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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 09:52

 

 

 

Desssin du Vicomte Frotier de La Messelière

 

Nous, écuyer Jean Maupetit, sieur des Bignons, sénéchal de la Cour et baronnie de la Hunaudaye, Chateaubriand, Montanlant au siège du Chemin Chaussé. Savoir faisons quant environ les huit heures du matin de ce jour de samedy, vingt septième de décembre mil cinq cent quatre vingt dix sept, seroient venus en notre maison des Bignons noble Messire Jean des Déserts, sieur Becteur de Planguenoual ; Me Ollivier Haugoumart et Pierre Grimault, trésoriers et marguilliers de la fabrice de la dite Eglise de Planguenoual, lesquels nous auroient remontré que par cas fortuit et inopiné le temple de l'Eglise du dit Planguenoual auroit été brûlé et consumé par le feu, la nuit d'entre le jeudy vingt cinquième et vendredy vingt-sixième jour de décembre ; et pour faire état, description et procès-verbal du tout ce qui y est advenu, nous sommes recordé ayant eu en leur compaignie pour adjoint, M. Bolland Poussin, notaire de la dite cour et baronnie de la Hunaudaye, duquel avons prins le serment de fidèlement se porter au rapport des présentes ; ce fait, sans autre divertissement, nous sommes acheminés au bourg de Planguenoual, et arrivé, avons entré dans les costalles et murailles dudit temple et esglise, et y avons vu le sacraire, le superflce jouste clocher, chapelle, chevet des prêtres ; étant au choeur, le retrio, Croit si fit, ymages, enfeus et escabeaux étant en la dite église du tout consumés par le feu et réduit en cendres et à la chute des bois et vouxtes du superSce dudit temple, en avoir été les autels et tombes de pierre rompues et brisées. Et pour savoir la longueur et largeur de la dite Eglise, l'avons fait mesurer par Pierre Griroaut et François Huet, qui s'est trouvé de longueur depuis le pignon du grand autel jusqu'à la principale porte du bas de ladite église, contenir six vingt pieds et de costale à costale quarante un pieds ; et depuis la costale de la chapelle de la Haïaye, jusqu'à la costale de la chapelle de la Ville au Vée, soixante un dix pieds. Et ce fait, lesdits sieurs Recteur et Marguilljer nous ont dit qu'ils avaient fait tout de voir d'appeler et convoquer le peuple au secours pour empêcher l'embrasement de ladite église dans laquelle étoiant tous les ornements d'icelle et joyaux précieux ; lettres, titres, garants, et enseignements concernant revenu des droits de ladite fabrice et frairie de St Michel, môme les lettres, titres de ladite rectorie et frères chapelains, obligations, quittances et autres titres audit sieur recteur appartenant. Que môme, plusieurs lettres au sieur de Porpilly, frère aîné dudit situr recteur de Planguenoual, entre autres lettres faisant mention de la vicompté de Porpilly, son dit frère qu'il lui avait été envoyées depuis peu de temps, pour faire le remboursement au sieur et dame de la Villehervé. Que môme plusieurs autres lettres concernant les successions de ses prédécesseurs étoient à une cache faite entre la muraille et arcade joigne la muraille et le pignon du grand autel et à la trésorerie d'icelle qui étoient sur la chapelle de la Pontaine-Orin ; en laquelle ils nous ont dit y avoir durant toutes les guerres et troubles, conservé les ornemens, lettres et garans. Que l'ornement il y avait mis après la feste du Jubilé de Nostre-Dame de Mi-Août passée, qui étoient une chapelle (chape) deux domoirs (dalmatiques) et un chasuble de veloux cramoisi et broderie d'or, les estolles et fanons à façon d'Angleterre ; -une autre chapelle, deux domoirs, et un chasuble de veloux cramoisi plein, -autre chape et deux domoirs, et un chasuble de veloux noir à broderie, pour la chapelle et frairie de Saint-Michel, -autre chappe, deux domoirs et un chasuble de veloux noir plein, armoyé des armes du sieur de la Villemain-Bérard, -un chasuble de veloux vert, fait à broderie, façon d'Angleterre, -la courtine (le dais) du sacre de damas violet, le parement du grand autel, de cuir doré, façon d'Espagne; -un calice d'argent et la custode d'argent; -la robe de Notre-Dame de veloux cramoisi à fleurions d'or et autre grand nombre de hardes de ladite église. En outre, eaux dudit sieur Recteur qu'il y avait mis pour conserver, qui étoient ses linges, deux accoutrements de taffetas, une piese de sarge, de la vaisselle d'étain, et devant et après, grand nombre de biens, meubles et provisions qui furent du tout consommées et brûlées, quelque diligence que tous purent lui apporter. Et de là nous ont montré deux armoires étantes dans le pignon de la principale viltre de ladite église, derrière le grand autel, auxquelles, nous ont dit qu'estoient lesdites lettres et enseignements du revenu de ladite église et fabrice ; ensemble celles dudit sieur recteur de Planguenoual, et autres y minses en espérance de les sauver. Auroient fait faire des trous et pertuis par dehors dans ledit pignon ea intention de pouvoir plus librement ravoir les dites lettres, ne pouvant entrer dans ladite église à cause de la fumée et du feu qui étoit embrasé en icelle et ne le pas accomplir ni y parvenir que le feu n'eut consommé les lettres, titres, garants et enseignements qui étoient dans ladite cache et armoire, auxquelles il fut impossible d'y arriver comme cy-dessus est dit, à cause que le bois qui tomboit du limbrin de la vouxlte de ladite église étoient en si grand nombre que ledit bois touchoit les armoires cy-dessus ; qui causa que le feu éprins aux fenêtres, y consommit lesdites lettres. Nous requérant de vouloir ouyr et prendre le serment des cy-après nommés, savoir : Missire Jean des Vergers, Missire Guyon Abraham, Michel Coillisant, Guillaume Gour, Anthoine Josset, Maurice Gauthier et Jacques Pensart ; desquels le surment pris de dire vérité, purgée de conseil et enquis d'office et sommairement, les uns après les autres, les avons ouy et enquis comme ensuite :

 

 

1° Michel Gollisant, poissonnier de la paroisse de Planguenoual, et y demeurant au bourg, âiçé à son dire, de cinquante ans, tesmoin fait jurer par serment dird vérité, purgé de conseil et enquis d'office sommairement, dépose savoir ; la situation d'une cache étant faite faire par Missire Jean des Déserts, sieur recteur de Planguenoual sur un embrun qui étoit entre le pignon de la trésorie, en la chapelle de la Fontaine Orain, joignant l'huis de ladite trésorie, pour y avoir été par diverses fois en compaignie dudit sieur de Planguenoual et, à cause des troubles avoir été failte pour en icelle conserver et motte en sûreté le tout des ornemens, biens et richesses de la dite fabrice; ensemble les titres, garants et enseignements d'icelle et de la frairie de Saint-Michel et des frères chapelains, que les biens et moyens dudit sieur de Planguenoual, lorsqu'il survenoit quelque troupe de gens de guerre et incontinent que le sieur de Vauvrix avec ses troupes et régiment vint loger de St-Brieuc à Hillion et à Quoyesmieux, allant et venant à toute heure, et par plusieurs troupes, ravageant et picorant tout ce qu'il pouvoit trouver en la dite paroisse de Planguenoual et autres lieux. Le témoin fut alors prié par ledit sieur recteur de Planguenoual d'aider à porter et mettre dans la dite cache afin d'être en lieu de sûreté, comme chose accoutumée, le tout des ornemens, calices et richesses de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel ; même les accoutremens, titres et enseignemens dudit sieur de Planguenoual que autres biens et provisions, ce que le témoin fit. Et en premier lieu, il porta le tout des ornemens de veloux de ladite fabrice, parement d'autel, calice, custode, lettres et enseignemens qui furent mis dans un coffre et une barrique de bois ; et un charnier plein de lard qui y fut salé et saupoudré. Et en ladite barrique et coffre y fut mis et aida le témoin à mettre par ordre ce qui en suit : (suit la nomenclature des orne«ens déclarés par le recteur, y compris les accoutremens de taffetas appartenant à ce dernier), et un grand nombre de vaisselle d'étaing el d'airain, comme plat, assiettes, flacons, pintes, poiles, bassins espèces de vaisselle, plusieurs linges, tant de ladite fabrice que audit sieur de Planguenoual deux casiers pleins de lettres et livres que ledit sieur de Planguenoual disoit être partie des enseignements de la plus grande part de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel; que mesme, ledit sieur y ayant accommodé le tout de ce que dessus en ladite cache, fut fermée et bouchée, selon qu'elle avait accoutumé d'être. Et s'en alla le témoin avec ledit sieur de Planguenoual à son logis où étant, lui fut mis entre les mains plusieurs grands paquets de lettres que il apporta et furent mises entre deux armoires s'entrehabitant, étant dans le pignon de la grande vitre de ladite Eglise, joqque le derrière du grand autel et on en tira plusieurs audit sieur de Planguenoual, les mettant en pacquet et par ordre, qui faisaient mention du bien et revena de la dite fabrice et frairie de Saint-Michel ; on il y avait plusieurs cognoissances, quittances et autres marques, lettres de ladite fabrice et dudit sieur de Planguenoual et du sieur de Portpilly, son frère aîné. Et lui dit, incontinent que lesdites armoires furent fermées, que toutes les lettres et enseignements qui concernoient le bien et revenu de ladite fabrice et frairie et frères chapelains et ensemble les siennes et autres étoient là dedans, que si cela étoit de cas fortuit perdu, que c'étoit la ruine de la fabrice et frairie et la sienne. Et que-du-dempuis tous les biens ci-dessus ont toujours été laissés aux dites caches et armoires, attendant voir le département des gens de guerre qui ordinairement y ont voltigeant en ladite paroisse. Et du dempuis le commencement des guerres, quelque troupe ou armée qui ait été logé ou séjourné en ladite paroisse ou siège de Lamballe, la tour de Cesson, Moncontour, et autres places où avoient été Anglois, Lansquins, (lansquenets) Espagnols et autres étrangers; toujours iceux biens étoient demeurés auxdites caches et armoires, et jamais n'y avoient été trouvés. Et ce néanmoins, le témoin les y a toujours vus, par y avoir été mis ordinairement par ledit sieur de Planguenoual, jusque la nuit du jour de la Nativité Notre-Seigneur, vingt-cinquième jour de décembre dernier, environ l'heure de onze heures du soir que le témoin étant couché dans son lit et en sa demeure qui est fort près de ladite église, ouyt un grand bruit et étonnement de feu par la fenestre de son logis et se jetta hors du lit, à l'envers. regardant vers ladite église où il vit le feu on grande abondance au haut du clocher de ladite église, incontinent, il sortit de son logis pour venir donner avertissement audit sieur Recteur, et étoit levé pour venir au secours du feu, lui et tous ses gens et auparavant que le témoin fut parler audit sieur de Planguanoual, il vit tout le clocher de ladite église par terre, à l'envers. Il s'échemina à venir à l'église, et, tôt après ledit sieur Recteur et tous ses gens, allant, ledit sieur par le bourg, de porte en porte, amasser le peuple pour éteindre le feu. Et vint le témoin, en criant au feu et à l'aide, droit à une petite porte de ladite église qui est près la chapelle de la Ville au Vais que il trouva ouverte et ne sait par qui avoit été, et se rend bien certain que n'avoit été aucun des gens dudit sieur de Plaaguenoual qui l'on ouverte parce qu'il fut le premier qui donna l'avertissement et qui s'avisa du feu ; et au soir, avoir assisté à la fermeture de ladite porte qui se ferma par dedans avec une barre de bois et toutes les autres avec les clefs, tant par dedans que par dehors. Et étant arrivé à ladite porte qu'il vit ainsi ouverte, se jeta au dedans de ladite église peur aller droite la dite cache pour sauver et mettre hors d'icelle, même desdites armoires, les biens ci-dessus qu'il savoit être dedans ; où il n'y put arriver quelque diligence qu'il y put apporter à raison du feu qui étoit si grand par toute ladite église, à raison môme du Yent qui étoit si grand et si impétueux qui ruenoit le feu si fort vars la haut de ladite église ou étoit ladite cache et armoire, qu'il n'étoit possible à personne d'en approcher. Et n'y avoit aucun moyen sans se perdre et brûler. En criant au feu par force, se trouva beaucoup de personnes, on fut avisé de mettre des échelles sur ladite trésorerie au pignon où habitoit ladite cache et des trous et pertuits par dehors, endrait desdites armoires pour faira fraction et essayer d'en tirer tous les biens qui étoient. Et y fit le témoin tout devoir jusqu'à l'extrémité ; mais à cause du grand feu et vent, ne put être le vent empêché qu'il ne brûlât et consommât tout ce qui étoit dans ladite cache et armoire. Et ce parlant se jetta en bas pour aider à percer le pignon de ladite église par dehors, endrait desdites armoires pour sauver lesdites lettres, et ne put être sitôt fait que le feu n'eut tout brûlé et consommé les dites lettres, sans jamais en pouvoir sauver aucuns qui ne fussent réduits en cendres. Et se rend le témoin certain que ledit sieur de Planguenoual avoit fait tout porter et mettre ce qu'il pouvoit avoir de choses de conséquence qui appartiennent à ladite fabrice et frairie de Saint-Michel et à autres, en ladite cache et armoire pour les sauver et mettre en lieu de sûreté eomme il avoit accoutumé faire. Et ne sait la forme et oralement de ladite église, fors que un peu auparavant ouir le tumulte et bruit du feu, il avoit oui des quevaliers (cavaliers) et gens de guerre, puis (depuis) la nuit fermée à l'entour de ladite église. Et est ce qu'il dit savoir du fait ci-dessus, lecture lui faite de sa déposition et & dit contenir vérité et ne sçait signer.

 

 

2° Noble messire Jean des Vergers, prêtre de la paroisse dudit Planguenoual, et y demeurant jouque le bourg et cimetière d'icelle église, âgé de quarante ans, à son dire, témoin juré par les sacrés ordres qu'il porte, dire vérité, purgé do conseil et enquis d'office sommairement, dit : que jeudy dernier, vingt cinquième de décembre, il assista au serviee de la feste de Noël, en l'église de Planguenoual où il y avoit de grande congrégation et assemblée de peuple qui assista en pareil aux vespres y dites et célébrées. La nuit advenue dudit jour de Noël, alla souper chez ledit sieur Recteur de Planguenoual, duquel lieu sorti et mis, environ les neuf heures du soir â se retirer et venir à son logis, il passa à travers le cimetière de ladite église où il arrêta et passa avis la principale porte de ladite église pour présenter son orai son, sans qu'il aperçut aucun feu; et comme il étoit à faire son oraison, il ouyt nombre de quevaliers arriver vers ladite église, tellement qu'il se retira promptement. Et tôt après il fut logé en sa dite chambre qui est toute proche du cimetière, entendit un grand bruit de peuple criant au feu, qu'il le causa de sortir dehors et étoit environ les onze heures. Et s'acheminant audit cimetière, apperçut le feu dans les lambrains et couverture de ladite église et le clocher d'icelle déjà tombé par terre et brûlé. Et étant entré en icelle, par une petite porte près la chapelle de laVilleauvée laquelle se ferme avec une barre de bois par dedans, et néanmoins la trouva ouverte, sans pouvoir savoir qui l'avoit ouverte, et se rend certain qu'elle avoit été fermée le soir. Et étant en la dite église, vit le clocher et la plateforme d'icelui tombés par terre et brûlés. Lequel voulant aider à sa puissance avec beaucoup d'autres y présents et assistants ledit sieur Recteur qui s'efforçoit de faire ce qu'il pouvoit, avertissant le peuple de s'y employer, afin que tous ensemble ils eussent pu sauver les ornemens, lettres, titres et enseignemens tant de l'église, frairie de Saint-Michel, frères chapelains que autres qui étoient en une cache dessus la chapelle de la Pontaine-Orain. Etalors ledit sieur Recteur print le sacraire où étoit le précieux corps de Notre Seigneur Jésus-Christ pour le sauver et le mettre hors de ladite église, pour empêcher d'être brûlé. Et se força le témoin pour arriver à ladite cache pour sauver les ornemens qui étoient cachés, entr'autres : (suit la désignation des ornements, objets, titres, papiers, etc., décrits dans la précédente déposition).... Et ne purent sauver que la trésorerie de ladite église qui faisoit séparation de ladite cache. Et n'arrêta le tout de la dite église à être brûlé que environ trois heures, non plus que si c'eut été un morceau de paille, tant le feu étoit âpre, par l'impétuosité du vent qu'il faisoit. Et ne pourroit aire ni rendre certain de la cause dudit feu, étant advenu inopinément et sans qu'on ait pu apprendre la forme ni l'embrasement d'icelle, par quelles personnes ni autrement le feu avoit été mis et n'ayant oui aucun bruit que les cavalliers qu'il entendit comme il se logeoit la soir en sa chambre. Et tel est son record, lecture lui en faite, a dit contenir vérité et signé.

 

 

3° Missire Guyon Abraham, prêtre de la paroisse Planguenoual et y demeurant près le bourg et église, âgé de vingt-huit ans, à son dire, témoin juré par les sacrés ordres qu'il porte, dire vérité purgé du conseil, et enquis d'office et sommairement, dit que jeudy dernier, vingt-cinquième de ce mois de décembre, il assista au service de la fête de Noël, en l'église de Planguenoual, où il y avoit grande congrégation et assemblée de peuple qui assistèrent en pareil au service et aux vêpres y dites et célébrées. Après le monde être tout sorti et retiré de ladite église, ferma les huis et porte d'icelle, tant avec barres de bois que avec clefs de fer, par dedans et par dehors de ladite église. Et la nuit suivante du dit jour, étant couché chez ledit sieur de Planguenoual, à environ les onze heures du soir, entendit un grand bruit de peuple criant au feu, qui le causa de sortir dehors, et s'acheminant au cimetière avec ledit sieur Recteur de Planguenoual et ses autres gens apperçurent le feu étant dans le clocher lequel étoit déjà par terre et au lambrain de ladite église en drait le clocher. Et venant pour entrer dans ladite église, apperçut l'huisset de derrière icelle, près la chapelle de la Villeauvée, ouvert; lequel il se rend certain l'avoir fermé avec une barre de Lois. Lequel voulant aider à sa puissance, avec beaucoup y présents et qui y survinrent, et môme ledit sieur Recteur se forçant, print le sacraire où étoit le précieux corps de Notre Seigneur et le sauva, priant tout le monde de s'efforcer de sauver les ornements, lettres et garants qui étoient dans ladite église; et alors le témoin appelant des assistants se força pour gaigner à une caiche qui étoit sur la chapelle de la Fontaine Grain, qui étoient entre autres choses : (suit la nomenclature des objets désignés par le Recteur et le premier témoin). ... Et ne pouvoir dire ni se rendre certain de la cause dudit feu ; étant advenu inopinément sans qu'on ait pu apprendre la forme de l'embrasement d'icelui, par quelles personnes ni autrement le feu y auroit été mis. Bien dit que environ les huit à neuf heures du soir, il ouit des cavaliers vers ladite église, comme s'ils eussent passé contre le cimetière; et est ce qu'il dit. Lecture faite de sa déposition, a dit contenir vérité a signé.

 

 

4° Antoine Josset, bouchier de la paroisse de Planguenoual et y demeurant au village de I'Hospital, et

 

 

5° Guillaume Gour, cultivateur, demeurant au bourg, relatent dans leurs déclarations les faits déjà connus et mentionnent tous les ornements et papiers qui avaient été déposés dans la cachette, ainsi que quelques provisions de bouche, pour les soustraire à l'avidité des gens de guerre.

 

 

6° François Breart, maçon de muraille, de la paroisse de Planguenoual et y demeurant âgé à son dire, de cinquante ans, témoin fait jurer par son serment dire vérité, purjréde conseil, et enquis comme les précédens, dépose que à la prière et requête du sieur rectenr de Planguenoual, dès le commencement des guerres, présents troubles, il se transporta en l'église de Planguenoual et y étant, ledit sieur recteur lui dit vouloir faire faire une caiche secrette au pignon de la trésorerie de ladite église en un embrun qui étoit pendant en arc sur la chapelle de la Fontaine Orain ; que ne savoir lieu plus propre en ladite église, ni ailleurs pour ficher et, assurer des gens de guerre les ornements, calice, lettres, rentiers, comptes ; autres enseignements et richesses de ladite fabrice ; môme de ceux de la frairie de St Michel ; et en print le pisrnon (l'opinion) de ce témoin. Lequel après avoir visité ledit lieu et y pensé longuement, trouva que c'étoit le lieu et endroit le plus commode qu'il se put trouver pour faire une bonne et belle et assurée caiche. Et de son métier de maçon y travailla et fit ce qui étoit requis et au-dedans de laquelle, avant même qu'elle fut achevée et accommodée ce témoin vit accommoder et mettre en un coffre et une barrique de bois le tout des ornemens, calice, lettres et richesses qu'il avoit accoutumé de voir en ladite fabrice, frairie de St Michel ; même plusieurs grand nombre de biens appartenant audit sieur de Planguenoual, comme accoutrements linge, et vaisselle d'étaing et d'airain ; et a toujours oui et enteudu qu'ils y ont été conservés. Et en parle le témoin pour avoir aidé à y mettre par plusieurs fois, les biens, richesses, lettres et garants, tant de ladite fabrice, frairie de Saint-Michel que dudit sieur de Planguenoual. Même en l'année qu'il étoit trésorier et administrateur des biens et revenus de ladite fabrice en l'an.... et puis les présents troubles et alors qu'il était mention de soldats et gens de guerre qui se acheminassent pour venir sur le quartier tous les biens de ladite fabrice, frairie et dudit sieur de Planguenoual étoient mis la dedans et conservés toujours, pour quelque siège qui a été passé par l'une et l'autre partie, fust à Lamballe, la tour de Cesson, Moncontour et autres places ; régiment, armée ni compagnie qui aient logé en ladite paroisse et autres lieux ; Anglois, Lansquenets, Espagnols, Lorains et autres nations de gens, qui aient été ravager en ladite église, n'avoir jamais trouvé ladite caiche. Et toujours tous les biens y ont été conservés jusqu'à la nuit de la Nativité de Notro-Seigneur, vingt-cinquième de décembre dernier, que le témoin a entendu tous les biens et lettres concernant les biens et revenus de la dite fabrioe et frairie que dudit sieur de Planguenoual, même de son frère aisné, y ont été brûlés, consommés en cendres par le feu inopinément. Même oe témoin a entendu que le tout des lettres, garants, que avoit accoutumé à mettre ledit sieur de Planguenoual en deux armoires qui étoient dans le pignon de la grande vitre de ladite derrière le grand autel d'icelle, y ont été brûlés et consommés en poudre par le feu ; auxquelles armoires le témoin a vu par plusieurs différentes fois mettre grand nombre de lettres.… parce que c'étoit un lieu de sûreté pour les conserver. Est-ce qu'il dit et ne sait la forme, ni manière du brulement de ladite église. Lecture lui faite de sa déposition a dit prouver, tenir vérité et ne savoir signer :

 

 

7° Jacques Pensart, charpentier de bois de la paroisse de Planguenoual et y demeurant à la maison de Villeauvêe, âgé de trente-huit ans,ainsi que dit, témoin fait jurer par serment dire vérité, purgé de conseil et enquis d'office, comme les précédents, dépose: que dès le commencement des guerres et présents troubles ne put autrement cotter l'an, ni le jour, -il fut prié par le sieur de Planguenoual d'aller travailler de son métier, sans savoir à quelle oeuvre c'étoit, jusqu'à ce qu'il ne fut à la demeurance du sieur recteur, où étant on sa compaignie, en l'église dudit Planguenoual, il lui dit et. remontre avoir l'intention de faire une caiche secrette, pour conserver des coureurs et des gens de guerre qui ravagèrent partout, les ornements, calice, lettres garants, et autres richesses de la fabrice dudit Planguenoual, de la frairie Saint-Michel, et les siennes. Et après avoir été en plusieurs lieux et endroits de la dite église, trouva que le lieu le plus sûr et le plus commode pour faire ladite caiche, c'étoit par entre le pignon de la trésorerie de ladite fabrice, sur l'embrun (le lambris), qui étoit en arc sur la chapelle de la Fontaine Orain ; et ce fait, le témoin accommoda de ce qui étoit nécessaire de son métier ladite caiehe sur les embruns, ce qui étoit assez commode et secret, et après qu'elle fut prête, il fut mis le tout des biens et richesses, tant d'ornements que lettres, garants de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel et ensemble celle dudit sieur de Planguenoual, que toujours quelque armée, troupe et ravagement qui fussent survenu- en ladite paroisse, ils ont été conservés jusqu'à la nuit de la Nativité de Notre-Seierneur, que le témoin notoirement entendu que. au brûlement de ladite église, ils ont été brûlés et consommés en cendres; et avoir ainsi été mises pour les conserver, à cause du voiligemert et ravaigement qui journellement sont en ladite paroisse- Et est ce qu'il dit et ne savoir la façon du brûlement et embrasement de ladite église par quelles personnes ni comment sinon inopinément. Lecture lui faite de sa déposition ; à dit contenir vérité et ne savoir signer. « Ainsi signé à l'original; Des Vergiers, Abraham, Maupetit, P. Poussin. » Les droits honorifiques dans les Eglises, comme les titres nobiliaires, étaient attachés, non pas à une famille, mais à une terre. C'est ainsi que les chapelles particulières portaient le nom de la seigneurie et quand la terre passait par acquêt ou héritage dans une autre famille, les nouveaux titulaires devenaient propriétaires de tous les droits honorifiques attachés à cette terre, chapelles, bancs, escabeaux. enfeux, etc., à moins de clauses contraires, c qui était rare, les droits seigneuriaux étant une cause de recherches pour les amateurs.

 

Vicomte de Lourmel.

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Published by poudouvre
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