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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 19:28

Si certaines corporations ont pu passer par l'étape de la confrérie libre avant de se constituer en communautés, il en est certainement beaucoup, parmi celles surtout qui n'eurent de statuts qu'au XVIe et au XVIIe siècles, qui s'organisèrent dès l'abord en communautés. Cela ne les empêcha point de former pour la plupart des confréries, selon l'exemple des communautés plus anciennes, et par suite de l'habitude qu'on avait alors de revêtir d'un caractère religieux les principaux actes de la vie publique. Il ne faut pas oublier enfin que le nombre des métiers qui se constituèrent à Rennes, tant en communautés qu'en confréries, fut relativement restreint. La très grande majorité des corporations restèrent libres.

 

 

Les ducs de Bretagne et les métiers rennais. Octrois de statuts.

 

 

Les quatre octrois de statuts faits par les ducs de Bretagne à des corporations rennaises, pour lesquels nous avons des dates précises, remontent à fin du XIVe siècle et au XVe siècle. C'est très probablement à la même époque que les divers métiers qui, nous le savons par les lettres de confirmation de leurs privilèges délivrées au XVIe et au XVIIe siècles, obtinrent des statuts des ducs de Bretagne mais à des dates que nous ignorons, s'organisèrent en communautés jurées. Les corporations dont le pouvoir ducal aurait ainsi approuvé les règlements seraient celles des merciers, des pintiers ou fabricants de vaisselle et de pots d'étain, des esquerdeux ou fabricants de balles pour le jeu de paume, des bonnetiers, des selliers, des cordonniers, des pâtissiers, des sergiers, des drapiers et des barbiers-chirurgiens. Les quatre octrois de statuts dont nous avons les dates précises furent faits aux boursiers, gantiers et blanconniers en 1395, aux boulangers en 1454, aux teinturiers en 1458 et aux bouchers en 1482 ou 1493.

 

 

Le fisc ducal et les corporations.

 

 

Nous ne savons quelles formalités précédaient l'approbation des règlements corporatifs par les ducs. Le grand nombre de statuts accordés par eux montre qu'ils ne devaient point opposer de grandes résistances à l'organisation des communautés en jurande. Ils les considéraient peut-être comme utiles au développement économique de la ville et favorables au maintien d'une bonne police parmi les artisans. Peut-être trouvaient-ils un intérêt fiscal à les développer. Aucun exemple toutefois ne nous prouve que les corporations achetaient l'approbation de leurs statuts. Nous ne pouvons non plus affirmer que le fisc ducal ait durement exploité les communautés en jurande, comme le fit plus tard le fisc royal. Ses exigences furent, au contraire, probablement très modérés. Nous avons les comptes des prévôts des marchands à partir de l'année 1452. Ces comptes ne portent d'autre mention d'une redevance payée régulièrement au duc que celle d'une somme de 20 livres versée chaque année à la Noël. Il faut ajouter que lorsque le corps des marchands demandait au duc d'intervenir dans un conflit et de faire respecter ses privilèges, le duc et ses officiers faisaient payer assez cher leur intervention. En 1452, le duc reçoit ainsi 80 livres du corps des marchands, afin de débouter de sa demande un certain Gillet des Fontaines qui veut se faire admettre comme maître dans la communauté sans remplir les conditions imposées par les statuts. Afin que le duc soit bien conseillé dans cette affaire, son chancelier reçoit 10 livres et un certain Michel de Partenay, 11 l. 13 s. 4 d. Ces dépenses, toutefois, ne rompaient pas l'équilibre du budget de la communauté comme le devaient faire plus tard les exigences du fisc royal.

 

 

Communauté des Poulliers et Fondeurs de la ville de Rennes

 

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Published by poudouvre
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