au Garnil. L'endroit désigné la Cour d'en Haut proche du Manoir faisait sans nul doute partie du domaine. La lecture du rentier de 1756 évoque aussi la parcelle des demoiselles située à l'angle de la route conduisant à la Cour d'en Haut et au Manoir, juste en face l'actuel cimetière. La cloture des demoiselles contenante cinq journaux la cloture de lange contenant un journal et demy la prée Harivel ou Yeux de Coq, tant fauchable qu'en bois, contenant trois journaux et demy les dittes quatres pièces de terre s'entretenant et joignant d'orient et midy, au chemin qui conduit du bourg de Sévignac au Plessix d'occident à terre du grand manoir et du nord à la pièce du Hay de Guillaume Goudelin et au clos paris de Jacquemine Paumier les petits clos ferchaux contenant deux journaux et demy les grands clos ferchaux contenants trois journaux et demy, les dittes deux pièces se joignantes, un chemin entre joignant d'orient au chemin qui conduit du bourg de Sévignac à la Lande de Guitternel, du midy aux perrières de Jeanne Paumier d'occident à terre de Nicolas Tronel, et du nord au chemin qui conduit des dits manoirs au Plessis".Au manoir du bourg, une bâtisse tapie sur les arrières offre des ouvertures du XVIe siècle, les autres dépendances sont plus récentes. Quand on emprunte la voie conduisant à la maison des associations, on longe les arrières d'anciennes soues à cochons, auprès desquelles étaient jadis visibles des douves. A la Cour d'en Haut, les bâtiments étaient semble-t-il disposés autour d'une cour close. Une belle cheminée y voisine avec une porte cintrée, et une margelle de puits offrait des armoiries à présent effacées, étaient-ce celles des Ferré ? Sur la façade de l'endroit, on devine un réemploi de matériaux. S'agissant de l'ancienne métairie de Nancollet, une bouche à feu pour mousqueton a été incorporée dans un des bâtiments, la pièce pourrait provenir de l'ancien château de la Villes-es-Blancs. La seigneurie de la Villes-es-Blancs disposait du droit de Moyenne et basse justice, et il est probable que son auditoire de justice était implanté audit lieu Villaussant à Sévignac, l'endroit proche du restaurant le Relais de Rochereuil. A travers le nom Villaussant peut-être faut il voir l'altération de Ville au sceau. Pour ce qui touchait les dossiers de haute justice, la Ville-es-Blancs relevait de la seigneurie de Beaumanoir-Limoëlan, et pour partie de la sénéchaussée de Jugon. Ci-dessous, l'ancien bâtiment du Manoir avec ses ouvertures et sa cheminée, margelle de puits armoriée à la Cour d'en Haut et bouche à feu à Nancolet