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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 17:02

A la fin de l'empire Romain, Syagrius alors gouverneur romain, se taillait un royaume incluant une contrée comprenant ce qui s'étirait entre la Somme, la Meuse, la Seine et le royaume des Bourguignons. Quant à la Bretagne, alors état indépendant, son territoire s'étendait approximativement jusqu'à la Mayenne, regroupant les terres sises entre Seine et Loire, les anciens textes mentionnent la situation : Hoël, qui reçut le nom de grand, chassa du territoire de Rennes les nouveaux hôtes qui s'y étaient établis depuis quatre ans (509) sous le nom de Frisons. C'est pendant cette période d'occupation barbare que l'évêque Saint MeIaine, qui avait achevé la conversion des Vénètes commencée par Saint Clair, et était devenu puissant par la sagesse de ses conseils près du roi frank Clovis, accrut encore sa renommée et son influence au concile tenu à Tours en 541. C'est alors qu'il devint un appui pour la Bretagne, et s'il y reconnut la suzeraineté du roi frank, ce fut plutôt personnellement et. comme suffragant du métropolitain de Tours, qu'au nom des populations bretonnes pour lesquelles il se fût vainement engagé. Son diocèse était occupé par des barbares; il agissait sagement en se créant contre eux un protecteur, dont ils n'osaient récuser la puissance. Si les Redones, pendant la durée de l'occupation, eurent un gouverneur frank, comme l'affirme M. Augustin Thierry, il est probable qu'ils en furent délivrés par la victoire d'Hoël, et qu'ils ne relevèrent plus que du prince breton, dont ils avaient accueilli le retour avec tant d'enthousiasme, comme tout le reste de la Bretagne. Le roi franck lui-même, à ce qu'il paraît, ne vit pas avec beaucoup de peine cette expulsion des Frisons (545), puisqu'en apprenant la victoire d'Hoël, il se contenta de l'inviter à venir à sa cour, en le félicitant de ses succès. Hoël accepta l'invitation, il se rendit près de Clotaire (Clovis était mort depuis 511), et fit alliance avec lui, sans avouer ni reconnaître aucune dépendance à son égard, sans eu être même sollicité par Clotaire, qui n'avait pour but peut-être que de se donner un allié puissant et utile à ses projets de conquête du reste des Gaules.. Mais à n'en pas douter, les territoirs qu'occupaient les tribus des Namnètes et des Redones furent annexés par les Francs et firent partie de ce royaume de Neustrie. Un terme emprunt semble-t-il à l'allemand nich oster, autrement dit non oriental, l'Austrasie était ce royaume oriental Oster reich. Le Comté de Rennes émergea à la fin du IXe siècle, un certain Bérenger semble s'être emparé de ce terroir ressortant du royaume que Nominoë, Erispoë et Salomon avaient successivement renforcé. Difficile toutefois de connaître avec précision l'origine de Béranger sinon qu'il était très certainement d'origine Franque. Pierre Le Baud donne Modérand gendre du roi Salomon, lequel Moderand aurait été le père de Béranger, lui-même père de Juhaël-Bérenger. Voici ce qu'écrit d'Argentré au sujet de la filiation de cette Maison de Rennes : Moderand Comte de Rennes mary d’une fille du Roy Salomon : dont sortit un autre Salomon & de cestuy-cy Bieranger, & de Beranger Juhael, & de Juhael, Conan de Rennes; en revanche, Arthur de la Borderie donne Bérenger, fils de Gurvand et frère de Judicaël, d'autres voient Judicaël fils de Gurvand. Une dernière hypothèse évoque Bérenger comte de Rennes marié avec la fille d'un dénommé Judicaël, héritier de Erispoë. Erispoë laissait en outre une fille qui fut un temps fiancée à l'héritier du trône franc Louis Le Bègue (voir l'assassinat de Erispoë en novembre 857 à Talensac), mais aussi un fils prénommé Conan, Judicaël était-il un autre fils de Erispoë. La fille de Judicaël comte de Poher, aurait donc épousé Bérenger Comte de Rennes. La Bretagne alors sous l'autorité d'Alain Le Grand étendait sa superficie jusqu'au Cotentin, en englobant dans ses frontières, une partie du Maine et de l'Anjou. Les Normands au cours de l'hiver 889-890 ravagèrent le Cotentin, détruisant Bayeux. Rollon, le chef Sandinave s'empara de Popa, fille du comte Bérenger de Rennes, il l'épousa à la mode danoise (more danico) selon le chroniqueur Dudon de Saint-Quentin, et c'est ainsi qu'elle devint la mère de Guillaume Longue Epée futur duc de Normandie. D'Argentré laisse ces notes dans ses chroniques : Ledit Rollo vescut cinq ans en cet estât, & luy mort succéda Guillaume Longuespée son bastard,& d'une nommée Popée, fille du Comte Berenger de Bayeux, lequel reprenant les arres de son pere, voulut comme luy asservir le peuple de Bretagne en l'an 919. & pour le resfus tait par les Comtes, Alain & Berenger, de luy faire l'hommage, entra en armes en Bretagne, & fist une chevauchée en armes par le pays, & à l'abordée ne trouua point de résistance: mais soudain qu'il fut repassé la Rivière de Coësnon, qui divise la Bretagne, & la Normandie, ledit Berenger & Alain le mirent en armes, & le suivirent, donnant sur la queue de son armée qu'ils menèrent battant jusques au pays «de Cotentin, & contraignirent ledit Longuespée de haster le pas, & le chailant jusques à Bayeulx, & ne voulans passer outre, le retirèrent, qui fut occasion qu'ayant rassemblé ses hommes, il retourna en Bretagne, & fist pis que devant, ruinant villes champaistres, maisons & chasteaux, tellement que ledit Alain Comte de Dol, fut contraint laisser le pays et se retirer en Angleterre, devers Adelicane, qui lors régnoit par le moyen duquel quelque temps après il fist sa paix avec ledit Longuespée, lequel Flodoard dit avoir pillé la coste de Bretagne. Guillaume de Malmesbury met le temps du règne du Roy Adelicane, en l'an neuf cens vingt quatre. Pendant toutes ces entrefaites, il n'y avoit aucun Prince en Bretagne, car Alain nommé Barbetorre, qui depuis régna, estoit lors jeune enfant & fuitif comme son pere Mathuede, Comte de Porhoet en Angleterre, uttendant le jour qu'il plairoit à Dieu le mettre en son héritage qui luy appartenoit de par sa mere. Après le Cotentin, Rollon et ses troupes tentèrent de conquérir le comté de Rennes, mais à peine avaient-ils franchis le Couesnon que Bérenger et ses hommes leur infligea une défaite cinglante. Hélas, les Bretons alors très divisés ne profitèrent guère de la victoire de Bérenger de Rennes, ni celle de leur roi Alain Le Grand à Questembert qui eu lieu à Coëtbihan l'an 888. La tradition prétend que les Vikings y perdirent les trois quarts de leurs troupes. La Bretagne connut alors sous le règne d'Alain Le Grand une période de prospérité qui devait durer près de quinze ans. Mais la mort de Alain le Grand fut cause de nouveaux troubles, et dès lors les Scandinaves menacèrent de nouveau notre péninsule, au point que les autorités civiles et religieuses préférèrent le chemin de l'exil, -ce fut le cas de Mathuedoi, comte de Poher, gendre de Alain Le Grand, et de son fils  le jeune Alain -futur Barbetorte. Rollon le chef Normand et Charles III le Simple, le souverain Franc, conclurent un accord, celui de Saint-Clair sur Epte signé l'an 911, accord par lequel, le carolingien acordait la partie septentrionale de l'ancien royaume de Neustrie -dont dépendaient les possessions bretonnes du Cotentin et de l'Avranchin, en contre-partie, le chef Normand devait empêcher toute autre invasion Scandinave.

 

 

Charles III donne sa fille en mariage au chef Rollon

 

Mais Rollon profitant de la situation exigea plus, alors le souverain Franc lui proprosa les Flandres, mais le Normand refusa et demanda la Bretagne, ce qu'il obtint contre l'hommage lige. On voit comment le carolingien se vengea des Bretons regardés souvent par lui et ses prédecesseurs comme des ennemis. Cest Bérenger, le comte de Rennes qui avec son bataillon lança une résistance dans l'est de notre péninsule. Et quand enfin ce premier août 939 à Trans près de Dol, la coalition composée de Bretons, d'Angles et d'Angevins mit en déroute les occupants Normands, la Bretagne retrouva de nouveau « son autonomie ». Le nouveau comte de Rennes, Juhel-Bérenger, fils du précédent, qui régna de 831 à 870 contrôlait une grande partie de la Bretagne alors que Alain Barbetorte ne régnait en réalité que sur le Vannetais, le Nantais et le Poher. Pourtant en présence de Jean, abbé de Landevennec grâce auquel la coalition avait pu se mette en place afin de repousser l'envahisseur Normand, cette année 945 se réunirent autour du saint homme, le nouveau chef breton Alain Barbetorte, l'archevêque de Dol : Wicohen ; l'éveque de Nantes : Hesdren ; celui de Vannes : Blenlivet ; celui d'Aleth : Salvator, rentré en Bretagne après un long exil,  et plusieurs seigneurs de haute distinction. Tous assistèrent à cette entrevue, dont Juhaël-Bérenger, comte de Rennes. Ce fut une des rares occasions de l'entente cordiale entre la Maison de Nantes symbolisée par le duc Alain Barbetorte, et la Maison de Rennes symbolisée par Juhael-Bérenger, en effet, en 944 le Juhaël-Bérenger, le comte de Rennes reprenait les armes et attaquait Barbetorte et le comté du Nantais. En 952, se sentant malade, Alain Barbetorte confia l'éducation à un traitre : Thibault le Tricheur (voir Le Comté de Nantes, troisième partie). Il fit venir à Nantes les septs évêque de Bretagne ainsi que tous les comtes que comptait le pays, il en proofita pou leur présenter son héritier  légitime Drogon. La mort de Alain Barbetorte sonna la fin de l'ère celtique. D'Argentré relate alors la situation : Alain Barbetorte, Duc de toute la Bretaigne ; qui laissa de Judith sa concubine & veuve du Vicomte de Thouars, Hoël & Guerech : De la fille de Thiebauld, Comte de Chartres fils de Gerlon Comte de Blois, un fils nommé Drogon & par luy -declarézſon herizier, encores qu'il fust au berceauz mais souz la tutelle du dict Thiebauld, qui renvoya Iadicte veuve à Foulques Comte d'Anjou :lequel ayant meschainment faict eschauder l'enfant, estaignit quant & quant la maison & Allain le Grand, pour dôner lieu à deux factions esmeües en la sauveur desdicts bastards,- Se principalement pour Hoel Comte de Nantes, fils aisné dudit Barbetorte; & les successeurs de Moderand Comte de Rennes mary d’une fille du Roy Salomon : dont sortit un autre Salomon & de cestuy-cy Bieranger, & de Beranger Juhael, & de Juhael, Conan de Rennes, lesquels possederent le Comté de Rennes cent seize ans. Juhaël-Bérenger épousa Gerberge de Nantes, fille de feu Alain Babetorte et de Roschille d'Anjou. Selon du Paz, il eut pour fils Conan Le Tort et Martin de Vitré (voir La baronnie de Vitré par Henri Tortelier & Arthur de la Borderie page n°1). Thèse reprise par Jacques Lefebvre : Dans ces temps-là les puînés de la haute Noblesse quittoient ainsi souvent leurs armes pour en adopter d’autres. Nous en avons la preuve dans Martin fils puîné de Juhael-Berenger Comte de Rennes : au lieu des hermines qui étoient les armes des Ducs de Bretagne il prit un escu de gueulles au Lyon d’argent. Ses descendants Barons de Vitré continuerent jusqu’à ce que Philippe héritiere de cette Maison porta la Baronnie de Vitré dans celle de Laval. Renaut frere-cadet de Tristan Baron de Vitré en fit de même. Il fonda la Maison d’Acigné qui par des mariages s’est fondue depuis dans celle de BrisIac. Il reste encore de cette branche d’Acigné les branches de Grandbois & de Carnavalet.  Juhel-Bérenger comte de Rennes fut lontemps en lutte contre Guillaume Longue Epée,  il est vrai que son comté très imposant était très convoité. Il était ponctué des seigneuries de Fougères, Vitré, Dol-Combourg, Saint-Malo, Dinan, Châteaubriant, Saint-Aubin du Cormier, La Trinité-Porhoët, La Chèze, Châteaugiron, Argentré, La Guerche....  L'archevêque de Dol, le dénommé Junkeneus, profita de l'état de faiblesse de Juhaël-Bérenger et le plaça avec son épouse en son palais épiscopal afin de mieux le surveiller. Une longue lutte entre l'Archevêque et Conan, héritier du vieillard se déroula. Le fils étant bien résolu  a restituer à son père la liberté, mais surtout placer sous son contrôle son propre héritage. Quand il parvint à mettre l'archevêque de Dol hors d'état de nuire, il lui laissa un fief encore considérable ente Rance et Couesnon. Conan comte de Rennes fut le premier de cette Maison à monter su le trône ducal (voir ducs de Bretagne au Xe & XVe siècle, page n° 2.  

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Published by poudouvre
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