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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 05:49

 

Il y a environ 4000 ans apparaissait une nouvelle période, intermédiaire entre le Néolithique et l'âge de Fer : l'âge de Bronze. L'âge du Bonze est lui même divisé en trois périodes, dont la première est connue sous le nom de Bronze ancien, estimée remonter aux environs de 2000 à 1400 avant l'ère chrétienne, époque  dite période morgienne.  A cette période se rattache le gros tumulus de la Molillais à Ploubalay. Pierre-Roland Giot considéré comme le créateur de l'archéologie armoricaine moderne nous fournit ces données au sujet de ce tumulus : Il avait été en partie fouillé par M. E. Rouxel en 1930, mais fort mal publié par 0. du Breil de Pontbriand. Grâce à M. E. Rouxel nous avons pu examiner ce qui reste des objets métalliques découverts, une hache plate en bronze à faibles rebords, et un fragment d'objet en bronze à très forte teneur en arsenic. Ces objets se trouvaient au centre dans une chambre en pierres sèches faite de galets. Il s'agit donc bien d'un tumulus du Bronze armoricain, quelque peu à l'est de la région de distribution usuelle  

 

 

Objets découverts en ce tumulus de Ploubalay

 

A l'âge du Bronze Moyen dite période lamaudienne, estimé remonter de 1500 à 1100 avant l'ère chrétienne se matérialise sur notre vieux terroir par la présence de cette lunule en or découverte dans un tumulus à Saint-Potan. Ces objets précieux servaient de Collier ou de diadème. 

 

 

 

 

Lunule

 

L'Âge du Bronze final, prit fin vers l'an 700 avant l'ère chrétienne. D'après les  spécialistes, un appauvrissement des gisements d'étain  fut la cause de cette phase finale. Le fer allait alors supplanter cette période (voir L'âge de fer, page n° 1)

 

 

Les ciseaux de bronze et les haches plates

 

Inventaire des localités ayant founis des objets de l'âge du Bronze :

 

 

 

Bréhand, au Moulin de Mi-Voie. 1854, dans une poterie, 46 coins ou hachettes; fin du larnaudien.

 

 

Broons, .24 petits coins; fin du larnaudien. Id. à la Motte Broons

 

 

Calorguen, 1863, 160 haches à talons, entassés perpendiculairement, le tranchant en bas, dans un trou cylindrique; morgien. Ci dessous.

 

 

 

 

Caulnes,  1878, coins, 4 grands et 46 petits ; fin larnaudien.

 

 

Corseul,  au Haut-Bêcherel 1865, coins très nombreux ; fin larnaudien, 

 

 

Créhenci-dessous, bracelets trouvés en 1869 dans un tumulus, commune de Créhen. Ils ont été vendus à un horloger de Dinan par un cultivateur qui n'a pas voulu faire connaître le lieu exact de sa trouvaille. Dans la commune de Créhen existent encore plusieurs tumuli et dolmens, et on y découvre assez fréquemment des haches en pierre polie. Ces bracelets sont en or de même que eux découverts à Mâtignon

 

 

 

 

Erquy. Nombreux coins; fin larnaudien, et hache ci-dessous 

 

 

 

 

Henon, Coins en nombre; fin du larnaudien.

 

 

Hillion, 30 coins; fin du larnaudien.

 

 

Langourlaau village de la Maçonnays, un dépôt de 44 haches à douilles fut mis à jour en 1891

 

 

Languenan, un dépôt de hache à talon, découvert  en 1964

 

 

Mâtignon, bracelets découverts en 1880, ci-dessous

 

 

 

Moncontour, en  1874 des haches-coins de bronze, à douille carrée ont été trouvées

 

Morieux, hache en bronze a talon, trouvé en 1866 à l'Ermo, ainsi qu'un poignard en bronze, trouvé en 1839. 

 

 

Noyal, à la Morandais. 1858, dans une poterie, 20 à 25 objets divers, culot, gouge, marteau, épée,2 haches à talon ; fin du morgien.

 

Plancoët, des petites haches plates.

 

 

Planguenoual,1886, dans une poterie, 9 kilos 500, surlesquels 5 kilos 250 de culots, débris divers, 1 seul fragment d'épée, 12 haches à ailerons, 3 à douille ; larnaudien. 

 

 

Pledéliac. Nombreux coins; fin larnaudien.

 

 

Plêmy.  En 1853 furent découvertes 60 haches.

 

 

Plénée-Jugon, à la Moussaye. Plus de 100 grands coins; fin du larnaudien. Ci-dessous deux exemplaires trouvés. Nous avons vu aussi comment un artisan confectionnait des moules à cuivre (voir Langouhèdre au fil du temps............

 

 

 

 

Pléneuf, 90 coins; fin du larnaudien.

 

 

Plurien à La Ruée. 1887, grands coins, plus de 800, formant 3 couches rectangulaires superposées; fin du larnaudien. Id,, à 15 mètres de la précédente. Même année, 30 grands coins., hache ci-dessous, découvertes à la Ruée

 

 

 

 

Pommeret, haches à douilles  carrées découvertes en 1844 

 

 

Saint-Goueno, 1872, dans une espèce de caveau, 410 coins, grands et petits ; fin du larnaudien.

 

 

Saint-Helen. 500 coins ; fin du larnaudien

 

 

Sévignac, à Brondineuf. 1870, débris divers, épées, poignards, lances, 2 haches à talons; morgien.

 

 

Trigavou, Coins en nombre; fin du larnaudien.

 

 

La Vicomté-sur-Rance, au Lessart. 1877, sous une dalle, 21 objets, épées, poignards, 5 haches à bords droits; essentiellement morgien. La Vicomte étant une commune nouvelle la découverte est parfois désignée sous le nom de l'ancienne commune Pleudihen. 

 

 

 

Poterie et objets du Bronze

 

 

Les tumulus, ces éminences de terre artificielle, recouvrait des sépultures. Leur dimension, leur forme et le composant variaient. La motte de terre recouvrait une structure en pierre où reposaient des ossements incinérés, parfois, cette dernière partie pouvait être très raffinée. Les cairns, autres sépulture de cette période étaient uniquement conçus en pierre. Ces monuments n'accueillaient qu'une sépulture, et la richesse du mobilier funéraire marque une société davantage structurée, qu'elle ne l'était au cours de la période du Néolithique. Peut être que ces personnages au statut social élevé, contrôlaient ces matières qui furent à l'origine de cette période. Toutefois, ces cas étaient relativement isolés, et selon les spécialistes, la majorité de la société restaient en lien avec les coutumes du Néolithique. Nombre de tumulus ont dû être réutilisés au cours de la période féodale comme soubassement des défenses castrales, la présence d'objets de bronze aux abords de la Moussaye et de la Motte-Broons pourraient ainsi expliquer l'aménagement de ces défenses féodales. Ainsi qu'il a été dit plus haut, c'est vraiment avec Pierre-Roland Giot (1919-2002), que cette période préhistorique nous est davantage connue. Nombre de mottes castrales ont été désignées à tort tumulus, alors qu'elles n'avaient rien d'antique. Ce spécialiste, après une brillante carrière au CNRS reste pour tous les archéologues une référence. Pour en revenir aux tumulus, les derniers aménagés, étaient beaucoup plus pauvres, les céramiques remplacèrent alors les silex et autres objets métalliques. Les haches à douille conçues en bronze étaient très riches en  plomb, et donc très friables; elles sont aussi désignées coins, car similaires à l'outil servant à fendre les troncs. Elles sont regardées non pas comme outil, mais comme monnaie d'échange; quant aux ciseaux de bronze, ils servaient à frapper monnaie. Le Bronze final verra les tribus présentes ici en Armorique, céder à ce rituel consistant à incinérer les défunts. Plus connue sous le nom de Civilisation des champs d'urnes et puisant ses sources sur ce terroir compris entre Hallstatt  en Autriche, et la Tène, en Suisse, terroir sur lequel était un temps stationnées ces tribus qui déferlèrent bientôt sur l'ensemble de l'Europe Occidentale. Ces tribus dites, tribus Celtiques apportèrent avec elles d'autres croyances, d'autres rituels, d'autres matériaux. Une Civilisation nouvelle émergea près de 600 ans avant notre ère : le Second âge de Fer...

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Published by poudouvre
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